Ronald Reagan, acteur et 40ème Président des États-Unis.

Ronald Wilson Reagan, né le 6 février 1911 à Tampico (Illinois) et mort le 5 juin 2004 à Los Angeles, est un acteur et homme d’État américain, 40e président des États-Unis, en fonction du 20 janvier 1981 au 20 janvier 1989.

Élevé à Dixon dans l’Illinois, Reagan effectue ses études à l’Eureka College, dont il sort avec une licence en économie et en sociologie. Il déménage ensuite dans l’Iowa pour travailler en tant qu’animateur de radio, puis en 1937 à Los Angeles, où il commence une carrière d’acteur au cinéma puis à la télévision. Knute Rockne, All American, Crimes sans châtiment et Bedtime for Bonzo figurent parmi ses films les plus notables. Président de la Screen Actors Guild puis porte-parole pour General Electric, il entre en politique.

Initialement membre du Parti démocrate, il s’oriente vers la droite à la fin des années 1950 et rallie le Parti républicain en 1962. Après un discours enthousiaste en faveur de la candidature présidentielle de Barry Goldwater en 1964, il est persuadé de se présenter au poste de gouverneur de Californie ; il y est élu en 1966 et à nouveau en 1970. Il tente en vain d’obtenir la nomination républicaine pour les élections présidentielles de 1968 et de 1976. Il est finalement désigné en 1980 et remporte l’élection présidentielle face au président sortant, le démocrate Jimmy Carter.

En tant que chef de l’État américain, Reagan met en place une politique de l’offre, surnommée Reaganomics, qui repose essentiellement sur un contrôle de la monnaie, visant à réduire l’inflation, et sur une réduction des dépenses fédérales non liées à la défense. Au cours de son premier mandat, il subit la crise américaine de 1982, échappe à une tentative d’assassinat, adopte une ligne dure face aux syndicats et ordonne l’invasion de la Grenade. Il est réélu à une écrasante majorité en 1984.

Son second mandat présidentiel est principalement marqué par les affaires étrangères comme la fin de la Guerre froide, le bombardement de la Libye en 1986 et la révélation de l’affaire Iran-Contra. Décrivant publiquement l’Union soviétique comme un « Empire du mal », il soutient les mouvements anticommunistes dans le monde entier et renonce à la politique de détente en augmentant massivement les dépenses militaires et en relançant une course aux armements avec l’Union soviétique. Reagan négocie néanmoins avec le dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, pour réduire les arsenaux nucléaires par l’intermédiaire du traité INF.

En 1994, cinq ans après la fin de sa présidence, il révèle qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer. Il meurt dix ans plus tard, à l’âge de 93 ans. Il est crédité de la renaissance idéologique de la droite américaine.


Après avoir été diplômé d’Eureka en 1932, Reagan se rendit dans l’Iowa où il fut auditionné pour de nombreuses radios locales. L’université de l’Iowa l’engagea pour diffuser les matchs à domicile de l’équipe de football américain des Hawkeyes. Il recevait 10 $ par match. Peu après, un travail de présentateur se libéra à la station de radio WOC de Davenport et Reagan fut engagé ; il gagnait maintenant 100 $ par mois. Aidé par sa voix persuasive, il entra à la station WHO de Des Moines en tant que présentateur des matchs de baseball des Cubs de Chicago. Sa spécialité était de réaliser des commentaires du match qui étaient envoyés par télégramme à la radio.

Alors qu’il suivait les Cubs en Californie, Reagan réalisa une audition cinématographie en 1937 qui déboucha sur un contrat de sept ans avec les studios Warner Brothers. Il passa les premières années de sa carrière à Hollywood à réaliser des films dans l’unité de série B où Reagan plaisantait que les producteurs « ne voulaient pas qu’il soit bon, ils voulaient qu’il soit là jeudi ». Même s’il était parfois dans l’ombre d’autres acteurs, les prestations de Reagan à l’écran reçurent de nombreuses critiques positives.

