Le jardin des tuileries à Paris.

Le jardin des Tuileries, parfois appelé jardins des Tuileries au pluriel, est un parc parisien du 1er arrondissement créé au XVIe siècle, à l’emplacement d’anciennes tuileries qui lui ont donné son nom.

Au XIIIe siècle, se trouvent ici des terrains vagues et des fabriques de tuiles. Au XIVe siècle, le prévôt de Paris Pierre des Essarts y possède un logis et quarante arpents de terre labourable. Puis au XVIe siècle, Neufville de Villeroy, secrétaire aux Finances, y fait bâtir un hôtel que François Ier achète pour sa mère, Louise de Savoie.

Catherine de Médicis rachète ces terrains situés entre l’enceinte de Charles V et l’enceinte des Fossés Jaunes3. À partir de 1564, elle y fait commencer la construction du palais des Tuileries, tout en débutant l’aménagement d’un jardin à l’italienne à l’ouest jusqu’au glacis de l’enceinte (actuelle place de la Concorde). Il est constitué de six allées dans le sens de la longueur et huit dans le sens de la largeur, qui délimitent des compartiments rectangulaires comprenant des plantations différentes (massifs d’arbres, quinconces, pelouses, parterres de fleurs, etc.). Une fontaine, une ménagerie et une grotte décorée par le célèbre céramiste Bernard Palissy décorent le jardin. Dans les années 1605-1625 sont ajoutées une orangerie et une magnanerie.

Jardin des tuileries, carte maximum, Paris, 2004.

Dans le bastion au nord de la porte de la Conférence, un terrain est conservé comme garenne. En 1630, le roi offre ce terrain à M. Renard3, ancien valet de chambre d’Augustin Potier, évêque de Beauvais. Il y fait construire un pavillon qui devient le lieu d’agrément pour la bonne société3. Certains épisodes de la cabale des Importants puis de la Fronde (provocation de Beaufort) s’y déroulent.

En 1664, Jean-Baptiste Colbert et Louis XIV ordonnent que le jardin soit entièrement redessiné par André Le Nôtre, qui s’était déjà illustré à Vaux-le-Vicomte. Le jardin s’agrandit vers l’ouest en incorporant le jardin Renard. Le petit-fils de Pierre Le Nôtre, architecte de Catherine de Médicis et paysagiste, donne à celui-ci l’aspect qu’il va conserver, dans ses grandes lignes, jusqu’à nos jours : il perce dans l’axe du palais une allée centrale délimitée à l’est par un bassin rond, à l’ouest par un bassin octogonal ; il construit la terrasse du Bord de l’eau le long des quais des Tuileries et Aimé-Césaire et la terrasse des Feuillants, cette terrasse doit son nom à l’ordre religieux des feuillants qui avaient rue Saint-Honoré un couvent proche, c’est le long de cette terrasse que sera tracée la future rue de Rivoli ; enfin, il bâtit sur le tracé de l’enceinte de Charles IX deux terrasses le long desquelles sera placée la future place de la Concorde, avec deux rampes en courbe permettant d’y accéder.

Craignant que le public n’abîme le jardin ainsi aménagé, Colbert veut en réserver l’accès à la famille royale. Mais Charles Perrault le convainc de la sagesse des Parisiens et de la nécessité que constitue pour eux l’accès à un jardin : on y « parlait d’affaires, de mariages et de toutes choses qui se traitent plus convenablement dans un jardin que dans une église, où il faudra[it] à l’avenir se donner rendez-vous. Je suis persuadé, poursuit-il, que les jardins des rois ne sont si grands et si spacieux qu’afin que tous les enfants puissent s’y promener ». Et le jardin reste accessible à tous, les entrées étant toutefois gardées. Les terrasses sont occupées par des cafés et des restaurants. Des chaises sont à disposition des promeneurs dans la grande allée contre deux sous.

De nombreuses statues de marbre viennent par ailleurs orner le jardin. En 1719, l’entrée principale est flanquée de deux statues d’Antoine Coysevox, représentant Mercure et la Renommée chevauchant un cheval ailé.

En 1716, un pont tournant piétonnier est installé pour rejoindre la place Louis XV (aujourd’hui place de la Concorde), en franchissant le fossé de l’enceinte de Louis XIII. Il est démoli en 1817.

En 1783 a lieu la première ascension de personnes dans un ballon à gaz. Une plaque, située aujourd’hui à droite en entrant dans le jardin, marque le souvenir de cet événement.

