Barbara, auteure-compositrice-interprète.

Barbara (ou Barbara Brodi à ses débuts), née Monique Andrée Serf le 9 juin 1930 dans le 17e arrondissement de Paris et morte le 24 novembre 1997 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est une auteure-compositrice-interprète française.

Sa poésie engagée, la beauté mélodique de ses compositions et l’émotion profonde qui se dégageait de sa voix lui assurèrent un public fidèle quarante ans durant. Nombre de ses chansons sont devenues des classiques de la chanson française, notamment : Une petite cantate, Dis, quand reviendras-tu ?, Nantes, Göttingen, La Dame brune, L’Aigle noir, Marienbad ou encore Ma plus belle histoire d’amour.

Barbara a joué dans trois films pour le cinéma et dans deux pièces musicales sur scène : Madame en 1970 et Lily passion (avec Gérard Depardieu) en 1985.

Depuis 2010, le « prix Barbara » récompense chaque année une jeune chanteuse francophone.


Née le 9 juin 1930 au 6, rue Brochant dans le 17e arrondissement de Paris, au domicile de ses parents, Jacques Serf (1904-1959), Juif alsacien, représentant de commerce dans la fourrure, et Esther Brodsky (1905-1967), Juive née à Tiraspol (Moldavie), fonctionnaire à la préfecture de Paris3, Monique Serf passe les premières années de sa vie dans ce quartier des Batignolles en compagnie de ses parents, de sa grand-mère maternelle Hava Poustilnikov (1878-1946), née à Zlatopil (en Ukraine, alors dans l’Empire russe), et de son frère Jean, né en 1928. Elle vit notamment avec sa grand-mère rue Nollet.

Sa jeunesse est marquée par des déménagements successifs, notamment en 1938, au 26 rue Mulsant à Roanne (Loire), où naît sa sœur Régine en août de la même année, et en 1941, au 3 bis rue des Carmes à Tarbes (Hautes-Pyrénées), où naît son frère Claude en mars 1942. Les déménagements redoublent sous l’Occupation pour fuir la chasse faite aux juifs par les nazis. S’y ajoutent les séparations pour déjouer les dénonciations. De juillet 1943 à octobre 1945, la famille est cachée par la famille du chef d’orchestre Jean-Paul Penin à Préaux (Indre), puis à Saint-Marcellin (Isère). À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les membres de la famille se retrouvent au 31 bis, rue Ernest-André au Vésinet (Yvelines), où Barbara prend des cours de chant et de piano, avant d’emménager en octobre 1945 à Paris.

Barbara subit le comportement incestueux de son père pendant son enfance. En 1941, alors qu’elle a dix ans et demi, à Tarbes, son père abuse d’elle pour la première fois. « Un soir, à Tarbes, mon univers bascule dans l’horreur », écrit-elle. Personne ne dénonce l’inceste dans sa famille. Puis en Bretagne, elle fugue et s’adresse à une gendarmerie. On l’écoute mais sa plainte n’est pas enregistrée. Son père revient la chercher et laisse entendre qu’elle affabule. En 1949, alors qu’elle n’a que dix-neuf ans, le départ définitif du foyer familial de son père marque l’interruption de leurs rapports, mais elle n’en fait le récit que très tard, dans ses mémoires interrompus par sa mort en 1997, sans toutefois se décider à dire les mots de « viol » et d’« inceste ». Beaucoup de personnes se sont interrogées sur le sens réel des paroles de L’Aigle noir. De son vivant, Barbara se dérobait à chaque fois, prétextant que cela ne concernait qu’elle : « Ce ne sont pas les paroles qui sont importantes… », disait-elle. Selon le chanteur Patrick Bruel (qui a repris le titre en 2015 sur l’album Très souvent, je pense à vous…), ces paroles seraient une référence à l’emblème du Troisième Reich et à la vie d’errance et de danger durant l’enfance de la chanteuse. Le journaliste Pierre Adrian commente : « Après l’interprétation psychanalytique, voici l’interprétation historique ».

