La Cathédrale Sainte-Marie de Tolède (Espagne).

La cathédrale Sainte-Marie de Tolède est le siège de l’archevêque de Tolède qui possède le titre de primat d’Espagne, et ce depuis les Wisigoths qui avaient fait de la ville leur capitale politique et religieuse. L’édifice actuel fut bâti en style gothique à compter de 1226, à l’emplacement de l’ancienne grande mosquée de la cité. Aujourd’hui encore, la cathédrale de Tolède domine la ville impériale de sa haute flèche, et appartient au cercle des plus prestigieuses cathédrales espagnoles. Elle est classée sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1986, au même titre que  l’ensemble du centre historique de la ville.


Une première cathédrale fut construite au VIe siècle par le premier évêque de la ville, saint Eugène, sous le règne du roi wisigoth Récarède Ier. Néanmoins, peu après la prise de la ville par les Musulmans en 712, ces derniers font bâtir à cet emplacement une mosquée qui sera plusieurs fois modifiée et agrandie. En 1085, Alphonse VI de Castille reconquiert la ville. Les capitulations prévoient que les Maures pourraient rester sur place etcontinuer à pratiquer leur culte dans les temples existants.

En décembre 1085, Alphonse VI convoque les Cortes de Castille à Tolède, et décision y est prise de restaurer le siège ecclésiastique de Tolède, avec le rang d’archevêché. Le premier archevêque élu est Bernard de Sédirac, moine bénédictin de l’abbaye de Cluny, devenu abbé de Sahagún en 1080. Un de ses premiers gestes est de violer les traités de capitulation de la ville en  pénétrant dans la grande mosquée pour en chasser les musulmans ; il agit sur les conseils de la reine Constance, femme d’Alphonse VI, lequel se trouve alors à León. Instruit de la nouvelle, Alphonse VI quitte Sahagún et se rend à Tolède pour châtier l’archevêque ayant trahi les pactes de capitulation de la ville. À son arrivée, selon les chroniques, le roi rencontre la population musulmane qui lui demande de pardonner les fautifs, craignant d’avoir dans le futur à subir leurs foudres après la disparition du roi. La mosquée est alors très officiellement convertie en église cathédrale en 1088, avec la bénédiction du pape Urbain II, qui confirme la primatie de Tolède sur l’Église des Espagnes dans la bulle Cunctis Sanctorum.

Commence alors une époque de splendeur pour l’archevêché de Tolède, organisé autour de la cathédrale. Auréolés de leur titre de primat d’Espagne (titre en réalité honorifique, mais conférant de considérables avantages), les titulaires du siège métropolitain mènent une politique volontariste, très étroitement liée au pouvoir royal, que les archevêques épaulent très  largement durant la Reconquête. Le patrimoine — notamment foncier — de l’archevêché s’en retrouve très largement conforté, les titulaires de la cathédrale de Tolède en venant à dominer la plus grande partie du royaume de Tolède

Après la reconquête de la ville en 1085, la grande mosquée convertie en cathédrale demeure intacte jusqu’au début du XIIIe siècle. À la suite de l’éclatante bataille de Las Navas de Tolosa en 1212, l’archevêque Rodrigo Jiménez de Rada décide qu’il est temps de bâtir un nouvel édifice à l’emplacement du temple d’origine musulmane. Cet archevêque d’origine navarraise dispose d’un grand pouvoir, et s’appuie notamment sur ses excellentes relations avec le roi de Castille Ferdinand III (pour lequel il rédige une grande chronique d’Espagne en latin : De Rebus Hispaniae).

Le projet est mis en place entre 1222 et 1224, selon les canons du gothique français, que l’Archevêque connaissait d’expérience. Celui-ci pose la première pierre de l’édifice en compagnie du roi Ferdinand III le 14 août 1226. C’est un maître français, Maître Martin, qui semble avoir été le premier maître d’œuvre à partir de 1227, et ce, jusqu’en 1234. Il élabore le plan et dirige les travaux, il s’inspire des modèles français de la famille de Notre-Dame de Paris (Bourges notamment) en adoptant un plan à cinq nefs et double déambulatoire. Son successeur est un certain Pedro Pérez qui poursuit les travaux à un rythme soutenu, le chevet étant achevé dès 1247. On observe cependant un ralentissement après la mort de l’Archevêque Rodrigue en 1248. Pedro Pérez meurt en 1291, lui succèdent divers maîtres, dont Rodrigo Alfonso puis Alvar Martínez, qui dessinent le clocher flamboyant et commencent sa construction. Le transept est achevé autour de 1300, la suite des travaux est, quant à elle, beaucoup plus lente, puisqu’il faut attendre le règne des rois catholiques pour voir terminer les nefs, sous le mandat de l’archevêque Pedro González de Mendoza. La fin des travaux est due à un maître d’origine flamande : Hannequin de Bruxelles, arrivé au milieu du xve siècle, en compagnie du sculpteur Egas Cueman. Hannequin de Bruxelles ne se contente pas d’achever la nef, il mène à bout les travaux de la tour-clocher et ajoute à l’édifice portails et chapelles, dans le plus pur gothique flamboyant (style isabélin).

La structure générale de l’édifice ne souffre alors plus de modifications majeures, à l’exception de l’ajout de quelques éléments extérieurs, telle la Puerta Llana, ajoutée en 1800. C’est en revanche à partir du XVIe siècle que se constitue l’actuelle décoration intérieure, d’une très grande richesse, et très représentative des styles Renaissance et Baroque. Par ailleurs, la cathédrale se dote d’une collection d’œuvres d’art (tableaux, mobilier liturgique…) d’une grande importance.

Source : Wikipédia.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.