Eugen Suchoň, compositeur.

Eugen Suchoň (Pezinok, 25 septembre 1908 – Bratislava, 5 août 1993) est l’un des principaux compositeurs slovaques du XXe siècle. Il contribue à fonder un style national.


Eugen Suchoň est issu d’une famille de musiciens : son père est professeur, chef de chœur et organiste et sa mère chanteuse et pianiste. Enfant, il joue du piano, de l’orgue et du violon. Entre 1920 et 1928, il étudie le piano (Libuše Adamcová-Svobodová) et la composition avec Frico Kafenda et Ernest Križan, dès 1922, à l’École de musique de Bratislava, puis trois années de 1931 et 1933, la composition avec Vítězslav Novák au Conservatoire de Prague. Il commence sa carrière en 1923 en tant que pianiste et improvisateur lors des projections de films muets.

À son retour à Bratislava, Eugen Suchoň enseigne le piano et la  composition, d’abord à l’école de musique de Pezinok, puis à l’Académie de musique de Bratislava jusqu’en 19481. À partir de 1949, il donne des cours en éducation musicale à l’université Comenius de Bratislava jusqu’en 1960. Il est professeur de théorie musicale (1959–1974). En 1971, il est nommé professeur au Collège de musique et d’art dramatique de Bratislava. En 1958, il est nommé artiste national de la République de Tchécoslovaquie.

Son opéra Le Tourbillon (1949) est le premier opéra national slovaque1, il retrace la condition du peuple slovaque avant et après la révolution.

L’évolution de Suchoň peut être divisée en cinq étapes. La première qui s’étend de 1923 à 1928 est sa période autodidacte où il produit environ une cinquantaine d’œuvres, dont le ballet Angelika, la Suite pour piano n° 1 et le poème symphonique La nuit des sorcières. L’influence est celle des traditions musicales européennes et de l’impressionnisme. Le compositeur a renié presque toutes ses premières œuvres et n’a accepté leur publication qu’après 1976.

La seconde, de 1929 à 1933, correspond à la fin de ses études, notamment avec Frico Kafenda, donc l’enseignement était axé sur la fin du romantisme et la modernité européenne avec Hindemith, Bartók et Schönberg, dont sont marqués par exemple le second Quatuor à cordes ou sa Sonate pour violon et piano op. 1. Ses trois années à Prague avec Vítězslav Novák ajoutent d’autres inspirations avec l’école tchèque, outre Novák : Jaroslav Křička et Josef Suk. Font partie de cette inflexion, notamment, la Sérénade pour quintette à vent, op. 5, où Suchoň simplifie son langage musical. Bien qu’il connaisse la technique dodécaphonique, il fonde l’école slovaque sur la tonalité, la modalité et des spécificités du folklore slovaque.

Dans la troisième période, entre 1934 et 1955, domine une écriture modale et diatonique. C’est la période de Krútňava, un opéra de village, basé sur le conte folklorique tragique : Ondrej et Ján sont tous deux amoureux de la même fille. Celui-ci finit par tuer son rival et reste libre d’épouser Katrena…

La période suivante, entre 1955 et 1968, voit le retour du chromatisme et d’une harmonie complexe. Suchoň, dans une crise et les doutes concernant ses œuvres antérieures, essaie de combiner trois mondes d’expression harmonique différents : la modalité, la tonalité et le dodécaphonisme.

La cinquième et dernière, au début des années 1970, est marquée par une simplification du langage de composition. Le Concertino pour clarinette et orchestre (1977) en est un bon exemple.

Source : Wikipédia.

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