Son premier rôle principal fut Love Is on the Air en 1937 et en 1939, il était déjà apparu dans 19 films dont Victoire sur la nuit. Avant le film La Piste de Santa Fe de 1940, il joua le rôle de George Gipp dit The Gipper (en) dans le film Knute Rockne, All American d’où son surnom de « The Gipper ». Le rôle préféré de Reagan fut celui d’un amputé des deux jambes dans le film Crimes sans châtiment de 1942 ; le titre de son autobiographie Qu’est-il advenu du reste de moi ? paru en 1965 fait d’ailleurs allusion au dialogue du film. De nombreux critiques considèrent que Crimes sans châtiments est sa meilleure prestation même si le film fut condamné par Bosley Crowther du New York Times. A contrario, il déclare, dans un entretien au talk-show The Dick Cavett Show, en 1971, qu’il n’a jamais pu revoir Code of the Secret Service (en), se définissant comme « l’Errol Flynn des films à petit-budget ».

Reagan appelait Crimes sans châtiments le film qui a « fait de lui une star ». Il ne parvint cependant pas à capitaliser sur son succès car il fut appelé dans l’armée deux mois après la sortie du long-métrage et il ne regagna jamais son statut de célébrité dans l’industrie cinématographique. Après quatre ans d’absence du fait de la Seconde Guerre mondiale, Reagan apparut dans des films comme L’Aventure à deux, John Loves Mary, Le Dernier Voyage, Bedtime for Bonzo (film raillé et approprié par ses adversaires et différents humoristes), La Reine de la prairie, Le Bagarreur du Tennessee, Hellcats of the Navy (en) et À bout portant (son dernier film) dans une reprise de 1964. Tout au long de sa carrière cinématographique, sa mère répondit à la plupart des lettres de ses admirateurs.

Reagan avait commencé à suivre des cours d’officier par correspondance en 1935 et il s’engagea dans l’armée de réserve le 29 avril 1937 en tant que simple soldat dans le 322e régiment de cavalerie à Des Moines, Iowa. Il devint sous-lieutenant dans le corps des officiers de réserve de la cavalerie le 25 mai 1937.

Reagan fut appelé dans le service actif pour la première fois le 18 avril 1942. Du fait de sa myopie, il ne pouvait pas être envoyé sur le front. Sa première affectation fut au Fort MacArthur de San Francisco en Californie où il était officier de liaison au port et au bureau du transport. Avec l’accord de l’United States Army Air Forces (USAAF), il fut transféré de la Cavalerie à l’USAAF le 15 mai 1942 et il fut assigné aux relations publiques de l’USAAF puis au First Motion Picture Unit (officiellement le « 18e USAAF Base Unit ») de Culver City en Californie ; cette unité composée exclusivement de personnels du cinéma réalisait des films de propagande pour l’armée américaine. Le 14 janvier 1943, il fut promu au grade de premier-lieutenant et fut envoyé sur le tournage du film This Is the Army à Burbank en Californie. Il retourna à la First Motion Picture Unit après cette mission et fut promu capitaine le 22 juillet 1943.

En janvier 1944, le capitaine Reagan fut provisoirement détaché à New York pour participer à l’ouverture de la sixième tournée des obligations de guerre. Il revint à la First Motion Picture Unit le 14 novembre 1944 et il y resta jusqu’à la fin de la guerre. Il fut recommandé pour le grade de major le 2 février 1945 mais cette nomination fut refusée le 17 juillet. Il retourna à Fort MacArthur et fut retiré du service actif le 9 décembre 1945. À la fin de la guerre, son unité avait réalisé plus de 400 films pour l’USAAF.

Reagan fut élu au comité de direction du Screen Actors Guild (SAG) pour la première fois en 1941 et il servait de remplaçant. Après la Seconde Guerre mondiale, il reprit ses fonctions et devint le 3e vice-président en 1946. L’adoption des règlements sur les conflits d’intérêts entraînèrent la démission du président du SAG et de six membres du comité de direction ; Reagan fut nommé pour l’élection au poste de président et il fut élu. Il sera ensuite réélu pour sept autres mandats d’un an de 1947 à 1952 puis en 1959. Reagan mena le SAG à travers des années mouvementées qui furent marquées par des conflits sur la gestion du travail, la loi Taft-Hartley, les auditions de la House Un-American Activities Committee (HUAC) et les listes noires.

Au milieu de la période du Maccarthysme de la fin des années 1940, Reagan fournit au FBI les noms d’acteurs qu’il considérait comme étant des sympathisants communistes au sein de l’industrie cinématographique. Reagan témoigna devant la House Un-American Activities Committee sur la question. En fervent anti-communiste, il réaffirma son attachement aux principes démocratiques en déclarant, « En tant que citoyen, je ne veux pas voir notre pays, poussé par la peur ou la rancœur, négocier sur nos principes démocratiques du fait de cette peur ou de cette rancœur ».

