Salvador Allende, ancien président du Chili.

Salvador Guillermo Allende Gossens, né le 26 juin 1908 et mort le 11 septembre 1973, est un homme d’État chilien. Il est président de la République du Chili du 3 novembre 1970 au 11 septembre 1973.

Candidat socialiste à l’élection présidentielle de 1970, il l’emporte avec 36,6  % des suffrages exprimés, devançant notamment l’ancien président de droite Jorge Alessandri Rodríguez (35,3 %).

Le gouvernement de Salvador Allende, soutenu par la coalition de partis de gauche Unité populaire, tente de mettre en place un État socialiste de façon non violente et légale, la « voie chilienne vers le socialisme », par des projets tels que la nationalisation des secteurs clés de l’économie et la réforme agraire. Il fait face à la polarisation politique internationale de la guerre froide et à une grave crise politique, économique et financière dans le pays.

Le coup d’État du 11 septembre 1973 mené par Augusto Pinochet, et soutenu par les États-Unis, renverse par la force le gouvernement et instaure une dictature militaire. Salvador Allende se suicide dans le palais de la Moneda, sous les bombes putschistes.


C’est en 1929 qu’il entre dans la vie politique en soutenant le groupe Avance. Il devient vice-président de la fédération des étudiants des universités du Chili (FECh) en 1930. Toutefois, l’opposition qu’il exprime à certaines idées du groupe au cours des mois qui précèdent la chute du dictateur Carlos Ibáñez del Campo le font exclure du groupe. Après cela, il devient un meneur étudiant, ce qui le mène souvent en détention. Alors qu’il est enfermé, il apprend que son père est mourant à cause de l’état avancé de son diabète. En raison de l’état de santé de son père, il sera autorisé à quitter la prison, ce qui lui permettra de le voir durant ses derniers instants.

Après ce dramatique événement, Allende termine sa thèse nommée Higiene mental y delincuencia (hygiène mentale et délinquance) et trouve un travail stable, mais qui le contraint à passer beaucoup de temps à aller d’hôpital en hôpital, jusqu’à ce qu’il devienne adjoint en pathologie anatomique de l’hôpital Van Buren de Valparaíso.

En 1933, il participe à la fondation du Parti socialiste du Chili dont il organise la section de sa ville natale. Il restera durant toute sa vie membre de ce parti politique. Deux ans plus tard, il adhère à la franc-maçonnerie. Parallèlement à sa vie politique, il est directeur de l’association médicale du Chili à Valparaíso. Il est aussi membre du directoire national de cette organisation, et devient, en 1935, rédacteur en chef du Boletín Médico de Chile et organisateur de la Revista de Medicina Social de Valparaíso.

Il s’engage beaucoup auprès du Front populaire, et intègre les socialistes au pacte grâce à un Congrès général réalisé en 1936. Allende devient rapidement président du Frente Popular à Valparaíso. Dans son parti, il devient chef régional (1933), secrétaire de section (1934) et secrétaire du comité régional de Valparaíso (1937-39).

Son parti le nomme candidat au sixième regroupement départemental de Quillota et Valparaíso, élisant ainsi deux autres socialistes. Sa vie parlementaire commence avec la pétition adressée à la présidente de la Chambre par laquelle les dix-sept députés socialistes promettent et ne jurent pas, pétition qui a été acceptée. Comme député, il participe principalement à la réalisation de différents projets de lois relatifs aux problèmes sociaux.

Durant la campagne présidentielle de Pedro Aguirre Cerda, Allende est désigné pour diriger la campagne à Valparaíso. Il abandonne ses fonctions de parlementaire pour rejoindre à trente-et-un ans le gouvernement d’Aguirre Cerda comme ministre de la Santé, d’octobre 1939. Appuyé par le président Cerda, il propose un texte de loi sur la stérilisation des malades mentaux, idée répandue et populaire à cette époque dans les milieux intellectuels. La proposition est rejetée et Allende ne fera jamais plus de proposition eugéniste dans sa carrière politique bien que le terme approprié soit hygiéniste en tant que médecin parlementaire. La même année, il publie un texte nommé La realidad médico social, qui montre l’importance de la médecine sociale. Il y montre clairement que le niveau de santé d’une population donnée dépend de son niveau socio-économique. Alors qu’il commence sa carrière ministérielle, il se marie en 1940 avec Hortensia Bussi Soto.

