L’orang-outan.

Les Orangs-outans forment un genre (Pongo) de singes appartenant à la famille des hominidés. Ce sont des grands singes diurnes, au pelage clairsemé de couleur rouille à orange foncé, qui comme les autres hominoïdes, ne possèdent pas de queue. Ils sont endémiques des forêts tropicales des îles de Sumatra et Bornéo, territoires partagés entre l’Indonésie et la Malaisie.

Le genre Pongo comprend trois taxons distincts qui se différencient difficilement par leur morphologie mais qui occupent des aires de répartition différentes. Les orangs-outans de Bornéo sont légèrement plus petits que les deux autres espèces, orangs-outans de Sumatra et orangs-outans de Tapanuli, qui se répartissent toutes les deux à Sumatra, au nord et au sud du lac Toba. Ce sont les seuls grands singes à ne pas vivre en groupe. Les mâles comme les femelles sont solitaires, mais ces dernières peuvent vivre accompagnées de leur petit, qui reste avec elles pendant ses premières années de vie.

Orang-outan, carte maximum, Nations-unies, 22/04/1999.

Sévèrement menacées par la destruction de leur habitat au profit des activités humaines, les espèces d’orangs-outans sont toutes les trois classées « en danger critique d’extinction » et font l’objet de programmes de conservation.


La taille moyenne des orangs-outans est de 1,10 à 1,40 m pour 40 à 80 kg. Les mâles sont sensiblement plus gros que les femelles, ce qui est une forme de dimorphisme sexuel.

Les orangs-outans peuvent vivre de 30 à 40 ans dans la nature. Nénette, une femelle née vers 1969 à Bornéo et hébergée à la ménagerie du Jardin des plantes de Paris, a atteint environ 50 ans.

Les orangs-outans intéressent beaucoup les généticiens et les biologistes qui étudient l’histoire évolutive de la lignée humaine, car ils appartiennent à la famille des hominidés. Le caryotype des orangs-outans est diploïde, avec 2n = 48 chromosomes, comme chez les gorilles et les chimpanzés. La taille du génome des trois espèces d’orangs-outans est comparable à celle de l’espèce humaine.

Le génome des orangs-outans a été séquencé en janvier 2011. Il fait apparaitre une similarité d’environ 97 % avec le génome humain, c’est-à-dire environ 3 % de différences génétiques avec l’espèce humaine. Le premier séquençage du génome était basé sur un individu femelle captif appelé Susie.

Les chercheurs ont également publié des séquençages moins complets de dix orangs-outans sauvages, cinq de Bornéo et cinq de Sumatra. Il a été constaté que la diversité génétique était plus faible chez les orangs-outans de Bornéo (Pongo pygmaeus) que chez ceux de Sumatra (Pongo abelii), bien que ceux de Bornéo soient six ou sept fois plus nombreux que ceux de Sumatra.

Les chercheurs espèrent que ces données pourront aider à sauver les grands singes en voie de disparition, et s’avéreront également utiles pour une meilleure compréhension des maladies génétiques humaines.

Les orangs-outans sont parmi les plus arboricoles des grands singes. Ils passent la majeure partie de leur temps dans les arbres, à la recherche de nourriture. Chaque nuit, ils fabriquent un nouveau nid perché entre 12 et 18 mètres au-dessus du sol, tout comme les chimpanzés, qui sont toutefois plus terrestres durant la journée.

L’animal se nourrit la plupart du temps de fruits, de jeunes pousses, d’écorce, de petits vertébrés, d’œufs d’oiseaux et d’insectes. Voilà pourquoi Anne Russon (en), qui étudie l’intelligence des grands singes à l’université York, s’est étonnée d’observer une nouvelle activité des orangs-outans vivant autrefois en captivité et relâchés à Bornéo : la pêche.

Les adultes mâles sont solitaires durant une grande partie de leur vie mais communiquent par des cris puissants, perceptibles à 1 km au moins, pour marquer leur territoire et peut-être pour appeler les femelles qui sont moins solitaires puisqu’elles accompagnent leurs petits jusqu’à l’âge de 3 ans et demi environ.