En 1946, les Serf s’installent au 50, rue Vitruve, dans le 20e arrondissement de Paris. Monique Serf a 16 ans. L’été est assombri par la mort de sa grand-mère. Peu attirée par les études, elle ambitionne depuis longtemps de devenir pianiste mais son rêve est brisé depuis 1944, un kyste à la main droite ayant obligé les médecins de Grenoble à intervenir à sept reprises et sectionner les tendons. Ses parents promettent de lui offrir des cours de chant. Elle s’inscrit à ceux de Mme Dusséqué. Sa vie en est changée. Au bout de quelques leçons, son professeur la présente à maître Paulet, enseignant au Conservatoire de Paris, qui la prend comme élève en 1947.

Dans le nouvel appartement, un piano loué par son père est installé ; Monique Serf en joue d’instinct, sans prendre de leçons. La jeune fille entre au Conservatoire comme auditrice, mais au répertoire de chant classique, qui l’ennuie, elle préfère celui de la chanson populaire, ayant rencontré à l’ABC l’univers de Piaf. Elle arrête les cours en 1948. La même année, après avoir passé une audition au théâtre Mogador, elle est engagée comme mannequin-choriste dans l’opérette Violettes impériales.

Un jour de 1949, son père abandonne soudainement le foyer, pour ne plus revenir. Bientôt, la même année, la location du piano ne peut plus être honorée. Contrainte de s’en séparer, elle vit un déchirement.

Barbara, carte maximum, Paris, 19/05/2001.

Voulant à tout prix concrétiser son rêve, devenir « pianiste chantante », elle quitte Paris en février 1950. Grâce à l’argent prêté par une amie, elle se rend à Bruxelles chez un cousin, Sacha Piroutsky, qu’elle quitte au bout de deux mois car il devenait violent. Sans ressources ni connaissances, la vie est difficile. Au hasard d’une rencontre, elle rejoint une communauté d’artistes à Charleroi, qui se réunissent dans un local appelé La Mansarde. Là, elle trouve de l’aide et commence à chanter dans des cabarets sous le nom de Barbara Brodi (en l’honneur d’une de ses aïeules ukrainiennes appelée Varvara, ou de sa grand-mère Hava Brodsky). Son répertoire est constitué de chansons d’Édith Piaf, Marianne Oswald, Germaine Montero, Juliette Gréco. Chaque fois, le public la siffle copieusement. En 1950, elle rencontre Jacques Brel qui, comme elle, tente de percer en se produisant dans divers cabarets. Elle ajoute à son répertoire les premières chansons de cet auteur-compositeur en herbe avec qui elle va se lier d’une très grande amitié discrète mais indéfectible, pleine de complicité et d’admiration mutuelle. Plus tard, tandis que Barbara ne chante encore que des chansons écrites par d’autres, Brel l’encourage à écrire elle-même ses propres chansons ; il sera donc le premier à qui elle fera découvrir ses premiers textes, dont ses premiers succès. Brel dira « Barbara, c’est une fille bien. Elle a un grain, mais un beau grain. On est un peu amoureux, comme ça, depuis longtemps », En 1971, il lui offrira un premier rôle dans son film Franz. À partir de 1981, soit trois ans après la mort de Brel, La Valse de Franz, composée par Brel, sera jouée dans tous les spectacles de Barbara, En 1990, elle créera au théâtre Mogador la chanson Gauguin (Lettre à Jacques Brel).

Fin 1951, elle retourne vivre chez son oncle au 131 rue Marcadet à Paris pour des auditions sans lendemain, dont une au cabaret La Fontaine des Quatre-Saisons dont la programmation est déjà faite et où on lui propose une place de plongeuse pour un an. Elle peut toutefois y rencontrer et observer, sans jamais chanter, Boris Vian avec Henri Crolla et Louis Bessières ou encore Mouloudji. Elle revient à Bruxelles où un ami du groupe de Charleroi lui donne l’occasion de chanter. Elle est mise en relation avec Ethery Rouchadze, pianiste géorgienne qui accepte de l’accompagner et auprès de qui elle se perfectionnera au piano. Cette dernière lui présente Claude Sluys, jeune avocat. Habitué des lieux de spectacles, il se pique d’écrire quelques chansons. Fin 1952, il déniche le « théâtre du Cheval blanc » et use de ses relations pour y ouvrir un cabaret afin qu’elle s’y produise sous le nom de Barbara.

