Le poisson-clown.

Les poissons-clowns, ou Amphiprioninae, sont une sous-famille de poissons appartenant à la famille des pomacentridés. Elle contient trente espèces, une seule classée dans le genre Premnas, les autres faisant partie du genre Amphiprion. Ce sont des poissons d’une dizaine de centimètres dans les tons d’orange et de noir. Certaines espèces présentent des bandes ou des barres blanches. Ils fréquentent les lagons et les récifs coralliens du bassin Indo-Pacifique et de la mer Rouge où ils se nourrissent généralement de copépodes et de larves de tuniciers.

Les poissons-clowns sont remarquables à plusieurs titres. Ils sont principalement connus pour la relation mutualiste qu’ils forment avec dix espèces d’anémones de mer — normalement mortelles pour les poissons. Ils se distinguent également des autres espèces de poissons-demoiselles par leur hermaphrodisme successif protandre quand les autres espèces sont généralement protogynes. Cette particularité définit une structure sociale particulière au sein d’une anémone. L’individu dominant est la femelle, plus imposante que le reste du groupe. Elle forme un couple stable avec un mâle sexuellement actif, un peu plus petit. Les autres individus du groupe sont des mâles immatures qui n’interviennent pas dans la reproduction.

Poisson-clown, carte maximum, Paris, 23/04/2012.

Sans être véritablement menacés, les poissons-clowns subissent une pression importante liée à la destruction de leur habitat par les activités humaines et les conséquences du réchauffement climatique. Même si beaucoup proviennent d’élevages, certains individus sont prélevés dans la nature pour le marché de l’aquariophilie marine. En 2003, le poisson-clown du Pacifique est choisi par le studio d’animation Pixar pour incarner Nemo, le petit poisson héros du film d’animation Le Monde de Nemo, ce qui les rendra très populaires.

Les poissons-clowns sont de taille modeste ; adultes leur taille varie de 6 cm (Amphiprion pacificus) à 16 cm (Premnas biaculeatus).

Les caractéristiques qui les distinguent des autres sous-familles sont leurs 50 à 78 rangs d’écailles, des opercules généralement dentelés, une nageoire dorsale composée de dix épines — neuf ou onze dans de rares cas — et généralement 14 à 20 rayons souples.

Les motifs colorés sont le meilleur moyen d’identifier les différentes espèces dans leur environnement. D’autres caractères utiles comme la forme des dents, la disposition des écailles de la tête et les proportions ne sont accessibles qu’en laboratoire sur des spécimens naturalisés.

Leur couleur, globalement dans les tons d’orange, varie du jaune-orangé à l’orange sombre voire au rose. Certaines espèces ont de zéro à trois bandes verticales blanches ou une bande dorsale. La couleur blanche des bandes est due à des cellules particulières qui réfléchissent la lumière, des iridophores.On observe des variations géographiques de la couleur pour les espèces à large aire de répartition. D’autres facteurs interviennent également sur la coloration des poissons-clowns comme le mélanisme et la taille des individus. Le mélanisme est induit par l’anémone de mer hôte. Il intervient en quelques heures après la mise en contact des partenaires. La plus-value adaptative de ce changement est inconnue.

Poisson-clown, prêt-à-poster

Il n’y a pas de différence de couleur entre les stades mâles et femelles chez les poissons-clowns sauf quelque exceptions. Pour A. clarkii, elles existent mais ne sont pas systématiques. Les mâles de A. perideraion et A. akallopisos présentent souvent des bords orange sur les rayons souples et la caudale. Les juvéniles ont par contre une livrée différente de celle des adultes. Ils se ressemblent beaucoup entre les différentes espèces ce qui rend très difficile leur identification. Il faut généralement observer les autres poissons du groupe dans l’anémone pour pouvoir connaître l’espèce exacte d’un juvénile.

Le plancton représente la source principale de l’alimentation des poissons-clowns. L’étude du contenu stomacal de spécimens capturés révèle généralement des copépodes et des larves de tuniciers. A. perideraion consomme également une quantité importante d’algues broutées sur les récifs proches ou gobées en pleine eau.

