La Spéléologie.

La spéléologie (du grec ancien σπηλαιοv / spelaion « grotte » et λόγος / logos « discours, raison, parole ») est l’activité qui consiste à rechercher, repérer, explorer, étudier, cartographier ou visiter les cavités souterraines, naturelles, anthropiques ou artificielles, puis à partager ses connaissances. Celui qui pratique ainsi est appelé un spéléologue.

La spéléologie est donc une activité à multiples facettes : scientifique, sportive, technique, contemplative. Elle se pratique principalement dans les régions karstiques. Cependant les spéléologues s’intéressent aussi aux cavités tectoniques, volcaniques (tunnels de lave), glaciaires et  anthropiques (carrières souterraines, habitat troglodytique, souterrains…), qui sont qualifiées de « pseudo-karstiques ».

La spéléologie se pratique également en milieu aquatique. Lorsqu’il est totalement immergé, le spéléologue est alors appelé « spéléoplongeur » ou « spéléonaute ».

Il n’est pas indispensable de pénétrer sous terre pour apporter une  contribution utile à la spéléologie, dans ses aspects scientifiques, sportifs, techniques ou associatifs.

Pour des renseignements concernant la spéléologie en tant que sport,  consulter techniques spéléologiques.


De tous temps, l’homme a fréquenté les cavernes pour trouver abri et protection, puis pour se rapprocher de ses dieux et croyances.

La fréquentation plus moderne des cavernes est issue des mythes, comme de la curiosité mêlée de la science issue du siècle des Lumières. Puis, les romantiques en font une mode ; plus tard encore, les aventuriers du XIXe siècle s’avisent du « conservatoire » privilégié que constitue la caverne.

La spéléologie est née à partir du moment où on a eu une approche raisonnée des cavernes. Une telle approche est liée au développement des sciences qui a suivi le Siècle des Lumières (XVIIIe siècle).

Spéologie, carte maximum, Roumanie.

L’exploration méthodique des cavités va commencer dans la partie slovène de l’empire austro-hongrois. Arenstein et Freyer explorent les cavités de la Carniole à partir de 1778. En 1841, Lindner explore la Grotta gigante et atteint le fond de Trebiciano, ou Trebic (-322), après onze mois de travaux. Entre 1850 et 1857, Adolf Schmidl explore la grotte d’Adelsberg (grotte de Postojna) et les cavités avoisinantes. En 1853, il publie Zur Höhlenkunde des Karstes (Die Grötten und Höhlen von Adelsberg, Lueg, Planina und Laas), que Martel reconnaît être la première description remarquable d’une caverne. Ce livre en fait le fondateur de la spéléologie moderne.

En 1850, Édouard-Alfred Martel commence sa prodigieuse carrière avec 1 500 explorations et 922 références de publication. Malgré certaines réserves sur les théories qu’il a émises, son œuvre en fait la grande référence en spéléologie. Robert de Joly, Norbert Casteret, Pierre Chevalier et d’autres seront ses continuateurs les plus connus en France (voir la partie historique de la Fédération française de spéléologie).

Le premier Institut de spéléologie au monde est créé  en 1920 à Cluj (Roumanie) par le biologiste Émile Georges Racovitza.

Le développement des techniques et des matériels est allé de pair avec l’exploration progressive de cavités de plus en plus complexes et profondes. Cette conquête de l’espace souterrain a été menée par les spéléologues de différents pays, œuvrant en parallèle ou ensemble dans le cadre de coopérations internationales. Il faut cependant mentionner la grande part des spéléologues français dans l’évolution des techniques d’exploration. On ne peut oublier Robert de Joly, Marbach et Dobrilla pour leurs publications à ce sujet.

Les premiers grands gouffres connus furent explorés dans l’empire austro-hongrois : Macocha (-138) et Trebic (-322), devenu Trebiciano. De grandes explorations furent conduites aussi en Suisse et en Autriche.