Le bouche à oreille aidant, le succès ne se fait pas attendre. Le 31 octobre 1953, Barbara épouse Claude Sluys. Au début de l’année 1955, elle enregistre deux chansons chez Decca : Mon pote le gitan et L’œillet blanc (parfois noté L’œillet rouge), diffusées en 78 tours et 45 tours.

En 1955, les époux se séparent. À la fin de l’année, Barbara retourne à Paris où elle chante dans de petits cabarets : La Rose rouge en 1956, Chez Moineau en 1957, puis en 1958 à L’Écluse, où elle a déjà chanté pour de courts engagements. En 1958, elle réussit à s’imposer, sous le surnom de La Chanteuse de minuit, si bien que sa notoriété grandit et lui attire un public de fidèles, en particulier parmi les étudiants du Quartier latin. C’est sous le nom de Barbara qu’elle effectue son premier passage à la télévision, le 12 juillet 1958, sur l’unique chaîne de la RTF, dans l’émission Cabaret du Soir, où la présentatrice la compare à Yvette Guilbert et lui assure « qu’elle deviendra certainement une grande vedette ».

À cette époque, poussée par son ami Brel, elle commence à écrire. Remarquée et engagée par Pathé-Marconi, elle enregistre, sous le label La Voix de son Maître, son premier Super 45 tours, La Chanteuse de minuit, avec deux de ses propres chansons : J’ai troqué et J’ai tué l’amour, et au printemps 1959 son premier 33 tours (Barbara à L’Écluse).

En décembre 1959, apprenant que son père, qui avait fui sur les routes pour noyer son crime dans le vagabondage et la déchéance, est mourant et la réclame auprès de lui à Nantes (Loire-Atlantique), elle s’y précipite, mais arrive trop tard. À la vue de son corps, à la morgue, ses sentiments oscillent entre fascination, panique, mépris, haine, d’une part, et un immense désespoir d’autre part. Au lendemain de l’enterrement, elle commence l’écriture de la chanson Nantes, qu’elle achève quatre ans plus tard, quelques heures avant son passage au théâtre des Capucines, le 5 novembre 1963 ; ce sera l’une de ses plus grandes chansons.

En 1960, elle change de maison de disque pour signer chez Odéon. Elle enregistre Barbara chante Brassens puis Barbara chante Jacques Brel : le premier de ces albums est couronné par l’Académie Charles-Cros dans la catégorie « Meilleure interprète ».

En 1961, elle décroche un tour de chant du 9 au 20 février, en première partie de Félix Marten à Bobino. Sa performance est peu appréciée, sa présentation jugée austère, à l’évidence pas encore prête pour les grandes scènes. Loin de se décourager, elle reprend ses récitals à L’Écluse. La même année, elle se rend à Abidjan, où elle retrouve son amant, le diplomate Hubert Ballay ; elle lui écrira Dis, quand reviendras-tu ?, avant de le quitter.

Deux années plus tard, les mardis de novembre et décembre 1963, au théâtre des Capucines, elle retient et capte l’attention avec un répertoire nouveau comprenant deux de ses chansons : Nantes et Dis, quand reviendras-tu ?. Le succès est tel que la maison Philips lui signe un contrat. Séduit, Georges Brassens lui propose la première partie de son prochain spectacle à Bobino.

