Ville de Managua (Nicaragua).

Managua ou Leal Villa de Santiago de Managua (nom sous lequel elle a été fondée) est une commune du Nicaragua, ainsi que le chef-lieu du département de Managua. Elle est aussi la capitale du pays, le siège du gouvernement et des pouvoirs de l’État.

Elle est située à l’ouest du Nicaragua et s’étire le long de la côte sud-ouest du lac Xolotlán (ou « lac de Managua »). C’est la plus grande ville du pays au regard de la population — plus de 2,2 millions d’habitants avec son agglomération — et d’extension géographique (20 km de long).

La ville est issue d’un peuplement précolombien, puis au XVIe siècle d’une implantation espagnole qui a été élevée au rang de village en 1819, de ville en 1846, puis déclarée capitale de la nation en 1852 et créée en tant que département en 2009.


Des établissements humains sont connus dans la région de Managua bien avant l’arrivée des colonisateurs espagnols. C’étaient des communautés indigènes de pêcheurs installées sur les rives du lac Xolotlán depuis environ 12 000 ans.

Parmi les preuves archéologiques, se trouvent des traces de pas humains datant de plus de 2 000 ans accidentellement découvertes à Acahualinca, un quartier de la ville qui borde les rives du lac de Managua.

Il existe d’autres vestiges archéologiques, notamment sous la forme de céramiques et de statues en pierre volcanique comme celles trouvées sur l’île de Zapatera, ainsi que des pétroglyphes trouvés sur l’île d’Ometepe. Tous ces artéfacts sont conservés et exposée au Musée national du  Nicaragua, au Palais de la culture de Managua.

Le plan de l’actuelle Managua a été établi dans les années 1810. C’était à l’origine un village de pêcheurs. De 1814 à 1823, les déclarations d’indépendance se succèdent dans toutes les colonies espagnoles, en particulier celles d’Amérique centrale.

Le 24 mars 1819, par un décret royal de Ferdinand VII d’Espagne, le village est élevé au titre de “Villa Loyale de Santiago de Managua” pour être restée fidèle au gouvernement espagnol lors des périodes d’indépendances de 1811 au Nicaragua qui devient définitivement indépendant en 1838.

Le 24 juillet 1846, le village est élevée au rang de ville sous le nom de “Santiago de Managua”.

Le 5 février 1852 Managua devient définitivement la capitale du pays, mettant ainsi fin à la longue rivalité entre León et Granada qui s’étaient échangé ce rôle jusqu’alors. La situation géographique de Managua, entre ces villes rivales en faisait un lieu de compromis logique.

En 1856, Managua fut occupée par les troupes du flibustier américain William Walker, qui utilisèrent comme caserne la grande maison qui était le presbytère – situé à l’endroit où se trouve aujourd’hui le Palais de la Culture. La victoire du colonel José Dolores Estrada à la bataille de San Jacinto le 14 septembre de la même année, repousse les mercenaires de Walker vers Granada.

Le 1er mai 1857, les troupes de Walker – qui s’était auto-proclamé président du Nicaragua – sont finalement vaincues à la bataille de Santa Rosa et contraintes de quitter le pays.

Un “duumvir” (ou chachagua) est mis en place avec Tomás Martínez Guerrero (conservateur) et Máximo Jerez Tellería (libéral) a sa direction, ce qui a donné lieu à une période de 36 ans de succession de gouvernements conservateurs.

À partir de ce moment, Managua connait une urbanisation importante, devenant une base de gouvernement, d’infrastructures et de services, malheureusement entravée par des inondations majeures en 1876 et 1885, faisant de nombreuses victimes.

Le 11 juillet 1893, la révolution libérale éclate à León, sous la direction du docteur et général José Santos Zelaya López, qui entre victorieusement dans la capitale 14 jours plus tard par la “calle del Triunfo” (rue du Triomphe), le jour de la fête de Santiago le saint patron de la ville.

José Santos Zelaya dirige ensuite le Nicaragua pendant seize ans, entre 1893 et 1909, à la tête d’un gouvernement éclairé mais autoritaire.

À deux reprises, le 31 mars 1931 et en décembre 1972 des tremblements de terre et en 1968 une forte secousse, ainsi qu’un grand incendie en 1936, ont détruit une grande partie de la ville. Ces événements ont fait de nombreuses victimes et ont été particulièrement néfastes pour les bâtiments situés au centre de la ville, faits d’adobe, de taquézal (un assemblage de bois et de boue), avec des charpentes en bois et des toits en lourdes tuiles d’argile.

Le séisme du 23 décembre 1972, à 00 h 35, un tremblement de terre de 6,2 sur l’échelle de Richter détruit une partie de la ville, notamment le centre, faisant plus de 10 000 morts et 20 000 blessés. Les incendies provoqués par la catastrophe se poursuivent pendant les deux semaines suivantes. Le gouvernement a ensuite condamné le centre-ville et interdit sa  reconstruction. Les urbanistes ont donc choisi de tracer de nouvelles rues et de nouveaux quartiers à la périphérie de la vieille ville.

Sous la dictature d’Anastasio Somoza García et de sa famille (1936-1979), la ville a été reconstruite et a commencé à se développer rapidement. De nouveaux bâtiments gouvernementaux ont été érigés, l’industrie s’est développée et des universités ont été créées. Managua était devenue la ville la plus développée d’Amérique centrale. Les références actuelles  différencient le Managua d’avant les années 1970 en l’appelant La Antigua Ciudad ou “La vieille ville”.

