Le pottok.

Le pottok est une race de poneys vivant principalement à l’ouest du Pays basque, dans les Pyrénées. D’origine très ancienne (probablement du Paléolithique), il présente des ressemblances morphologiques avec les chevaux des peintures rupestres de la même région. Utilisé pendant des siècles par les habitants du Pays basque pour divers travaux d’agriculture, il fut également mis au travail dans les mines.

Les pottok seraient issus des petits chevaux qui peuplaient le Sud-Ouest de l’Europe, il y a environ un million d’années. Si les sites grand public leur évoquent des liens de parenté avec le cheval de Przewalski et le Tarpan, les études scientifiques le rattachent plutôt au tronc des races de chevaux dites Cantabriques-pyrénéennes (cántabro-pirenaico), ce qui l’apparente au Garrano, à l’Asturcón, au Jaca Navarra et au Mérens (ce dernier serait mélangé avec des chevaux ibériques et berbères). Une étude génétique montre clairement le regroupement de trois races espagnoles d’origine celtiques provenant de l’Atlantique : le Jaca Navarra, le poney galicien et le Pottok.

Chassés, les ancêtres du Pottok trouvèrent refuge dans les massifs rocheux des Pyrénées et survécurent au climat perturbé des dernières glaciations du quaternaire. Les peintures rupestres des grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya représentent des chevaux très similaires au pottok basque actuel et attestent donc d’une très ancienne présence.

Pottok, carte maximum, Espelette, 27/09/1998.

Les Basques eurent la sagesse de ne pas décimer les troupeaux de pottoks : au contraire, les paysans locaux les utilisèrent pour l’agriculture. Mais au XIXe siècle, pour satisfaire aux besoins en charbon de la révolution industrielle, les pottoks furent envoyés dans les mines de charbon de la région, du Nord et de l’Est de la France. Le pottok était apprécié pour sa petite taille, sa force, sa robe sombre donc peu salissante et le peu de soins qu’il nécessitait.

Peu à peu une sélection eut lieu : les poneys de robe sombre partaient dans les mines alors que les pottoks de robe pie étaient vendus à des cirques ou à quelques riches propriétaires. Ce n’est que plus tard que les maquignons s’intéressèrent au pottok. En effet, sa docilité et surtout la robe pie le rendaient attrayant pour les enfants et les centres équestres.

Aujourd’hui, les pottoks vivent en semi-liberté dans les massifs de la Rhune, de l’Artzamendi, du Baïgura et de l’Ursuya. Ces montagnes constituent le berceau de la race. Une à deux fois par an, les éleveurs effectuent une vérification des naissances, une vermifugation et un déparasitage. Parfois ils sélectionnent quelques animaux dans le but de les vendre aux foires annuelles de Hélette, Espelette, et Garris dans les Pyrénées-Atlantiques.

En raison de son ancienneté et pour une bonne conservation, cette race de chevaux a été choisie comme la plus recommandée pour être réintroduite comme cheval sauvage dans certaines zones des Pyrénées françaises et espagnoles.

Un grand nombre de ces poneys vit toujours à l’état semi-sauvage ; il est fréquent d’en rencontrer sur les contreforts des Pyrénées. Sa morphologie particulière lui permet de vivre dans le climat rude de la montagne. Grâce à son crin fourni et à ses longs poils, il peut rester toute l’année en altitude.

La physionomie du pottok a été totalement façonnée pour résister aux conditions difficiles des hauteurs : une petite taille pour être moins exposé aux intempéries, un pelage abondant pour résister au froid, des membres forts et de petits sabots durs pour avoir accès aux lieux les plus reculés.

Si la physionomie externe du pottok s’est adaptée, il en va de même pour les organes internes : son appareil digestif a su s’accommoder des conditions difficiles des hauteurs. Ainsi, le pottok supporte une alimentation peu énergétique composée d’ajoncs, de ronces, de glands ou de châtaignes. Cela fait de lui un animal au rôle écologique. Il débroussaille et nettoie les endroits les plus inaccessibles des montagnes du Pays basque.

En raison des conditions de vie contraignantes, le cycle biologique que l’on trouve chez les autres chevaux a été modifié chez le pottok. En temps normal, les naissances ont lieu entre mars et mai, mais chez les sujets de montagne les mises bas ont lieu entre juin et juillet. Les poulains pottoks gardent leur crinière frisée durant toute la première année. Il apparaît aussi que les poulains de robe blanche sont très peu viables : dans la plupart des cas, ils décèdent au bout de trois jours.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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