Catherine II de Russie.

Sophie Frédérique Augusta d’Anhalt-Zerbst (en russe : София Фредерика Августа Цербст-Ангальтская) est née le 21 avril 1729 (2 mai 1729 dans le calendrier grégorien) à Stettin (actuel Szczecin) en Poméranie et morte le 6 novembre 1796 (17 novembre 1796 dans le calendrier grégorien) à Saint-Pétersbourg est une tsarine de Russie et l’ancêtre de la Maison Romanov actuelle. Surnommée « Figchen » par sa famille, elle reçut le prénom Catherine lors de son baptême orthodoxe. Elle est impératrice de Russie du 28 juin 1762 (9 juillet 1762 dans le calendrier grégorien) à sa mort sous le nom de Catherine II (en russe : Екатерина II). Elle resta à la postérité sous le surnom la « Grande Catherine ». Sous son règne, la Russie connaît une grande expansion de son territoire européen vers l’Ouest et le Sud (plus de 500 000 km2), et cela à la faveur du partage de la Pologne et d’une série de victoires contre l’Empire ottoman.


La future Catherine II, née Sophie Frédérique Augusta d’Anhalt-Zerbst le 21 avril 1729 (2 mai 1729 dans le calendrier grégorien), est l’aînée des enfants de Christian-Auguste d’Anhalt-Zerbst et de son épouse Jeanne-Élisabeth de Holstein-Gottorp. Lors de sa naissance, ses parents déplorent qu’elle ne soit pas un garçon.

Catherine II, carte maximum, Maldives.

Son père était prince souverain d’Anhalt-Zerbst et officier dans l’armée prussienne. Dès 1729, commandant de Stettin, résidant dans le château ducal de Stettin où sa fille est née, et ensuite élevée, en 1741 il devint gouverneur de la province de la Poméranie ultérieure et à partir de 1742 prince souverain d’Anhalt-Zerbst.

De son éducation protestante, austère, rigide, entourée de peu d’affection, une femme demeure en la personne d’une huguenote française, Babette Cardel, qui dirige son éducation et lui enseigne avec la langue française, manières et grâces de la société dont elle est issue. Elle lui donne en même temps le goût de la littérature française de son époque. Très vite, la princesse se tourne vers des activités spirituelles, ainsi que vers la lecture et les études.

Introduite par sa mère dans les plus hautes cours d’Allemagne, elle se fait remarquer par son charisme. La mère de Sophie, suivant les affaires de Russie, voit le futur Pierre III bien disposé à succéder à sa tante Élisabeth Petrovna, et permet une union avec Sophie. Prenant soin d’envoyer des portraits de sa fille à la cour, ses manœuvres portent leurs fruits et, en janvier 1744, elle et sa fille sont conviées en Russie. Les intentions de l’impératrice sont claires, Sophie sera la future épouse de Pierre, pourtant son prestige est faible, et ce n’est ni l’or ni une alliance puissante qui pousse au choix de Sophie. Mais après les difficultés de succession créées par des revendications du trône de divers partis, l’impératrice Élisabeth est décidée à ne pas avoir de complications diplomatiques ou de revendications extravagantes. De plus, Sophie est jeune et inexpérimentée en politique : elle ne représente apparemment aucun danger pour le trône de Russie.

De son côté, Sophie, qui a alors 14 ans, comprend ce qui se joue. Loin d’être ignorante du prestige et du pouvoir qui s’attacheraient à son futur statut, elle balaye les hésitations naissantes de sa mère vis-à-vis de cette union. À leur arrivée en Russie, Sophie et sa mère sont accueillies par toute une grande procession jusqu’à Moscou. Elles rencontrent alors l’impératrice, ainsi que Pierre, son neveu et héritier désigné (car porteur du sang des Romanov). Dans ses Mémoires, Catherine parle de la grandeur d’Élisabeth, mais ne dit mot sur l’impression que lui laisse son futur époux.

L’ascension vers le statut de grande-duchesse se fait presque sans heurt (excepté une maladie qui la rapproche d’Élisabeth) lors de sa conversion en grande pompe à la religion orthodoxe le 28 juin 1744. Elle s’exprime clairement en russe devant un peuple qui l’adopte bientôt. À cette date, elle prend officiellement le nom de Catherine Alexeïvna.

