La vallée du M’Zab (Algérie).

Le Mzab ou M’zab (en tamazight : ⴰⵖⵍⴰⵏ Aghlan ou ⵉⵖⵣⵔ ⴰⵡⴰⵖⵍⴰⵏ Ighzer awaghlan – la vallée du Mzab -, en arabe : مزاب Mzab) est une région berbérophone du nord du Sahara algérien, située dans la wilaya de Ghardaïa, à 550 km au sud d’Alger (441 km à vol d’oiseau). Elle s’étend sur environ 8 000 kilomètres carrés et abrite plus de 200 000 habitants (recensement 2008).

Le Mzab est un plateau que parcourt un oued du même nom. Sa vallée servit de refuge aux musulmans Ibadites qui y édifièrent cinq villes (pentapole) au xie siècle, puis deux cités plus au nord.

La vallée du Mzab fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO, elle dispose d’un patrimoine architectural riche et originel. Sa principale ville est Ghardaïa, chef-lieu de la wilaya homonyme.

La région est située dans le nord du Sahara algérien, dans la wilaya de Ghardaïa, à 550 km au sud d’Alger (441 km à vol d’oiseau).

La vallée s’étend sur environ 8 000 kilomètres carrés, entre 32° et 33°20′ de latitude Nord et 0°4′ et 2°30′ de longitude Est5. Le Mzab est un plateau que parcourt un oued du même nom du nord-ouest vers le sud-est.

La ville de Ghardaïa, chef-lieu administratif, occupe une position centrale dans la moitié nord et au cœur de la Chebka. Elle est distante d’Alger de 600 kilomètres et située à peu près sur le méridien de la capitale algérienne.


Des vestiges datant de la Préhistoire ont été découverts dans la région, notamment des gravures rupestres et vestiges funéraires symboliques.

Entre le VIIIe siècle et le Xe siècle, la vallée du Mzab avait connu la fondation des premiers ksours berbères, notamment par la tribu nomade des Béni M’Zab, dont on trouve les ruines à Talazdit et à Aoulaouel, près d’El Atteuf.

À partir du Xe siècle, après la chute du royaume rostémide par les Fatimides, les réfugiés de Tahert s’établissent à Sedrata près d’Ouargla. Puis, ils atteignent la région inhospitalière de la Chebka du Mzab (« filet »). Au XIe siècle, ils bâtissent plusieurs villes dans la région : Ghardaïa, Melika, Beni Isguen, Bounoura et El Atteuf.

Au XIIe siècle, une communauté juive en provenance de l’île de Djerba s’installe à l’instigation des ibadites de Ghardaïa.

Du xive siècle au xvie siècle, la région a fait partie du royaume zianide. Dès cette période, des communautés arabes viennent s’agréger au Mzab.

La diaspora des juifs séfarades issue de l’expulsion des Juifs d’Espagne par le décret d’Alhambra (1492) entraîna leur émigration massive en Afrique du Nord, dont au Mzab.

La population noire (ikurayan) aurait été importée par la traite orientale. Ils étaient surtout employés comme jardiniers. Les mulâtres seraient issus du métissage entre hommes mozabites et femmes noires. Ils exerçaient les métiers de fabricants de savates, bouchers, crieurs publics, et pouvaient devenir clercs. À une certaine date, ils furent tous affranchis mais pouvaient décider de rester avec leurs anciens maîtres.

Dès le XIVe siècle, la région accentue son rôle de carrefour commercial caravanier de l’Afrique saharienne, autour de produits tels que la laine, les dattes, le sel, le charbon, les armes. La présence de Mozabites installés dans les villes du Nord du Maghreb telles que Tunis et Alger confirme leurs capacités commerciales.

En 1510, une expédition du détachement militaire mozabite débarque sur l’île de Djerba. Les troupes de Cheikh Bahayou ont réussi avec les troupes de Djerba, à détruire l’expédition navale de Don Garcia De Toledo, au large de Djerba. Cette brigade fut mobilisée pour repousser les attaques espagnoles sur les côtes algériennes, en concert avec les forces navales ottomanes de Kheireddine Barberousse. Ceci à la suite de l’accord de ce dernier avec les notables mozabites d’Alger et le délégué général du M’zab à Alger.

Au XVIIe siècle, des factions dissidentes de Ghardaïa fondent au nord de la vallée deux cités, Guerrara et Berriane. D’autres dissidents des cités de la pentapole se sont installés dans ces villes coupées du gros de la communauté ibadite.

