Ville de Bratislava (Slovaquie).

Bratislava est la capitale de la Slovaquie indépendante depuis 1993, située dans le Sud-Ouest du pays, à proximité des frontières avec l’Autriche, la Hongrie et la Tchéquie d’une part et de la capitale autrichienne, Vienne, d’autre part.

Peuplée de 432 000 habitants en 2018, elle est la plus grande ville de Slovaquie. Les Carpates commencent sur le territoire de la ville (Malé Karpaty, « Petites Carpates »). Elle est traversée par le Danube.

Bratislava est le siège de la présidence, du parlement et du gouvernement slovaques. Elle abrite des universités, de nombreux musées, théâtres et autres institutions culturelles dont une célèbre philharmonie. Outre les Slovaques, la ville a historiquement été influencée par plusieurs nationalités (Autrichiens, Hongrois…).


Bratislava est située dans le Sud-Ouest de la Slovaquie, au sein de la région de Bratislava. Sa situation aux frontières de l’Autriche à l’ouest et de la Hongrie au sud fait de la ville la seule capitale nationale frontalière de deux autres pays. Bratislava est située à 55 km à l’est de Vienne, à 161 km à l’ouest-nord-ouest de Budapest et à 291 km au sud-est de Prague, mais il n’y a que 60 km jusqu’à la frontière de la Tchéquie, 20 km jusqu’à la frontière avec la Hongrie et 7 km jusqu’à la frontière avec l’Autriche.

La superficie du territoire de la ville est de 367,58 km2, ce qui en fait la ville la plus étendue de Slovaquie après Vysoké Tatry. Le Danube traverse la ville de l’ouest au sud-est. Le cours moyen du Danube commence au niveau de sa confluence avec la Morava au pied du château de Devín. La Morava forme également la frontière nord-ouest de la ville. Le petit Danube se sépare en aval de la ville pour former Žitný ostrov, la plus grande île fluviale d’Europe. Une petite rivière, la Vydrica, rejoint le Danube au niveau du quartier de Karlova Ves.

Les Carpates, principale chaîne de montagnes de l’Europe centrale, débutent sur le territoire de la ville avec les Petites Carpates (slovaque : Malé Karpaty). Le point le plus bas de la ville est la surface du Danube à 126 m d’altitude et le point culminant est Devínska Kobyla à 514 m. L’altitude moyenne est de 140 m.

La première implantation permanente de la région a commencé durant la période de la culture rubanée, environ 5000 ans av. J.-C. durant le néolithique. Vers 200 av. J.-C., les Celtes de la tribu des Boii fondent la première agglomération significative, une ville fortifiée connue sous le nom d’oppidum. Ils émettent également des pièces de monnaie d’argent nommées biatec.

La ville est une des étapes de la route de l’ambre, qui relie la Baltique à l’Italie (Aquilée, Venise, Rome), par Wrocław (Vratislavie, Breslau), Olomouc (Olomuntium, Olmütz), Brno (Eburodunum, Bruna, Brünn, Brin), Bratislava (Prešporok, Prešpurk, Pressburg), Sopron, Ljubljana.

La région tombe sous l’influence de l’Empire romain entre les Ier et IVe siècles et forme une partie des défenses frontalières de l’empire : les Limes. Les Romains introduisent la viticulture dans la région, tradition viticole qui perdure jusqu’à nos jours.

Les Slaves sont arrivés entre le Ve siècle et le VIe siècle durant la période des grandes migrations qui a suivi la chute de l’Empire romain. Comme réponse aux assauts des Avars, les tribus slaves locales se rebellent et établissent la première entité politique slave connue, l’empire de Samo (623-658). Au IXe siècle, les châteaux de Bratislava (Brezalauspurc) et de Devín (Dowina) furent d’importants centres slaves des Principautés de Nitra et de la Grande Moravie1 Cependant, l’identification de ces deux châteaux en tant que forteresses construites en Grande Moravie fait toujours l’objet de débat par manque de preuve archéologique convaincante. La première trace écrite date de l’an 907 et fait allusion à une bataille qui a vu la défaite des troupes bavaroises contre les Hongrois près d’un lieu-dit « Brezalauspurc ». Cette bataille est connectée à la chute de la Grande Moravie sous les attaques des Hongrois, bien qu’elle fût déjà elle-même affaiblie de l’intérieur Néanmoins, la localisation exacte de la bataille reste inconnue et certains la placent à l’ouest du lac Balaton.

Au Xe siècle, le territoire de Presbourg (qui deviendra plus tard Pozsony) fait partie de la Hongrie qui devient en l’an 1000, le royaume de Hongrie et devient un centre économique et administratif important à la frontière du royaume. La position stratégique de la ville fait d’elle le théâtre de nombreuses attaques et batailles, mais également lui apporte un  développement économique et un statut politique. Les premiers privilèges de villes sont octroyés par le roi André III. Elle fut déclarée ville royale en 1405 par le roi de Hongrie Sigismond Ier du Saint-Empire qui attribue à la ville le droit d’utiliser ses armoiries en 1436.