Elle se fiance à Pierre le lendemain, devenant « grande-duchesse et altesse impériale ». Conseillée dans ses lectures par divers intellectuels de passage, elle demande le catalogue de l’Académie des sciences où elle commande Plutarque, Montesquieu et d’autres auteurs.

Catherine a alors 15 ans. Son fiancé, longtemps éloigné d’elle par une pleurésie, revient décharné et d’un aspect qui effraye la jeune Catherine… sans ébranler sa volonté de l’épouser.

Le mariage des deux adolescents a lieu à Saint-Pétersbourg le 21 août 1745 (1er septembre 1745 dans le calendrier grégorien) ; il est célébré au cours d’une somptueuse cérémonie, suivie de dix jours de fête. Questionnée le lendemain sur sa nuit de noces, Catherine ne trouve rien à dire. Diverses hypothèses présentent Pierre III comme sexuellement immature, innocent, ou encore impuissant à cause d’un phimosis, à l’inverse de Catherine autour de laquelle flottent des rumeurs sur sa sexualité précoce.

Catherine, convertie à l’orthodoxie, n’eut pas un mariage heureux, d’autant qu’elle prenait le parti de l’opposition et lisait Machiavel, Tacite, Voltaire et Montesquieu, si bien qu’elle était en résidence surveillée au palais de Peterhof et que son mari menaçait de l’enfermer et de mettre sa maîtresse sur le trône à ses côtés.

Catherine n’avait toujours pas d’enfant après huit ans de mariage. L’impératrice Élisabeth Ire, elle-même sans enfant, voulait absolument que sa nièce par alliance ait un héritier. Elle lui suggéra de prendre un amant : le prince Lev Alexandrovitch Narychkine (1733-1799) ou le comte Sergei Saltykov. Catherine choisit Saltykov et joua ensuite sur l’ambiguïté que le géniteur de son fils Paul Ier né en 1754 pouvait aussi bien être son mari que son amant d’alors.

Très à l’écoute des événements qui se déroulaient dans son nouveau pays, Catherine, qui possédait l’affection du peuple russe, réussit à faire détrôner son époux avec la complicité du comte Grigori Orlov (qui avait pris la suite de Saltykov) et de quatre officiers de la garde impériale, frères d’Orlov lors du coup d’État du 28 juin 1762 (9 juillet dans le calendrier grégorien).

L’empereur fut jeté en prison (on avait sans doute l’intention de l’exiler par la suite) et mis à mort, probablement étranglé par Alexeï Orlov, « ce qui a fait dire à Germaine de Staël que la Russie était un despotisme tempéré par la strangulation ». Meurtre prémédité ou non, Catherine fit publier aux chancelleries des pays étrangers que l’empereur avait succombé à une colique hémorroïdale. Elle régna alors sous le nom de Catherine II d’une manière exclusive.

Le ministre des Affaires étrangères Nikita Panine exerça une influence considérable. Il dépensa des sommes importantes pour créer l’accord du Nord entre la Russie, la Prusse, la Pologne, la Suède et peut-être le Royaume-Uni pour contrer l’alliance franco-autrichienne. Quand il apparut que ce plan ne pouvait réussir, Panine fut limogé en 1781. En 1764, Catherine plaça Stanislas Auguste Poniatowski, qui fut son amant, sur le trône polonais. Ensuite, la Russie annexa de grandes parties de la Pologne dans les partitions de 1772, 1793 et 1795. En 1772, elle conclut avec la Prusse et l’Autriche un traité qui démembrait la Pologne et donnait à la Russie les gouvernements de Polotsk et de Moguilev, et le traité de Kutchuk-Kaïnardji, conclu en 1774 avec l’Empire ottoman, lui assura plusieurs provinces méridionales et lui ouvrit la mer Noire.

Catherine fit de la Russie un pouvoir dominant au Moyen-Orient après la première guerre contre l’Empire ottoman. Elle essaya de faire subir à ce dernier le même sort qu’à la Pologne, mais avec moins de succès : son projet visait in fine à reconstruire l’Empire byzantin et de le donner à son petit-fils Constantin. Cet empire, qui aurait pour capitale Constantinople, est destiné à englober la Grèce, la Thrace, la Macédoine et la Bulgarie, tandis que les principautés danubiennes formeraient un « royaume de Dacie », promis à son favori Grigori Potemkine. Le reste des Balkans, c’est-à-dire la Bosnie, la Serbie et l’Albanie, serait donné en compensation à l’Autriche. Venise obtiendrait la Morée, la Crète et Chypre7. Elle enleva aux Turcs la Crimée et les forteresses d’Azov, de Taganrog, de Kınburun et d’Izmaïl. Elle annexa la Crimée, en 1783, neuf années après que celle-ci eut obtenu son indépendance. L’empire ottoman déclencha une seconde guerre en 1787 qui se termina en 1792 par le traité de Jassy.