Parmi les succès qui peuvent lui être imputés en tant que ministre de la Santé, selon son rapport de 1940 au Congrès, on peut citer la mise en place de la production et de la distribution de médicaments contre les maladies vénériennes, la réduction du nombre de morts liés au typhus, l’allocation de deux millions de pesos aux centres d’hygiène publique, l’extension du service dentaire dans les écoles et la mise en place de restaurants universitaires pour les étudiants. Quelques mois après que le parti socialiste a quitté le Front populaire, Allende se retire du ministère, et assume le poste de vice-président de la Caja de Seguro Obrero Obligatorio.

En 1943, il obtient le poste de secrétaire général du parti socialiste. Il occupe ce poste à partir de juin 1944. En 1945, il est élu sénateur de Valdivia, Llanquihue, Chiloé, située dans la région Aisén del General Carlos Ibáñez del Campo et la région de Magallanes et de l’Antarctique chilien. En 1953, il devient sénateur de Tarapacá et Antofagasta ; en 1961, d’Aconcagua et Valparaíso. En 1969, il redevient sénateur de Chiloé, Aisén et Magallanes.

Allende devient connu et populaire au Chili. En 1961, ses ennemis dans le parti ont tenté de l’éliminer de la vie politique en l’envoyant dans les circonscriptions de Valparaíso et Aconcagua, où il est impossible qu’il puisse gagner en théorie. En effet, les votes de la gauche sont contrôlés par Jaime Barros, communiste et médecin des pauvres, qui garde soigneusement sa place. Allende gagne le poste avec un compagnon de campagne. Ils ont suffisamment de votes pour que les deux soient élus. Ses adversaires étant jaloux, Allende doit en 1969 affronter le « matadero electoral » : Chiloé, Aisén et Magallanes, où personne ne pense qu’il sera élu. Mais il gagne facilement ces élections.

Allende représente le symbole du socialisme modéré, en parvenant en 1966 à être nommé président du Sénat. Même le journal El Mercurio, de tendance conservatrice, lui rend alors hommage. L’attitude du journal changera grandement quand Allende se présentera aux élections présidentielles.

Pendant les années où il est parlementaire, il se présentera par trois fois à l’élection présidentielle. La première fois, à l’élection présidentielle en 1952, il obtient seulement 5,45 % des suffrages, ce qui s’explique en partie par un clivage chez les socialistes, une partie d’entre eux ayant soutenu Carlos Ibáñez del Campo — qui sera élu président de la République — et la proscription du communisme.

En 1958, Allende se présente une nouvelle fois comme candidat à l’élection présidentielle de l’alliance socialiste-communiste FRAP (Frente de Acción Popular), obtenant 28,5 % des votes. Cette fois, on attribue la déroute d’Allende à la participation d’un candidat populiste, Antonio Zamorano, qui lui a coûté une partie des votes des secteurs populaires.

En 1964, il est pour la troisième fois candidat à l’élection présidentielle où il représente le FRAP. Il devient très vite clair que l’élection va se résumer à une course entre Allende et le démocrate-chrétien Eduardo Frei Montalva. Par crainte du triomphe d’Allende, l’électorat de droite qui soutenait en principe le membre du Parti radical Julio Durán va reporter son vote sur Frei Montalva qui est considéré comme le moins sulfureux des deux favoris. Confronté à deux des trois partis principaux de l’éventail politique chilien et à l’opposition de la CIA, Allende perd les élections avec 38,6 % des votes contre 55,6 % pour Frei.

Après la mort de Che Guevara, le 9 octobre 1967, il milite pour la libération des cinq survivants de l’ELN et les accompagne dans l’avion qui les mène à Tahiti où la France a accepté de les recevoir.

La campagne présidentielle de 1970 a été difficile mais sans violence majeure. Les premiers sondages donnent vainqueur avec la majorité absolue Jorge Alessandri Rodríguez, candidat de la droite. Mais sa campagne s’est peu à peu détériorée, principalement en raison de son grand âge et ses maladies. On l’accuse de sénilité et de souffrir de la maladie de Parkinson. Son propre directeur de campagne décide de ne pas mettre en place de réunions d’importance, sauf en fin de campagne, afin de ne pas montrer l’âge du candidat.

Certains de la victoire d’Alessandri, ses partisans ont réagi violemment lorsque, dans un entretien de El Mercurio, on a demandé au commandant général de l’armée, René Schneider quelle serait l’attitude de l’armée si aucun candidat n’obtenait la majorité absolue. Schneider a affirmé qu’il se soumettrait au congrès, selon ce qui est établi dans la Constitution et que l’armée suivrait à la lettre le texte de loi (ce sera la base de la « doctrine Schneider »). Les « alessandristes » ont accueilli cette déclaration avec colère parce que la tradition était de choisir comme président celui qui avait la majorité relative.