En attendant, le 4 juillet 1964, elle se rend sans enthousiasme en Allemagne de l’Ouest, en réponse à l’invitation de Hans-Gunther Klein, directeur du Junges Theater (de) de la ville universitaire de Göttingen. Agréablement surprise et touchée par l’accueil chaleureux qu’elle reçoit, elle prolonge son séjour d’une semaine. L’avant-veille de son départ, elle offre au public la chanson Göttingen, qu’elle a écrite d’un trait dans les jardins du théâtre. En mai 1967, elle sera à Hambourg pour l’enregistrer, avec neuf autres titres, traduits en allemand, pour le 33 tours Barbara singt Barbara, et retournera chanter à Göttingen le 4 octobre. Dans les années 1980, les hommes politiques se saisiront de la chanson pour promouvoir l’amitié franco-allemande. En 1988, Barbara recevra la Médaille d’honneur de Göttingen et l’ordre du Mérite fédéral. En 1992, à la veille d’un référendum, François Mitterrand choisira ce titre pour terminer un entretien télévisé. En 2002, Xavier Darcos, alors ministre délégué à l’enseignement scolaire, inscrira cette chanson aux programmes officiels des classes de l’école primaire : la chanson sera reprise dans les écoles en 2003 à l’occasion de la commémoration du quarantième anniversaire du traité d’amitié franco-allemand dit traité de l’Élysée.

Comme convenu, elle chante à Bobino avec Georges Brassens en « vedette » du 21 octobre au 9 novembre 1964. Le public est conquis et les critiques sont unanimes pour saluer sa prestation. Paris-Presse-L’Intransigeant écrit qu’elle « fait presque oublier Brassens », L’Humanité : « Un faux pas de Brassens, une prouesse de Barbara. ».

Le 14 mars 1965, sort son premier album Philips, Barbara chante Barbara. Il obtient le prix de l’Académie Charles-Cros et un réel succès commercial. Lors de la cérémonie, au palais d’Orsay, Barbara déchire son prix en quatre pour le distribuer aux techniciens, en témoignage de sa gratitude.

La même année, elle obtient un grand succès à Bobino. Le 15 septembre, jour de la première, France Inter organise une journée Barbara sur ses ondes. La chanteuse est si profondément marquée par cette première qu’elle l’immortalise peu après dans l’une de ses plus grandes chansons : Ma plus belle histoire d’amour.

« Ce fut, un soir, en septembre / Vous étiez venus m’attendre / Ici même, vous en souvenez-vous ? … »
En décembre 1966, Barbara se produit à nouveau à Bobino, où elle interprète notamment Au cœur de la nuit (titre que jamais plus elle n’inscrira à son tour de chant). Trois ans avant L’Aigle noir, elle y évoque « un bruissement d’ailes qui effleure son visage », évoque la mort de son père (sans le nommer) et le pardon « pour qu’enfin tu puisses dormir, pour qu’enfin ton cœur repose, que tu finisses de mourir sous tes paupières déjà closes » (voir les albums Ma plus belle histoire d’amour, Bobino 1967).

En 1967, elle écrit avec Georges Moustaki, La Dame brune, chanson d’amour qu’ils interprètent en duo31. Elle dira à son sujet : « Moustaki, c’est ma tendresse ».

Le 6 novembre 1967, alors en tournée en Italie, elle apprend la mort de sa mère.

Elle a vécu au 14 rue de Rémusat de 1961 à 1967, date à laquelle elle quitte l’immeuble à la suite du décès de sa mère, ce qui lui inspire quelques années plus tard, en 1972, la chanson Rémusat, où elle évoque ce double départ.

En février 1969, Barbara est à l’Olympia. À la fin de la dernière représentation, à la stupeur générale, elle annonce qu’elle arrête le tour de chant. Mais elle respecte ses engagements passés jusqu’en 1971. Toutefois, cet arrêt ne sera pas définitif. Elle a d’ailleurs déclaré qu’elle n’avait jamais fait d’adieux, mais qu’elle avait pris ses distances. La chanteuse reviendra sur les scènes du music-hall après trois ans d’absence.

Début 1970, elle est au théâtre de la Renaissance dans Madame, une pièce musicale, écrite par Rémo Forlani, dont elle signe la musique. Le rocking-chair du décor la suivra désormais dans tous ses tours de chant. Elle interprète une « tenancière de lupanar en Afrique ». Madame est un échec, mais Barbara remet rapidement le pied à l’étrier grâce au succès de l’album studio L’Aigle noir, dont la chanson homonyme est l’un des plus gros succès discographiques de l’année. Barbara a dit de cette chanson qu’elle l’avait rêvée, « un rêve plus beau que la chanson elle-même »[réf. souhaitée]. À la suite de la publication de ses mémoires en 1998, une interprétation bien plus sombre de L’Aigle noir fut supposée.