Elle agit comme médiatrice pendant la guerre de succession bavaroise de 1778-79 entre la Prusse et l’Autriche. En 1780, elle monta la Ligue de neutralité armée afin de défendre les vaisseaux indépendants de la Grande-Bretagne pendant la guerre d’indépendance des États-Unis.

Entre 1788 et 1790, la Russie fut engagée dans la guerre contre la Suède dont le cousin de Catherine, Gustave III, tentait de reprendre les territoires perdus en 1720. Après la bataille de Svensksund (de nos jours Ruotsinsalmi en Finlande) des 9 et 10 juillet 1790, un traité de paix fut signé : la paix de Värälä.

Elle avait ajouté 518 000 km2 au territoire de la Russie. A la fin de son règne, elle possède un empire d’une grande étendue, elle a annexé une grande partie de la Pologne (environ un tiers) et a permis à la Russie de prendre possession de la Crimée au détriment des Turcs.

En même temps qu’elle étendait ainsi les limites de son empire, Catherine imprimait une activité nouvelle à l’agriculture et à l’industrie, fondée sur la pensée des Lumières. Catherine fit établir un canevas pour réformer les lois. Une commission législative représentant toutes les classes, sauf les serfs, fut instituée mais dissoute avant d’être effective, sans doute freinée par la guerre des Paysans russes (1773-1775), une insurrection menée par Emelian Pougatchev. De cette commission, il reste peu de traces. Cependant, Catherine avait rédigé un ouvrage intitulé « Instructions adressées par Sa Majesté l’impératrice de toutes les Russies établies pour travailler à l’exécution d’un projet d’un nouveau code de lois », plus connu sous le nom de « Nakaz », dans lequel sont réunies les lignes directrices de la codification.

Catherine réorganisa l’administration provinciale, donnant au gouvernement plus de contrôle sur les zones rurales à cause des révoltes paysannes. En 1785, elle édicta une Charte de la noblesse (en) (Жалованная грамота дворянам), qui permettait aux nobles de présenter des pétitions au monarque, qui les exonérait du service militaire et qui leur donnait beaucoup plus de pouvoirs et de droits. La même année, elle publia une Charte des villes (Городовая грамота) qui leur reconnaissait une certaine autonomie locale. Elle encouragea la colonisation de l’Alaska, des Allemands de la Volga et des territoires conquis.

La Russie était devenue le premier producteur mondial de fer, de fonte et de cuivre. Elle comptait plus de 200 usines, ateliers et manufactures. La production industrielle avait doublé, la valeur du commerce intérieur et extérieur, triplé. Les États occidentaux étaient désormais contraints d’accueillir la Russie dans le « concert européen ».

La volonté de modernisation de Catherine II se heurtait toutefois à une situation de sous-développement économique, politique et culturel de la Russie impériale. À l’heure où l’Angleterre vivait sa révolution industrielle et inventait le capitalisme et où les États-Unis ouvraient l’ère de la démocratie et des libertés individuelles, la Russie restait bloquée dans un système féodal, fondé sur la rente foncière et un véritable esclavage paysan particulièrement peu productif et un pouvoir politique autoritaire régulé par assassinats.

Si la Russie de Catherine II fut l’âge d’or de la noblesse, jamais en revanche dans l’histoire de la Russie les serfs ne se trouvèrent dans une plus grande misère. Soucieuse d’assouplir le servage, elle y renonça face à l’opposition de la noblesse et l’étendit même à l’Ukraine.

Catherine ne semblait pas vouloir admettre la situation réelle de son empire. Ainsi, on raconte (à tort, semble-t-il, bien que madame Vigée-Lebrun en parle[réf. nécessaire]) que lors de ses déplacements, les gouverneurs faisaient construire de faux villages modèles peuplés de faux paysans le long des routes où elle passait, afin de lui prouver que la Russie était moderne. On a donné à ces villages le nom de villages Potemkine, du nom du grand stratège russe, amant de l’impératrice.