Bien qu’ayant été un critique de la télévision, Reagan ne trouvait pas de rôles au cinéma à la fin des années 1950 et il décida de rejoindre ce moyen de communication. Il fut engagé pour présenter le General Electric Theater, une série hebdomadaire de drames rapidement très populaire. Son contrat lui imposait de réaliser des visites des usines de General Electric seize semaines par an et il lui arrivait de donner quatorze discours par jour. Il gagnait environ 125 000 $ par an (environ 1,07 million de dollars de 2010) pour ce rôle. Son dernier travail en tant qu’acteur professionnel fut de présenter et de jouer de 1964 à 1965 dans la série Les Aventuriers du Far West. Reagan et Nancy Davis apparurent ensemble à plusieurs reprises y compris dans un épisode de 1958 du GE Theater intitulé Une dinde pour le président.

Élevé dans une famille qui s’identifie fortement au Parti démocrate et au New Deal, Ronald Reagan est lui-même de sensibilité démocrate dans un premier temps, et un grand admirateur de Franklin D. Roosevelt, pour qui il vote à quatre reprises. Devenu républicain, il conservera une profonde admiration pour le charisme de Roosevelt, qui sera pour lui un modèle tout au long de sa vie. S’il se considère comme un démocrate libéral dans les années 1930 et 1940, sa compréhension idéologique du libéralisme s’avère réduite : il privilégie à cette époque son parcours professionnel et familial à la politique. Au début des années 1950, il commença à se rapprocher de la droite et tout en restant démocrate, il soutint les candidatures républicaines à la présidence de Dwight D. Eisenhower en 1952 et 1956 et celle de Richard Nixon en 1960. Le dernier soutien actif de Reagan à un candidat démocrate fut en 1950 lorsqu’il aida Helen Gahagan Douglas dans sa campagne au Sénat contre Richard Nixon. Après avoir été engagé pour présenter le General Electric Theater, Reagan commença rapidement à embrasser les visions conservatrices des officiels de la compagnie partenaire. Ses nombreux discours pour GE, qu’il écrivait généralement lui-même, étaient non-partisans mais portaient un message conservateur et pro-entrepreneurial ; il fut influencé par Lemuel Boulware, un cadre exécutif de GE. Boulware, connu pour ses positions dures contre les syndicats et ses stratégies innovantes pour rallier les ouvriers, était un fervent partisan des concepts de base du conservatisme moderne américain : marché libre, anticommunisme, réduction des impôts et limitation du gouvernement. Finalement, les appréciations des discours de Reagan devinrent plus mauvaises et GE le licencia en 1962. En août 1962, Reagan rallia officiellement le Parti républicain et déclara : « Je n’ai pas quitté le Parti démocrate. Le parti m’a quitté ».

Au début des années 1960, Reagan s’opposa aux législations sur les droits civiques en déclarant que « si une personne veut discriminer les nègres ou les autres lorsqu’il vend ou loue sa maison, c’est son droit ». Il citait son opposition à l’intrusion du gouvernement dans les libertés personnelles ; il se défendit vivement d’avoir des motifs racistes et il modifia par la suite ses positions en votant des lois sur le droit de vote et pour une plus grande égalité sur l’accession aux logements. Lorsque la législation qui deviendra le Medicare fut introduite en 1961, Reagan réalisa un enregistrement pour l’Association médicale américaine avertissant qu’une telle loi mettrait fin à la liberté en Amérique. Reagan déclara que si ses auditeurs n’écrivaient pas des lettres pour l’empêcher, « nous nous réveillerons dans un pays socialiste. Et si vous ne le faites pas et si je ne le fais pas, un de ces jours, vous et moi passerons nos dernières années à raconter à nos enfants à quoi ressemblait l’Amérique quand les hommes étaient libres ». Il rejoignit également le lobby pro-armes National Rifle Association (NRA) dont il restera membre toute sa vie.

Reagan soutint la candidature présidentielle du conservateur Barry Goldwater en 1964. Dans ses discours en sa faveur, il mit l’accent sur l’importance d’un gouvernement réduit. Il révéla ses motivations idéologiques dans un discours célèbre donné le 27 octobre 1964 : « Les Pères fondateurs savaient qu’un gouvernement ne peut contrôler l’économie sans contrôler le peuple. Et ils savaient que lorsqu’un gouvernement entreprend de le faire, il doit employer la force et la coercition pour arriver à ses fins. Nous sommes arrivés au moment du choix ». Ce discours, appelé Time for Choosing, a permis de lever un million de dollars pour la campagne de Goldwater et est considéré comme l’événement qui lança la carrière politique de Reagan.