Le candidat du parti démocrate-chrétien, Radomiro Tomić, se situait plutôt sur la gauche de son parti, ce qui lui avait fait perdre les votes des électeurs de centre-droit qui avaient donné la victoire à Frei en 1964.

Les États-Unis n’ont pas trouvé utile de soutenir activement un candidat anti-Allende, essentiellement parce que selon leurs informations, Alessandri allait remporter les élections de septembre. Bien que des moyens financiers soient alloués indirectement pour soutenir Alessandri par le truchement de la compagnie ITT (International Telephone & Telegraph) (environ 350 000 USD), il n’y a pas de comparaison possible avec les sommes qui furent données durant la campagne de Frei, quand il existait une assistance électorale.

Le 4 septembre 1970, à sa quatrième tentative, le candidat de l’Unité populaire, Salvador Allende, arrive en tête de l’élection présidentielle avec 36,6 % des suffrages et devance le conservateur Jorge Alessandri Rodríguez (35,3 %) et le démocrate chrétien Radomiro Tomić (28,1 %)25. Les alessandristes ont peur du gouvernement socialiste, alors que les allendistes et les démocrates-chrétiens expriment leur joie dans la rue.

Ce score électoral ne signifie toutefois pas encore qu’Allende devient le nouveau président chilien. En effet, si aucun candidat n’obtient de majorité absolue, il est d’usage que celui qui arrive en tête du scrutin soit confirmé par le Congrès alors dominé par les démocrates-chrétiens et les conservateurs.

Le 3 novembre Allende prend ses fonctions de président de la République après le vote du Congrès national. Ensuite il va à la cathédrale entendre le Te Deum œcuménique célébré dans toutes les églises du pays.

Devenu le premier président élu démocratiquement sur un programme socialiste, Allende ne dispose cependant pas de la majorité parlementaire. Il décide alors de gouverner régulièrement par décret, ce qui lui évite de passer par le Parlement. Dans les deux premiers mois suivant l’élection de Salvador Allende, les classes possédantes et les investisseurs procèdent à des retraits massifs de capitaux du Chili par peur d’un nouveau président qui se reconnait volontiers anticapitaliste.

Conformément au programme électoral de la campagne présidentielle d’Allende et de l’Unité populaire (« les 40 mesures ») de nombreuses entreprises sont nationalisées, dont neuf banques sur dix, et les mines de cuivre, qui représentent les trois quarts des exportations. La réforme agraire (commencée en 1967) consacre la redistribution de près de 10 millions d’hectares à plus de 100 000 familles. La politique économique est qualifiée de « socialiste » ou de « keynésienne », suivant les sources36,38. Dans la première année de présidence d’Allende, dopés par le contrôle des prix et les augmentations de salaires, les résultats économiques sont immédiats : le PIB progresse de 9 % en 1971 et le chômage diminue (il sera de 3,1 % en 1972).

Le divorce est légalisé, la sécurité sociale est étendue.

Certaines des décisions prises par Salvador Allende visent à favoriser les classes populaires, ce qui entraîne des craintes chez les classes moyennes.

Durant tout son mandat, Salvador Allende s’affronte politiquement avec le Congrès chilien, le Parti démocrate chrétien et le Parti national. Les démocrates chrétiens ont fait campagne sur une plate-forme de centre-gauche aux élections de 1970, mais ils évoluent de plus en plus vers la droite pendant la présidence de Salvador Allende, formant par la suite une coalition avec le Parti national (de droite). Ils craignent que Salvador Allende mène le Chili vers une dictature de type cubaine et s’opposent à ses réformes les plus radicales.

En effet, dès l’avènement de Salvador Allende au pouvoir, les services secrets cubains (la Dirección General de Inteligencia ou DGI) interviennent en force pour consolider la position d’Allende (comme ils le firent plus tard pour la Grenade ou les sandinistes). Les agents de la DGI étaient chargés de la sécurité d’Allende. Le chef de station cubain de la DGI Luis de Ona Even se marie avec la propre fille de Salvador Allende, Beatrice. Salvador Allende choisit pour gardes du corps des membres des services spéciaux cubains.

