Edmond Locard, professeur de médecine légale.

Edmond Locard, né à Saint-Chamond (Loire) le 13 décembre 1877 et mort à Caluire-et-Cuire (Rhône) le 4 mai 1966 (à 88 ans), est un professeur de médecine légale qui fonde à Lyon en 1910 le premier laboratoire de police scientifique au monde.

Il est généralement considéré comme l’un des fondateurs de la criminalistique et comme un défenseur de la coopération policière internationale. Cette idée est notamment à l’origine d’Interpol.


Edmond est le fils d’Arnould Locard, et de Marie Gibert de Sennevières. Par son père, il serait issu d’une vieille famille écossaise (Lockheart) venue en France au XVIe siècle. Lorsqu’il a trois semaines, sa famille quitte Saint-Chamond, sa ville natale (qui a été celle de Ravachol), pour Allevard en Isère jusqu’en 1880. À la naissance de sa sœur Marguerite, la famille s’installe alors à Lyon, quai de la Charité – aujourd’hui, 38 quai Gailleton.

Edmond Locard, carte maximum, Saint-Chamond, 15/04/2016.

Élève brillant, il passe de la pension Blanchoux au collège dominicain Saint-Thomas d’Aquin, à Oullins, dans la section des langues anciennes. Bachelier à 17 ans, mention lettres et sciences, il parle déjà 11 langues.

Après ce double baccalauréat, il effectue des études de droit puis, sur les conseils de son père, étudie la médecine avec Louis Léopold Ollier, spécialiste de la chirurgie osseuse. À la mort du Pr Ollier, il devient l’élève d’Alexandre Lacassagne, professeur titulaire de la chaire de médecine légale de Lyon.

En 1902, il est reçu docteur en médecine en soutenant une thèse médicale sur La médecine légale sous le grand roy.

Ayant rejoint l’équipe du Pr Alexandre Lacassagne comme secrétaire externe puis préparateur, il en devient l’assistant mais travaille de concert avec d’autres grands pionniers de la police scientifique, notamment Rodolphe Archibald Reiss, de l’Université de Lausanne. Il obtient sa licence de droit en 1905.

Il introduit la dactyloscopie à Lyon (étude des empreintes digitales) parallèlement aux méthodes de Bertillon (anthropométrie).

En 1910, le premier laboratoire de Police scientifique est créé officiellement et s’installe dans les combles du Palais de justice de Lyon permettant l’identification des criminels et résout en novembre de la même année sa première enquête grâce à la dactyloscopie, douze ans après la première identification dactyloscopique réalisée par Bertillon. Edmond Locard est mondialement reconnu pour son principe d’échange, toujours d’actualité dans les laboratoires de sciences judiciaires et qui se présente sous cette formule :

«  Nul ne peut agir avec l’intensité que suppose l’action criminelle sans laisser des marques multiples de son passage. »

Il applique aux problèmes policiers les principes des recherches scientifiques de la médecine légale : balistique, toxicologie, identification des écritures (sa passion et son expertise reconnue pour la graphologie, comme en témoigne l’affaire du corbeau de Tulle) ou sa réfutation de la thèse d’Alphonse Bertillon lors de l’Affaire Dreyfus, ne l’empêche pas de commettre une erreur condamnant en 1945 sur la base d’une lettre anonyme une femme aux travaux forcés à perpétuité, attribution reconnue erronée en 1956. Cela explique en partie qu’il abandonne à la fin de sa vie la graphométrie, méthode aux résultats incertains.

Il prend ensuite sa retraite et quitte le laboratoire de police technique de Lyon à l’âge de 73 ans. Il continue cependant à exercer dans un cabinet privé d’expertises qu’il ouvre rue Mercière à Lyon.

Décédé le 4 mai 1966, Edmond Locard est inhumé au cimetière d’Oullins, ville située dans la partie méridionale de l’agglomération lyonnaise.

Edmond Locard est l’auteur d’un Traité de police scientifique en sept volumes. Cet ouvrage propose une méthodologie de cette nouvelle science et sert même à l’heure actuelle de base à tous les laboratoires de police scientifique du monde. Ce traité comprend une étude, entre autres, de l’enquête criminelle, des preuves de l’identité, des empreintes et de l’expertise de documents écrits.

Il participe également, de façon active, à la Revue musicale du musicologue (et médecin) français Léon Vallas et devient critique musical dans les colonnes du Lyon Républicain.

Edmond Locard avait également d’autres centres d’intérêt, en qualité de critique d’opéra, grand défenseur du théâtre de Guignol lyonnais et auteur d’un Manuel du philatéliste. Écrivain et journaliste à ses heures, il donna des « causeries radiophoniques » après la Seconde Guerre mondiale et publia de nombreux articles dans des périodiques lyonnais et en particulier dans Le Mois à Lyon de son ami Marcel E. Grancher, ainsi que quelques titres aux Editions Lugdunum, mais également Payot, Rieder ou encore Gallimard.

Voir aussi cette vidéo : (en espagnol)

Sources : Wikipédia, YouTube.

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