Les républicains de Californie furent impressionnés par la vision politique de Reagan et par son charisme lors de son discours du Time for Choosing et ils l’élurent pour le poste de gouverneur de Californie en 1966. Dans sa campagne, Reagan mit l’accent sur deux thèmes : « remettre au travail les mendiants du système de protection sociale » en référence aux premières protestations étudiantes contre la guerre du Viêt Nam et établir clairement la liberté d’expression à l’université de Berkeley — « faire un grand nettoyage à Berkeley ». Il fut élu face au candidat sortant Pat Brown et il prêta serment le 2 janvier 1967. Lors de son premier mandat, il gela l’embauche de fonctionnaires de l’État et approuva une hausse des impôts pour équilibrer le budget.

Peu après le début de son mandat, Reagan testa les eaux présidentielles en 1968 dans le cadre de son mouvement Stop Nixon avec lequel il espérait couper les soutiens sudistes de Nixon et être un candidat de compromis si Nixon et Nelson Rockefeller, le gouverneur de New York, ne parvenaient pas à se départager lors de la convention républicaine. Cependant, Nixon fut nommé dès le premier tour avec la majorité absolue et Reagan arriva en troisième place, derrière Nelson Rockefeller.

Reagan joua un rôle répressif dans les importantes protestations de la période. Le 15 mai 1969, durant des manifestations étudiantes à Berkeley, Reagan envoya la police pour disperser les étudiants ; dans cet incident qui fut par la suite appelé « Bloody Thursday », l’étudiant James Rector fut tué et le charpentier Alan Blanchard perdit la vue. Reagan ordonna ensuite à 2 200 hommes de la garde nationale d’occuper la ville de Berkeley durant deux semaines pour réprimer les protestations. Un an après le « Bloody Thursday », Reagan répondit à des questions sur les mouvements de protestations dans le campus en déclarant « S’il faut un bain de sang, allons-y. Plus d’apaisement ». Lorsque l’armée de libération symbionaise enleva Patricia Hearst à Berkeley et demanda la distribution de nourriture aux pauvres, Reagan plaisanta, « c’est vraiment dommage que nous n’ayons pas une épidémie de botulisme ».

Au début de l’année 1967, le débat national sur l’avortement commençait. Le sénateur démocrate de l’assemblée de Californie Anthony Beilenson présenta le « Therapeutic Abortion Act » dont l’objectif était de réduire le nombre d’avortements clandestins réalisés en Californie. La législature envoya la loi à Reagan pour qu’il la signe, ce qu’il fit après plusieurs jours de réflexion. Environ deux millions d’avortements seront réalisés à la suite de cette loi, essentiellement du fait de la clause autorisant l’avortement pour le bien-être de la mère. Reagan était en fonction depuis moins de quatre mois lorsqu’il signa la loi et il avança que s’il avait eu plus d’expérience à ce poste, il ne l’aurait pas signée. Après avoir reconnu ce qu’il appelait les « conséquences » de la loi, il annonça qu’il était pro-vie. Il maintint cette position par la suite et il écrivit beaucoup sur le sujet.

Malgré une tentative infructueuse pour le faire démissionner en 1968, Reagan fut réélu en 1970 face à Jesse Unruh. L’une des principales déceptions de Reagan lors son mandat concernait la peine de mort dont il était un fervent partisan. Ses efforts pour faire appliquer les lois de l’état sur le sujet furent contrecarrés lorsque la Cour suprême de Californie rendit son jugement dans l’affaire California v. Anderson qui invalidait toutes les condamnations à mort prononcées en Californie avant le 12 avril 1972 même si la décision fut par la suite annulée par un amendement constitutionnel. La seule exécution réalisée lors du mandat de Reagan fut celle d’Aaron Mitchell dans la chambre à gaz de la prison de San Quentin le 12 avril 1967.

En 1969, le gouverneur Reagan signa le Family Law Act qui était la première législation autorisant le divorce sans faute aux États-Unis.

Le mandat de Reagan au poste de gouverneur l’aida à former les politiques qu’il défendrait par la suite lors de sa présidence. En faisant campagne avec ces slogans comme « remettre au travail les mendiants du système de protection sociale », il s’opposait à l’idée d’État providence. Il se fit un ardent avocat de l’idéal républicain d’une diminution de la régulation étatique de l’économie dont les taxations fédérales indues.

