Ville de Crest (Drôme).

Crest est une commune française située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes. Ses habitants sont appelés les Crestois. Elle se trouve à 25 km au sud-est de Valence, préfecture de la Drôme. Crest est une Ville qui a une vie culturelle, sportive et festive dynamique. Au coeur de la Vallée de la Drôme, elle est une des portes d’entrée du Vercors. La cité médiévale s’est construite à même une crête rocheuse, surplombée par la tour de Crest, donjon médiéval classé monument historique français.


Une fouille préventive au passage du TGV Méditerranée sur la commune de Crest a été réalisée entre novembre 1995 et juin 1996 par Jean-Michel Treffort et son équipe d’archéologues. Le site fouillé, dénommé Bourbousson, situé sur la rive droite de la Drôme, a permis d’identifier un habitat hallstattien daté du Ve siècle avant notre ère.

Sur ce site fréquenté dès le néolithique, ont été mises en évidence les conditions du développement de l’agriculture (épierrements et murs de pierre sèche délimitant les champs, terrasses de culture). Réoccupé dans la première moitié du Ve siècle, il s’y développa un habitat groupé, qui a pu être parfaitement daté grâce à la présence de céramique d’importation de Grèce et d’amphores massaliotes, ainsi que par des objets métalliques (fibules). L’occupation fut de courte durée, celle d’une génération, entre -500 et -440, mais permit l’édification de plusieurs bâtiments en terre et en bois ayant chacun une surface approximative de 40 m2.

Crest carte maximum, 28/11/1981.

Les bâtiments sont de deux types. Le premier suit un tracé rectangulaire, ses murs sont en colombage hourdé de terre et le toit à deux pans. Le second type, qui correspond à l’architecture protohistorique du domaine alpin, utilise un cadre de poutres reposant sur un substrat de galets. Entre ces bâtiments qui constituaient un village, existaient différentes parties domestiques (fosses-silos, greniers) et des allées ou chemins empierrés.

La fouille du site a permis de recueillir 24 000 tessons de céramique, dont 95,5 % non tournées. La céramique tournée était d’importation (amphores massaliotes et poteries attiques à vernis noir). Il fut aussi exhumé 200 objets métalliques, dont nombre de parures typiques de la civilisation de Hallstatt. L’outillage lithique était composé de meules en grès ou en basalte, de polissoirs et de petites enclumes. Un seul outil, une aiguille à chas, était en os.

Bourbousson, situé au débouché d’une importante voie transalpine qui se croisait avec une piste protohistorique menant de Massalia à Lugdunum, est le témoignage de l’influence hallstattienne en vallée du Rhône. Il marque la frontière entre la vallée de la Drôme et le Tricastin où, à 40 kilomètres, se trouvent Le Pègue et l’oppidum Saint-Marcel sous influence méditerranéenne.

La découverte à Crest, sur le site de Bourbousson, d’une caupona gallo-romaine datée du IIIe siècle est due aux chantiers de fouilles ouverts sur le tracé du TGV Méditerranée. Une équipe d’archéologues, sous la direction de Véronique Bastard, a pu dégager les restes d’un bâtiment quadrangulaire de 264 m2. La façade sud de celui-ci était précédé par deux pavillons d’angle réunis par une pergola. Cet ensemble formait cour. L’accès principal de l’auberge se situait à l’est et se faisait par un chemin raccordé à la voie romaine. À l’ouest, une ouverture menait à un lucus (bois sacré) où ont été retrouvées des offrandes monétaires.

L’intérieur de l’auberge était subdivisé en six salles organisées autour d’une pièce centrale de 54 m2, celle-ci était surmontée d’une mezzanine. Elle comportait un foyer qui servait tant pour la cuisson des aliments que pour le chauffage. Sur ces côtés a été identifiée la présence de plusieurs vaisseliers ainsi que celle d’un grand coffre de bois contenant des réserves de nourriture. La mezzanine permettait de stocker d’autres réserves, essentiellement des céréales, des légumineuses et des fruits. Ont été identifiés parmi ces réserves alimentaires de l’orge, des fèves, des lentilles, des betteraves, des pommes, des noix et des noisettes.

De la grande cuisine on accédait à une pièce toute en longueur, la salle à manger, qui a pu être identifiée grâce à une multitude de fragments de poterie et de reliefs alimentaires. Sise au pied d’une colline, orientée plein sud, l’auberge de Boubousson avait pris la place d’un petit établissement agricole du début du IIIe siècle. Celui-ci fut totalement transformé lors de sa nouvelle affectation. La toiture fut refaite en utilisant, en alternance, des tuiles à rebord (tegulae) et des tuiles canal (imbrices), la charpente reposant sur des murs en briques crues (adobe) suivant les préconisations de Vitruve. Tous les sols étaient en terre battue, la cour pavée de petits galets et des gravillons recouvraient les voies d’accès.

Le site de Bourbousson a permis de retrouver, dans une resserre de l’auberge, deux reilles d’araire qui ont été datées du courant du Ve siècle. Ces instruments aratoires, forgés d’un seul tenant, qui se présentent sous la forme d’un soc en forme de triangle ou de losange prolongé par une tige, ont été étudiées par Michel Feugère. Le premier est long de 45 cm et pesait 3 kg, le second de 62 cm pour 3,25 kg. Ces socs primitifs sont considérés comme faisant partie des plus grands objets en fer provenant de cette période de l’Antiquité.

