L’igname.

« Igname » est un nom vernaculaire ambigu désignant en français plusieurs espèces de plantes appartenant au genre Dioscorea, famille des Dioscoreaceae, cultivées dans toutes les régions tropicales du globe terrestre, dans un but alimentaire, pour leurs tubercules riches en amidon. Le terme désigne aussi le tubercule lui-même consommé comme légume-racine. En Amérique du Nord et au Canada, ce qu’on appelle igname est souvent en fait une patate douce.


Ce sont des plantes grimpantes, volubiles, souvent dioïques. Les feuilles pétiolées, cordiformes, sont selon les espèces alternes ou opposées. À leur aisselle se développent des bulbilles pouvant servir à la multiplication de la plante, et parfois consommables (Dioscorea bulbifera).

Les inflorescences axillaires sont des grappes ou des épis; les fleurs  femelles, trimères, à ovaire infère triloculaire donnent des samares à trois ailes.

Les tubercules de forme variable, ovoïde à oblongue, parfois aplatie ou en forme de massue allongée, peuvent atteindre 1 m de longueur et leur poids, généralement de 3 à 5 kg, aller jusqu’à 15 kg. Ils sont garnis d’yeux comme les pommes de terre. La peau est généralement jaune, mais peut être presque blanche ou plus foncée de brunâtre à noirâtre. La chair est généralement blanche, parfois jaunâtre.

La composition chimique des tubercules est voisine de celle des pommes de terre avec environ 25 % d’amidon, mais un peu plus de protéines (environ 7 %, quatre fois plus que le manioc). Ils sont très pauvres en matières grasses et en minéraux, et assez riches en vitamine B1 et B6.

Certaines variétés, utilisées par l’industrie pharmaceutique, contiennent des substances de trois types :

  • des alcaloïdes, dont la dioscorine,
  • des tanins,
  • des sapogénines, dont la diosgénine qui est aussi utilisée en laboratoire avec d’autres composants pour la préparation de stéroïdes, analogues en particulier de la cortisone, à la progestérone et à des œstrogènes, une fois transformée.

La diosgénine naturelle de l’igname quant à elle, a montré dans différentes études qu’elle intervient comme antioxydant lipophylique et contribue à la bonne transformation des stérols alimentaires, eux-mêmes sources des hormones stéroïdes endogènes.

Les espèces d’ignames pour l’usage alimentaire ou en complément alimentaire sont principalement Dioscorea alata et Dioscorea polystachya.

Les ignames sont une culture importante dans le monde. La récolte annuelle est d’environ 74 millions de tonnes sur presque 9 millions d’hectares répartis dans 56 pays. Cette culture a néanmoins régressé devant celle du manioc, plus facile à cultiver selon les variétés, les sols…

Les tubercules riches en amidon sont consommés presque exclusivement dans les régions tropicales.

Les ignames se consomment cuites, braisées, ou frites. Selon les espèces et variétés, le goût est très variable, très agréable, tendre et sucré dans certains cas, farineux, à goût de châtaigne le plus souvent. En Afrique, certaines espèces sont âcres ou amères, mais non toxiques.

Les espèces d’igname alimentaire Dioscorea polystachya et Dioscorea alata sont également consommées sous forme d’extrait en complément alimentaire. Les peuples autochtones en font également de la bière traditionnelle, tel le kalali de Guyane.

L’igname tient une place importante dans la culture des Igbos, qui organisent traditionnellement la fête du Yam au moment de la moisson de l’igname, en l’honneur d’Ala, déesse de la terre et de la fertilité. L’igname occupe également une grande importance pour les Abelams de Papouasie-Nouvelle-Guinée, pour lesquels l’igname contient l’esprit de leurs ancêtres.

Source : Wikipédia.

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