Jadin des tuileries, épreuve d’artiste, signée.

Sous la Révolution, le jardin est le témoin des grands événements dont le palais est lui-même le théâtre, notamment la prise des Tuileries le 10 août 1792. Le bassin rond est utilisé pour la cérémonie de l’Être suprême le 8 juin 1794. On y place des effigies représentant l’Athéisme entouré de l’Ambition, de l’Égoïsme, de la Discorde et de la Fausse Simplicité. Maximilien de Robespierre y met le feu, dans une apothéose de cris et d’applaudissements. Le cortège se dirige ensuite vers le Champ-de-Mars. Le 10 octobre, ce même bassin accueille le cercueil de Jean-Jacques Rousseau, drapé d’un drap parsemé d’étoiles (exhumé d’Ermenonville pour être porté au Panthéon).

La rue de Rivoli est tracée au début du XIXe siècle entre la rue de Rohan et la rue Saint-Florentin à l’emplacement notamment de l’impasse du Manège et des terrains occupés par les Dames-de-l’Assomption. Le jardin s’agrandit alors au nord-ouest. Lors de l’aménagement du quai des Tuileries, un mur d’appui est bâti le long de la terrasse du Bord de l’eau, avec des pierres extraites des carrières de Châtillon.

Aux angles occidentaux du jardin, Napoléon III fait construire deux bâtiments identiques :

  • une orangerie en 1852, au sud-ouest, accueillant aujourd’hui un musée d’art moderne, le musée de l’Orangerie ;
  • un jeu de paume en 1861, au nord-ouest, hébergeant de nos jours un musée d’art contemporain, la galerie nationale du Jeu de Paume.

En 1870-1871, lors du siège de Paris, on fabrique des ballons montés et certains en décollent. La fabrication quitte les Tuileries pour la gare de l’Est après un bombardement prussien. Le palais des Tuileries est détruit par un incendie durant la Commune de Paris en 1871. En 1877, la rue des Tuileries, l’actuelle avenue du Général-Lemonnier est ouverte à l’emplacement de la terrasse de l’ancien palais des Tuilerie. En 1883, les ruines des Tuileries sont rasées, ce qui rend actuellement très difficile la compréhension des lignes et de l’esthétique du jardin des Tuileries pour les visiteurs non avertis de la présence de l’ancien palais, le jardin était en effet entièrement conçu spécialement comme une mise en scène théâtrale pour mettre en valeur les volumes spécifiques du palais. Le jardin du Carrousel est aménagé en partie à l’emplacement du palais disparu. De ce fait, le jardin des Tuileries est désormais visible depuis l’avant de la grande cour du palais du Louvre. L’avenue du Général-Lemonnier ayant été partiellement enterrée, les deux jardins sont dans la continuité l’un de l’autre.

À l’occasion de l’Exposition universelle de 1878, Henri Giffard fait voler des milliers de personnes dans un ballon captif géant.

Le salon de l’automobile de Paris 1898 et celui de l’année suivante s’y déroulent. La première édition est un vrai succès, accueillant 140 000 visiteurs.

Le jardin accueille les épreuves d’épée des jeux olympiques d’été de 1900. Le 13 juin 1937, le Front populaire y organise la Fête de l’éducation physique aux Tuileries.

Le 23 mars 1918, durant la Première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose dans le jardin des Tuileries. Le 28 mai 1918 un autre obus éclate près de la terrasse de l’Orangerie.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une partie du jardin est transformée en potager à cause du manque de ravitaillement durant l’Occupation. Le 25 août 1944, le général von Choltitz, commandant du Groß-Paris y reçoit un ultimatum du colonel Pierre Billotte de la 2e DB et répond : « Je n’accepte pas les ultimatums. » Lors des combats qui suivent, le capitaine Branet s’empare de l’hôtel Meurice, rue de Rivoli, quartier-général des forces d’occupation allemande ; le capitaine Julien emprunte la rue du Faubourg-Saint-Honoré pour atteindre le siège de la Kommandantur, place de l’Opéra et de son côté le lieutenant Bricard nettoie le jardin des Tuileries. Les dix plaques commémoratives apposées le long du jardin à l’angle de la rue de Rivoli et de la place de la Concorde ne rendent pas complètement compte de l’intensité des combats et du nombre de victimes.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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