Les Gorges d’El Kantara (Algérie).

El Kantara ou Kantara ou encore Gantara (autrefois Calceus Herculis), est une commune de la wilaya de Biskra en Algérie. C’est une oasis située dans le sud-ouest des Aurès, à 52 km au nord de Biskra et à 62 km au sud-ouest de Batna. Le site naturel d’El Kantara et le patrimoine romain sont classés et protégés depuis 1923.

La ville d’El Kantara est le résultat d’un remplissage Mio-pliocène et quaternaire. La source Ain Skhoun est la plus importante de la région, l’oued El Kantara ou Oued El Haï est formé de petits barrages qui sont formés à leur tour en quatre canaux d’irrigation, pour assurer l’alimentation en eau de la commune. Le climat y est froid en hiver et chaud en été. La commune est traversée par la route nationale d’Algérie no 3 et par la ligne ferroviaire venant de Batna et allant vers Biskra.

La toponymie vient du mot arabe El Kantara qui veut dire Pont en français. Les premiers habitants de la commune sont d’origine berbère. Au Ier siècle apr. J.-C. les Romains sont arrivés dans la région. Vers 620, les Arabes y passent lors des conquêtes musulmanes. La Dachra Dhahraouia est fondée en 1048 par un groupe de familles arabes. En 1844, l’armée française occupe la région. De 1956 à 1962, le village, s’étant intégré dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, fut totalement entouré de fils de fer barbelés, de mines antipersonnel et soumis au couvre-feu. Lors du découpage de 1984, El Kantara est détachée de la wilaya de Batna et rattachée à la wilaya de Biskra.

En 2008, le nombre d’habitants est de 11 415 divisés en trois fractions les Ouled Si Ali Mhamed, les Ouled Belli et les Ouled Mhamel. La population de la commune est jeune, 59,3 % de moins de 30 ans.

El Kantara est une commune qui a une grande richesse patrimoniale, notamment la Dachra Dhahraouia et sa Casbah, les vestiges romains et le musée Lapidaire ou encore la ville européenne. Une partie de l’histoire d’El Kantara est immortalisée dans des textes littéraires et dans des œuvres d’artistes-peintres.

Le territoire de la commune d’El Kantara, qui est surnommée la porte du sud ou encore dénommée par Eugène Fromentin la porte d’or, est situé au nord de la wilaya de Biskra à mi-chemin entre Batna et Biskra. La région d’El Kantara est située dans la partie occidentale du massif de l’Aurès.


El Kantara, est un synclinal d’orientation Est-Ouest célèbre par ses gorges creusées par les eaux au niveau de son flanc Nord dans des formations d’âge Campanien, Maastrichtien et Éocène d’inclinaison sub-verticale vieilles entre 35 et 83 millions d’années, du Mésozoïque.

Ces formations sont des calcaires (roche dure et résistante) formant presque la totalité du massif des gorges que traversent l’oued El-Haï et la route nationale no 3 alternant avec des passages moins importants de marnes (roche tendre très altérable à l’eau). On trouve dans ce flanc le djebel Djar ed-Dachra (942 m).

On trouve derrière ce flanc et en allant vers le Nord des marnes d’âge Campanien Santonien (83 à 88 millions d’années) érodées par les eaux séparent ce dernier du noyau de l’anticlinal en l’occurrence le Turonien (88,5 à 90,4 millions d’années) représenté par le djebel Metlili (1 497 m), drainé à son pied par une importante source (Ain Skhoun).

Des lambeaux de formation d’âge Éocène (entre 35 et 55 millions d’années) représentés par des conglomérats surmontant des marnes gypseuses dans le synclinal; il s’agit surtout de Darsa Hamra, Koudiet Siouana (654 m) et la cité du 8 mai 1945 (Village Rouge). Au Nord-Est au-delà de Koudiet Siouana, on distingue le djebel Mimouna (plus de 700 m) d’où le nom de la petite gorge qui s’y trouve Théniet Mimouna.

Le flanc Sud du synclinal se trouve du côté de Khoucha Maïlha et d’extension vers l’Ouest en allant vers Fontaine des Gazelles représenté djebel Setha (597 m) et vers l’Est le djebel Haouidja (entre 932 m et 1 070 m).

Ain Skhoun est une source d’un niveau important, son débit est de 136 litres par seconde. L’oued El Kantara ou Oued El Haï est alimenté par deux affluents principaux (oued Skhoun et oued Guebli). À l’entrée des gorges, l’eau de l’Oued El Kantara est formée de petits barrages (en arabe sed) pour l’irrigation, comme le sed Fougania, le sed Remaïl ou le sed Loutania et autres. De ces petits barrages partent quatre principaux canaux d’irrigation (Djiza, Tabdoukh sont les plus anciens, et le canal Remaïl et Loutania) pour tout l’oasis d’El Kantara.

On y note également le passage de l’Oued Aghroum.

Pour que l’irrigation des seguias soit contrôlée et bien divisée, la commune a un système de partage des eaux11. On utilise une unité qui est la Nouba (qui veut dire en tamazight intervalle) pour compter le temps total du passage des eaux vers une seguia8. La durée d’une Nouba est différente d’une seguia à l’autre.

Source : Wikipédia.

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