Bob Marley, musicien et auteur-compositeur-interprète.

Robert Nesta Marley dit Bob Marley, né le 6 février 1945 à Nine Miles (Jamaïque) et mort le 11 mai 1981 à Miami (États-Unis) d’un cancer généralisé, est un auteur-compositeur-interprète et musicien jamaïcain.

Il rencontre de son vivant un succès mondial, et reste à ce jour le musicien le plus connu du reggae, tout en étant considéré comme celui qui a permis à la musique jamaïcaine et au mouvement rastafari de connaître une audience planétaire. Il a vendu plus de 200 millions de disques à travers le monde.

Bob Marley commence sa carrière musicale en 1962. En 1963, Robert Nesta Marley forme avec Neville O’Reilly Livingston (plus tard Bunny Wailer) et Wynston Hubert McIntosh (plus tard Peter Tosh) un trio vocal sur le modèle des groupes vocaux américains comme les Impressions. Le trio est tout d’abord appelé les Wailing Wailers, avant de finir par s’appeler The Wailers. C’est avec Simmer Down, en 1964 que The Wailers rencontreront leur premier vrai succès local en Jamaïque. Beaucoup d’autres suivront jusqu’à 1968… Entre-temps, Bob Marley est devenu rasta à partir de 1966, sous l’influence de personnages importants (comme Mortimo Planno) du mouvement rastafari, alors en plein essor en Jamaïque.

Entre 1968 et 1971, les Wailers, alors composés de Bob Marley, Bunny Livingston et Peter McIntosh, collaboreront avec le producteur Lee « Scratch » Perry, une collaboration très fructueuse qui aboutira sur quatre remarquables albums synthétisés en 1972 par le label Trojan sur l’album African Herbsman. Tout début 1973, sort sous le nom de groupe The Wailers Catch A Fire, puis Burnin’ en avril 1973, tous deux chez Island Record, le label fondé par Chris Blackwell. C’est à l’issue de la tournée anglaise Burnin’ Tour 1973 que Bunny Livingston, puis Peter McIntosh quittent le groupe fin 1973.

Bob Marley, désormais en solo, s’appuie sur la remarquable section rythmique composée par Aston « Family » Man Barrett (basse) et Carlton « Carly » Barrett (batterie) pour s’affirmer sous le nom de Bob Marley & the Wailers. À ce noyau dur, s’ajoutent le claviériste Touter (remplacé dès Rastaman Vibration par Tyrone Downie et Earl « Wya » Lindo), le guitariste américain Al Anderson et le trio vocal The I-Threes composé de Rita Marley (sa femme), Judy Mowatt et Marcia Griffiths. En 1974, sort l’album Natty Dread qui marquera le début du succès mondial de Bob Marley, notamment sous l’impulsion de la reprise du titre I Shot the Sheriff par Eric Clapton. L’album est un succès à travers le monde.

S’ensuit l’album Rastaman Vibration (1976) qui fait définitivement de Bob Marley une star mondiale et le plus grand porte-parole du reggae. Quelques mois après la sortie de cet album, Bob Marley survit en décembre 1976 à une tentative d’assassinat chez lui, à Kingston, en Jamaïque durant la campagne électorale, qui le pousse à s’installer à Londres. Il relate cet épisode dans la chanson Ambush in the Night sur l’album Survival. C’est durant cet exil qui durera jusqu’à mi-1978 et le One Love Peace Concert à Kingston, que sort l’album Exodus (1977) ; œuvre considérée par Time Magazine comme le meilleur album du XXe siècle.

En mai 1977, au cours d’un match de football avec des journalistes à Paris, Bob Marley se blesse au pied droit et on lui diagnostique un mélanome au gros orteil. Il est opéré en juillet 1977 et se croit tiré d’affaire. En 1978 sort l’album Kaya, puis Survival en 1979, qui est considéré par nombre de spécialistes musicaux comme son album le plus abouti. Avant et après Survival, Bob Marley fera plusieurs voyages en Afrique et donnera quelques concerts sur ce continent, notamment à l’occasion de l’indépendance du Zimbabwe en 1980.

Début 1980 sort l’album Uprising et c’est au cours de la tournée mondiale Uprising Tour que Bob Marley est pris d’un malaise dans Central Park le 21 septembre 1980. Les médecins donnent à Bob Marley moins d’un mois à vivre, son cancer étant généralisé. Bob assure malgré tout le concert du 23 septembre à Pittsburgh, avant que la tournée ne soit définitivement annulée. Bob Marley ne remettra jamais plus les pieds ni en studio, ni sur scène.

