Ville de Millau (Aveyron).

Millau est une commune française, sous-préfecture du département de l’Aveyron, en région Occitanie. Située à 70 km au sud-est de Rodez, et à 111 km de Montpellier, elle fait partie de l’ancienne province du Rouergue.

Le territoire de cette commune constitue une partie du Parc naturel régional des Grands Causses.

La ville est née, il y a près de 3000 ans, sur les hauteurs de la Granède qui dominent Millau et la vallée du Tarn. L’oppidum de la Granède compte trois lignes successives de murailles qui attestent de trois périodes distinctes :

 

  •  1000 ans av. J.-C. (début de l’âge du bronze),
  •  1er au 2e siècles av. J.-C. (époque gauloise),
  •  IVe siècle après J.-C. (Bas-Empire romain).

Situé entre le causse du Larzac et la vallée du Tarn, l’oppidum permettait le contrôle des échanges sur les voies de communications, notamment sur la voie romaine qui reliait l’oppidum de Cessero (Saint-Thibery, Hérault) à Segudunum (Rodez, Aveyron) via L’Hospitalet-du-Larzac.

Millau, machine Daguin, 11/03/1928.

Vers le IIe ou le Ier siècle av. J.-C., la ville se développe sur la rive gauche du Tarn dans la plaine alluviale du confluent qui va lui donner son nom gaulois : Condatomagus (condato signifie confluent et magos, le marché). La cité devient un centre important de fabrication de céramique de luxe sigilée dit de la Graufesenque qui était exportée dans tout l’Empire romain3. Et puis, vers le milieu du IIe siècle, le commerce s’effondre à cause de la concurrence de nouveaux centres de production et Condatomagos périclite. Avec les invasions barbares des IVe – Ve siècle, la ville s’installe définitivement sur l’autre rive du Tarn, à l’intérieur d’une boucle de la rivière. Elle changera de nom à cette occasion pour devenir « Amiliavum », qui deviendra « Amilhau », puis « Milhau » en rouergat cohabitant avec « Millau » en français.

Au IXe siècle, la ville est un gros bourg qui devient le siège d’une viguerie et déjà le centre du gant d’agneau. Elle s’entoure alors de remparts.

Au Xe – XIe siècle c’est la naissance de la vicomté de Millau. Dès le XIe siècle la cité passe successivement sous domination des comtes de Provence, de Barcelone puis des rois d’Aragon, avec en 1112 le mariage de la fille du vicomte de Millau et de Béranger III, futur Roi d’Aragon. En 1187, le Roi d’Aragon lui concède le sceau et la liberté communale par charte consulaire. Le consulat ainsi créé, est chargé d’administrer la ville, de lever l’impôt et d’appliquer la justice. En 1271, Millau passe à la couronne des rois de France.

En 1183 est pendu en ville Curbaran, capitaine de “routiers”.

En 1361, au cours de la guerre de Cent Ans, la ville passe sous domination anglaise. Le retour à la paix au XVe siècle donne à la ville un nouvel élan. C’est Louis XI qui rattache Millau à la couronne en 1476 par ses lettres patentes.

Ville de foires et drapante, Millau se développe au XVIe siècle avec la croissance économique. Elle passe de 3500 habitants en 1515 à 5500 habitants en 1547. Les prémisses de la Réforme atteignent Millau dès le milieu du XVIe siècle, faisant rapidement de la ville une place forte protestante. La ville accueillit notamment plusieurs assemblées politiques de huguenots notamment en 1573 et 1574, qui marquèrent la création des Provinces de l’Union. Durant, un siècle les protestants vont dominer politiquement et économiquement Millau. La révocation de l’Édit de Nantes en 1685 contraint les notables protestants à l’exil, ce qui désorganisa l’industrie gantière.

Au XVIIIe siècle, l’industrie drapière laisse la place à l’industrie du cuir et de la peau qui se développe après 1750.

Millau subit une inondation en novembre 1808.

Le XIXe siècle voit le développement de l’industrie du gant, la modernisation et l’expansion de la ville. Entre 1835 et 1837, de nombreux travaux d’embellissement de la ville sont lancés : construction d’une fontaine et d’une halle au blé, place Maréchal-Foch, d’un palais de justice, boulevard de l’Ayrolle. Le mouvement républicain se développe parmi les ouvriers tanneurs, mégissiers et gantiers. Il est illustré par la tentative de résistance au coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851. D’importants travaux d’urbanisme sont également réalisés pendant le second Empire, sous l’impulsion du maire, le banquier Achille Villa.

Au XXe siècle, près de 12 000 personnes sur les 18 000 que compte la ville, vivent de l’industrie des cuirs et peaux. Mais la prospérité est parfois marquée par des conflits sociaux. Ainsi, la crise économique de 1929 a des répercussions à Millau avec la faillite de la banque Villa en 1934. La ville est paralysée par une grève générale de six mois pendant l’hiver 1934-1935, à la suite de la décision des patrons gantiers de baisser de 25 à 30 % les salaires des ouvriers. Les ouvriers cèdent finalement car la famine gagne peu à peu la ville.

L’industrie gantière commence à décliner dans les années 1960, et Millau devient une ville de services.

De nos jours, Millau conserve une activité de cuir et de peau, spécialisée dans le luxe, et les entreprises fabriquent plus de 800 000 gants par an, ce qui représente le tiers de la production française.

À la fin du XXe siècle, en 1999, une action militante, très médiatisée, des syndicats agricoles Confédération paysanne et SPLB, a fait parler de cette commune. Cette action fut organisée en réaction aux surtaxes douanières des États-Unis d’Amérique sur divers productions agricoles et transformations agroalimentaires françaises dont le fromage au lait cru de brebis de Roquefort-sur-Soulzon. Les États-Unis avait trouvé ce moyen de pression pour chercher à imposer aux Européens l’importation de viande de vache élevée aux hormones de croissance. Cette action fut menée à bien par un groupe de paysans militants avec, parmi eux, l’éleveur de brebis, député européen depuis 2009, José Bové sur le chantier d’assemblage d’une sandwicherie franchisée McDonald’s.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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