Durant la période ottomane, les populations du Mzab, entretiennent des liens d’allégeance au pouvoir turc, et maintiennent les échanges commerciaux par les caravanes qui continuent d’emprunter les routes traditionnelles. À Alger, la communauté mozabite avait un statut particulier et disposait de sa propre représentation auprès des autorités deylicales en la personne d’un amin. Les mozabites étaient les principaux organisateurs du commerce caravanier et ils avaient le monopole de la gestion des bains publics, des boucheries et des moulins de la ville.

En 1792 (1206H), le Mzab est annexé au Beylik de l’Est à la demande de Salah Bey au Dey d’Alger Hassan Bacha. Cette démarche a été déclinée par les notables du M’zab, à la suite d’un différend d’ordre fiscal. Le Dey d’Alger a, rapidement, annulé cette annexion et a nommé un nouveau Bey à Constantine (Bey Bouhenk).

Après la capture de Laghouat par les Français en 1852, les Mozabites concluent avec le gouvernement d’Alger une convention qui les engage à payer une contribution annuelle de 1 800 francs pour obtenir l’autonomie.

Le 29 avril 1853, le général Randon, gouverneur général de l’Algérie, impose à la confédération des sept cités du Mzab, incarnée par un conseil d’oulémas et de notables, un traité de protectorat. Connu en France comme la capitulation du Mzab et au Mzab comme la convention Randon24, il laisse une relative autonomie à la région.

Le 30 novembre 1882, le général de La Tour d’Auvergne proclame l’annexion du Mzab à la France afin de mettre fin à l’oppression des pillards nomades[réf. nécessaire]. Le Mzab est placé sous le régime de l’administration directe22. Le 28 décembre26, il est rattaché — avec l’aghalik d’Ouargla et les chambaâ de Metlili et d’El Goléa — au cercle d’El Goléa qui devient, le 19 janvier 1904, le cercle de Ghardaïa. En 1902-1905, il est incorporé aux Territoires du Sud.

Au début du XXe siècle, le commerce devient l’activité principale des Mozabites. Ils accaparent même certains secteurs dans les villes algériennes comme Alger.

Durant cette période, Berriane et surtout El Guerrara deviennent un espace privilégié du mouvement réformiste mozabite qui commence par la refonte de l’enseignement, puis le champ de la réforme s’étend à des aspects liés à la vie économique et sociale des Ibadites. Les réformistes ont conquis des espaces et une audience à l’exception de Beni Isguen. Ils fondent quatre medersas de très grande envergure qui assurent l’enseignement réformiste à El Guerrara, Berriane, El Atteuf et Ghardaïa.

Les réformistes revendiquaient le rattachement du Mzab au nord de l’Algérie et la fin de l’administration militaire et obtiendront, en 1950, gain de cause. Durant la guerre d’indépendance algérienne, ils adhérent progressivement à la revendication de l’indépendance et vont rejoindre le FLN. Ils substituent leur autorité morale et religieuse au profit des structures du FLN.

La région du Mzab est notamment représentée en peinture par les peintres Maurice Bouviolle, Marius de Buzon et d’autres peintres orientalistes français.

L’éclatement de la révolution de 1954 envenime les relations entre juifs et musulmans du Mzab. La communauté israélite, gagnée par la peur, est naturalisée française en mars 1962, et quitte le pays, pour une part en Israël et pour une part en France, préférentiellement vers l’Alsace où des structures religieuses juives peuvent les accueillir. La grande synagogue de Ghardaïa, ni profanée, ni transformée en mosquée, subit l’usure du temps.

En 1984, lors d’un nouveau découpage administratif, Ghardaïa a été érigée en chef-lieu de wilaya, la 47e wilaya d’Algérie, avec trois daïras, dont la daïra de Beriane qui couvre les anciennes villes du Mzab et qui compte six communes : Ghardaïa, Bounoura, El Atteuf, El Guerrara, Berriane et Dhayet Bendhahoua.

En 1991, lors d’un nouveau découpage administratif, des nouvelles daïras sont créées : Ghardaïa, El Guerrara, Dhayet Bendhahoua, Zelfana et Bounoura.

Depuis la découverte des hydrocarbures dans la région, les villes du Mzab connaissent d’importantes mutations socio-urbaines et des changements démographiques d’ampleur engendrés par la sédentarisation des populations nomades et l’exode rural des régions voisines.

Depuis les événements de Ghardaïa de 2008, la région connaît régulièrement des heurts entre populations arabophones et populations berbérophones. En juillet 2015, dans la vallée du Mzab, des affrontements font au moins 22 morts et des centaines de blessés. La raison de ces affrontements serait des conflits fonciers entre les deux communautés, conflits exacerbés par les différences religieuses entre les deux communautés Châambas sunnites et Mozabites ibadites.

Source : Wikipédia

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