N’ayant plus grand espoir de s’en sortir, et sur des avis n’ayant pas vraiment fait l’unanimité, Bob Marley est alors soigné, à partir de novembre 1980, dans la clinique du controversé Dr Issels à la Ringberg-Klinik, en Bavière (Allemagne). Le traitement « révolutionnaire » de ce docteur n’ayant pas produit les effets espérés, Bob Marley est rapatrié vers la Jamaïque pour y vivre ses derniers instants. C’est au cours d’une escale à Miami que Bob Marley meurt le 11 mai 1981, à l’âge de trente-six ans. Il est enterré le 21 mai dans son village natal de Nine Miles, paroisse de Saint Ann, Jamaïque. Ses funérailles nationales à Kingston et son rapatriement à Nine Miles où il repose aujourd’hui réunissent des centaines de milliers de personnes.

Au cours de sa carrière, Bob Marley devient le plus grand musicien de reggae à travers le monde et une icône du mouvement rastafari. Il est également considéré comme un symbole mondial de la culture et de l’identité jamaïcaine, tout en plaidant également pour le panafricanisme et le tiers monde. Bob Marley figure également parmi les artistes musicaux les plus vendus de tous les temps, tandis que son style a influencé des artistes de différents genres. La Jamaïque l’a honoré à titre posthume peu de temps après sa mort, puisqu’il a été nommé à l’ordre du Mérite jamaïcain.

À la suggestion de Chris Blackwell, les deux premiers albums pour Island — ‘ et Burnin’ — sont remixés à Londres, où des solos de guitare (de Wayne Perkins pour Catch A Fire) sont ajoutés, ainsi que des parties de claviers qui apportent un son plus rock et plus accessible au grand public occidental. Blackwell veut faire de Catch A Fire le disque d’un groupe de « rock black ». Catch a Fire puis Burnin’ sortent chez Island encore sous le nom de groupe The Wailers en avril et octobre 1973. C’est un succès auprès de la presse, mais pas auprès du public. Après une tournée anglaise promotionnelle, Bunny Wailer quitte le groupe (sur le prétexte que la tournée n’était pas rémunérée par Island et que Chris Blackwell faisait jouer les Wailers dans des lieux de perdition) , remplacé par Joe Higgs pour la tournée US de fin 1973, notamment pour le concert historique donné le 31 octobre à la KSAN Radio de San Francisco où les Wailers vont livrer une prestation live éblouissante devant un maigre public de privilégiés. De retour en Jamaïque, c’est Peter Tosh qui quitte le groupe à son tour, laissant désormais Bob Marley à sa carrière solo. Ce qui fait plutôt le bonheur d’un Chris Blackwell qui a toujours vu Bob comme un leader charismatique, une figure de proue destinée à propulser les Wailers sur la scène internationale. Au-delà de l’attitude du patron de Island Records, de fortes tensions s’exerçaient depuis plusieurs mois entre Bob, Peter et Bunny, pour différentes raisons. Trois fortes personnalités aux ambitions de moins en moins convergentes. Bob, Peter et Bunny auront enregistrés ensemble des centaines de titres entre 1963 et 1973.

Le nom du groupe change alors pour s’appeler officiellement « Bob Marley and the Wailers » (à la suggestion de Chris Blackwell). Les Wailers qui seront désormais ses accompagnateurs, parmi lesquels le trio vocal féminin « I Threes » avec Rita Marley, Marcia Griffiths et Judy Mowatt, qui prend en charge les chœurs, les deux frères Barrett (Ashton « Family Man » à la basse et Carlton à la batterie), les pianistes Earl « Wire » Lindo et Tyrone Downie (c’est Touter qui est aux claviers sur l’album et durant la tournée « Natty Dread Tour »), le guitariste Earl « Chinna » Smith, l’harmoniciste Lee Jaffee (uniquement sur Natty Dread) et le percussionniste Alvin « Seeco » Patterson. Le troisième album publié chez Island s’intitule Natty Dread et sort en 1974 sous le nom de « Bob Marley and the Wailers », dans lequel le groupe incorpore une influence rythm’n blues avec le guitariste américain Al Anderson. Un autre guitariste soliste Jamaïcain, Junior Marvin (dit le Hendrix jamaïcain) sera engagé après le départ de Al Anderson en 1976 (et crédité à partir de 1977 sur l’album Exodus).

