Le rock-en-roll.

Le rock est un genre musical apparu dans les années 1950 aux États-Unis et qui s’est développé en différents sous-genres à partir des années 1960, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni. Il prend ses racines dans le rock ‘n’ roll des années 1940 et 1950, lui-même grandement influencé par le rhythm and blues et la country. Le rock a également incorporé des éléments provenant d’autres genres dont la folk, le blues, le jazz et la musique classique. Le terme « rock » est aujourd’hui utilisé comme un terme générique incluant des formes artistiques comme la pop music, la musique soul2. Son influence culturelle est désormais prééminente dans l’industrie musicale, et se diffuse également dans d’autres arts (cinéma, bande dessinée, mode vestimentaire).

Depuis les années 1960, définies comme la période « classique » du rock, de nombreux sous-genres hybrides ont peu à peu émergé. Cette décennie voit déjà éclore le rock psychédélique et le garage rock, ainsi que des rapprochements avec d’autres genres musicaux, donnant naissance au folk rock, au jazz fusion et au blues rock. Au début des années 1970, le rock progressif

manifeste une volonté d’expérimentation ; le glam rock met l’accent sur les performances scéniques et le style vestimentaire ; le hard rock et le heavy metal naissant valorisent le volume, la puissance et la vitesse. À la fin des années 1970, le punk rock engendre des chansons brutes, dépouillées et souvent engagées politiquement, qui influencent fortement le punk hardcore, la new wave et le rock alternatif des années 1980. Les années 1990 voient la domination du rock alternatif et de ses dérivés (grunge, Britpop, rock indépendant), tandis que les deux dernières décennies témoignent d’une volonté de retour aux sources (post-punk, néo-garage rock). À ces sous-genres s’ajoutent de nombreuses scènes rock nationales, notamment en allemand, en français et en espagnol.

Rock, carte maximum, Australie, 1998.

Le rock est caractérisé par une mélodie vocale dominante, souvent accompagnée par une ou plusieurs guitares électriques, une guitare basse et une batterie ; il peut également être accompagné de synthétiseurs/piano, de cuivres ou d’autres instruments. Une chanson de rock comprend généralement quatre pulsations par mesure (4/4) et une structure avec couplets et refrain. Les paroles, qui contiennent parfois des références à la sexualité et aux drogues, ont servi de vecteur à des mouvements sociaux et culturels, comme les mods en Angleterre ou la contre- culture hippie en Californie. Héritant de la tradition de la « protest song » issue de la folk, le rock a parfois été considéré comme une forme d’expression d’une partie de la jeunesse et un moyen de révolte contre le conformisme, la morale dominante et la société de consommation.


Le rock trouve ses origines dans le rock ‘n’ roll, qui devient populaire aux États-Unis à la fin des années 1940 et au début des années 1950. Celui-ci est issu de la rencontre entre diverses composantes de la musique afro-américaine (dont le rhythm and blues et le gospel) et la musique country. Le genre emprunte à la country un usage prépondérant de la guitare, et remplace le rythme ternaire du rhythm and blues par un rythme binaire et un tempo plus soutenu. Simple, facile à danser et entraînant, ce nouveau style est idéal pour les night-clubs. Toutefois, la distinction d’avec le rhythm and blues n’est pas toujours aisée : le terme de « rock’n’roll » a parfois été utilisé pour évoquer le rhythm and blues joué par des Blancs, afin de pouvoir le diffuser dans des établissements fréquentés par la communauté blanche.

En 1951, le disc jockey de Cleveland Alan Freed anime une émission de radio appelée Moondog’s Rock And Roll Party, dans laquelle il diffuse pour la première fois du rhythm and blues (alors appelé « race record » aux États-Unis) à un public mixte. Il invente également le nom de ce nouveau genre en reprenant une expression d’argot américain, que l’on retrouve depuis les années 1940 dans certaines chansons de rhythm and blues, et qui signifie « faire l’amour ».