Reagan ne chercha pas à obtenir un troisième mandat en 1974 et le secrétaire d’État démocrate de Californie Jerry Brown le remplaça le 6 janvier 1975.

En 1976, Reagan entra en compétition avec le président en fonction Gerald Ford pour obtenir la nomination du parti républicain en vue de l’élection présidentielle. Reagan s’établit rapidement comme le candidat conservateur rassemblant le soutien d’organisations du même avis comme l’American Conservative Union qui devint une composante fondamentale de sa base politique tandis que Ford se présentait comme un républicain modéré.

La campagne de Reagan reposait sur une stratégie imaginée par son directeur de campagne John Sears consistant à remporter quelques primaires pour menacer l’inévitable nomination de Ford. Reagan remporta la Caroline du Nord, le Texas et la Californie mais la tactique échoua car il perdit dans le New Hampshire, la Floride et dans son État natal de l’Illinois. Le Texas redonna de l’espoir à Reagan car il remporta l’ensemble des 96 délégués choisis lors de la primaire du 1er mai et quatre autres en attente à la convention de l’État. Les crédits pour cette victoire allèrent à Ernest Angelo, le maire de Midland et Ray Barnhart de Houston que le président Reagan nommera directeur de la Federal Highway Administration en 1981.

Cependant à l’approche de la convention républicaine, Ford semblait assuré de la victoire. Pour obtenir le soutien de l’aile modérée du parti, Reagan choisit le sénateur Richard Schweiker de Pennsylvanie comme son colistier s’il remportait la nomination. Finalement, Ford obtint la nomination avec 1 187 délégués contre 1 070 pour Reagan. Dans son discours de défaite, Reagan mit l’accent sur les dangers d’une guerre nucléaire et sur la menace posée par l’Union soviétique.

Ford perdra, de justesse, l’élection de 1976 face au démocrate Jimmy Carter. Même s’il ne fut pas nommé, Reagan obtint néanmoins le vote d’un grand électeur de l’État de Washington que Ford avait remporté face à Carter.

La campagne présidentielle de 1980 entre Reagan et le président sortant Jimmy Carter fut conduite sur des questions de politique intérieure et durant la crise des otages américains en Iran. Reagan mit l’accent sur ses principes fondamentaux : réduction des impôts pour stimuler l’économie84, moins d’intervention du gouvernement dans la vie des gens85, le renforcement des droits des États, le renforcement de la défense nationale85 et la ré-indexation du dollar sur l’étalon-or.

Reagan lança sa campagne en déclarant « Je crois dans les droits des États », à Philadelphia, dans le Mississippi, connue à l’époque pour le meurtre de trois membres du mouvement des droits civiques en 1964. Après avoir obtenu la nomination républicaine, Reagan choisit l’un de ses principaux opposants, George H.W. Bush, pour devenir son colistier. Sa prestation lors du débat télévisé d’octobre revigora sa campagne. Reagan remporta l’élection de 1980 en rassemblant 44 États et 489 votes de grands électeurs contre 49 pour Carter. Reagan obtint 50,7 % du vote populaire contre 41 % pour Carter et 6,7 % pour l’indépendant (républicain libéral) John Anderson92. Les républicains reprirent le contrôle du Sénat pour la première fois depuis 1952 et gagnèrent 34 sièges à la Chambre des représentants mais les démocrates conservèrent la majorité.

Durant la campagne présidentielle, des questions se posèrent sur la position de Reagan concernant l’initiative Briggs, une initiative populaire en Californie — où Reagan avait été gouverneur — qui aurait empêché les homosexuels et les défenseurs des droits des personnes LGBT de travailler dans les écoles publiques de l’État. Opposé à cette proposition de loi, Reagan publia une tribune dans laquelle il avança que « l’homosexualité n’est pas une maladie contagieuse comme la rougeole » et que la position scientifique majoritaire était que l’orientation sexuelle d’un enfant ne pouvait pas être influencée par quelqu’un d’autre.

Durant sa présidence, Reagan appliqua des politiques qui reflétaient ses croyances personnelles concernant les libertés individuelles, lança des réformes économiques, augmenta les dépenses militaires et contribua à la fin de la Guerre froide. Surnommée la Révolution Reagan, sa présidence revigora le moral américain et réduisit la dépendance du peuple vis-à-vis du gouvernement. En tant que président, Reagan rédigea une série de journaux dans lequel il commentait ses activités et son opinion sur les questions du moment. Les journaux furent publiés en mai 2007 dans un succès de librairie, The Reagan Diaries.

