Jérôme Bosch, peintre du mouvement des primitifs flamands.

Jheronimus van Aken, dit Jérôme Bosch, ou Jheronimus Bosch, né vers 1450 à Bois-le-Duc (‘s-Hertogenbosch, souvent abrégé en Den Bosch, en néerlandais, d’où son pseudonyme) et mort en août 1516 dans la même ville, est un peintre néerlandais, du mouvement des primitifs flamands.

Membre de l’Illustre Confrérie de Notre-Dame, il fait partie en tant qu’artiste du fleuron de l’art gothique finissant fantastique même s’il peut être culturellement rapproché des milieux humanistes, de la pensée d’Érasme et de Thomas More. Le Jardin des délices serait, comme l’Utopia de More, une vision de ce que le monde pourrait être, s’il n’avait été corrompu par le mal.


La biographie de Jérôme Bosch manque de certitudes, les rares informations qui le concernent étant tirées de documents relatifs à des copies tardives des archives de Bois-le-Duc ou de livres de comptes de l’Illustre Confrérie de Notre-Dame, si bien que les auteurs ont pu le décrire tout à tour comme pragmatique ou visionnaire, ignorant ou érudit, dévot ou hérétique. Jheronimus van Aken est issu d’une famille de peintres et d’enlumineurs originaire d’Aix-la-Chapelle (Aachen, Aken en néerlandais), qui s’installe vers 1423 à Bois-le-Duc (s-Hertogenbosch), ville de commerce et siège du gouvernement du Brabant-Septentrional, le surnom de Bosch provenant du nom flamand abrégé de cette ville. Il naît vers 1450-1455. Son père, Anthonius, installe en 1462 l’atelier familial dans une maison située sur le côté est de la grand-place et baptisée, en l’honneur de son saint patron, In Sint Thoenis. C’est là que le jeune Jheronimus se forme, entre la fin des années 1460 et le début des années 1470, aux côtés de son frère aîné Goessen. Associé à son père entre 1474 et 1476, il disparaît ensuite des documents de Bois-le-Duc durant quatre ans, période pendant laquelle il aurait pu accomplir un tour de compagnonnage, c’est-à-dire un voyage destiné à compléter sa formation.

À son retour en 1480, Jheronimus travaille sans doute dans l’atelier familial, dirigé par Goessen depuis la mort d’Anthonius vers 1478. À la suite de son mariage en 1478 avec une riche aristocrate, Aleid van de Meervenne, qui lui assure une aisance financière et un statut social sensiblement plus élevé, il acquiert la maison In den Salvator, sise au nord de la grand-place. En 1486, il entre comme « membre notable » dans la confrérie Notre-Dame. Respectueux des usages, l’artiste participe aux « banquets des cygnes » et n’hésite pas à recevoir chez lui les membres de la confrérie, nouant ainsi des liens avec les plus hauts notables de la région. Il s’agit d’une association religieuse consacrée au culte de la Vierge, dont il devient le peintre attitré.

Il prend ainsi l’ascendant au sein de l’atelier familial, qu’il finit par diriger après la mort de Goessen en 1497. Il répond alors à une demande croissante et s’entoure de collaborateurs, documentés en 1503-1504, et parmi lesquels figurent ses neveux, Johannes (1470-1537) et Anthonis (1478-1516).

En septembre 1504, le gouverneur des anciens Pays-Bas, Philippe Ier le Beau, fils de Maximilien de Habsbourg, dont la cour est installée à Bruxelles, verse à « Jheronimus van aeken dit bosch paintre dem[eurant] au boisleduc la somme de trente-six livres » pour « ung grand tableau de paincture de neuf pietz de hault et unze pietz de long ou doit estre le jugement de dieu assavoir paradis et infer ». Il s’agit du premier document dans lequel le peintre est désigné par le surnom « Bosch », forgé sur la base du nom néerlandais de Bois-le-Duc, au moment où il acquiert une réputation internationale.