La détermination de la première chanson de rock’n’roll de l’histoire fait l’objet de débats. Certains estiment qu’il s’agit de Rock Awhile de Goree Carter (1949) ; d’autres de Rock the Joint de Jimmy Preston, reprise en 1952 par Bill Haley & His Comets ; d’autres de that’s all de Rosetta Tharpe ou encore de Rocket 88, composée par Jackie Brenston and his Delta Cats et enregistrée en 1951 par le producteur Sam Phillips, pour son label Sun Records8. Quatre ans plus tard, en 1955, Rock Around the Clock de Bill Haley devient la première chanson de rock’n’roll à rencontrer le succès populaire, atteignant le sommet des hit-parades aux États-Unis et au Royaume-Uni. Ouvrant la voie au développement du genre, ce premier tube de l’histoire du rock figure au générique du film Graine de violence (1955).

Parmi les autres artistes alors en vogue figurent notamment Chuck Berry, Bo Diddley, Fats Domino, Little Richard, Buddy Holly, Jerry Lee Lewis8 et Big Joe Turner, un bluesman devenu célèbre avec son titre Shake, Rattle and Roll en 1954. Little Richard signe sur son premier 45 tours quatre des plus grands standards de rock : Tutti Frutti, Long Tall Sally, Rip It Up et Ready Teddy. Quant à Chuck Berry, il marque la scène rock par ses tubes (Roll Over Beethoven, Rock and Roll Music, Johnny B. Goode) ainsi que par ses performances sur scène. Par son jeu de scène et ses pas de danses, dont le duckwalk, il influence la génération suivante de rockers, notamment les Rolling Stones, Jimi Hendrix et Led Zeppelin.

Rapidement, le rock’n’roll représente la majeure partie des ventes de disques aux États-Unis, et les crooners comme Eddie Fisher, Perry Como, Patti Page et Frank Sinatra, qui avaient dominé la décennie précédente, voient leurs ventes baisser de manière significative.

Aux côtés du rock’n’roll, essentiellement joué par des artistes afro-américains, émerge un genre aux sonorités proches mais pratiqué par des musiciens blancs : le rockabilly. Inspiré lui aussi du rhythm and blues, il se distingue par une influence plus marquée de la musique country, notamment de son courant dit « hillbilly ». La structure du groupe-type comprend un chanteur, qui joue également de la guitare acoustique, un guitariste électrique qui apporte une touche blues, et un bassiste qui marque le rythme. Parmi les précurseurs de ce genre figurent notamment Bill Haley, Carl Perkins, Eddie Cochran et Gene Vincent. C’est Elvis Presley qui, en 1954, popularise le genre avec son premier succès, That’s All Right (Mama).

À la différence du rockabilly, le doo-wop utilise le chant à plusieurs voix (polyphonique) avec un chœur en fond, chantant par onomatopées (d’où le genre tire son nom). L’instrumentation est généralement peu fournie et l’accent est mis sur la performance vocale. Des groupes comme The Crows, The Penguins et The Coasters deviennent rapidement populaires aux États-Unis. The Platters, avec des chansons comme Only You ou The Great Pretender (1955), rencontrent un succès international.

Le rock’n’roll et le rockabilly entraînent le développement de nouvelles tendances et techniques instrumentales. La guitare électrique devient l’instrument du rock par excellence, notamment grâce au jeu de Chuck Berry, Link Wray et Scotty Moore. L’usage de la distorsion, bien qu’initié par des guitaristes de blues comme Guitar Slim, Blind Willie Johnson et Pat Hare au début des années 1950, ne devient populaire qu’avec Chuck Berry. Sous l’influence de Johnson, Hare et Wray, de nombreux artistes utilisent les power chords (« accords de puissance »), qui donnent à la mélodie un son plus lourd.

À la fin des années 1950 et au début des années 1960, la critique musicale s’accorde à reconnaître le déclin du rock’n’roll et du rockabilly. De nombreux évènements donnent l’impression au public que l’ère du rock’n’roll touche à sa fin : la mort de Buddy Holly, du Big Bopper et de Ritchie Valens dans un accident d’avion en 1959 ; le départ d’Elvis Presley pour le service militaire ; la retraite de Little Richard, qui veut devenir pasteur ; les poursuites judiciaires à l’encontre de Jerry Lee Lewis et Chuck Berry ; enfin, le scandale de la payola, une affaire de corruption qui implique de grandes figures de l’industrie musicale, dont Alan Freed.

