Le triton (amphibien).

Les tritons sont des amphibiens urodèles, représentés autrefois par le genre Triturus et plus largement aujourd’hui par la sous-famille des Pleurodelinae, qui fait partie de la famille des Salamandridae.

Originellement, on appelle en français « tritons » les urodèles qui, à l’état adulte, sont munis de poumons mais passent beaucoup de temps dans l’eau. Ce dernier point les distingue des « salamandres » qui leur sont apparentées mais qui sont uniquement terrestres à l’âge adulte. Cette distinction souffre aujourd’hui de nombreuses exceptions, du fait que les mots « triton » et « salamandre » précèdent de longtemps la découverte de nombreuses espèces dans le monde. De plus ces termes furent appliqués à de nombreux urodèles de familles diverses, et ce dans différentes langues avec des sens différents puis repris en français. Cette distinction reste cependant utile en Europe pour nommer un groupe au sein de la famille des Salamandridae.

Triton, carte maximum, Liechtenstein, 1974.

Ce nom, anciennement utilisé en français pour nommer ces animaux, fait référence à Triton, dieu de la mythologie grecque mi-homme mi-poisson.


Dans la classification classique des amphibiens, seul le genre Triturus comprenait traditionnellement les « tritons » stricto sensu. Mais ce genre a éclaté pour la nouvelle classification phylogénétique, car il s’est révélé polyphylétique. Désormais beaucoup de « tritons » sont classés dans de nouveaux genres, dont certains reprennent ce terme : Triturus (genre désormais fortement réduit), Lissotriton, Ommatotriton, etc.

Néanmoins on peut considérer plus largement, dans la nouvelle classification, que la famille des Salamandridae se divise en trois grands groupes : les « salamandrines » (ne comprenant que le genre Salamandrina, endémique d’Italie) qui constituent la sous-famille des Salamandrininae, les « vraies salamandres » (comprenant les genres Chioglossa, Lyciasalamandra, Mertensiella et Salamandra) qui constituent la sous-famille des Salamandrinae, et enfin les « tritons » (correspondant au mot anglais « newt ») qui regroupent tous les genres restants dans la sous-famille des Pleurodelinae.

La plupart des espèces de ce dernier groupe peuvent donc être dénommées « tritons » dans le langage courant. Ainsi le « triton oriental » (Cynops orientalis) et le « triton à ventre de feu » (Cynops pyrrhogaster) sont deux espèces asiatiques ressemblantes connues en aquarium, tandis que le « triton à points rouges » (Notophthalmus viridescens) est une espèce répandue en Amérique du Nord dont le Québec.

Les tritons connaissent à l’âge adulte une phase de vie aquatique plus ou moins longue chaque année, au cours de laquelle ils s’accouplent puis pondent des œufs. Les larves se développent dans l’eau jusqu’à leur métamorphose. La plupart des tritons connaissent aussi une phase de vie terrestre durant une partie de l’année. Leur morphologie, leur physiologie et leur coloration sont différentes entre la phase terrestre et la phase aquatique. Le dimorphisme sexuel est important chez les tritons, particulièrement en phase aquatique où le mâle s’orne d’une parure nuptiale élaborée.

Le genre Triturus contient désormais deux complexes d’espèces vicariantes qui pourraient constituer deux sous-genres : celui des tritons marbrés (deux espèces) et celui des tritons crêtés (sept espèces, dont six en Europe géographique).

Les espèces du genre Lissotriton étaient anciennement incluses dans le genre Triturus. Huit espèces sont strictement européennes, une est partiellement européenne (Caucase) et une autre est endémique d’Anatolie et donc non européenne. Ce sont les plus petites espèces de tritons. Le statut de certaines espèces est encore discuté. Les espèces L. graecus, L. meridionalis et L. lantzi étaient jusqu’à récemment considérées comme des variétés du triton ponctué.

Le genre Ichthyosaura ne contient qu’un espèce, commune dans une partie importante de l’Europe. Elle était autrefois classée dans le genre Triturus.

Le genre Ommatotriton contient trois espèces du Moyen-Orient autrefois classées dans le genre Triturus, dont une vit aussi en Russie d’Europe, dans le Caucase et les plaines adjacentes.

Le genre Calotriton ne contient que deux espèces qui vivent dans les rivières pyrénéennes. Du fait de leur vie dans les eaux courantes, ces espèces étaient autrefois classées dans le genre Euproctus, donc séparées de Triturus. Par conséquent elles ont longtemps porté le nom vernaculaire d’« euprocte » dans la littérature zoologique. Mais la génétique a montré que ces espèces sont, parmi tous les urodèles, les plus apparentées au genre Triturus (au sens actuel et restreint), ce qui est confirmé par leur ressemblance morphologique, conduisant à les reclasser dans un nouveau genre voisin, Calotriton. On peut donc bien les considérer comme étant des « tritons ».

Le genre Euproctus, depuis longtemps différencié du genre Triturus, contient deux espèces vivant dans les ruisseaux de Corse et de Sardaigne. Ces espèces étant aquatiques et dotées de poumons, appartenant à la famille des Salamandridae et à la sous-famille des Pleurodelinae, elles correspondent à la définition la plus large des « tritons », mais elles sont traditionnellement appelées « euproctes ».

Le genre Pleurodeles contient trois espèces dont une est présente en Europe, dans la péninsule Ibérique. Ce genre est anciennement considéré comme différent de Triturus. Le pleurodèle de Waltl, espèce bien connue en aquarium, correspond également à la définition générale des « tritons », et il est le plus grand de tous les tritons, mais l’usage depuis longtemps installé en français est de l’appeler « pleurodèle ».

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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