Juba II, roi de Numidie.

Juba II (en latin : Gaius Iulius Iuba2 ; en grec ancien : Ἰóβας, Ἰóβα ou Ἰούβας3) est un roi de Numidie de 30 à 25 av. J.-C. puis de Maurétanie, de 25 av. J.-C. à 23 ap. J.-C.. Outre son règne très réussi, il était un érudit et un auteur très respecté. Sa première épouse était Cléopâtre Séléné II, fille de la reine Cléopâtre VII d’Égypte ptolémaïque et du triumvir romain Marc Antoine.

Juba II est le fils du roi numide Juba Ier. Après la défaite de son père face aux Populares, il est emmené à Rome comme otage par Jules César et recevra une éducation dorée et la citoyenneté romaine par César et Octavie, la sœur du futur empereur Auguste. Il règne à partir de 30 av. J.-C. sur la Numidie et est installé sur le trône de Maurétanie en 25 av. J.-C. Il prend pour capitale Iol, qu’il renommera Caesarea (actuelle Cherchell, en Algérie). La date de son mariage avec Cléopâtre Séléné n’est pas connue, mais celui-ci est attesté dès 20 av. J.-C. avec la mention de la reine sur certaines pièces de monnaie.


Après la mort de Juba Ier, le royaume de Numidie est partagé par Octave (le futur Auguste). Ce dernier installe sur le trône Juba II. Plus tard, mettant fin au royaume numide, il propose à Juba II d’échanger ce qui reste de son royaume contre le trône de Maurétanie, qu’a laissé vacant la mort du dernier Bocchus. Empereur romain, Auguste modifie sa position vis-à-vis de la question des protectorats, pour adopter la politique de souplesse appliquée en Orient. Ainsi, le prince numide est placé sur le trône maurétanien.

À la sixième année de son règne, en 19 av. J.-C., Juba II épousa Cléopâtre Séléné, fille de Cléopâtre, reine d’Égypte, et de Marc Antoine. Cette dernière avait été élevée en compagnie de son frère jumeau Alexandre Hélios par la sœur d’Octave, Octavie, épouse répudiée de Marc Antoine. Cléopâtre Séléné fut couronnée à son tour en raison de son ascendance maternelle et fut officiellement associée au pouvoir sans qu’il y ait toutefois partage territorial d’autorité. Ce territoire, malgré certaines amputations au profit des colonies romaines, s’étendait donc de l’Atlantique à l’ouest, à l’embouchure de l’Ampsaga (Oued el Kebir) à l’est et comprenait les régions de Sétif au sud ainsi qu’une partie des territoires des Gétules du sud-est algérien et tunisien.

Le rétablissement de ce vaste royaume, supérieur en superficie à celui de Massinissa à son apogée, ne constitue pas pour autant un recul dans la politique coloniale romaine. Il marque seulement une pause. Auguste abandonne moins à Juba la propriété que l’usufruit de son royaume, disposant des territoires, les divisant, les morcelant à sa guise, sans que le roi numide ne manifeste la moindre résistance, tellement son esprit, par l’éducation qui lui avait été dispensée, était obnubilé par l’obéissance à Rome.

Juba II implante sa capitale dans l’ancien comptoir phénicien Iol ou Jol qui est renommé Caesarea (actuellement Cherchell, en Algérie)11. Il a alors 25 ans lors de sa prise de pouvoir en 25 av. J.-C. et les monnaies sont frappées en son nom avec la mention « IVBA REX8 ». La date du mariage entre Juba et Séléné n’est pas connue, cependant l’effigie de la reine apparaît à l’année 20 av. J.-C. sur les pièces de monnaie avec la légende « ΚΛΕΟΠΑΤΡΑ ΒΑΙΛΙΑ ».

Les projets de constructions et de sculptures à Césarée et Volubilis ont présenté un riche mélange de styles architecturaux égyptiens, grecs et romains. Cléopâtre Séléné II a influencé Juba II pour exercer une bonne politique gouvernementale. Juba II a promu et soutenu les arts du spectacle, la recherche scientifique , la métrique, la linguistique, la mathématique et la connaissance de l’histoire naturelle dont Pline a fourni les sources. Il a aussi favorisé le commerce en Numidie. La Maurétanie échangeait à travers la Méditerranée, en particulier avec l’Espagne et l’Italie, exportant du poisson, des raisins, des perles, des figues, des céréales, du bois de meubles et de la teinture violette pour les vêtements sénatoriaux.

Juba II a envoyé une expédition dans les îles Purpuraires afin de rétablir les anciens processus phéniciens de fabrication de colorants (“violet glucique”). Tingis (aujourd’hui Tanger), une ville des colonnes d’Hercule (aujourd’hui détroit de Gibraltar), est devenu un grand centre commercial. À Gades (actuelle Cadix) et Cartage la nouvelle (Cartagène actuelle) en Espagne, Juba II a été nommé par Auguste duumvir honoraire. Un duumvir était un magistrat d’une colonie ou ville romaine fondamentalement liée au trafic commercial et était également un Patronus Colonaie.

Il a également exploré d’autres zones géographiques, telles que les montagnes de l’Atlas, Madère et les îles Canaries. De même, la valeur et la qualité de la monnaie maurétanienne ont été reconnues dans le monde antique. L’historien grec Plutarque le décrit comme l’un des meilleurs hommes d’État de son temps.

Juba II s’est intéressé aux origines de son royaume comme à l’étude du libyque et du punique, langues de culture de ses habitants. En renonçant à l’annexion de la Maurétanie, Auguste savait ce qu’il faisait avec Juba II à la tête de ces vastes territoires où se sont enracinées de nombreuses colonies romaines indépendantes du roi ; il pouvait, sans crainte, confier l’administration des indigènes à un chef « indigène » qui, plus habilement que des fonctionnaires romains, saura maintenir la paix. L’Afrique continuera donc à fournir à Rome ses productions, principalement agricoles.

Vers l’an 5 apr. J.-C., le roi Juba II a fait le tour de la Méditerranée orientale avec Caius Julius Caesar Vipsanianus, neveu d’Auguste ; pendant le voyage, il a rencontré Glaphyra ; Cléopâtre Séléné II était probablement déjà morte. Glaphyra (v. 35 av. J.-C., v. 7 ap. J.-C.?), fille du roi de Cappadoce Archélaos de Cappadoce, était une princesse anatolienne, liée à la dynastie hérodienne ; elle devint reine de Mauritanie en épousant Juba II. Elle sera plus tard épouse d’Hérode Archélaos.

En 19 apr. J.-C., Juba II a nommé son fils Ptolémée de Maurétanie co-régent, avant de mourir en l’an 23 apr. J.-C., enterré avec sa première femme au mausolée royal de Maurétanie. Son fils et successeur poursuivit en partie la politique de son père, mais n’hérita pas des vertus de celui-ci. Ptolémée règne jusqu’en 40 apr. J.-C., lorsque son cousin au deuxième degré, l’empereur Caligula, le fait assassiner lors d’une visite à Rome. La Mauritanie a ensuite été annexée à l’Empire, devenant une province romaine. Mais son fond berbère ne disparut pas.

Source : Wikipédia.

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