Les paroles des chansons deviennent plus consensuelles, et Elvis Presley est cantonné à des ballades. Le pur rock’n’roll et le rockabilly tendent alors à disparaître, bien que quelques titres postérieurs comme (Oh!) Pretty Woman de Roy Orbison en 1964 et Wooly Bully de Sam the Sham and the Pharaohs en 1965 puissent être rattachés au style.

Cependant, au Royaume-Uni, où des artistes américains de blues sont venus se produire, une scène de rock’n’roll tend à émerger alors que le genre s’éteint outre-Atlantique. Lonnie Donegan, avec son tube de 1955 Rock Island Line, influence de jeunes artistes britanniques et contribue à la formation de nombreux groupes de skiffle, dont celui de John Lennon, The Quarrymen.

La réplique ne vient pas des États-Unis mais du Royaume-Uni. Les premiers émules d’Elvis Presley apparaissent, comme Cliff Richard, et de petites formations se multiplient pour les imiter. L’influence américaine de Chuck Berry est profonde. Au passage cependant, le rock ‘n’ roll s’acclimate et The Shadows, qui accompagnent Cliff Richard, initient l’archétype de la formation rock telle qu’elle sera reprise aussi bien en Europe que de l’autre côté de l’Atlantique : la contrebasse disparaît au profit de la guitare basse, deux guitaristes se répartissent les tâches de la rythmique pour le premier et des « chorus » pour le second. Les groupes britanniques s’éloignent ainsi rapidement de leur modèle américain pour créer une musique originale que les francophones appellent « rock anglais ».

Les Beatles accentuent le travail sur la mélodie et les harmonies vocales et donnent naissance à la musique pop tandis que le mouvement du « british blues boom » retourne aux racines blues, privilégiant des rythmes syncopés et des sonorités plus agressives. The Rolling Stones émergent comme le fer de lance de ce rock britannique. Des branches parallèles se multiplient alors : des groupes tels que The Who, The Troggs, The Small Faces et The Kinks développent le mouvement mod, tandis que The Animals ou The Yardbirds créent un blues rock britannique. La richesse de la création britannique est florissante et impose définitivement au niveau mondial un genre musical qui devient emblématique de la seconde moitié du xxe siècle. Le rock se ramifie alors presque à l’infini en explorant des niches apparemment improbables. Le jazz fusion naît de cette recherche entamée dès les années 1960.

Si les années 1950 proposaient une scène commune pour artistes noirs et blancs, les années 1960 mettent fin à cette mixité. Les noirs abandonnent peu à peu le rock pour s’orienter vers des genres musicaux qui correspondent davantage à leur réalité sociale. La soul militante de James Brown fait de plus en plus d’émules. La scène rock britannique est principalement blanche, tandis que les noirs américains adaptent à leur manière la redécouverte britannique de l’importance de la mélodie. S’appuyant sur les anciennes structures ségrégationnistes, ils mettent au monde une branche importante de l’arbre généalogique du rock, englobant ce qu’il convient de qualifier de « dance music », du funk au rap en passant par la pop de la Tamla des années 1960. Conséquence de ce cloisonnement, les rockers noirs sont rares dans l’autre grande famille du rock post-Beatles. L’une des exceptions est Jimi Hendrix, guitariste de génie qui électrifie son blues et ouvre au rock blanc d’autres univers.

Le terme « pop » désigne un sous-genre apparu dans les années 1950-1960. Le rock’n’roll évolue alors pour se subdiviser en deux branches principales : le rock, plus fidèle aux racines blues dont il est issu, et la pop, qui met plus l’accent sur les mélodies et les harmonies vocales. La pop connaît sa maturité avec l’avènement des Beatles. Les représentants les plus emblématiques de la branche rhythm and blues étaient les Rolling Stones (qui sur le tard reprirent cependant l’étiquette rock ‘n roll). La pop, expression issue de l’anglais popular music (« musique populaire »), s’est donc petit à petit distinguée comme un sous-genre du rock, dans les années 1960. À la base, la pop était l’équivalent anglais de la « variété ».

Si l’on considère que les Beatles ont créé ou au moins amené la musique pop, alors il s’agit d’une transformation adoucie et plus pétillante du rock’n’roll. Le premier album sera Rubber Soul, toutefois précédé de quelques chansons de l’album Help!, où figure notamment Yesterday.

