L’€uro, nouvelle monnaie pour l’Europe.

L’euro (€) est la monnaie unique de l’union économique et monétaire, formée au sein de l’Union européenne ; elle est commune à dix-neuf États membres de l’Union européenne qui forment ainsi la zone euro.

Quatre micro-États (Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican) sont également autorisés à utiliser l’euro, ainsi que deux pays européens non-membres, le Monténégro et le Kosovo qui l’utilisent de facto.

D’autres pays ont leurs monnaies nationales liées à l’euro en raison d’accords préalables avec le franc français et l’escudo portugais : Bénin, Bosnie-Herzégovine, Burkina Faso, Cameroun, Cap-Vert, Comores, Congo (Brazzaville), Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée équatoriale, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna, République centrafricaine, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Tchad, Togo.

En usage sous sa forme scripturale le 1er janvier 1999, il est mis en circulation le 1er janvier 2002 à minuit sous sa forme fiduciaire. Il succède à l’ECU, « l’unité de compte européenne » mise en service en 1979.

L’euro, carte maximum, Lisbonne, 2/01/2002.

L’euro est la deuxième monnaie au monde pour le montant des transactions, derrière le dollar américain et devant le yuan chinois.

Depuis octobre 2006, elle est la première monnaie au monde pour la quantité de billets en circulation.

Au 1er janvier 2020, il y avait 24 057 232 839 billets en circulation dans le monde, pour une valeur totale de 1 292 742 470 730 €, ainsi que 135 067 560 396 pièces de monnaie pour une valeur totale de 29 987 926 311 €, l’ensemble représentant la somme de 1 322 730 397 041 € .


L’euro est géré par la Banque centrale européenne (BCE) qui siège à Francfort et par l’Eurosystème, composé des banques centrales des États de la zone euro. En tant que banque centrale indépendante, la BCE est l’unique instance ayant le pouvoir de fixer une politique monétaire pour l’ensemble de la zone euro. L’Eurosystème participe à l’impression, la frappe et la distribution des billets et pièces dans tous les États membres ; il veille également au bon fonctionnement des systèmes de paiements au sein de la zone euro.

Le traité de Maastricht, signé en 1992, oblige la plupart des États de l’UE à adopter l’euro dès qu’ils respectent certains critères monétaires et budgétaires, dits de convergence. Le Royaume-Uni et le Danemark ont cependant obtenu des options de retrait, tandis que la Suède (qui rejoint l’UE en 1995, soit après la signature du traité de Maastricht) refuse d’introduire l’euro, après un référendum négatif en 2003, et contourne au surplus l’obligation d’adopter l’euro en ne respectant pas un des critères de convergence. Néanmoins, tous les pays qui adhérent à l’UE depuis 1993 se sont engagés à adopter l’euro en temps voulu.

La gestion de l’euro dépend du contrôle de la Banque centrale européenne qui en mesure les flux, la masse monétaire, ainsi que les dettes des États membres.

Toutes les pièces en euro possèdent une face européenne commune (1, 2 et 5 centimes : l’Europe dans le monde ; 10, 20 et 50 centimes : l’Europe comme une alliance d’États ; 1 et 2 euros : l’Europe sans frontière) et une face spécifique au pays émetteur (y compris Monaco, Saint-Marin, le Vatican et Andorre, États en union monétaire avec leurs voisins immédiats qui sont autorisés à frapper leurs propres pièces).

Une nouvelle série de pièces est frappée depuis fin 2007 avec un décalage d’un an pour la monnaie italienne (qui frappe aussi les pièces du Vatican et de Saint-Marin). Se calquant sur la pratique décidée pour les billets de banque, elle représente désormais l’ensemble du continent européen (membre ou non de l’Union), afin d’éviter de devoir frapper de nouvelles séries à chaque élargissement. Les frontières n’y apparaissent donc plus.