Le royaume de Hongrie subit une lourde défaite contre l’Empire ottoman à la bataille de Mohács en 1526. Les Turcs atteignent la ville, l’assiègent mais ne la conquièrent pas. En raison de l’avance des Ottomans en territoire hongrois, la ville fut désignée comme capitale de la Hongrie en 1536, et devient une partie de l’Empire d’Autriche sous les Habsbourg. La ville devient le lieu de couronnement et le siège des rois et des archevêques (1543), de la noblesse et de l’administration. Entre 1536 et 1830, les rois et reines furent couronnés en la cathédrale Saint-Martin. Cependant, le xviie siècle est marqué par les révoltes anti-Habsbourg, guerres contre les Turcs, inondations, peste et autres désastres.

La ville prospère au XVIIIe siècle sous le règne de la reine Marie-Thérèse, devenant la plus grande ville de Hongrie. La population triple, de nombreux palais, monastères, manoirs et rues sont construits, la ville devient le centre culturel et social de la région. La ville commencera à perdre de son importance sous le règne de Joseph II, spécialement lorsque la couronne de Hongrie fut transférée à Vienne en 1783 dans un esprit centralisateur pour renforcer l’union entre l’Autriche et la Hongrie. L’administration fut progressivement transférée à Buda suivie par une grande partie de la noblesse. Les premiers journaux en hongrois et en slovaque y ont été imprimés : il s’agit respectivement de Magyar hírmondó en 1780 et Presspurske Nowiny en 1783.

La paix de Presbourg entre l’Autriche et la France fut signée dans la ville en 1805. En 1809, les troupes napoléoniennes détruisent le château de Devín. On fonde l’Académie hongroise des sciences grâce à la donation d’István Széchenyi. Le hongrois est proclamé à Presbourg langue officielle en 1843 pour la législation, l’administration et l’éducation publique par la diète. Comme réaction à la révolution hongroise de 1848, Ferdinand V signe au palais primatial les lois d’avril qui incluent l’abolition du servage. La ville avait choisi le camp des insurgés mais fut reprise par les troupes autrichiennes en décembre 1848. Le développement industriel du XIXe siècle touche également la ville et en 1840, le premier chemin de fer hippomobile du royaume de Hongrie est construit entre Presbourg et Svätý Jur. Une nouvelle ligne pour Vienne utilisant des locomotives à vapeur est ouverte en 1848 et la ligne pour Pest en 1850. De nombreuses autres institutions sont fondées, par exemple la plus ancienne banque toujours en activité actuellement en Slovaquie fut fondée en 1842. La ville construit son premier pont permanent sur le Danube, le Starý most ou vieux pont en 1891.

Avant la Première Guerre mondiale, la ville était composée de 42 % d’Allemands, 41 % de Hongrois et 15 % de Slovaques selon le recensement de 1910. Après la fondation de la Tchécoslovaquie le 28 octobre 1918, la ville fut incorporée dans le nouvel État. La population dominante hongroise et allemande tenta d’empêcher l’annexion de la ville par la Tchécoslovaquie et déclara la ville libre. Cependant, les légions tchécoslovaques occupèrent toute la ville le 1er janvier 1919 et elle devint le siège des institutions politiques slovaques. Le 12 février 1919, la population allemande et hongroise manifeste contre le nouvel État, les troupes tchécoslovaques ouvrent le feu près du marché couvert. Le 27 mars 1919, le nom Bratislava est adopté pour la première fois. En 1930, au recensement tchécoslovaque, les Hongrois ne représentent plus que 15,8 % de la population.

En 1938, l’Allemagne nazie annexe l’Autriche voisine par l’Anschluss. Plus tard dans la même année, les quartiers de Petržalka et Devín sont annexés par l’Allemagne sur une base ethnique. Bratislava fut déclarée capitale de la première République slovaque le 14 mars 1939, mais le nouvel État tombera vite dans la sphère d’influence allemande. En 1941–1942 et 1944–1945, le gouvernement slovaque déporte la majorité des quinze mille juifs de Bratislava, dont la plupart seront envoyés dans les camps de concentration de Pologne. La ville fut bombardée par les Alliés et occupée par les troupes allemandes en 1944. Elle fut prise par l’Armée rouge le 4 avril 1945 À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la majorité des Allemands furent évacués par les autorités allemandes, et peu d’entre eux retournèrent après la guerre car leurs biens avaient été confisqués par les décrets Beneš.

Après la prise de pouvoir des communistes en Tchécoslovaquie en février 1948, la ville fait partie du bloc de l’Est. La ville annexe de nouveaux territoires et accroît de manière significative sa population qui atteint 90 % de Slovaques. De larges quartiers résidentiels faits de tours préfabriquées sont construits, en particulier le quartier de Petržalka. Le gouvernement communiste fait également construire des monuments grandioses comme le pont Nový Most et le bâtiment de radio Slovaquie parfois aux dépens du paysage urbain du centre historique.

Bratislava, entier postal, Tchéquie.

En 1968, après l’échec du Printemps de Prague qui tentait de libéraliser le régime, la ville fut occupée par les troupes du Pacte de Varsovie. Peu après, celle-ci devient la capitale de la République socialiste slovaque, l’un des deux États de la Tchécoslovaquie fédéralisée. En 1988, les opposants au régime anticipent la chute du communisme en organisant une  manifestation aux bougies, et en novembre 1989 la ville devient un des centres de la contestation lors de la Révolution de velours.

Le 1er janvier 1993, la ville devient la capitale de la nouvelle République slovaque à la suite de la dissolution de la fédération Tchécoslovaque, ce qu’on appelle le Divorce de velours.

Source : Wikipédia

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