Le nénuphar.

Le nénuphar ou nénufar est une plante aquatique, dicotylédone, de la famille des Nymphéacées, de l’ordre des Nymphéales (contrairement au lotus qui fait partie des Nélumbonacées), à rhizome, pourvue de larges feuilles arrondies flottantes et de grandes fleurs solitaires blanches, jaunes, violacées ou rougeâtres, se développant à la surface des eaux stagnantes ou à débit très lent dans les pays chauds et tempérés.

Ainsi défini, nénuphar est un nom vernaculaire ambigu en français car il est employé pour désigner tant des espèces du genre Nymphaea — telle le nénuphar blanc (Nymphaea alba) — que des espèces du genre Nuphar — telles le nénuphar jaune (Nuphar lutea), le nénuphar nain (Nuphar pumila) et le nénuphar de Spenner (Nuphar x spenneriana), ou encore du genre Victoria, nénuphars géants d’Amazonie, Victoria amazonica, et Victoria cruziana.

Par analogie avec le lis, le nénuphar est parfois désigné lis d’étang ou lis d’eau.

Nénuphar, carte maximum, Nantes, 12/09/1992.

Par métonymie, nénuphar désigne le rhizome ou la fleur de la plante.

Faux-nénuphar désigne des Nymphoïdes tels que le limnanthème faux-nénuphar, ou petit nénuphar pelté (Nymphoides peltata).

L’Académie française a initialement écrit « nenufar14 », puis « nénufar » de 1762 jusqu’en 1935 (huitième édition de son Dictionnaire) et les rectifications orthographiques du français en 1990 préconisent de revenir à cette orthographe du fait de l’origine « arabo-persane » du mot (nīnūfar), car le digramme ph serait conforme à une translittération du phi (φ) du grec ancien mais pas du fāʾ (ﻑ) arabe.

En adoptant la graphie « nénuphar » dans la huitième édition de leur Dictionnaire (achevée en 1935), les Académiciens se seraient laissés aller à un rapprochement sémantique avec les nymphes (ces dernières partageant avec les nénuphars un attrait certain pour l’eau), mais également avec le genre Nymphaea, qui est celui de certains

nénuphars. Dans son propre dictionnaire, Émile Littré a comme entrée principale « nénufar », mais cite également nénuphar « d’après l’usage des botanistes ». Cette dernière graphie figurait déjà dans divers dictionnaires tels que : celui de Thomas Corneille ; celui de Jean Nicot ; l’édition posthume (1690) du Dictionnaire universel d’Antoine Furetière (1619-1688) ; son édition revue et corrigée (1702) par Henri Basnage de Beauval (1657-1710) ; et l’édition lorraine (1740) du Dictionnaire de Trévoux.

Un autre genre de nénuphar est Nuphar, nommé en 1809 par le britannique James Edward Smith. L’orthographe du nom de ce genre laisse penser que la chose n’est pas simple, ainsi qu’il apparaît déjà chez Littré.

Par plaisanterie, on a appelé « guerre du nénufar » ou « guerre du nénuphar » les polémiques qui ont agité la France au début de l’année 1991 à propos des rectifications orthographiques. En 2005, une brochure exposant l’orthographe de 1990 a été éditée sous le titre Le millepatte sur un nénufar.

Jusqu’au XIXe siècle, il n’existe en Europe qu’une seule espèce de nénuphar, le nénuphar blanc, Nymphaea alba. C’est un horticulteur du Lot-et-Garonne, Joseph Bory Latour-Marliac, qui a l’idée de créer des hybrides colorés en croisant l’espèce autochtone avec des espèces tropicales achetées à des collectionneurs. Il en expose 19 variétés dans les bassins du Trocadéro à l’Exposition Universelle de Paris de 1889. C’est là que Claude Monet découvre la splendeur de ces fleurs nouvelles. Il décide alors d’acheter la propriété de Giverny dont il est locataire et de faire aménager des “jardins d’eau” plantés des nénuphars commandés à Monsieur Latour-Marliac. C’est ainsi qu’il contribuera à rendre ces plantes célèbres en leur consacrant plus de 300 toiles, dont les plus célèbres sont Les Nymphéas exposés au Musée de l’Orangerie des Tuileries à Paris.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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