En 1971, à la suite d’une visite d’un mois du président cubain Fidel Castro, avec qui il entretient une amitié étroite, Salvador Allende annonce le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, en dépit d’une convention précédemment établie par l’Organisation des États américains précisant qu’aucune nation dans l’hémisphère occidental ne le ferait (la seule exception étant le Mexique, qui a refusé d’adopter cette convention). Salvador Allende et ses adversaires au Congrès s’accusent mutuellement à plusieurs reprises de miner la Constitution chilienne et d’agir de manière antidémocratique.

En 1972, le président Salvador Allende lance le projet Cybersin, dont la conception est confiée à l’ingénieur anglais Stafford Beer. Le but du projet Cybersinco est d’optimiser la planification économique au moyen d’outils informatiques. Dans le cadre d’une économie fortement nationalisée et centralisée, les entreprises envoient quotidiennement des télex comprenant des informations économiques (production quotidienne, utilisation d’énergie et travail) à un ordinateur central. Ce dernier, après traitement des données, renvoie aux entreprises un signal offrant aux responsables locaux les moyens de trouver rapidement des solutions aux problèmes. Lors des grèves d’octobre 1972, ce projet sert au gouvernement à mieux allouer les ressources dans les lieux déficitaires. Et ce, afin de juguler les problèmes engendrés par les mouvements sociaux. Lors du coup d’État de 1973, les salles d’opérations du projet Cybersin qui avaient été déplacées dans le palais présidentiel l’année précédente sont bombardées. Le projet s’arrête avec l’accession au pouvoir d’Augusto Pinochet.

La CIA reçoit pour instruction de Richard Nixon de « faire crier l’économie » chilienne. Les avoirs et biens chiliens aux États-Unis sont bloqués, les machines et pièces de rechange pour les mines sont placées sous une interdiction d’exportation, des pressions sont effectuées à l’international pour empêcher la consolidation de la dette chilienne et faire baisser le cours du cuivre. Le FMI et la Banque mondiale, dirigée par Robert McNamara (ex-secrétaire à la Défense des États-Unis) refusent tout prêt au pays. Le prix du cuivre — principale exportation chilienne — chute d’environ 1/3 de 1970 à 1972 alors que les mines de cuivre ont été nationalisées sans indemnisations, faisant fuir les investisseurs. La valeur des exportations chiliennes diminue, tandis que celles des importations augmente (+ 26 %). Si dans un premier temps l’inflation a baissé, passant de 34,9 % à 22,1 % la première année, par la suite la politique économique mène à une forte inflation. En particulier le gouvernement décrète des hausses des salaires, des gels de prix, et pour financer ses nationalisations imprime une grande quantité de monnaie sans avoir les moyens de la garantir. La société chilienne est en crise, le régime d’Allende grandement fragilisé et le Parlement en franche et irréversible opposition au président.

L’économie chilienne entre en récession. L’augmentation des salaires du secteur public, l’augmentation des subventions aux entreprises publiques et la baisse des recettes fiscales, non adaptées à un environnement inflationniste, génèrent un déficit public croissant. Ces dépenses sont financées par l’émission monétaire de la Banque centrale du Chili. En résulte une augmentation de la quantité totale de monnaie en circulation de 173 % en 1972 à 413 % en 1973. L’augmentation du pouvoir d’achat des classes populaires entraîne du forte augmentation de la consommation qui débouche sur des pénuries, accentuées par des entreprises qui suspendent la mise en vente de leurs stocks. Des hommes d’affaires retirent massivement leur argent des banques. Le produit intérieur brut diminue de 1,2 % en 1972 et de 5,6 % en 197363,39. Le pays connaît une hyperinflation avec un taux d’inflation de 225 % en 1972 et de 606 % en 1973. Les salaires réels ont baissé en 1972 (-11,3 %) et en 1973 (-38,6 %). Le déficit public atteint 25 % du produit intérieur brut et la dette extérieure s’élève à 253 millions de dollars. À partir de 1973, trente-deux produits, dont le pain, sont rationnés. Toutes les denrées alimentaires et les biens durables sont en pénurie. Certains produits comme la viande, le papier toilette, le pain, le sucre ou l’huile sont indisponibles pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines.

Le 4 mars 1973 l’opposition, regroupée au sein de la Confédération de la démocratie (CODE) remporte les élections législatives avec 55,60 % des voix, ce qui est insuffisant pour destituer Allende dont le parti obtient 44,11 % des voix. Le 29 juin, le régiment blindé du colonel Roberto Souper se soulève et essaye sans succès de prendre le palais présidentiel. En août 1973 a lieu une crise constitutionnelle et la Cour suprême du Chili se plaint publiquement de l’incapacité du gouvernement d’Allende d’appliquer les lois.

