Ville de Samarcande (Ouzbékistan).

Samarcande ou parfois Samarkand (en ouzbek : Samarqand, en tadjik : Самарқанд, en russe : Самарканд, en persan : سمرقند, en turc : Semerkand), d’une population de 400 000 habitants, est une ville d’Ouzbékistan, capitale de la province de Samarcande. Riche en monuments historiques, Samarcande a été proclamée en 2001 par l’UNESCO carrefour de cultures et site du patrimoine mondial. Depuis 2009, la ville de Samarcande a subi de nombreux réaménagements urbains : un mur sépare aujourd’hui les quartiers populaires des grands monuments de la ville et des quartiers centenaires comme celui d’Iskandarov (proche du Gur Amir) ont été détruits ; leurs habitants ont été relogés de force en périphérie de la ville.


Avec Boukhara, Samarcande fait partie des plus anciennes villes habitées d’Asie centrale. Installée sur la Route de la soie, entre la Chine et la Méditerranée, elle en a été l’une des plus grandes cités. Lors de ces différentes occupations, Samarcande a abrité des communautés religieuses diverses et est devenue le foyer de plusieurs religions telles que le bouddhisme, le zoroastrisme, l’hindouisme, le manichéisme, le judaïsme, l’Église de l’Orient et l’islam.

Samarcande, carte maximum, France, 2017.

Détail de la peinture des Ambassadeurs, représentant des ambassadeurs étrangers, trouvée dans le hall d’une maison aristocratique d’Afrasiab, commandée par le roi de Samarcanda, Varkhuman. L’occupation du site de la ville de Samarcande date du paléolithique inférieur. Le musée de Samarcande offre quelques exemples de silex taillés trouvés sur place.

La cité de Samarcande a vraisemblablement été fondée par les Sogdiens, un peuple iranophone qui s’est sédentarisé dans la région au cours du Ier millénaire av. J.-C. Ce peuple a donné son nom à la Sogdiane, une importante province d’Asie centrale dont Samarcande sera la capitale politique, culturelle et commerciale au long des siècles. La langue et la culture sogdianes ont progressivement disparu à la suite des importantes arrivées persanes, islamiques et turco-mongoles durant le Moyen Âge ; cependant, des habitants de quelques rares villages autour de Samarcande continuent à parler un dialecte issu du sogdien.

Le site archéologique de Afrasiab, au nord-est de Samarcande, a été fouillé par la mission archéologique franco-ouzbèke de Sogdiane (MAFOUZ). S’il montre des traces d’occupation sporadiques au cours de l’âge du bronze et de l’âge du fer, des remparts et un système d’alimentation urbaine en eau attestent d’une fondation entre 650 et 550 av. J.-C.. Une ancienne citadelle et des fortifications, le palais du souverain contenant des peintures murales ont été mis au jour, de même que des quartiers résidentiels et d’artisans.

Alexandre le Grand conquiert Samarcande en 329 av. J.-C. Les Grecs connaissent la ville sous le nom de Maracanda11. Les sources écrites donnent peu d’indications sur le système de gouvernement mis en place après sa conquête. Elles indiquent que la ville a été gouvernée par un certain Orepius, roi « non par ses ancêtres mais comme un don d’Alexandre ».

Si Samarcande subit d’importants dégâts lors de la conquête d’Alexandre, la ville se reconstruit rapidement et devient prospère sous l’influence hellénistique. De nouvelles techniques de construction s’imposent, les briques rectangulaires sont remplacées et de meilleures méthodes de maçonnerie et de plâtrage sont introduites.

Samarcande est intégrée successivement dans l’empire séleucide, le royaume gréco-bactrien et l’empire kouchan.

Samarcande est conquise par les Sassanides vers 260. Sous le règne des dirigeants sassanides, la Sogdiane devient un site important du manichéisme et facilite la diffusion de cette religion à travers l’Asie centrale.

Après la défaite des Sassanides face aux Shvetahûnas, ou Huns blancs, Samarcande passe sous leur autorité. Ceux-ci sont à leur tour défaits en 557, lors de la bataille de Boukhara, par les Köktürks ou Turcs Bleus, alliés des Perses Sassanides.

Les Turcs gouvernent Samarcande jusqu’à leur défaite par les Sassanides durant les guerres Köktürks–Perses.

Après la conquête musulmane de la Perse par les Arabes, les Turcs conquièrent Samarcande et s’y maintiennent jusqu’à ce que le Khanat s’effondre pendant les guerres contre les Chinois de la dynastie Tang. La ville devient un protectorat chinois et paye le tribut aux Tang.