Reagan, carte maximum, USA, 2005.

Avec sa première élection, Ronald Reagan devient l’homme le plus âgé à avoir été élu à la présidence, à l’âge de 69 ans. Dans son premier discours d’investiture le 20 janvier 1981, qu’il écrivit lui-même, il défendit l’idée que « dans cette période de crise, le gouvernement n’est pas la solution à nos problèmes ; le gouvernement est le problème ».

La présidence Reagan commença de manière théâtrale car les 52 otages américains détenus par l’Iran depuis 444 jours furent libérés alors que Reagan donnait son discours d’investiture.

Le 30 mars 1981, seulement 69 jours après le début de sa présidence, Reagan fut victime d’une tentative d’assassinat alors qu’il quittait l’hôtel Hilton de Washington. Un déséquilibré de 26 ans nommé John Warnock Hinckley, Jr. tira six balles dans sa direction ; l’une d’entre elles ricocha sur la portière de la limousine et toucha le président à la poitrine. Trois personnes furent blessées, son attaché de presse James Brady qui devint paralysé, l’agent de police Thomas Delahanty et l’agent du Secret Service Timothy McCarthy. Bien que dans un « état critique » durant l’opération, Reagan récupéra et quitta l’hôpital le 11 avril. La tentative d’assassinat eut une grande influence sur la popularité du président ; les sondages indiquèrent des niveaux d’approbation d’environ 73 %. Reagan croyait que Dieu avait épargné sa vie pour qu’il puisse réaliser de grandes choses.

Porté entre autres choses par la bonne santé de l’économie américaine et par la domination des États-Unis aux Jeux olympiques de Los Angeles, boycottés par les pays du bloc communiste, Ronald Reagan accepte à Dallas la nomination républicaine en vue de l’élection présidentielle de 1984.

Son adversaire démocrate est l’ancien vice-président de Jimmy Carter, Walter Mondale, qui pâtit du bilan du président Carter. Cependant, l’âge avancé de Ronald Reagan, son attitude parfois distraite et sa mauvaise performance au premier débat télévisé présidentiel font douter de son aptitude à effectuer un nouveau mandat. Des rumeurs concernant la maladie d’Alzheimer commencent même à circuler.

Ronald Reagan rebondit dans le second débat. Confronté aux interrogations sur son âge, il déclare : « Je ne ferais pas de l’âge une question dans cette campagne. Je n’exploiterais pas, pour des raisons politiques, la jeunesse et l’inexpérience de mon opposant ». Cette déclaration lui vaut de nombreux applaudissements dans la salle et le rire de Mondale. Il épilogua sur cette polémique avec une citation de Cicéron sur le fait que les hommes âgés sont faits pour corriger les erreurs des plus jeunes. Au vu de la large avance de Reagan dans les sondages, l’enjeu de l’élection est surtout le contrôle du Congrès.

Lors de l’élection de 1984, Ronald Reagan remporte 49 des 50 États américains. Le président sortant recueille 525 votes au collège électoral des États-Unis, plus que tout autre candidat dans l’histoire américaine197 et son avance dans le vote populaire est de 18 points. Mondale n’arrive en tête que dans son État natal du Minnesota (avec seulement 3 800 voix d’avance) et dans la capitale fédérale. En outre, les Républicains gardent le contrôle du Sénat et gagnent des sièges à la Chambre des représentants, qui reste cependant majoritairement démocrate.

Reagan prêta serment pour la seconde fois le 20 janvier 1985, dans une cérémonie privée à la Maison-Blanche. Comme le 20 janvier était un dimanche, une cérémonie publique ne fut pas organisée mais prit place le lendemain dans la rotonde du Capitole. Le 21 janvier fut l’un des jours les plus froids jamais enregistré à Washington, D.C. avec −20 °C au matin ; du fait du mauvais temps, les célébrations furent organisées dans le Capitole. Dans les semaines qui suivirent, il modifia en partie son administration, le chef de cabinet de la Maison Blanche James Baker et le secrétaire au Trésor Donald Regan échangèrent leurs fonctions.