En février 1972, Barbara est avec son ami Jacques Brel à l’affiche de Franz. Elle joue Léonie, femme laide, incapable de vivre l’amour dont elle rêve23. Ce premier film réalisé par le chanteur obtient peu de succès.

Deux ans plus tard, elle joue la diva délaissée du film L’Oiseau rare, réalisé par Jean-Claude Brialy.

Le danseur et chorégraphe Maurice Béjart, qui appréciait Barbara énormément, la fait tourner dans Je suis né à Venise. Dans ce film, qui ne sera diffusé qu’à la télévision, Barbara tient deux rôles : celui d’une chanteuse (elle interprète trois titres : L’Amour magicien, L’Homme en habit rouge et La Mort) et celui de La Dame de la nuit.

Sa carrière musicale demeure active dans les années 1970 : à la télévision, en 1972, elle interprète un duo avec Johnny Hallyday, Toi mon ombre, toi ma lumière. Elle tourne au Japon, au Canada, en Belgique, en Israël, aux Pays-Bas et en Suisse.

Barbara réalisera ses plus grands passages de sa carrière à la télévision pendant ses années ORTF, entre 1958 et 1974.

En 1973, Barbara s’installe à Précy-sur-Marne (Seine-et-Marne), à trente kilomètres à l’est de Paris, dans une ancienne ferme villageoise au 2, rue de Verdun. Pour ses répétitions avant chaque spectacle, elle fait transformer la grange en théâtre, lui donnant le nom de « Grange au loup » (c’est l’adresse de son père mourant qu’elle cite dans sa chanson Nantes : « Madame soyez au rendez-vous / 25, rue de la Grange-au-Loup / Faites vite, il y a peu d’espoir / Il a demandé à vous voir. »).

Dans le jardin enserré par les bâtiments de la ferme, elle découvre le plaisir de jardiner.

Au petit matin du 5 juin 1974, les pompiers de Meaux découvrent son corps inanimé. Dans le coma, elle est conduite en urgence à l’hôpital. Plus tard, dans plusieurs entretiens, elle relate l’événement en expliquant que, n’arrivant pas à trouver le sommeil, elle a absorbé les cachets qu’elle avait sous la main. Lors d’un concert à Avignon, elle déclare : « Je n’ai pas voulu mourir, j’ai voulu dormir ».

Par décision, elle interrompt ses apparitions audiovisuelles en 1974. À partir de cette période, ses textes et ses choix musicaux évoluent en profondeur, et ses concerts de 1974, 1975 et 1978 accueillent de nouveaux titres importants. La chanson de 1974, L’homme en habit rouge, évoque le souvenir de sa liaison avec son parolier de l’album La Louve, François Wertheimer, auquel Barbara avait offert le parfum Habit rouge de Guerlain. Pour cet album de 1973, Barbara demande à William Sheller de faire les orchestrations. De cette collaboration naît une amitié entre William et la Duchesse, comme celui-ci la surnomme affectueusement. C’est elle qui pousse alors William à devenir chanteur.

Entre 1975 et 1976, elle a une aventure avec le comédien Pierre Arditi, de quatorze ans son cadet. Celui-ci se souvient d’avoir été comme « un adolescent énamouré » dans une liaison qu’il décrit comme « pas très longue mais marquante ». Après leur séparation, ils sont restés très bons amis.

En 1978, elle fait un retour remarqué à l’Olympia.

Son album Seule est l’une des meilleures ventes de 1981. Son plus grand succès sur scène est celui qu’elle présente à l’automne de la même année à l’hippodrome de Pantin (emplacement actuel du Zénith de Paris). Plus que de simples concerts, ses représentations sont, selon Jérôme Garcin, de véritables messes dont les rappels ininterrompus se prolongent jusque tard dans la nuit. Elle y interprète notamment Regarde, chanson qu’elle a composée et chantée pour la campagne présidentielle de François Mitterrand à partir du 8 avril 1981. C’est lors de ce spectacle que la voix de la chanteuse, pour la première fois, et irrémédiablement, se brise. Si au départ elle s’en affole, par la suite elle ne cherchera pas à le cacher mais saura au contraire se servir de cette voix, désormais « au crépuscule », pour renforcer l’aspect dramatique et authentique de son interprétation.