À cette époque, la Sogdiane, dont Samarcande est la principale ville, est l’un des plus importants centres du commerce mondial, idéalement située à la croisée des routes entre la Chine, l’Inde, la Perse et l’empire Byzantin. Les marchands sogdiens connaissent leur apogée à cette époque et étendent alors un vaste empire commercial qui domine les échanges dans toute l’Asie centrale et pénètre jusque dans les grands empires, en particulier dans la Chine des Tang, où les marchands sogdiens dominent longtemps le commerce chinois du fait de circonstances réglementaires qui les favorisent ; des Sogdiens sont même parfois promus à des postes administratifs importants. La majorité des caravansérails sur la route de la Soie sont des établissements sogdiens.

Les armées des Omeyyades, sous Qutayba ben Muslim, conquièrent la ville vers 71015. Après la conquête de la Sogdiane, l’islam devient la religion dominante à Samarcande, où beaucoup d’habitants se convertissent.

En réalité, des négociations s’engagèrent, et les Arabes n’allèrent pas plus loin.

Selon la légende, durant le règne des Abbassides, le secret de la fabrication du papier est obtenu de deux Hans, faits prisonniers lors de la bataille de Talas en 751. Cette invention permit la fondation de la première papeterie de Samarcande et se diffusa dans le reste du monde islamique et, plus tard, en Europe.

Le contrôle des Abbassides cède la place à celui des Samanides (862-999). Toutefois, les Samanides restent les vassaux du calife. Sous le règne des souverains samanides, la ville devient une des capitales de la dynastie et reste un important carrefour sur les routes commerciales. Les Samanides sont renversés par des tribus turques vers l’an 1000. Durant les deux cents années suivantes, Samarcande est gouvernée par une succession de tribus turques, dont les Seldjoukides et les Khwârezm-Shahs.

Istakhri, géographe médiéval persan de l’an mil, qui voyage en Transoxiane, fournit une description vivante des richesses naturelles de la région, qu’il appelle « Smarkandian Sogd ».

Le mathématicien, astronome et poète persan Omar Khayyam (1048-1131) y séjourna de 1072 à 1074, avant de s’installer à Ispahan, en Iran, à l’invitation du sultan seldjoukide Malik Shah Ier.

Les Mongols conquièrent Samarcande en 1220. Bien que Gengis Khan « n’ait pas dérangé les habitants [de la ville] en aucune façon », il aurait tué, d’après Ata-Malik Juvaini, tous ceux ayant trouvé refuge dans la citadelle ou dans la mosquée. Il pille complètement la cité et enrôle 30 000 jeunes hommes ainsi que 30 000 artisans.

Samarcande souffre d’un autre pillage mongol de la part de Baraq, qui se constitue un trésor pour payer son armée. La ville met plusieurs décennies à se remettre de ces désastres.

Si Marco Polo (vers 1272) n’est pas passé à Samarcande, son père et son oncle sont allés jusqu’à Boukhara par la route traditionnelle de la soie, dont le prolongement naturel est Samarcande, avant de traverser le Pamir vers Kachgar, en Chine.

Samarcande devint en 1369 la capitale de Tamerlan, qui y rapporte de Perse les restes supposés du prophète Daniel (Doniyor en ouzbek). Les monuments édifiés par les Timourides (descendants de Timur Lang ou Tamerlan) font la gloire de la cité. Ulugh Beg (1394-1449), petit-fils de Tamerlan, prince et astronome, y fait construire un observatoire où il mène des travaux de grande qualité avec quelque 70 savants dont Qadi-zadeh Roumi, al-Kachi et Ali Quchtchi. Après sa mort, la vie intellectuelle et artistique des Timourides se concentre à Hérat en Afghanistan, en particulier chez son parent le prince et mécène Husayn Bayqara (règne 1469-1506).

En 1507, les Timourides sont renversés par les Ouzbeks de la dynastie des Chaybanides. Lors du morcellement de l’actuel Ouzbékistan en trois khanats (Khiva, Boukhara et Kokand) qui intervient par la suite, Samarcande est rattachée au khanat de Boukhara.

En 1868, cette ville persophone passe sous domination de l’Empire russe et devient une ville de garnison. Elle est le chef-lieu de l’oblast de Samarcande à partir de 1887, faisant partie du Turkestan russe. Un an après, elle est reliée au chemin de fer, par la ligne du Transcaspien. Après la révolution d’Octobre, elle fait partie de la république du Turkestan, avant de devenir, en 1925, la capitale de la république socialiste soviétique d’Ouzbékistan pendant cinq ans. Elle perd cette place au profit de Tachkent, qui est turcophone (ouzbek), en 1930. Elle devient chef-lieu de l’oblast de Samarcande en 1938.

En mai 2007, l’UNESCO célèbre le 2750e anniversaire de Samarcande et le 2000e anniversaire de Marguilan. Une conférence internationale consacrée au rôle de ces villes dans l’histoire de la civilisation mondiale a lieu le 29 mai 2007 au siège de l’UNESCO à Paris.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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