William Rowan Hamilton, mathématicien, physicien et astronome.

Sir William Rowan Hamilton (4 août 1805 – 2 septembre 1865) est un mathématicien, physicien et astronome irlandais (né et mort à Dublin). Il est connu pour sa découverte des quaternions, mais il contribua aussi au développement de l’optique, de la dynamique et de l’algèbre. Ses recherches se révélèrent importantes pour le développement de la mécanique quantique.

Les travaux mathématiques de Hamilton incluent l’étude de l’optique géométrique, l’adaptation des méthodes dynamiques aux systèmes optiques, l’application des quaternions et des vecteurs aux problèmes de mécanique et géométriques, les possibilités de résolution des équations polynomiales, notamment l’équation générale du cinquième degré, les opérateurs linéaires, dont il prouve un résultat concernant ces opérateurs dans l’espace des quaternions et qui est un cas spécial du théorème de Cayley-Hamilton.


William Rowan Hamilton naît à Dublin au sein d’une famille de confession anglicane, largement minoritaire parmi une population irlandaise majoritairement catholique. Son père, Archibald Hamilton, est l’administrateur et le représentant légal d’Archibald Rowan, une figure de proue des révoltes irlandaises du XVIIIe siècle, qui est le parrain du petit William. Archibald Rowan vit de l’argent que lui verse le père de William, lequel n’a rien de révolutionnaire mais se dit libéral et sympathisant de certaines revendications des Catholiques. Son soutien financier à Rowan est la perte de Hamilton père. Lorsque Rowan, gracié, revient triomphalement en Irlande, il refuse de rembourser Hamilton père, qui passera le restant de ses jours à se débattre dans les pires difficultés financières. C’est pourquoi le jeune William ira vivre chez son oncle James Hamilton, dans un petit bourg appelé Trim (Comté de Meath), à quarante miles de Dublin. L’oncle James est une sorte de sacristain qui, à la différence de son frère Archibald, a étudié au prestigieux Trinity College de Dublin. C’est aussi un tory, c’est-à-dire un conservateur pur jus, et il inculque nombre de ses idées politiques à son jeune neveu.

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Seamus Heaney, poète.

Seamus Heaney est un poète irlandais, né le 13 avril 1939 à Castledawson, dans le comté de Derry, Irlande du Nord, et mort à Dublin le 30 août 2013 (à 74 ans).

Il est un des poètes anglophones les plus connus du XXe siècle et très apprécié dans le monde anglo-saxon, pour une poésie mêlant l’évocation sensuelle de la nature et du cadre celtique à la violence désespérée de la situation politique actuelle en Irlande du Nord. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1995.


Seamus Heaney a écrit plus de la moitié de la poésie irlandaise, selon ses propres dires. Il est l’aîné d’une famille catholique de 8 enfants d’un propriétaire d’une petite ferme dans le comté de Londonderry en Irlande du Nord, qui s’intéressait surtout à l’élevage et à la vente du bétail. Sa mère était originaire d’une famille moins liée à la vie rurale traditionnelle : des membres de sa famille travaillaient à l’usine textile locale. Le poète a ainsi pu faire observer que ses ascendants représentent deux faces de l’Irlande : celle du passé gaélique tourné vers l’élevage et celle de l’Ulster de la révolution industrielle. Il y a vu une des tensions fondamentales qui l’ont façonné; une autre, également héritée de ses parents, étant la tension entre la parole d’une mère se liant facilement et le silence d’un père taciturne.

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La bataille de Kinsale (1601).

La bataille de Kinsale fut l’ultime bataille de la conquête anglaise de l’Irlande gaélique. Elle se déroula pendant le règne d’Élisabeth Ire d’Angleterre, au paroxysme de la guerre de neuf ans en Irlande, une rébellion lancée par Hugh O’Neill, Hugh Roe O’Donnell et d’autres chefs de clans irlandais en réaction contre la domination anglaise. En raison de la participation des Espagnols et des avantages stratégiques en jeu, la bataille fit aussi partie de la guerre anglo-espagnole de 1585 à 1604, un conflit plus large, où s’affrontèrent l’Angleterre protestante et l’Espagne catholique.


Depuis le XIIe siècle, l’Irlande était devenue une seigneurie sous l’autorité de la Couronne anglaise. Mais dans les années 1500, la zone contrôlée par le gouvernement se retrouvait réduite au Pale, un domaine entourant Dublin. Le reste du pays était dirigé par de petites seigneuries, organisées autour de clans ou de chefs féodaux. Henri VIII d’Angleterre essaya de réintégrer l’ensemble du pays en reconnaissant les titres irlandais de noblesse, et en leur donnant des chartes royales de propriété en échange de leur soumission à la Couronne. Il créa aussi en 1541 le Royaume d’Irlande, en s’en faisant lui-même le monarque. Mais à chaque fois que les officiels anglais essayaient de contrôler les actions des seigneurs irlandais, ils rencontraient inévitablement des résistances. Les Anglais passèrent les 50 années suivantes à tenter d’exercer leur maîtrise sur la population irlandaise, souvent par des moyens extrêmement brutaux. Le premier conflit majeur que cela provoqua fut les Rébellions des Geraldines du Desmond, entre 1569 et 1583. Dans les années 1590, les forces d’Ulster, commandées par Hugh O’Neill et d’Hugh Roe O’Donnell, montrèrent la plus vive résistance. Cette guerre est connue sous le nom de guerre de neuf ans. Après quelques succès initiaux, les rebelles furent bloqués en Ulster, contraints de défendre leurs propres territoires. À partir de 1591, les rebelles irlandais recherchèrent l’aide de l’Espagne, et, en 1601, en dépit du mauvais temps, un débarquement espagnol se concrétisa enfin.

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