L’Italie détint ensuite le record avec l’Antro di Corchia (-480), avant que la France ne commence une longue domination en 1944 avec le gouffre de la Dent de Crolles (512 m de dénivellation). Le record mondial de profondeur atteinte dans une cavité naturelle est resté en France jusqu’en 2003, avec le gouffre Berger, le gouffre de la Pierre-Saint-Martin, le gouffre Jean-Bernard, le gouffre Mirolda.

Spéléologie, carte maximum, Autriche.

Depuis 2004 cependant, les plus grandes profondeurs atteintes par des spéléologues en cavité naturelle se situent dans deux gouffres d’Abkhazie, province occidentale sécessionniste de la Géorgie. Dans ces cavités  remarquables du Caucase occidental, la profondeur mythique de −2 000 m a été atteinte et même dépassée par des équipes internationales de  spéléologues, notamment des Russes et des Ukrainiens.

Aujourd’hui la spéléologie se pratique également comme un loisir de nature, démocratisé, où certaines cavités deviennent des « classiques », topographiées par les spéléologues mais visitées aussi bien par les spéléologues que par des centres de vacances, des familles ou des professionnels de l’industrie du loisir avec leurs clients.

À côté de cette pratique touristique et de loisir, le spéléologue est porteur d’une éthique, formulée notamment par la Fédération française de spéléologie (FFS) et par l’Union internationale de spéléologie (UIS). Il contribue ainsi à la connaissance et à la protection du patrimoine souterrain. Il devient alors un véritable acteur concret du développement durable.

En plus des valeurs éthiques qu’elle véhicule, la spéléologie tend à s’imposer de manière croissante dans le monde scientifique. Outre le complément indispensable qu’elle apporte à la géologie, la karstologie, l’hydrologie, l’archéologie, la paléontologie, la mécanique des roches, etc. La spéléologie s’intéresse au monde souterrain dans des domaines scientifiques parfois originaux : on peut citer pour exemple les études d’acclimatation humaine « hors du temps » nécessaires à l’approche des vols spatiaux de longue durée ; ou encore la paléodatation à l’aide des stalactites, plus précise et plus complète que la datation par carottes de glace. La spéléologie implique aussi une pratique de la topographie, de la biologie, de la météorologie, etc. sous des formes adaptées au milieu souterrain.

L’homme ancien utilisa rarement les zones profondes des cavités, ou seulement pour des raisons rituelles. Il choisissait généralement comme implantation stable la zone d’entrée ou vestibulaire, naturellement plus lumineuse et sèche. De telles zones pouvaient en outre être adaptées et réglées thermiquement au moyen de structures de peaux tendues sur des poteaux ou équivalent.

La présence d’objets manufacturés dans les zones internes sera sans doute plutôt due au transport de ces objets par les eaux agissant sur des dépôts archéologiques extérieurs.

Dans quelques cas exceptionnels seulement, les cavités peuvent se révéler intéressantes pour ce qu’elles révèlent sur leurs parois. Le spéléologue archéologue doit donc s’habituer à considérer les cavités comme des dépôts de remplissage riches en vestiges. Ces dépôts dans les cavités doivent être explorés avec précaution, dans le cadre de programmes précis et durables. Cela est encore plus vrai si un potentiel archéologique est soupçonné.

Toute intervention dans un dépôt en cavité doit suivre des modalités strictes de fouille sous égide scientifique. En effet, la caractéristique la plus originale des fouilles est qu’elles constituent une méthode hautement destructive.

De telles fouilles doivent donc produire la plus grande quantité d’informations valides et donner lieu à une documentation rationnelle et permanente.

Il faut garder présent à l’esprit que toute destruction de gisement représente une perte irrémédiable, et sera également puni par la loi.

En France, toute découverte archéologique doit être déclarée au Service régional de l’archéologie (préfecture de région).

Source : Wikipédia.

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