Les frères Goncourt, écrivains.

Les frères Goncourt, Edmond de Goncourt (1822-1896) et Jules de Goncourt (1830-1870), sont deux écrivains français du XIXe siècle classés dans l’école naturaliste. Ils ont écrit en collaboration des romans comme Germinie Lacerteux, en 1865, roman qui s’inspire de la double vie de leur servante, ou La Lorette et L’Art du XVIIIe siècle (1859-1875). Ils détestent la philanthropie et la « bien-pensance », aiment Saint-Simon, le Père Duchesne, les mémorialistes (Chateaubriand).


Edmond naît en 1822 à Nancy et Jules en 1830 à Paris ; ils perdent assez jeunes leur père et leur sœur (emportée par le choléra) et se retrouvent profondément liés l’un à l’autre1. Tous deux effectuent de brillantes études et Edmond entame une carrière de comptable qu’il exècre1. En 1848, ils perdent leur mère qu’ils idolâtrent et en sont effondrés ; par ailleurs, cet évènement renforce encore le lien entre les deux frères1. Edmond dira à ce sujet : « Ma mère, sur votre lit de mort, vous avez mis la main de votre enfant chéri et préféré dans la mienne, en me recommandant cet enfant avec un regard qu’on n’oublie pas. » Il veillera sur son petit frère de façon quasiment paternelle jusqu’à sa mort.

L’année de la mort de leur mère, Edmond quitte son poste et les deux frères ainsi réunis décident de se consacrer à la littérature tout en brocantant1. Ils s’essayent à tout : ils sont collectionneurs et deviennent à la fois artistes, antiquaires, historiens et romanciers1. On dira même d’eux qu’ils s’intéressent plus aux objets qu’aux hommes, et ce seul intérêt suffira à réveiller leur sens de la discorde, puisqu’ils apprécient plus les bijoux révolutionnaires décorés de bleu, blanc et rouge1. Dans l’écriture, ils n’hésitent pas à enchaîner les néologismes pour mieux refléter le réel : ils sont « anecdotiers », amateurs de « jolités », et leur complicité les pousse même à s’auto-désigner par le nom de « Juledmond ». En 1851, au cœur de grands troubles politiques, ils essayent de publier leur premier ouvrage rédigé à quatre mains, En 18…, mais sans succès.

Frères goncourt, carte maximum, Monaco, 26/04/1952.

Ils n’hésitent pas à pousser le partage de leurs deux existences jusqu’à partager la même maîtresse à partir de 1858 : Maria, sage femme et faiseuse d’anges, maîtresse de Jules depuis 1851. Maria leur dévoile la vie et les misères des femmes du bas-peuple de Paris.

Oisifs en apparence, ils prennent pourtant largement part au foisonnement culturel parisien et leur œuvre la plus importante, le Journal, est issue de l’observation poussée de leur contemporains : ils y écrivent Balzac, Mallarmé et d’autres de la pire façon, ce qui leur vaut leur réputation de grandes langues de vipère. Une des rares personnes envers laquelle ils seront élogieux est Théophile Gautier1. Ce journal peu décrié fera regretter à Proust qu’Edmond ne s’en soit pas assez emparé après la mort de son frère tant il y voit un fort potentiel1. Outre leurs incursions dans les milieux culturels littéraires, les frères Goncourt sont aussi de grands collectionneurs d’objets et d’art toute leur vie durant. Leur collection commune, commencée à l’adolescence (vers 1838) rassemble des périodes et des genres éclectiques. D’abord constituée par des pièces d’art décoratif du XVIIIe siècle, elle s’oriente ensuite (dans les années 1860) vers l’art asiatique (porcelaine chinoise, estampes japonaises). Leur engouement pour les arts asiatiques correspond au japonisme de la fin du siècle.

Ils continueront de mener une vie semi-matérielle imprégnée de bonne entente et ponctuée de petits succès littéraires jusqu’à la mort prématurée de Jules, de la syphilis, à 39 ans, en 1870. De l’aveu d’Edmond, Jules était le véritable écrivain, mais après cette perte, Edmond a publié plusieurs romans et le Journal des Goncourt.

Le testament olographe d’Edmond comporte deux clauses notables : la création de l’Académie Goncourt et la dispersion (par vente) de l’importante collection d’art des deux frères qu’abritait le 53 avenue Montmorency. Les fonds tirés de la vente constituent la première trésorerie de la jeune Académie Goncourt.

Leur Journal a inspiré Marcel Proust, qui les pastichera dans Le temps retrouvé7 publié en 1927. Proust recevra d’ailleurs le prix Goncourt pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs, en 1919.

 

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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