Toutes les pièces sont utilisables dans tous les États membres, à l’exception des pièces de collection, qu’elles soient ou non en métal précieux, qui n’ont cours que dans le pays d’émission. Des problèmes de compatibilité sont cependant relevés sur certains automates (distributeurs automatiques, péages…).

Il existe également des pièces de collection, souvent en métal précieux, qui n’ont cours légal que dans leur pays d’émission9. Par exemple, gravée par Joaquin Jimenez (qui est également l’auteur de l’Arbre Étoilé des pièces de 1 et 2 euros), une pièce de 5 euros en argent est frappée à deux millions d’exemplaires en 2008. Des pièces de 10 à 5 000 euros, en argent et en or, sont mises en circulation de 2008 à 2010.

L’euro, carte maximum, carte maximum, Luxembourg, 1/01/2002.

L’euro n’est pas la première monnaie à vocation européenne (et internationale). En effet, l’Union latine, née en 1865 à l’initiative de Napoléon III, marque une union monétaire, ou supranationale, signée et partagée par la France, la Belgique, la Suisse, l’Italie, la Grèce et, plus tard, l’Espagne et le Portugal, puis la Russie et certains pays d’Amérique latine. La Première Guerre mondiale (1914-1918) met fin à ce projet d’unification monétaire.

Le projet de créer une monnaie commune naît dans les années 1970 avec les turbulences du régime agrimonétaire, depuis la mise en œuvre de la Politique agricole commune, en 1962, et l’impossibilité de mettre en place un système de taux de change contrôlable.

L’euro est créé par les dispositions du traité de Maastricht, en 1992. Pour participer à la monnaie commune, les États membres sont censés répondre à des critères stricts tels qu’un déficit budgétaire de moins de 3 % de leur PIB, un endettement inférieur à 60 % du PIB (deux critères qui sont régulièrement bafoués après l’introduction de l’euro25), une faible inflation et des taux d’intérêt proches de la moyenne de l’UE. Lors de la signature du traité de Maastricht, le Royaume-Uni et le Danemark obtiennent des options de retrait pour ne pas participer à l’union monétaire qui se traduirait par l’introduction de l’euro.

Euro, entier postal, Allemagne.

De nombreux économistes tels que Fred Arditti, Neil Dowling, Wim Duisenberg, Robert Mundell, Tommaso Padoa-Schioppa et Robert Tollison participent à la création de la monnaie commune.

L’appellation « euro » est officiellement adoptée à Madrid, le 16 décembre 1995. L’espérantiste belge, Germain Pirlot, ancien professeur de français et d’histoire, est désigné pour dénommer la nouvelle monnaie ; il envoie une lettre au président de la Commission européenne, Jacques Santer, et suggère la dénomination « euro », le 4 août 1995.

Les taux de conversion sont déterminés par le Conseil de l’Union européenne, sur la base d’une recommandation de la Commission européenne, établie sur les taux du marché au 31 décembre 1998. Ils sont créés de sorte qu’une unité de compte européenne (ECU) serait égale à un euro. L’unité monétaire européenne était une unité de compte utilisée par l’UE et calculée sur la base des monnaies des États membres. Ce n’était pas une monnaie à part entière. Les taux n’ont pas pu être fixés plus tôt car la valeur d’un ECU dépendait des taux de change des monnaies ne participant pas à l’euro (comme la livre sterling), à la clôture, ce jour-là.

La procédure utilisée pour fixer le taux de change irrévocable entre la drachme grecque et l’euro est différente : alors que les taux de change pour les onze monnaies initiales sont déterminés quelques heures seulement avant que l’euro n’ait été introduit, le taux de conversion de la drachme grecque est fixé plusieurs mois à l’avance.

La monnaie est introduite sous forme immatérielle (chèques de voyage, transferts électroniques, services bancaires…), le 1er janvier 1999, à minuit, dans les onze pays formant la toute nouvelle zone euro: l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la Finlande, la France, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal. Les monnaies nationales des pays participants cessent dès lors d’exister indépendamment. Les taux de change sont alors bloqués à taux fixes, les uns envers les autres. L’euro devient ainsi le successeur de l’unité de compte européenne (ECU). Les billets et pièces des anciennes monnaies continuent cependant à avoir cours légal jusqu’à ce que les billets et pièces en euro soient introduits, le 1er janvier 2002.