Resté à Bois-le-Duc, le peintre travaille alors aussi bien pour la clientèle locale que pour la cour bruxelloise. Il meurt sans descendance en août 1516, probablement de la peste qui emporte également son neveu Anthonis. Sur le registre de décès, à côté de son nom est mentionné insignis pictor (« peintre célèbre »). Le frère aîné d’Anthonis, Johannes, prend alors, selon toute vraisemblance, la direction de l’atelier familial, tandis que Gielis Panhedel complète, en 1522-1523, les volets de Jérôme Bosch pour le retable de la confrérie de Notre-Dame de l’église Saint-Jean.

En Espagne, Philippe II achète le 16 janvier 1570 cinq de ses peintures dont le triptyque du Chariot de foin et La Cure de la folie. Un vif intérêt pour son œuvre demeure jusqu’au xvie siècle, probablement favorisé par un resserrement des liens avec les Pays-Bas. Son œuvre se mélange à celle d’imitateurs et il faut attendre la fin du xixe siècle pour que des experts ou historiens d’art comme Justi, Baldass, Friedländer, Tolnay et Combe entreprennent de démêler la production de Bosch des multiples imitations qui en avaient été faites.

Encore aujourd’hui, il inspire des artistes comme le peintre belge, Paul Trajman.

Les trois seules œuvres de Jérôme Bosch présentes en Italie se trouvent à Venise, où le peintre aurait pu séjourner entre 1499 et 1502. Il s’agit du Triptyque de sainte Liberata ou sainte Wilgeforte (v. 1495-1505), du Triptyque des saints ermites (id.) de la Gallerie dell’Accademia de Venise, et des quatre panneaux dits des Visions de l’au-delà (v. 1505-1515), qui sont vraisemblablement les parties latérales d’un triptyque ou d’un polyptyque dont la partie centrale ne nous est pas parvenue. Les quatre panneaux représentent le paradis terrestre, la montée des âmes vers l’empyrée, la chute des damnés et l’enfer. Contrairement aux deux autres œuvres, ce dernier ensemble n’est pas signé.

Un témoignage historique important, La Notizia de Marcantonio Michiel, narre, en 1521, que les Visions de l’au-delà ornent le palais Grimani, demeure vénitienne du cardinal Domenico Grimani (1461-1523), fils du doge Antonio Grimani et collectionneur raffiné, passionné par la peinture nordique. Bien que l’on n’en ait pas de preuve documentaire, les deux triptyques pourraient avoir, eux aussi, appartenu à sa collection. À la mort du cardinal Grimani, ses œuvres, léguées à la république de Venise, finissent dans les collections du palais des Doges.

Au fil du XVIe siècle, le succès des inventions de Jérôme Bosch va croissant et s’apparente bientôt à une mode que relaient ses imitateurs. Si l’art de ces derniers n’est pas toujours à la hauteur de celui du maître, des peintres comme Pieter Brueghel l’Ancien déploient une extraordinaire fécondité.

Dès les premières années du xvie siècle, Jérôme Bosch devient l’un des peintres les plus appréciés de la cour habsbourgeoise. Il ne peint plus uniquement pour la clientèle de Bois-le-Duc, mais aussi pour l’aristocratie bruxelloise. Il s’entoure alors de collaborateurs pour répondre

à la demande croissante qui se développe sur un marché de l’art en pleine effervescence, basé principalement dans le port cosmopolite d’Anvers. Son succès commercial, que lui assure rapidement une réputation internationale, ne cesse de grandir durant la première moitié du xvie siècle. Pour en saisir la dynamique, il convient de distinguer les collaborateurs, attachés à l’atelier, des suiveurs qui, actifs le plus souvent à Anvers, se réfèrent aux « inventions boschiennes », notamment aux « diableries », et vont parfois jusqu’à pasticher la manière du peintre en créant une veine archaïsante.

Beaucoup d’œuvres habituellement attribuées à Bosch ont une paternité aujourd’hui contestée par les experts, notamment ceux du Bosch Research and Conservation Project (BRCP). C’est ainsi qu’en 2016, après de nombreuses désattributions, seuls 20 peintures et 20 dessins sont considérés de sa main.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.