Si le rock ‘n’ roll a toujours été porté par une jeunesse trop à l’étroit dans le carcan moral de ses aînés, les textes jusqu’aux années 1960 étaient souvent confinés aux thèmes festifs éventuellement chargés de connotations sexuelles. Avec Bob Dylan, les paroles prennent une tournure à la fois plus poétique et plus engagée. Mariant la poésie surréaliste à l’engagement du mouvement folk (Woody Guthrie puis Joan Baez, Pete Seeger), il devient le chroniqueur de sa génération, abordant sans crainte des thèmes politiques et sociaux. Son impact sera décisif des deux côtés de l’Atlantique. Aux États-Unis, les protest songs expriment le rejet de la guerre froide ou de l’engagement militaire au Viêt Nam tandis qu’au Royaume-Uni, John Lennon livre des textes plus personnels et recherchés. Le rock devient à la fois un mouvement artistique, qui acquiert une légitimité intellectuelle, et un courant de « contre-culture ». Cette tendance connaît son apogée avec les grands festivals de la fin des années 1960 : à Woodstock ou sur l’Île de Wight des centaines de milliers de jeunes se rassemblent pour partager à la fois une passion pour la musique mais également une vision du monde en rupture avec les normes établies.

Dans la deuxième moitié des années 1960, apparaît la fusion de la pop et du folk aux États-Unis avec Bob Dylan, The Byrds puis The Band, Crosby, Stills and Nash et Neil Young. The Band, par sa fusion des musiques traditionnelles avec le rock, le blues, la musique country et les ballades irlandaises des Appalaches aura une influence déterminante. En réaction, l’Angleterre produit elle aussi des artistes à la recherche de leurs racines musicales comme Bert Jansch, Pentangle, Fairport Convention, Richard Thompson, Steeleye Span. Ce courant accouchera du folk rock de grande diffusion aux États-Unis avec des groupes comme The Eagles ou Poco. En Angleterre, ces musiciens se heurtent rapidement au punk, et, frappés de ringardise, leurs disques disparaissent dans les bacs world, musique celtique, voire new age.

À partir du milieu des années 1960, la consommation de psychotropes (en particulier le LSD), marque le début de la création artistique sous emprise. Alors que l’acid rock naît sur la côte ouest des États-Unis avec le Grateful Dead, le psychédélisme fait également son apparition au Royaume-Uni à travers les premiers concerts de Pink Floyd, la formation de Cream ou encore l’album Revolver des Beatles. Mais c’est avec l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band de ces derniers que cette influence devient manifeste pour le grand public. Cette tendance favorise le retour en force des groupes américains tels que The Byrds, The Doors ou Jefferson Airplane. Mais le Royaume-Uni reste le pays du rock. De nouveaux courants voient le jour avec notamment le rock progressif de King Crimson, Emerson, Lake and Palmer, Genesis, Van Der Graaf Generator ou Yes qui introduit des éléments issus du jazz et de la musique classique ou le heavy metal dont les prémices se font sentir dès 1966 à travers les riff de guitare saturés de Cream ou Jimi Hendrix, et qui naitra véritablement avec Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath ou encore Blue Cheer.

Le rock de la fin des années 1960 se politise et le Flower Power est l’expression pacifique du rock planant qui caractérise le passage entre l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles en 1967 et les premiers riffs punk de 1975. Le passage aux années 1970 est marqué par la mort prématurée de nombreuses stars du rock, comme Jimi Hendrix (Jimi Hendrix Experience), Brian Jones (Rolling Stones), Janis Joplin ou encore Jim Morrison (The Doors), tous âgés de 27 ans lors de leur mort.

Le psychédélisme est un style qui englobe donc des groupes variés qui ont un certain sens de l’expérimentation. Ainsi même des groupes comme The Velvet Underground peuvent parfois être qualifié de psychédéliste. On distinguera alors le psychédélisme fondé sur le Flower Power d’un psychédélisme plus sombre et/ou underground. Par là même, on peut citer Hawkwind ou encore Amon Düül II, fervents de voyages nocturnes et fantomatiques.