Parfois, en aquarium, un spécimen à qui l’on présente un aliment de grande taille qu’il ne peut pas consommer entièrement le rapporte pour le mettre en sécurité sur son territoire — c’est-à-dire l’anémone. Les anémones sont carnivores et c’est finalement l’hôte qui mange les aliments qu’elle était censée protéger. Le poisson ne nourrit pas intentionnellement l’anémone même si cela peut sembler être le cas pour un observateur. À l’état sauvage ce comportement est absent. Les aliments sont consommés directement à l’endroit où ils sont trouvés car les poissons-clowns ne rencontrent pas d’aliments de taille importante.

La durée maximum de vie reste mal connue à l’état sauvage. Il existe des observations attestant des longévités de 6 à 10 ans. Néanmoins, la protection des anémones de mer offre un avantage décisif sur la durée de vie que l’on estime pour les femelles A. percula une espérance de vie de 30 ans8. En 1992, le record de longévité en captivité pour des poissons-clowns était de 18 ans pour des individus A. frenatus et A. perideraion élevés au Muséum-aquarium de Nancy en France. Le spécimen A. perideraion était toujours vivant à cette date. Il n’y a pas de lien entre la taille des individus et leur âge : les petits subadultes ne sont pas nécessairement jeunes, la structure sociale des poissons-clowns ayant un impact sur la taille des individus7. Par contre, la femelle est toujours la plus âgée du groupe.

Les espèces d’Amphiprioninae sont assez similaires en termes de reproduction et de développement : œufs, larves, juvéniles.

Les poissons-clowns habitent les anémones soit seuls, soit en couple, soit en groupe. Les groupes sont composés d’un couple d’adultes et d’un certain nombre de mâles et de juvéniles.

Les poissons-clowns sont des hermaphrodites successifs comme cela existe dans plusieurs familles de poissons, labridés et poissons-perroquets par exemple. Cependant si le cas commun est la protogynie — femelle puis mâle —, les poissons-clowns sont quant à eux protandres, c’est-à-dire d’abord mâles puis femelles.

Le plus gros poisson-clown et dominant socialement sur une anémone est généralement la femelle. Elle présente des ovaires fonctionnels et des tissus testiculaires dégénérés rémanents. Le mâle est plus petit, jusqu’à deux fois plus petit pour les espèces A. frenatus et P. biaculeatus. Il a des testicules fonctionnels mais aussi des ovaires latents. Le mâle dominant est le seul sexuellement actif, les autres sont des mâles subadultes inactifs dans la reproduction. En cas de disparition de la femelle, les gonades du mâle dominant s’arrêtent de fonctionner en tant que testicules et les ovaires s’activent. Son rôle de mâle reproducteur est assumé par le plus gros des mâles subadultes. La nouvelle femelle peut commencer à pondre dès le 26e jour après son changement de sexe.

Cette structure sociale rigide est la cause d’un dimorphisme entre les adultes reproducteurs et les autres. La hiérarchie limite la croissance des subadultes mâles. Ils dépensent beaucoup d’énergie et de temps à éviter les attaques du mâle dominant. Cette activité empiète sur le temps d’alimentation. De plus, il est plus risqué pour les petits individus de s’aventurer loin de l’anémone, limitant leur périmètre de ravitaillement. Amphiprion polymnus diffère des autres espèces du genre sur ce point. Le mâle et la femelle A. polymnus sont presque égaux en taille. Les anémones des fonds sableux sont connues pour s’enfouir lorsqu’elles sont stressées. Ne pouvant pas se cacher dans le récif dans cette situation comme l’aurait fait une autre espèce, A. polymnus s’est adapté en ayant de grands mâles pour limiter la prédation.

Un nouvel individu entre dans le groupe au bas de la hiérarchie. Il n’évolue qu’à la mort de ceux qui le précèdent dans l’ordre hiérarchique. Un individu atteint le sommet et ne devient femelle qu’après avoir parcouru l’ensemble de la « file » pour cette anémone. Ce qui peut représenter plusieurs dizaines d’années.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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