Sur ce même site ont été recueillies 596 monnaies romaines toutes de billon ou de bronze à l’exception de deux pièces d’argent à l’effigie de l’empereur usurpateur Magnence qui furent frappées à Lyon en 351-352. Dans ce lot, 445 pièces ont été identifiées avec certitude. Sylviane Estiot, qui s’est chargée de cette étude, a regroupé ce numéraire en trois ensembles. Le premier ne comprend que 9 pièces. Elles ont été retrouvées groupées près de l’auberge de Bourbousson et semblent provenir d’une bourse perdue. Le second se compose des 247 monnaies provenant du sol en terre battue de l’auberge. Le troisième, qui est le plus important avec 329 pièces, a été retrouvé dans le lucus autour d’un bloc carré de molasse et correspond à un dépôt votif.

Pont en bois de Crest, carte maximum.

La Tour de Crest, emblématique de la ville, est le plus haut donjon de France avec 52 mètres. C’est le seul vestige d’un imposant château qui fut détruit par Louis XIII qui le trouvait potentiellement dangereux. La tour fut épargnée et a servi par la suite de prison : y seront enfermés des libertins, des protestants lors des guerres de religion, des opposants au coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte.

La ville de Crest fut créée par la famille Arnaud comme l’illustre le nom de la ville Crista Arnaldorum, crête des Arnaud.

Le pasteur et historien François-Eugène Arnaud se disait descendant des Arnaud de Crest, qui furent à la fin du XVIe siècle repoussés dans les Alpes par les comtes de Poitiers. Ceci ressort d’une correspondance avec l’historien Rochas, auteur d’un dictionnaire biographique de la Drôme. Dans une autre correspondance avec l’historien Roman, en date du 25 juillet 1903, celui-ci indiqua à Eugène Arnaud que « la famille Arnaud n’est pas originaire des Hautes-Alpes, mais ce sont les Flotte, tous nommés Arnaud Flotte au baptême, qui sont une branche cadette des Arnaud de Crest. Ce sont les Arnaud Flotte qui ont possédé au XIe siècle la Roche et la Baume des Arnaud. Contrairement à ce que prétendait l’historien Aymar du Rivail, les Arnaud étaient nobles et chevaliers, ils prêtaient hommage aux comtes de Valentinois et du Diois ». Les possessions de la famille Arnaud allaient du Vivarais au Trieves. Ils fondèrent la ville de Crest.

André Borel d’Hauterive dans l’Armorial du Dauphiné donne les indications suivantes : Famille nombreuse et puissante qu’Aymar du Rivail, historien du Dauphiné, prétend être d’origine roturière et qui fit bâtir la ville de Crest, la Baume-des-Arnauds et Chastel-Arnaud. Arnaud de Crest fit hommage le 15 août 1145, à l’évêque de Die, de ses châteaux de Crest, d’Aouste-sur-Sye, de Saint-Benoit, de Beconne, de Saint-Médard, de Divajeu, de Marsanne, de Cobonne, de la Recluse et de la Forest. Le même Arnaud fut probablement connétable de Tripoli à la seconde croisade (1155). Cette maison possédait la seigneurie de Crest, soit en partie, soit totalement. Le 15 août 1146, afin de financer un voyage en terre sainte, Arnaud de Crest céda à l’évêque de Die ses possessions dans le diocèse de Die, dont le site fortifié de Crest.

Une fille et héritière Arnaud (fille de la comtesse de Marsanne) s’allia au comte Guillaume de Poitiers, originaire du Languedoc ou de l’Aquitaine selon Eugène Arnaud, et la seigneurie après une lutte acharnée entre les Arnaud et les Poitiers revint à cette dernière famille. En guerre, les Arnaud furent chassés par les Poitiers et s’implantèrent au-delà de Die dans les Alpes-de-Haute-Provence (Embrun, Forcalquier, Château-Dauphin) où ils tombèrent dans l’oubli.

Plusieurs gouverneurs s’y succèdent jusqu’à la Révolution. Une pièce de théâtre écrite au XIXe siècle par Madame C*** de T***, intitulée Catherine Bouliane, évoque l’entourage du gouverneur de la ville et château de Crest en 1660.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le lieudit Soubeyran, sur la rive gauche de la Drôme, abrite des moulins à papier que la famille Gaillardon (David, Sébastien, Etienne) fait prospérer. D’autres moulins à papier essaimeront en amont et au nord de Montpellier à l’instigation de cette famille.Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.

Après être sortie ruinée des guerres de religion, la ville connait une accalmie au XVIIe siècle notamment grâce à son fort développement économique rendu possible en raison de l’implantation d’industries fabricants du coton, de la laine ou encore de la soie.

Au XIXe siècle, la tour de Crest réaffirme son rôle de prison lors du coup d’état de Napoléon III, en se faisant le lieu d’enfermement de plus de 400 insurgés, principalement des paysans.

Un camp de concentration pour Tsiganes d’Alsace-Lorraine de 1915 à 1919 fut créé dans la commune.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1944, les Allemands amenèrent des groupes de prisonniers de l’Armée rouge des républiques soviétiques du Caucase ou d’Asie centrale chargés de violer, maltraiter et piller en échange de la vie sauve, à Crest et à Saint-Donat. La population locale pensait qu’il s’agissait de Mongols.

Placée aux portes des Préalpes, proche du Diois, Crest est une ville de passage pour tous les habitants de la vallée de la Drôme. C’est un centre touristique qui accueille plusieurs festivals : Crest Jazz Vocal, Futura… Crest connaît son unique marche des fiertés le 11 mai 2013.

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Sources : Wikipédia, YouTube

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