L’album Natty Dread sort le 25 octobre 1974 et est suivi d’une tournée en Angleterre et aux États-Unis durant l’année 1975. Cet album devait initialement s’appeler Knotty Dread, édulcoré en Natty Dread à la demande de Island Records. Avant de partir en tournée, les Wailers jouent avec les Jackson Five le 8 mars au National Heroes Stadium à Kingston et avec Stevie Wonder après la tournée le 4 octobre au cours du Wonder Dream Concert, toujours au National Heroes Stadium. Ce sera d’ailleurs la dernière collaboration scénique de Bob avec Peter Tosh et Bunny Livingston. Natty Dread est le premier grand succès international de Bob Marley and the Wailers, en partie favorisé par la reprise, après la sortie de Burnin’, de I Shot The Sheriff par un Eric Clapton mondialement connu. L’album Live! enregistré le 18 juillet 1975 au Lyceum de Londres rend compte magistralement de cette tournée remarquable durant laquelle Bob Marley et son groupe enflamme les salles où ils se produisent, notamment le 18 juin au Schaefer Music Festival de New York, au Boarding House de San Francisco pour quatre sets du 4 au 7 juillet et au Roxy de Los Angeles où les Wailers joueront six jours du 9 au 13 juillet, sous le regard de George Harrisson, des Rolling Stones ou de Herbie Hancock, entre autres. La tournée est un succès phénoménal et un titre comme No Woman, No Cry propulse Bob Marley au niveau de star internationale.

C’est en 1975 que Bob Marley rachète à Chris Blackwell la maison du 56 Hope Road, la Island House, à Kingston qu’il occupait déjà depuis 1973 et qui deviendra après la mort de Bob le Museum Bob Marley. Entre 1975 et 1980, le 56 Hope Road sera un lieu d’échanges politiques et artistiques intenses et de création musicale exceptionnel, en permanence fréquenté par des dizaines de rastas, et autres. Le 56 Hope Road sera aussi le lieu de bien des matchs de football dont Bob était un vrai passionné. Un sport qu’il a pratiqué presque chaque jour de sa vie, chez lui à Kingston comme en tournée, avant chaque concert.

1976, c’est la sortie de Rastaman Vibration (1976) qui sera le disque de Bob Marley & The Wailers le plus vendu de son vivant et son premier succès américain. La sortie de l’album est suivi par une tournée américaine puis anglaise à la fois éreintante pour les musiciens car très longue et extraordinaire sur le plan musical. Le phénoménal concert donné au Roxy de Los Angeles le 26 mai 1976 est là pour témoigner de l’énergie et la puissance des Wailers sur scène à cette époque. Bob Marley est au sommet de sa puissance scénique durant cette Rastaman Vibration Tour.

1976, c’est aussi une période très dure pour la Jamaïque, au bord de la faillite après la crise pétrolière de 1973. Le gangstérisme s’est considérablement développé sur l’île, qui n’a plus grand chose à voir avec la Jamaïque célébrant son indépendance en 1962. La violence, amplifiée par l’opposition virulente entre le JLP (Jamaica Labour Party) d’Edward Seaga et le PNP (People’s National Party) de Michael Manley, élu depuis 1972, pousse le gouvernement à décréter l’état d’urgence le 19 juin 1976, à quelques mois des élections.

Le 3 décembre 1976 à Kingston, peu avant le grand concert gratuit en plein air Smile Jamaica qui a lieu à la demande du premier ministre jamaïcain Michael Manley, Bob Marley (qui ne soutenait pas Michael Manley mais s’était engagé dans ce concert pour la Jamaïque et le peuple jamaïcain en souffrance, les « Sufferers ») échappe à une fusillade déclenchée à son domicile par six hommes armés, alors qu’il répétait avec son groupe dans l’Island House au 56 Hope Road. Une balle lui érafle la poitrine et vient se loger dans son bras gauche25, tandis qu’une autre touche Rita à la tête, mais sans la tuer. Don Taylor, le manager américain de Bob Marley, en sort très gravement blessé de cinq balles. Des doutes persistent sur l’origine de cette tentative d’assassinat. Au-delà des déclarations ici et là impliquant le JLP, la CIA, voire des représailles en direction d’Allan « Skill » Cole qui aurait truqué des paris, on ne peut aujourd’hui dire avec certitude qui est vraiment à l’origine de cet attentat. Bob Marley, au cours d’une interview de 1977, sera assez évasif sur le sujet et évoquera cet épisode dramatique dans sa chanson Ambush in the Night sur l’album Survival publié en 1979.

Deux jours après l’attentat qui a failli lui coûter la vie, Bob Marley participe comme prévu au concert Smile Jamaica à Kingston. Aux journalistes qui lui demandent pourquoi il tient tant à jouer lors de ce concert, il répond : « Les gens qui tentent de rendre ce monde mauvais ne prennent jamais de jours de congés. Comment le pourrais-je ? » Ashton « Family Man » Barrett, caché dans les collines, est remplacé ce jour-là par Cat Coore de Third World. À son arrivée sur scène, Bob Marley montre ses bandages au public, tel un martyre.