Se renouvelant sans cesse, la chanteuse continue d’attirer un public très jeune. L’année suivante, elle reçoit le Grand Prix National de la Chanson en reconnaissance de sa contribution à la culture française. Par ailleurs, elle développe une relation de travail et d’amitié avec la vedette cinématographique montante Gérard Depardieu et son épouse Élisabeth.

En 1985, elle coécrit avec Luc Plamondon la musique et le texte de la pièce Lily Passion, où elle joue et chante avec Gérard Depardieu. Sorte d’autobiographie romancée, c’est l’histoire d’une chanteuse qui voue toute sa vie à son public. La première représentation a lieu au Zénith de Paris, le 21 janvier 1986. L’été venu, elle est invitée sur la scène du Metropolitan Opera de New York pour un Gala Performance, donné le 8 juillet. Elle accompagne au piano son ami le danseur étoile Mikhaïl Barychnikov qui danse sur deux de ses chansons (Pierre et Le Mal de vivre).

À cette période, elle s’investit dans la collecte de fonds pour le traitement du sida. Elle rend visite aux malades dans les hôpitaux et dans les prisons. Lors de ses concerts, elle met des corbeilles de préservatifs à la disposition des personnes venues l’écouter ; engagement dont témoigne artistiquement le titre Sid’amour à mort.

En 1987, elle monte pour la première fois sur la scène du théâtre du Châtelet, à Paris, pour une série de récitals pendant les mois de septembre et octobre, suivis d’une tournée en France, en Suisse, en Belgique, au Japon, au Canada et en Israël qui se termine en 1988.

En 1988, elle est faite chevalier de la Légion d’honneur par le président de la République François Mitterrand.

L’année suivante, elle chante au théâtre Mogador à Paris de février à avril. Suivra une tournée en France et au Japon jusqu’en 1991.

En 1991, elle enregistre Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke pour les Éditions Claudine Ducaté. Elle dédicacera cet enregistrement dans une librairie parisienne, la même année.

En novembre et décembre 1993, Barbara est à nouveau sur la scène parisienne du théâtre du Châtelet mais des problèmes de santé la contraignent à interrompre les représentations. Après quelques jours de repos, elle retrouve son public, le temps d’enregistrer le spectacle, puis renonce à poursuivre et annule les dernières représentations.

En 1994, elle obtient la Victoire de l’artiste interprète féminine de l’année aux Victoires de la musique (récompense qu’elle obtiendra une seconde fois en février 1997). Son ultime tournée débute à Dijon (Côte-d’Or), le 1er février. Sa dernière apparition sur scène a lieu le soir du samedi 26 mars 1994 au Centre de congrès Vinci de la ville de Tours (Indre-et-Loire).

Après seize années passées loin des studios, elle enregistre douze nouvelles chansons durant l’été 1996. Pour ce disque, Jean-Louis Aubert signe le texte Vivant poème et Guillaume Depardieu celui de À force de. Sorti le 6 novembre, cet album sobrement intitulé Barbara est son chant du cygne.

Usée par les stimulants, les médicaments pris en dose massive pour soigner son angoisse ou les corticoïdes pour ses cordes vocales, affaiblie par une alimentation hasardeuse, elle consacre son temps à la rédaction de ses mémoires. Le 24 novembre 1997, son travail est interrompu par « un choc toxi-infectieux d’évolution foudroyante » que les rumeurs transforment en mystère. Elle meurt à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine à l’âge de 67 ans. Elle est enterrée trois jours plus tard dans le carré juif (4e division) du cimetière de Bagneux, au sud de Paris, en présence d’une foule de deux mille personnes dont nombre de ses amis du monde du spectacle. Elle repose dans le caveau familial de la famille Brodsky, tout près de celle dont elle ne fit jamais le deuil, sa grand-mère Granny, « qui seule savait sécher ses larmes et recueillir, du bout des doigts très fins, son désespoir d’enfant ». Elle n’aura jamais eu d’enfants.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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