Le 22 janvier 1967, sur l’avenue Roosevelt (aujourd’hui avenue piétonnière “général Augusto C. Sandino”), eut lieu le tristement célèbre Massacre du 22 janvier (es), au cours duquel des soldats de la Garde nationale (GN) ont tiré sur des manifestants de l’Union nationale de l’opposition (UNO) qui protestaient contre le président du Nicaragua de l’époque et marionnette du régime de la famille Somoza, Lorenzo Guerrero Gutiérrez.

La révolution nicaraguayenne de 1979 visant à renverser le régime Somoza et la guerre des Contras des années 1980, qui a duré 11 ans, ont encore dévasté la ville et son économie. Pour aggraver les choses, une série de catastrophes naturelles, dont l’ouragan Mitch en 1998, ont rendu la reprise économique plus difficile.

Après avoir remporté l’élection présidentielle en 1990, l’Union nationale de l’opposition (UNO) a entrepris la reconstruction de Managua. Plus de 300 000 Nicaraguayens sont revenus de l’étranger, apportant leur expertise et les capitaux nécessaires. Les entreprises se sont multipliées, de nouveaux projets de logement et des écoles ont été construits, l’aéroport a été agrandi et modernisé, les rues ont été élargies, les anciens centres commerciaux ont été réparés et de nouveaux ont été construits, et les bâtiments ont été nettoyés. En 2006, après le retour au pouvoir du Front sandiniste de libération nationale, les programmes d’alphabétisation, de santé et de reconstruction ont été étendus.

De nouveaux bâtiments gouvernementaux, des galeries, des musées, des immeubles d’habitation, des places, des promenades, des monuments, des excursions en bateau sur le lac de Managua, des restaurants, des  divertissements nocturnes et de larges avenues ont fait renaître une partie de l’ancienne vitalité du centre-ville de Managua. L’activité commerciale reste cependant faible. Des bâtiments résidentiels et commerciaux ont été construits à la périphérie de la ville, dans les mêmes endroits qui servaient autrefois de camps de réfugiés pour les sans-abri après le tremblement de terre. Ces lieux en plein essor ont été une source de préoccupation pour le gouvernement en raison de leur proximité avec le lac de Managua. La construction d’un nouveau réseau d’égouts et la réorientation des eaux usées vers une nouvelle station d’épuration à Las Mercedes, dans l’est de Managua, en mai 2009, ont dissipé les anciennes inquiétudes concernant la pollution de l’eau et la faune indigène, et ont rapproché certains habitants du vieux centre-ville et du reste du continent.

Le 26 juin 2009 la ville et son agglomération deviennent l’un des 15 départements du pays, divisé en 9 municipalités.

Après quatre décennies depuis la révolution sandiniste et grâce au calme politique relatif, en ayant atteint une croissance économique constante, la capitale du Nicaragua a commencé à prendre son envol pour se positionner comme la troisième ville de l’hémisphère dans la stratégie d’investissement direct étranger (IDE) de la catégorie des “villes du futur” des Amériques 2013-2014, publiée par le Financial Times.

Au printemps 2018, la capitale est le théâtre d’affrontements entre manifestants qui s’opposent à la réforme des retraites et la police appuyée par des groupes paramilitaires au service du gouvernement. Malgré des tentatives de médiation par l’Église catholique, les violences durent plusieurs mois principalement à Managua et à Masaya. Outre plusieurs centaines de victimes, ces événements ont causé de nombreux dégâts aux infrastructures de la ville, dus aux barricades, aux incendies, tirs de mortier, etc.

Managua avait une population estimée à 1 042 641 habitants (en 2016) dans les limites administratives de la ville et 2 millions dans la zone  métropolitaine, qui comprend en outre les municipalités de Ciudad Sandino, El Crucero, Nindirí, Ticuantepe et Tipitapa+ ce qui en fait l’une des villes les plus peuplées d’Amérique centrale. Managua est le plus grand centre de population du pays, concentrant 24 % de la population.

La population de Managua est principalement composée de métis et  de blancs qui sont principalement d’origine espagnole, avec une minorité de Français, d’Allemands, d’Italiens, de Russes, de Grecs et de Turcs. La ville accueille également de nombreuses communautés d’immigrants et expatriés de pays tels que, Taïwan, la Chine, les États-Unis, la Palestine et des pays d’Amérique latine.

Actuellement, plusieurs quartiers (barrios) de la ville sont aux prises avec des situations sociales difficiles. Entre autres, le quartier Acahualinca, situé aux abords du Lac Managua (lago de Managua) est assez démuni. Il est connu pour son énorme décharge municipale du nom de La Chureca qui s’étend sur plus de 13 km de long. Dans ce dépotoir, vivent jusqu’à trois mille enfants, qui travaillent à récolter des matériaux recyclables tels que carton, aluminium et plastique.

On retrouve dans ce dépotoir (basurero municipal de Managua) une petite école de capacité restreinte d’une centaine d’élèves. Cette petite institution scolaire est sous la responsabilité d’une communauté religieuse  évangélique. Le quartier d’Acahualinca est souvent déconseillé aux visiteurs étrangers, car il abrite le cartel de la capitale. Toutefois, plusieurs organismes communautaires œuvrent dans cette partie de la ville. On retrouve entre autres un centre de jeunes affilié à YMCA qui se nomme : ACJ (asociación cristiana de jovenes). De plus, plus près du dépotoir se trouvent deux bâtisses pour les « enfants travailleurs » et l’organisme porte le nom de « dos generaciones ».

Les données statistiques sur la population des quartiers de Managua sont quasi inexistantes, ce qui fait que l’on ignore combien d’enfants ne fréquentent pas d’institutions d’enseignement, d’éducation ou encore combien d’enfants travaillent dans l'”enfer du dépotoir”. Les naissances n’y sont pas non plus enregistrées et les structures sociales y sont en décrépitude.

Source : Wikipédia.

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