Le château de Montségur (Ariège).

Le château de Montségur, construit en 1206, est un château qualifié de « cathare », situé dans la commune de Montségur, dans le département français de l’Ariège et la région Occitanie.

Ce château fut implanté à l’emplacement arasé de l’ancien village fortifié qui constituait, jusqu’au siège de 1244, un lieu de séjour des cathares et des faydits. Les cotes architecturales démontrent que le château actuel fut conçu sur la base de la canne anglaise qui ne fut introduite qu’ultérieurement, ce qui prouve que celui-ci a été partiellement reconstruit après la reddition cathare de 1244 par la famille du nouveau seigneur des lieux, Guy II de Lévis.

Le château sur le site actuel a connu trois époques majeures au cours desquelles la forteresse se transforma peu à peu.

Une première forteresse, signalée dès le XIIe siècle, fut érigée au sommet de la montagne, appelée aussi pog. Un pog, est l’interprétation libre, par Napoléon Peyrat, d’une forme ariégeoise du mot occitan puèg / puòg, du latin pŏdĭum, signifiant « éminence », puech à Nîmes, voire puy ailleurs en France, pour désigner la montagne en forme de pain de sucre de Montségur. Cette version est désormais communément admise, mais exclusivement au bénéfice de Montségur.

Château de Montségur, carte maximum, Lavelanet, 15/09/1984.

On sait peu de choses de cette première forteresse, si ce n’est qu’elle était en ruines aux alentours de 1204, date à laquelle le village fortifié cathare fut bâti sous la direction de Raymond de Péreille. C’est le village fortifié ou castrum auquel les archéologues ont donné le nom de Montségur II.

Le dispositif défensif de cette forteresse était différent de celui que l’on connaît actuellement. Le castrum en lui-même comprenait la demeure fortifiée du seigneur des lieux Raymond de Péreille, le castellum ou castèl en occitan (qui fut éventuellement légèrement restauré par la maison de Lévis) et le village cathare de l’époque entourés par une enceinte fortifiée. Du côté de la route actuelle, se dressaient trois murs de défense dont le premier se situait au niveau du guichet actuel pour la visite du château. De l’autre côté du pog, à 800 mètres environ, se trouvait une tour de guet (au Roc dit de « La Tor », la tour) surplombant une falaise de 80 mètres. L’entrée du castrum qui donne sur cette tour de guet était défendue par une barbacane. À l’intérieur de l’enceinte de la forteresse, se dressait un village dont il ne reste que quelques terrasses au nord-ouest du château actuel. Sur ces dernières, on trouve les fondations de plusieurs habitations, des escaliers pour communiquer entre les terrasses, une citerne et un silo.

Château de Montségur, épreuve de luxe.

Montségur abrita une communauté cathare importante. En 1215, le concile de Latran cite la forteresse comme étant un repaire d’hérétiques. En 1229, le rôle de Montségur comme abri pour l’Église cathare est réaffirmé dans le traité de Meaux-Paris. À partir de 1232, ce rôle ne cesse de se renforcer. Parallèlement, le château accueille également les chevaliers faydits dépossédés de leurs terres par le traité de Meaux de 1229. Au nombre de ces derniers figure Pierre-Roger de Mirepoix, le maître militaire de Montségur et cousin de Raymond.de Péreille.

La vie quotidienne des cathares y était riche, malgré (ou grâce à) l’isolement. D’après les découvertes archéologiques, la nourriture cathare était à base de céréales poussées sur place et surtout en vallée. On y a aussi retrouvé des ossements de bœufs, de moutons, de chevreuils, de sangliers, d’oies, de poulets et des débris d’arêtes de poisson. Les viandes devaient être salées ou/et fumées pour leur conservation, car il en restait en abondance et en permanence dans les réserves de la forteresse.

Les cathares établis au château ne faisaient pas que méditer ou s’exercer religieusement, ils avaient également une activité matérielle et parfois commerciale, en complément de la vie pastorale et agricole. Ils confectionnaient par exemple des vêtements de laine de mouton ou en peaux de bêtes et produisaient des teintures (végétales et minérales). On fabriquait de nombreux outils et bijoux sur place, à la forge du château: croix pectorales, ciseaux, pendentifs, pinces à épiler (pour retirer échardes et épines), bagues, objets de toilette, objets religieux etc. Mais aussi des méreaux de plomb qui permettaient la reconnaissance de groupes cathares entre eux, afin de participer à des réunions secrètes.

Cependant, Montségur reste une place forte, laissant supposer qu’une partie de ses habitants n’étaient pas des religieux cathares; les ossements de cette époque retrouvés sur place prouvent que tous les habitants n’étaient pas végétariens. Il n’y avait pas non plus de distonction fondamentale entre les parfaits et les simples croyants, car ils participaient chacun à la vie quotidienne de la forteresse (et du village en contrebas).

Tout ce qui ressort de la position géographique du lieu, des écrits et de l’acharnement des capétiens contre Montségur à partir de 1244, fait pressentir qu’elle était, sinon la capitale, la place forte des cathares en Occitanie.

Après la prise du château en 1244, la possession du pog revint à Guy II de Lévis, maréchal de la Foi, seigneur officiel de Mirepoix depuis le traité de 1229. Les restes du village cathare furent rasés ainsi que l’enceinte fortifiée extérieure. Le castellum fut-il restauré et réaménagé pour y poster une garnison d’une trentaine d’hommes qui resta présente jusqu’au traité des Pyrénées au XVIIe siècle. Certains documents mentionnent le château comme étant « défensable » en 1510.

Au fil des décennies, le château finit par être abandonné.

e château fut classé monument historique en 1862 et le pòg sur lequel il est situé rejoint ce classement en 1883. Les vestiges archéologiques et les lignes de défenses sont classés en 1989.

Depuis, le site n’a cessé d’enflammer les imaginations à un tel point que beaucoup n’ont pas hésité à fouiller le pòg à titre personnel en raison des mythes développés autour du site.

Château de Montségur, prêt-à-poster.

Paradoxalement, la campagne de restauration du château entamée en 1947 freina ces dégradations et effaça dans le même temps certains indices archéologiques. Cette restauration motiva une prospection spéléologique de la montagne, menée par la Société spéléologique de l’Ariège. Cette dernière aboutit, en 1964, à l’exhumation d’une sépulture dans l’avenc du trébuchet.

En 1968 est fondé le GRAME (Groupe de recherche archéologique de Montségur et environs). Ce dernier a déjà conduit plusieurs campagnes de fouilles sur le site.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

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