Le 9 août 1973 Allende nomme de nouveau des militaires à son cabinet. Ce « gouvernement de salut national » (Gabinete de Salvación Nacional) est notamment composé de Carlos Prats, général en chef des armées chiliennes, au poste de ministre de la Défense, Raúl Montero Cornejo, commandant en chef de la Marine, au poste de ministre du Budget, César Ruiz Danyau, commandant en chef de la force aérienne chilienne, au poste de ministre des Travaux publics, et de José María Sepúlveda, directeur général des carabineros de Chile, au poste de ministre des Terres et de la Colonisation. Ce gouvernement est formé dans le but de résoudre la nouvelle grève des transporteurs qui accusent le gouvernement de ne pas respecter ses engagements.

Le 22 août 1973, la Chambre des députés du Chili adopte à 81 voix contre 47 une résolution « sur la violation grave de l’ordre constitutionnel et juridique de la République ». Les députés appellent les forces armées à « rétablir les conditions de pleine application de la Constitution et des lois et la coexistence démocratique essentielle pour assurer au Chili la stabilité institutionnelle, la paix civile, la sécurité et le développement » et ils affirment notamment :

« Que c’est un fait que le gouvernement actuel de la République, depuis le début, a cherché à conquérir le pouvoir total, dans le but évident de soumettre tout le monde au plus strict contrôle économique et politique de l’État et de réaliser donc la mise en place d’un système totalitaire absolument opposé au système démocratique représentatif établi par la Constitution »

En réponse, Salvador Allende, paraphrasant John Fitzgerald Kennedy, déclare que « ceux qui s’opposent à une révolution pacifique rendent celle-ci inévitablement violente ». Il nomme le général Augusto Pinochet au poste de commandant en chef des forces armées le 23 août après la démission du général Carlos Prats et décide d’appeler le peuple à un plébiscite pour décider de son sort. Il obtiendrait ainsi à l’arraché l’accord de son parti le 10 septembre. Fin juillet, l’un de ses proches conseillers est assassiné par un commando et la situation échappe à tout contrôle : les camionneurs poursuivent une grève longue de plusieurs mois grâce aux financements des États-Unis qui paralyse une grande partie de l’économie (le Chili est un pays très allongé), des actions terroristes alimentent un climat politique très conflictuel et contribuent à détériorer l’économie (les attentats entrainent des pannes fréquentes).

Le 11 septembre 1973, à 9 heures du matin, le palais présidentiel est assiégé par l’armée sous le commandement du général Augusto Pinochet, commandant en chef des forces armées. Allende n’a alors pas encore connaissance de la trahison de Pinochet et s’inquiète à son sujet. Le palais présidentiel est bombardé par l’aviation. Pendant le coup d’État, Allende s’adresse une dernière fois aux Chiliens à la radio où il remercie ses partisans et annonce son intention de se battre jusqu’à la mort.

C’est dans le palais que Salvador Allende meurt finalement d’un tir d’AK-47 dans le menton. L’arme lui avait été offerte par Fidel Castro et portait une plaque dorée sur laquelle on pouvait lire : « À mon bon ami Salvador, de la part de Fidel, qui essaye par des moyens différents d’atteindre les mêmes buts ». Après sa mort, il est enterré anonymement sur ordre du régime militaire dans un cimetière de Viña del Mar, à 120 km de la capitale. En 1990, sa dépouille est exhumée et transférée à Santiago.

La thèse officielle, reconnue par la famille après avoir eu accès aux archives de l’État, est celle du suicide. Cette version a été confirmée par le témoignage oculaire d’un de ses médecins. En 2011 dans le cadre d’une enquête judiciaire a lieu l’exhumation de la dépouille d’Allende pour établir s’il s’est suicidé. En juillet suivant, le service médico-légal chilien confirme le suicide d’Allende. Le 11 septembre 2012, dans une décision unanime, la cour d’appel de Santiago a décrété la fin de l’enquête sur la mort de l’ancien président Allende. Néanmoins beaucoup de partisans d’Allende ont accusé les assiégeants de l’avoir tué volontairement pour arrêter son régime politique.

Après le coup d’État, Augusto Pinochet installe un régime militaire qui durera jusqu’au référendum de 1988 par lequel il est désavoué et quitte volontairement le pouvoir deux ans plus tard.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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