En 1965, le groupe américain The Sonics sort son premier album, Here Are the Sonics, initiant le rock garage et pré-punk des Stooges d’Iggy Pop ou du MC5, et provoquant, par ricochet, une explosion de groupes en Grande-Bretagne, avec un sous-genre qui sera appelé pub rock au début des années 1970, notamment Dr. Feelgood.

En 1972, le guitariste Lenny Kaye, futur membre du Patti Smith Group, crée la compilation Nuggets (« Pépites » en français), qui regroupe les perles du rock garage entre 1965 et 1967, dont des groupes comme The Seeds, The Electric Prunes, The Strangeloves ou 13th Floor Elevators, l’ensemble sur un double album de 27 titres. Ce disque eut une influence extraordinaire sur la génération à venir, au point de voir publiée une suite aussi riche, avec Nuggets 2 et Children Of Nuggets. D’autres groupes s’inscrivent dans cette veine, comme The Stooges, MC5, The Cramps, et bien plus tard, dans les années 2000 The White Stripes, The Libertines ou The Hives.

Depuis la fin des années 1960, un nouveau style de jazz apparaît : le jazz fusion. Popularisé par l’album Hot Rats de Frank Zappa, ce style connait un grand succès et beaucoup de groupes passent par une face jazz fusion, parmi lesquels Santana avec les albums Caravanserai et Borboletta, Al Di Meola sur l’album Elegant Gypsy, John Mayall et d’autres musiciens célèbres.

Le jazz fusion connaît aussi des artistes à part entière comme Miles Davis, Pat Metheny, Steely Dan, Weather Report, Chick Corea. Un courant de ce que l’on appelait à l’époque le « free jazz rock » sera créé plus tard avec Last Exit. Son nom se transformera au fil du temps en « free rock ».

Au cours des années 1960, des groupes de rock britanniques tels que Cream, The Rolling Stones, The Beatles, The Yardbirds, The Who et The Kinks modifièrent le rock ‘n’ roll, ajoutant un son puissant, des lourds riffs de guitare, une batterie imposante et des voix fortes. Ce nouveau son posa les bases du hard rock. Dans le même temps, Jimi Hendrix produisit une forme de blues influencée par le rock psychédélique, combinée avec des éléments de jazz et de rock ‘n’ roll, créant un genre unique. Il fut l’un des premiers guitaristes à expérimenter des effets de guitare comme le phasing, le feedback et la distorsion, avec Dave Davies des Kinks, Pete Townshend des Who, Eric Clapton de Cream, et Jeff Beck des Yardbirds.

Le hard rock émergea à la fin des années 1960 avec les groupes  britanniques Led Zeppelin, Deep Purple et le heavy metal traditionnel avec Black Sabbath (groupe britannique également), qui mélangeaient la musique des premiers groupes de rock britanniques avec des formes dures de blues rock et d’acid rock.

À cette époque, hard rock et heavy metal étaient alors synonymes (aux États-Unis et au Royaume-Uni, on parlait plus de « heavy metal » alors qu’en France, le grand public utilisait l’expression « hard rock », « heavy metal » étant utilisé uniquement par les spécialistes). Ce n’est qu’au cours des années 1980 qu’on distingua les deux expressions. L’expression « heavy metal » est en effet redéfinie par le journaliste Lester Bangs du magazine Creem et se caractérise principalement par une distanciation de ses racines blues et des rythmiques lourdes et puissantes. Néanmoins, la frontière entre le heavy metal traditionnel et le hard rock reste floue.

Durant les années 1970, des groupes comme AC/DC, Thin Lizzy, Aerosmith, Alice Cooper, Kiss, Scorpions, Van Halen, Queen, Motörhead et Judas Priest apparaissent.

Désormais adulte, le rock s’est installé au cours des années 1970 dans un rythme de croisière que les punks anglais ont fait voler en éclats. Les années 1980 s’ouvrent donc sur la promesse — rapidement déçue — d’un recommencement. Les années 1980 révèlent le brassage de plusieurs genres qui se dissocieront vite de la représentation rock antérieure, mais elle comporte également bon nombre d’artistes qui feront vivre le rock, tout en le faisant évoluer.