Ne se sentant plus en sécurité en Jamaïque avant les élections, Bob Marley part en exil en janvier 1977 et s’installe à Londres. Il y enregistre entre mars et avril 1977 l’album Exodus qui sort à la fin du printemps. Des enregistrements d’Exodus, sera également extrait l’album Kaya qui sortira en 1978. Après le départ des guitaristes Al Anderson et Donald Kinsey, c’est un jeune guitariste jamaïcain qui prend le relais et sera crédité sur l’album, surnommé le « Hendrix jamaïcain » : Junior Marvin. Exodus est un album à la fois religieux et sentimental, s’ouvrant sur le très mystique Natural Mystic et se refermant sur ce chant d’amour universel One Love/People Get Ready. En 2000, l’album Exodus est élu, par le Times Magazine, meilleur album du XXème s., devant Sergeant Pepper des Beatles ou Kind Of Blue de Miles Davis. La relation amoureuse de Bob Marley avec la Jamaïcaine Cindy Breakspeare, Miss Monde 1976, contribue à le projeter à la une des médias. En effet, Bob et Cindy vivent durant cet exil londonien une idylle, qui durera jusqu’en 1980. Cindy Breakspeare, qui aura un fils avec Bob, Damian Marley, sera d’ailleurs présente, dans l’entourage de Bob Marley, jusqu’à la fin de sa vie, en mai 1981.

C’est au cours de Exodus Tour, qui débute à Paris le 10 mai 1977 au Pavillon de Paris, que Bob Marley se blesse au pouce du pied droit lors d’un match de football avec des journalistes français, la veille du concert. Quelques jours plus tard, en sortant d’un concert au Rainbow Theater à Londres, Bob a le pied en sang. Il effectue une batterie d’examens, dont une biopsie, qui révèle un mélanome malin au gros orteil (maladie de la peau qui ne représente que 4 % des cancers, mais qui, de tous, est la plus dangereuse), sans doute dû à une trop longue exposition au soleil. Un médecin américain lui prescrit une amputation urgente de l’orteil. Mais un mélange de superstition de son entourage (selon ses proches, cette amputation l’empêcherait de danser sur scène ou de rejouer au football et surtout la culture rastafari interdit toute amputation) et de pression en pleine tournée européenne où il rencontre enfin son public, contribuent à retarder l’opération. Après beaucoup d’hésitations, un médecin de Miami lui retire uniquement le lit unguéal, croyant à tort arrêter la progression du cancer. La tournée américaine d’Exodus est annulée.

Fin mars 1978, sort l’album Kaya, enregistré conjointement avec Exodus à Londres durant l’exil de 1977. L’album rencontre un grand succès, mais est considéré par la presse spécialisée comme un album mineur, plutôt léger. En avril 1978, Bob Marley and the Wailers font un retour triomphal en Jamaïque. Lors du One Love Peace Concert qui se tient le 22 avril au National Stadium de Kingston. Bob Marley, qui monte sur scène en final d’un concert qui aura duré près de huit heures et réuni The Meditations, Culture, Dennis Brown, Jacob Miller, Peter Tosh, etc., parvient à réunir sur scène les deux ennemis politiques qui se disputent férocement le pouvoir, Edward Seaga (JLP) et le Premier Ministre Michael Manley (PNP) dans une sorte de bénédiction rastafari, immortalisée par le film documentaire Heartland Reggae de James P. Lewis. Suite à ce concert historique, Bob Marley devient le grand héros national d’une partie de la Jamaïque (la plus pauvre), celui qui a rendu le reggae et rastafari planétaire et a fait connaître cette ile minuscule de la Caraïbe à travers le monde.

Au cours d’un Kaya Tour très long, durant lequel est enregistré l’album en public Babylon by Bus , capté entre autres au Pavillon de Paris28 de la porte de Pantin entre le 25 et le 27 juin 1978 (emplacement du Zenith actuel). C’est également en 1978 que Bob fait construire le studio Tuff Gong, un vieux rêve, dans sa maison du 56 Hope Road à Kingston, où il enregistre avec les Wailers l’album Survival, sur son tout nouveau studio 24 pistes. Survival, qui devait préalablement s’appeler Black Survival, chante la libération du continent africain et l’émancipation des Noirs issus de l’esclavage pour un retour à la terre d’origine, l’Afrique. Cet album est considéré par la presse spécialisée comme le plus abouti de tous les albums de Bob Marley. Le groupe Bob Marley and the Wailers jouit désormais d’un succès planétaire et joue aux quatre coins du monde jusqu’au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande où Bob Marley est accueilli chaleureusement par les Maoris.