À la fin de sa vie Catherine put avoir la satisfaction d’avoir semé les graines de l’éducation sur son empire. Avec l’aide d’une commission, elle avait créé des hôpitaux pour enfants trouvés dans lesquels ils étaient éduqués selon un programme établi par l’impératrice. Le corps de cadets, élite militaire, fut réformé pour y inclure une éducation intellectuelle qui forma pendant longtemps des hommes politiques russes. En 1775, apparut la première école pour jeunes filles nobles, l’Institut Smolnyi, inspirée de celle de Madame de Maintenon. Elle mit en place un réseau d’écoles publiques primaires et secondaires dans la majorité des grandes villes de Russie. Elles relancèrent la construction d’écoles privées ajoutant au système  d’éducation. Consciente de ne pouvoir élever tous les enfants de Russie, elle se concentra sur les familles nobles et roturières (excluant la campagne et les serfs). La création de bureaux d’assistance sociale fut l’instrument de la création d’écoles et de la prise en charge des enfants. De nombreuses écoles secondaires furent ouvertes dans la capitale et à Moscou. Le nombre d’élèves, de professeurs et d’écoles avait quasiment doublé du début à la fin de son règne, passant de 165 à 302 écoles ; de 394 à 718 professeurs ; de 10 230 à 18 128 garçons ; de 858 à 1 178 filles.

Catherine est tout d’abord une amoureuse des livres. Elle avait une connaissance parfaite de la langue française apprise auprès de sa gouvernante. Enfant délaissée par ses parents, elle vécut une enfance solitaire qui la fit se plonger dans les livres. À son arrivée en Russie, toujours délaissée par Pierre, puis mise quasiment en quarantaine par Élisabeth Ire, elle se plongea dans tous les romans français qui lui tombaient sous la main. Un jour, elle lut une Histoire de l’Allemagne écrite en français. Elle s’aperçut que ce genre d’œuvre lui plaisait plus que la littérature romanesque. Après le passage de certains intellectuels en Russie qui la conseillèrent, elle se plongea dans les œuvres de Plutarque et de Tacite. Puis, ce fut le dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle, une transition entre l’histoire et la philosophie. Son chemin la mène à lire De l’esprit des lois de Montesquieu, où il traite de la séparation des trois pouvoirs et d’un système aristocratique libéral. Ces conceptions, Catherine les remodèlera dans son gouvernement, ne pouvant les appliquer comme telles à la Russie de l’époque.

Elle se pose en véritable fondatrice de l’Académie des trois arts nobles, en lui octroyant des privilèges et un règlement en novembre 1764.

Par ses commandes importantes de service de table, elle favorise le développement de la Manufacture impériale de porcelaines.

Dans l’objectif de développer la culture dans sa nation, elle invite constamment les philosophes français à la Cour. Mais la réputation du pays effraie et les refus s’enchaînent.

Elle se présenta comme un mécène pour les arts, la littérature et l’éducation, se fondant sur l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

Elle réussit à convaincre le mathématicien Leonhard Euler de revenir de Berlin.

En 1767, elle invite le juriste et physiocrate Lemercier de la Rivière à venir à Saint-Pétersbourg pour la conseiller sur les réformes à entreprendre. Après un long voyage, le séjour se transforme rapidement en échec car le physiocrate et la tsarine ne s’entendent pas sur les objectifs et la durée du séjour. Catherine II voyait en lui « une caution intellectuelle et  philosophique » et n’entend pas se soumettre aux principes de la physiocratie.

Voltaire, qui entretient une relation épistolaire avec l’impératrice, est un fervent défenseur de celle-ci en France. En raison de l’intérêt qu’elle porte aux réflexions des philosophes, il voit en elle un monarque éclairé et ouvert d’esprit comme devrait l’être celui de France. Mais, réaliste, il ne vint jamais en Russie. Les autres correspondants de l’impératrice sont Melchior Grimm, Diderot et Madame Geoffrin qui recevait tous ces philosophes dans son salon de la rue Saint-Honoré. Melchior Grimm, correspondant de Catherine II avec plus de 430 lettres, fut aussi bien un correspondant philosophique qu’un grand confident pour elle. Grimm sera ensuite ministre de Catherine II à Hambourg. En France, il lui sert d’intermédiaire dans ses achats d’œuvres d’art, de livres, mais aussi de moyens de propagande en France. Il fut un fervent défenseur de la Russie en France et était entretenu par Catherine.