Alors que la branche du hard rock se « métallise », radicalisant son discours sous une avalanche de décibels, une accélération effrénée du tempo et une saturation qui repousse les limites de l’audible, le courant majeur s’assagit et se rapproche de plus en plus de la pop. Dire Straits incarne ce rock serein, aux guitares d’orfèvres et aux textes ciselés mais dont la fièvre est retombée, ou bien encore les irrévérencieux The Smiths, conduits par le parolier Morrissey (même si celui-ci continue d’écrire des textes engagés, sa voix ramène à des sonorités pop).

Si quelques-uns dont U2 ou R.E.M. tentent de raviver une démarche engagée, c’est plutôt aux frontières du rock, comme dans le métissage avec le funk de Michael Jackson ou de Prince que l’exploration musicale se poursuit, alors mise en avant par la chaîne musicale MTV. C’est avec l’émergence de cette dernière que le rock indépendant (ou rock alternatif) va prendre de l’ampleur. Celui-ci est représenté par des groupes comme Sonic Youth ou Pixies, et englobe de nombreux autres groupes pop, électroniques, industriels ou garage puis shoegazing, et aussi des groupes issus du post-punk, qui poursuivent leurs carrières.

En marge du rock, ce vent de liberté profite aux musiques électroniques, contraintes depuis leur émergence aux États-Unis puis en Angleterre (de la techno à l’acid house) de s’épanouir dans la clandestinité. Dans la deuxième moitié des années 1980, le heavy metal fera un retour en force sous la forme du glam metal à partir de Los Angeles et s’imposera comme le style le plus populaire au monde vers 1986. L’année suivante, il domine 80 % des palmarès américains avec des groupes comme Kiss, Mötley Crüe, Def Leppard, Poison, Ratt et Bon Jovi. Alors que les groupes de Los Angeles prennent d’assaut les palmarès, certains groupes vont revenir à la base de la musique metal en proposant un son plus violent et agressif et en mettant l’accent sur la rapidité d’exécution,  comme Metallica, Slayer, Anthrax ou encore Megadeth.

Au début des années 2000, on assiste au retour d’un son plus roots directement inspiré du rock garage des années 1960, de la pop des Velvet Underground, du punk rock des années 1970 et de la new-wave et du post-punk des années 1980. Parmi les groupes majeurs de cette vague on peut citer The White Stripes, The Strokes, The Vines, Arctic Monkeys, The Libertines, Black Rebel Motorcycle Club, Bloc Party, Franz Ferdinand, Interpol, The Kills, The Yeah Yeah Yeahs. L’apparition d’un nouveau groupe, The Strokes, marque le début d’une Nouvelle Vague. Ces New-Yorkais ont un son proche des Velvet Underground, avec beaucoup de dynamisme et de modernité ; ils ont une influence sur d’autres groupes, notamment britanniques, comme les Arctic Monkeys (rock indépendant).

Au même moment, aux États-Unis, des groupes labellisés emo (mélange de punk, de new wave et pop) comme AFI ou My Chemical Romance connaissent un grand succès commercial. L’emocore et le metalcore, deux variantes plus proches du metal et du punk hardcore, représentent la face la moins commerciale et la plus dure de l’emo.

D’autres groupes plus rock indépendant comme TV on the Radio, Liars, !!!, LCD Soundsystem ou The Rapture proposent un nouveau son qui mélange (post-)punk, funk, dance, post-rock. En réponse à ce son dance-punk, la new rave se développe en Grande-Bretagne avec des groupes comme The Klaxons, Late of the Pier, Trash Fashion, Shitdisco ou Hadouken! ; la frontière entre rock et musique dance devient de plus en plus ténue. En effet, certains ne considèrent pas ces groupes comme des groupes de rock. Crystal Castles et Justice font également partie de cette vague indie dance bien que leur musique soit plus électro que rock.

Aux États-Unis, dans la deuxième moitié des années 2000, une nouvelle vague de groupes plus lo-fi, avec un son plus noisy et plus abrasif surgit avec des groupes comme The Black Keys, The Black Lips, Jay Reatard ou encore Wavves. Cette tendance se poursuivra dans les années 2010.

Le folk connaît de grandes heures avec des groupes ou des artistes comme Animal Collective, Local Natives, Sufjan Stevens, Akron/Family ou Joanna Newsom. D’autres groupes comme Two Gallants mêlent énergie punk et folk intimiste.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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