En 1985, Reagan visita un cimetière militaire allemand à Bitburg pour déposer une gerbe avec le chancelier ouest-allemand Helmut Kohl. Le cimetière accueillait cependant les tombes de 49 membres de la Waffen-SS. Reagan délivra un communiqué présentant les soldats nazis comme des « victimes », une désignation qui déclencha la controverse sur le fait que Reagan ait mis les hommes de la SS sur le même plan que les victimes de la Shoah ; Pat Buchanan, le directeur de la communication de Reagan défendit qu’il avait fait ce rapprochement. Maintenant fortement pressé d’annuler la visite, le président répondit qu’il serait inopportun de revenir sur une promesse faite au chancelier Kohl. Il assista finalement à la cérémonie où deux généraux déposèrent une gerbe. Margaret Thatcher se déclara choquée par le geste. La controverse de Bitburg fut analysée comme un des rares fiasco de communication de Reagan.

Dès le début de sa présidence, Reagan commença à porter une audioprothèse, initialement dans l’oreille droite et par la suite dans les deux oreilles. Sa décision de rendre publiques en 1983 ses difficultés d’audition et son utilisation de prothèses auditives entraîna une forte hausse de leurs ventes.

Le 13 juillet 1985, Reagan subit une opération chirurgicale à l’hôpital naval de Bethesda pour retirer un polype cancéreux de son côlon. Il délégua les pouvoirs présidentiels au vice-président pour une durée de huit heures selon une procédure similaire au XXVe amendement qu’il avait refusé d’invoquer. L’opération dura juste trois heures et fut réussie ; Reagan reprit les pouvoirs présidentiels plus tard dans la journée. En août de la même année, il subit une autre opération pour retirer des tissus cancéreux de son nez. En octobre, d’autres tissus cancéreux furent repérés dans son nez et retirés.

En janvier 1987, Reagan fut opéré pour un gonflement de la prostate qui entraînait des inquiétudes sur sa santé. Cependant aucun tissu cancéreux ne fut trouvé et il ne fut pas endormi durant l’opération. En juillet 1987, il subit une troisième opération pour retirer des cellules cancéreuses de son nez.

En août 1994, on diagnostiqua à Reagan, alors âgé de 83 ans, la maladie d’Alzheimer, une maladie neurodégénérative incurable du tissu cérébral qui entraîne la perte progressive et irréversible des fonctions mentales et notamment de la mémoire. En novembre, il annonça publiquement sa maladie dans une lettre manuscrite dans laquelle il écrivit :

« […] [O]n m’a récemment annoncé que j’étais l’un de ces millions d’Américains atteint de la maladie d’Alzheimer… En ce moment je me sens bien. J’ai l’intention de vivre le reste des années que Dieu m’a données sur cette Terre à faire les choses que j’ai toujours faites… J’entame maintenant le voyage qui me mènera au crépuscule de ma vie. Je sais que pour l’Amérique il y aura toujours une aube radieuse. Merci mes amis. Que Dieu vous bénisse. »

Après cette annonce, il reçut de très nombreux messages de soutien dans sa maison de Californie mais il y avait également des spéculations sur le fait qu’il était atteint de la maladie alors qu’il était président. Dans ses mémoires, l’ancienne correspondante à la Maison-Blanche de CBS, Lesley Stahl, raconta sa dernière réunion avec le président en 1986 : « Reagan ne semblait pas savoir qui il était… J’ai pensé qu’il était dingue. J’allais devoir annoncer à mes concitoyens que le président des États-Unis était complètement à l’ouest ». Le président regagna cependant sa lucidité à la fin de l’entretien. Comme elle l’écrivit, « J’étais à ça de rapporter que Reagan était sénile ». Cependant, le docteur Lawrence K. Altman, un médecin employé comme journaliste par le New York Times note que « la distinction entre la simple étourderie et le début de l’Alzheimer peut être floue » et les quatre médecins de Reagan à la Maison-Blanche déclarèrent qu’il n’y avait aucun signe de maladie lors de sa présidence Le docteur John E. Hutton, le médecin de Reagan de 1984 à 1989, affirme en 1997 que le président ne présentait « absolument aucun signe de démence ou d’Alzheimer ». Reagan fut occasionnellement victime de trous de mémoire, en particulier avec les noms. Lors d’une réunion avec le Premier ministre japonais Yasuhiro Nakasone, il fit à plusieurs reprises référence au vice-président Bush comme au « Premier ministre Bush ». Les médecins de Reagan notent néanmoins qu’il n’a commencé à présenter les symptômes de la maladie que vers la fin de l’année 1992 ou 1993, plusieurs années après la fin de son mandat. Son ancien chef de Cabinet James Baker considéra comme « grotesque » l’idée que Reagan dormait durant les réunions du Cabinet. D’autres membres de son équipe, d’anciens assistants et des amis déclarèrent qu’ils n’avaient vu aucun indice suggérant que le président était atteint d’Alzheimer9.