Bob Marley and the Wailers commencent l’année 1980 avec deux concerts donnés au Gabon pour l’anniversaire du président Bongo. Puis enchaînent les 18 et 19 avril avec le « Zimbabwe Independence Concert », au Rufaro Stadium à Salisbury, pour l’indépendance du Zimbabwe. Entre ces deux évènements, le groupe termine l’enregistrement de l’album Uprising au studio Dynamics, à Kingston. L’album sort au printemps 1980, juste avant de partir pour la tournée Uprising Tour, qui sera la tournée de tous les superlatifs, et la dernière. 100 000 personnes au San Siro Stadium à Milan le 27 juin, 50 000 personnes au Bourget, près de Paris, le 3 juillet, etc. Bob Marley et les Wailers remplissent désormais les grands stades du monde entier. Par ailleurs, l’album Uprising est un succès dans le monde entier et le tube aux allures de disco Could You Be Loved enflamme peu à peu les « dancefloors » des discothèques de la planète.

Mais le dimanche 21 septembre 1980, juste après les deux concerts historiques donnés au Madison Squarre Garden de New York, les 19 et 20, Bob Marley s’effondre au cours d’un footing dans Central Park. Bob passe un examen aux rayons X où l’on découvre cinq métastases de son mélanome (cancer de la peau), trois au cerveau, une aux poumons et une à l’estomac : son cancer s’est généralisé. Les médecins du Kettering Sloan, centre de traitement du cancer à New York mondialement reconnu, lui donnent un mois à vivre, s’étonnant même que Bob soit encore vivant avec un tel développement de cancer généralisé. Bob Marley insiste malgré tout pour donner un dernier concert à Pittsburgh, le 23 septembre 1980 avant que la tournée Uprising Tour soit définitivement annulée.

Bob Marley subit alors des séances de radiothérapie et de chimiothérapie qui lui font perdre ses dreadlocks au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center de New York. Au vu de son état et sous la pression de Rita Marley, sa femme, Bob Marley se fait baptiser le 4 novembre à l’Église orthodoxe éthiopienne de Miami, dont la plus haute autorité était feu l’empereur d’Éthiopie Hailé Sélassié Ier, considéré par les rastas comme étant la réincarnation de Jésus annoncée dans l’Apocalypse (« le roi des rois, seigneur des seigneurs »). Il est baptisé par l’Abouna Yesuhaq sous le nom de baptême : Bob Berhane Sélassié : lumière de la Sainte Trinité en amharique). Quelques jours plus tard, Bob Marley part pour la Ringberg Klinik du Dr Josef Issels à Rottach-Egern en Bavière, où il suit un traitement anticancéreux controversé (transfusions sanguines, séances d’hyperthermie et des injections de THX, un agent anticancérigène). Le docteur Josef Issels, spécialiste allemand en médecine holistique prend en charge les cancéreux en phase terminale considérés comme perdus par la médecine traditionnelle. Ce traitement prolonge la vie de Bob Marley pendant quelques mois, au prix de dures souffrances qu’il endure avec beaucoup de courage.

C’est à Rottach-Egern qu’un Bob Marley extrêmement affaibli (il pèse moins de 50 kilos) fête ses 36 ans le 6 février 1981, entouré de sa mère, Cedella Booker, Rita Marley sa femme, ses musiciens (à l’exception des frères Barrett) et quelques autres Jamaïcains comme Neville Garrick. Début mai 1981, le Dr Issels déclarant ne plus pouvoir rien faire pour sauver Bob Marley, celui-ci est rapatrié en avion vers la Jamaïque pour y finir ses jours et y être inhumé. Au cours d’une escale à Miami où il souhaite voir sa mère, Bob est finalement placé en soins intensifs le 9 mai 1981 à l’hôpital Cedars of Lebanon de Miami et, trop faible pour faire le voyage en avion jusqu’à Kingston et sa Jamaïque natale, meurt à l’âge de 36 ans le 11 mai 1981 vers 11h45. Après des funérailles nationales à Kingston, Bob Marley est enterré le 21 mai dans un mausolée construit à la hâte, à Rhoden Hall, près de Nine Miles, dans la paroisse de Saint Ann, où il est né et où depuis le matin se sont peu à peu regroupés des milliers de personnes pour dire adieu à celui qui a fait du reggae une musique mondialement reconnue et qui a chanté la douleur des Sufferers du monde entier.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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