Faiz Ahmed Faiz, poète.

Faiz Ahmed Faiz (1911 – 1984) (en ourdou فیض احمد فیض) est un poète pakistanais de langue ourdoue marxiste et membre du Progressive Writers’ Movement. Son nom de naissance est Faiz Ahmed. Il a pris comme takhallus (nom de plume) son prénom Faiz, qui signifie « l’abondant ».


Faiz Ahmed Faiz naît dans le village de Kala Kader, à proximité de Sialkot, dans le Penjab (à l’époque province de l’Inde britannique). Son père, Sultan Mohammad Khan, est un avocat issu d’un milieu modeste.

Enfant, il étudie dans une madrasa puis au Murray College de Sialkot, alors tenu par des missionnaires écossais. Il intègre ensuite le Government College de Lahore, où il obtient des licences de littératures anglaise et arabe. Il a en outre étudié l’ourdou et le persan.

De 1935 à 1940, il enseigne l’anglais au M.A.O. College d’Amritsar, où il découvre le marxisme. Il commence déjà à être connu dans les cercles littéraires de Lahore. Il rejoint le Progressive Writers’ Movement dès sa création en 1936. Ce mouvement regroupe d’importants écrivains d’inspiration socialiste et marxiste, tels que Munshi Premchand, Saadat Hasan Manto et Ismat Chughtai. La même année il fonde à Lahore en compagnie du leader marxiste Sajjad Zaheer la branche du Penjab de ce mouvement. Pendant son temps libre, il donne des cours à des travailleurs au sein d’un syndicat.

En 1941, il épouse une Britannique, Alys George. Ils auront deux enfants, Moneeza et Salima Hashmi. L’année suivante, il s’engage dans l’armée britannique, dans le but de combattre le nazisme. Il est posté à Delhi. De 1938 à 1946, il est l’éditeur d’une revue littéraire ourdoue, Adab-e-Latif. Il publie un premier recueil de poésies en 1941, Naqsh-e-Faryadi.

Lors de l’indépendance, Faiz Ahmed Faiz choisit la nationalité pakistanaise. Il retourne à Lahore, où il édite deux journaux progressistes, le Pakistan Times et Imroz. En tant que Vice-Président de la Fédération des Syndicats pakistanais, il participe en 1948,1949 et 1950 aux sommets de l’Organisation internationale du travail. Il devient membre du Conseil mondial de la paix en 1948. Cet engagement politique et syndical lui vaut d’être accusé en 1951 d’avoir pris part à un complot cherchant à renverser le gouvernement de Liaquat Ali Khan, la «conspiration de Rawalpindi» . Il est arrêté et risque alors la peine de mort. Il est finalement emprisonné quatre ans, jusqu’en 1955, avant que les charges qui pesaient contre lui ne soient abandonnées. Pendant la première partie de sa détention il est placé en isolement et n’est autorisé à avoir ni crayon ni papier. Il écrit pendant la suite de sa captivité deux nouveaux recueils, Dast-e-Saba (La Main de la brise) et Zindan-Nama (Journal de Prison). Il est élu vice-président de l’Associated Press of Pakistan en 1957, puis secrétaire du Pakistan Arts Council (1958-1962). Il est de nouveau arrêté en 1958 avant d’être rapidement libéré. En 1962, il reçoit le Prix Lénine pour la paix. Pendant le régime militaire du général Ayub Khan (1958-1969), il écrit des poèmes de contestation publiés dans plusieurs recueils, dont Dast-e-tah-e-sang (La Main sous le roc) publié en 1965, Sar-e-vadi-e-Sina (Dans la vallée du Sinaï), 1971 et Sham-e-shahar-e-yaran (Le Soir de la ville des amants), 19782,1. Il entreprend également en 1963 une série de voyages qui  l’amènent à visiter l’Europe, l’Algérie, le Moyen-Orient, la Chine, et diverses républiques de l’URSS. Lorsque la démocratie est rétablie il dirige le National Council of Arts à Islamabad, un organisme ministériel dont il démissionne en 1977 lors du coup d’état militaire du général Zia.

Il quitte le Pakistan après l’arrivée au pouvoir du général Zia et, après une tournée triomphale en Inde, s’installe à Beyrouth de 1978 à 1982. En 1981 il dédie à Yasser Arafat son recueil Mere dil mere Musafir (Mon cœur, ce voyageur). Il se trouve à Beyrouth trouve lors du conflit avec Israël de 1982. Au Liban, Faiz édite la revue Lotus, journal de l’Association des écrivains afro-asiatiques qu’il avait fondée en 1958. Il rentre au Pakistan en 1982 et meurt deux ans plus tard à Lahore.

Source : Wikipédia.

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