La période de transition au cours de laquelle les anciens billets et les anciennes pièces sont échangés contre billets et pièces en euro dure environ deux mois, jusqu’au 28 février 2002. La date officielle à laquelle les monnaies nationales cessent d’avoir cours légal varie d’un état membre à l’autre ; la période la plus courte est en Allemagne, où le Deutsche Mark cesse officiellement d’avoir cours légal le 31 décembre 2001, bien que la période de transition y dure également deux mois. Même après que les monnaies nationales cessent d’avoir cours légal, elles continuent à être acceptées par les banques centrales nationales, pour des périodes plus ou moins longues, allant de plusieurs années à tout jamais (voir ici). Les premières pièces cessant d’avoir cours légal sont les pièces portugaises en escudo, qui cessent d’avoir cours légal le 31 décembre 2002, bien que les billets restent échangeables jusqu’en 2022.

Des trois membres de l’UE (à quinze) non participants, seuls le Royaume-Uni et le Danemark obtiennent une clause dite d’opting-out, leur permettant de rester en dehors de la monnaie commune, même s’ils venaient à remplir les conditions d’adhésion, clause confirmée par le traité de Rome de 2004. Cette clause ne leur interdit toutefois pas d’adhérer ultérieurement.

Aussi le Royaume-Uni, contrairement au Danemark, ne fait pas partie du mécanisme de change européen II (MCE II), bien que remplissant les conditions du traité de Maastricht car il ne souhaite pas lier le taux de change de la livre sterling à l’euro ; depuis que la livre sterling a quitté le défunt SME (fondé sur l’ancienne unité de compte européenne, ou ECU), son cours par rapport à l’euro connaît des variations plus importantes que les autres monnaies des pays membres non adhérents, notamment durant les deux premières années de l’introduction de l’euro, qui s’est temporairement fortement déprécié par rapport au dollar américain, à la livre sterling et au franc suisse. Cette instabilité initiale est, semble-t-il, résolue et, depuis, la livre sterling suit de façon assez proche les évolutions du cours de l’euro (le franc suisse s’est aussi stabilisé par rapport à l’euro et il remplirait les conditions d’entrée dans le MCE II si la Suisse et le Liechtenstein décidaient de rejoindre l’Union européenne).

En revanche, la Suède s’est engagée à rejoindre à terme la monnaie commune et ce, dès qu’elle remplira les conditions du traité de Maastricht. Cependant, en raison d’une opinion publique qui reste favorable au maintien de la couronne suédoise, comme le montre le dernier référendum organisé sur ce sujet, le 14 septembre 2003, la Suède ne remplit pas techniquement les conditions d’entrée dans le MCE II afin de ne pas être contrainte d’adopter automatiquement la monnaie commune.

Les états membres qui ont rejoint l’UE après la mise en place de l’euro sont tenus d’intégrer, à terme, la zone euro. Ceci suppose qu’ils intègrent d’abord le MCE II puis qu’ils remplissent les autres conditions d’adoption de l’euro. Ainsi, pour la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Bulgarie et la Roumanie, tout nouvel élargissement n’est pas à prévoir « dans les prochaines années »[Quand ?], selon Valdis Dombrovskis, commissaire européen chargé de l’euro.

Les motifs de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Pologne commencent à être proposés.

En septembre 2012, le ministre des Finances bulgare, Simeon Djankov, annonce que son pays renonce à abandonner sa monnaie nationale pour l’euro, du fait de l’incertitude entourant la pérennité de la monnaie commune. Notons cependant que la Bulgarie est juridiquement obligée d’adopter l’euro à terme, ayant ratifié son traité d’adhésion à l’UE sans bénéficier d’opting-out.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

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