Quant à Diderot, elle lui rachète sa bibliothèque en 1765, la laissant à sa disposition à vie, et lui versa une pension substantielle en tant que bibliothécaire. Il s’installa à Saint-Pétersbourg auprès de Catherine II pendant cinq mois, d’octobre 1773 à mars 1774. Il venait tous les jours, pendant trois heures, s’entretenir avec elle. Bien que ses idées ne fussent pas applicables en Russie, elle le questionnait longuement sur ses conceptions. Il écrivit à son intention des textes où il répondait aux interrogations de l‘impératrice. À la fin de sa vie, après avoir émis des critiques sur la Russie, ses relations furent moins chaleureuses mais continuèrent toutefois14. Elle acheta aussi la bibliothèque de Voltaire en 1778.

Par l’entremise de l’ambassadeur de France, le comte de Ségur, elle fit venir de Paris de nombreuses troupes de théâtre et d’opéra, dont celle de Floridor, qu’elle faisait jouer notamment dans son théâtre de l’Ermitage.

Quand Alexandre Radichtchev publia son Voyage de Pétersbourg à Moscou en 1790, présentant les conditions de vie déplorable des serfs, ce fut elle qui en découvrit le caractère « révolutionnaire », dénonça et poursuivit son auteur. Radichtchev fut condamné à mort, puis une fois sa peine commuée, exilé en Sibérie. C’est qu’entre-temps la Révolution française avait éclaté et qu’il n’était plus question pour l’impératrice de laisser les pernicieuses idées françaises envahir la Russie. Tous les empereurs russes seront désormais confrontés à ce dilemme : ouvrir la Russie à l’Occident sans perdre la « russité » et introduire des idées subversives qui menaceraient l’autocratie russe.

Catherine fut aussi écrivain. Elle composa tout d’abord le Nakaz ou Grande Instruction, un Code qui résume ses vues sur la politique de la Russie, puis l’Antidote, œuvre où elle répond, en quelque sorte, au Voyage en Sibérie, critique virulente de la Russie écrite en 1768 par l’abbé Chappe d’Auteroche. Vinrent ensuite ses Mémoires, une suite de notes et de justifications sur sa politique et sa vie en général, une des sources principales de la connaissance de Catherine.

Catherine II fut donc l’archétype du despote éclairé. C’était une femme de lettres, passionnée d’histoire et de philosophie. Le sujet qu’elle aborda le plus, durant ses longs entretiens avec les philosophes français, fut celui de l’éducation, problème majeur de la Russie, cause de sa non-intégration première à l’Europe. C’est donc poussée par les idées des Lumières qu’elle réforma l’éducation.

Pendant ses trente-quatre années de règne, une formidable politique d’acquisition lui a permis de rassembler près de quatre mille tableaux qui forment, au musée de l’Ermitage, une des galeries de peintures les plus admirées d’Europe. Par l’intermédiaire de ses ambassadeurs les plus zélés, elle a pu acquérir quelques-unes des plus prestigieuses collections européennes comme celle du comte de Brühl et de Sir Robert Walpole. Voltaire et surtout Diderot (aidé par le Genevois François Tronchin) favorisèrent, quant à eux, l’acquisition des collections de Pierre Crozat et de Choiseul en 1772. Elle possédait cinq tableaux de Jean Siméon Chardin.

Catherine II meurt dans son palais de Tsarskoïé-Sélo, le 6 novembre 1796 (17 novembre 1796 dans le calendrier grégorien) au matin : elle s’effondre dans sa garde-robe. On l’étend sur un matelas, où elle agonise pendant des heures, à même le sol. Les médecins diagnostiquent une « attaque d’apoplexie » (aujourd’hui, on dirait hémorragie cérébrale ou AVC). Elle s’éteint à 67 ans, après avoir régné plus de trente ans sur la Russie.

L’impératrice avait prévu de déshériter son fils au profit de son petit-fils Alexandre, mais Paul fouille le bureau de sa mère, met la main sur son testament et le brûle. Devenu empereur, il décide d’ouvrir le tombeau de son père Pierre III, de couronner son squelette et d’enterrer ses parents côte à côte dans la cathédrale Pierre-et-Paul, à Saint-Pétersbourg.

Source : Wikipédia.

 

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