Destinés à tisser des liens et non à se reproduire, des comportements sexuels entre mâles avaient parfois été observés dans les zoos. On les a souvent d’abord expliqués par la captivité et/ou l’absence de femelle dans un groupe. Mais comme pour de nombreux autres primates, de tels comportements sont aussi observés en forêt, dans la nature, chez des orangs-outans sauvages. Ce fut le cas par exemple à Sumatra, lors d’études portant sur deux lieux et populations différentes de Pongo abelii. Ce comportement ne découle donc pas d’une privation de liberté en zoo, ni du contact avec des humains. Les chercheurs estiment généralement qu’il s’agit de comportements agonistiques (établissant des relations de dominance et/ou de rivalité) voire, pour partie, de jeux lors desquels les jeunes apprennent ou testent leur sexualité.

Bien que les orangs-outans soient généralement paisibles, des agressions entre individus peuvent arriver dans le cadre des rivalités territoriales ou sexuelles. Les mâles non-mûrs courtisent et tentent de mimer des accouplements avec les femelles immatures, qui fuient ces avances : ces « jeux » peuvent parfois devenir agressifs. Préférant s’accoupler avec les mâles mûrs, les femelles adultes repoussent facilement les jeunes prétendants. Ces interactions sociales s’établissent surtout en captivité ou en groupe auprès des installations humaines de recueil des jeunes orangs-outans abandonnés, tandis que, dans la vie sauvage, les rencontres sont beaucoup plus rares et les possibilités de fuite plus larges.

Le mâle n’est sexuellement mûr qu’entre 7 et 10 ans, âge auquel il commence à se reproduire. L’orang-outan n’a pas de saison des amours privilégiée. La gestation dure 245 jours. La mère donne naissance à un seul petit à la fois. Les jumeaux sont rares. Les naissances sont espacées, avec un intervalle d’environ huit ans en moyenne. Les jeunes orangs-outans voyagent accrochés au dos ou au ventre de leur mère pendant plus de deux ans. Pendant un à deux ans après la naissance, la femelle est tolérée sur le territoire du mâle qui l’a fécondée. Les femelles accordent une grande attention aux jeunes.

Comme les autres grands singes, les orangs-outans sont remarquablement intelligents. Au milieu des années 1990, une population d’orangs-outans a été observée utilisant régulièrement des outils pour s’alimenter. Cela avait déjà été montré auparavant chez des chimpanzés par Jane Goodall dans les années 1960.

Un article paru dans Science en 2003 apporte des preuves de l’existence d’une culture propre aux orangs-outans.

Plus récemment, une expérience conduite par des chercheurs allemands de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste de Leipzig a permis de mettre en évidence les capacités intellectuelles des orangs-outans. Des chercheurs ont présenté à 5 orangs-outans femelles de 7, 11, 17 et 32 ans, venant d’un zoo local, une grosse cacahuète flottante sur de l’eau, dans une longue éprouvette verticale transparente fixée à une paroi. Le niveau d’eau était trop bas pour que les singes puissent attraper la cacahuète avec les doigts. Un récipient d’eau était mis à leur disposition dans la pièce. Les orangs-outans ont rapidement compris qu’en prenant de l’eau dans leur bouche pour la recracher dans l’éprouvette, ils feraient monter le niveau de l’eau et pourraient attraper la cacahuète et la manger. Il a fallu 9 minutes en moyenne pour qu’ils le fassent ; à la dixième expérience, 30 secondes leur suffisaient pour attraper et manger la friandise. Aucune autre méthode ne permettait de récupérer et manger la cacahuète.

Plus que les expériences en zoo ou en laboratoire, Christophe Boesch suggère de s’intéresser à la vie des primates dans leur milieu d’origine. Dans le cas des orangs-outans, la culture outillée a été détaillée par Carel van Schaik et al. Mais une culture animale comprend également des traits comportementaux partagés, une communication efficiente, des conditions de transmission. Les travaux sur l’intelligence et la culture ne se posent plus de façon anthropocentrique comme dans le cas du langage chez Chantek, mais sur la possibilité de conserver des cultures non-humaines dans les centres de réintroduction et les parcs zoologiques.

Les espèces de ce genre se rencontrent à Sumatra et à Bornéo, en Indonésie et en Malaisie. Autrefois l’on trouvait également des orangs-outans sur l’île de Java.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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