Pour compliquer la question Reagan fut victime d’un traumatisme crânien en juillet 1989, cinq ans avant le diagnostic. Après être tombé de cheval au Mexique, un hématome sous-dural se forme et fut opéré plus tard dans l’année. Nancy Reagan assura que la chute de son mari en 1989 accéléra l’apparition de la maladie d’Alzheimer en citant ce que lui avaient dit les médecins même s’il n’est pas certain qu’un traumatisme crânien soit une cause d’apparition d’Alzheimer ou de démence. L’un des médecins de Reagan, le docteur Daniel Huge, déclara qu’il était possible mais pas certain que l’accident de cheval ait affecté la mémoire de Reagan.

À la fin des années 1990, Ronald Reagan continue à se promener dans les parcs et les plages près de sa maison, à jouer au golf et à se rendre régulièrement à son bureau près de Century City.

Il chute dans sa résidence de Bel Air le 13 janvier 2001, se brisant la hanche ; la fracture est opérée avec succès le lendemain, bien que la rééducation, faite à domicile, soit difficile. Le 6 février 2001, il fête son 90e anniversaire, devenant le troisième président à atteindre cet âge (les deux autres étant John Adams et Herbert Hoover ; Gerald Ford atteint les 90 ans le 14 juillet 2003).

Mais au fil du temps, la maladie détruit ses capacités mentales. Ses apparitions publiques se font plus rares et sa famille décide qu’il doit vivre au calme, dans un isolement partiel, avec son épouse, Nancy. En 2001, celle-ci déclare à Larry King que rares sont les visiteurs autorisés à voir son époux, qui souhaite selon elle que « les gens se souviennent de lui comme il était auparavant ». Bien que sa famille reste discrète sur son état de santé, des sources indiquent que Ronald Reagan ne reconnaît que quelques personnes, dont sa femme, Nancy. En 2003, selon le magazine People, son état s’est aggravé au point qu’il ne reconnaît plus aucun de ses proches et qu’il est alité en permanence.

À la suite du diagnostic de la maladie et de la mort de son mari, Nancy Reagan devient l’avocate de la recherche sur les cellules souches et presse le Congrès et le président George W. Bush de financer ces études, ce à quoi Bush s’oppose. En 2009, elle félicite Barack Obama pour la levée de cette interdiction293. Nancy Reagan estimait que cette recherche permettrait d’obtenir un traitement contre Alzheimer.

Reagan meurt d’une pneumonie dans sa maison de Bel Air en Californie dans l’après-midi du 5 juin 2004. Peu après sa mort, Nancy Reagan délivre une annonce indiquant : « Ma famille et moi souhaitons que le monde sache que le président Ronald Reagan est mort après dix ans de maladie d’Alzheimer à l’âge de 93 ans. Nous serons sensibles aux prières de tout le monde ». Le président George W. Bush décrète le 11 juin comme jour de deuil national et des hommages affluèrent du monde entier. Le corps de Reagan fut emmené dans l’après-midi dans la Kingsley and Gates Funeral Home de Santa Monica où les sympathisants lui rendirent hommage. Le 7 juin, son corps est déplacé dans la bibliothèque présidentielle Ronald Reagan, où se tient une brève cérémonie privée. Le cercueil est exposé dans le hall de la bibliothèque jusqu’au 9 juin ; plus de 100 000 personnes défilent devant sa dépouille. Le 9 juin, le corps de Reagan est emmené à Washington D.C. où il est placé dans la rotonde du Capitole ; 104 684 personnes défilent devant sa dépouille durant les 34 heures de présence.

Le 11 juin, des funérailles nationales présidées par le président George W. Bush se tiennent dans la cathédrale nationale de Washington. Des éloges funèbres sont prononcés par l’ancien Premier ministre  britannique Margaret Thatcher, l’ancien Premier ministre canadien Brian Mulroney et les deux présidents Bush. Mikhaïl Gorbatchev, le Premier ministre britannique Tony Blair, le chancelier allemand Gerhard Schröder, le président du Conseil italien Silvio Berlusconi, l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing et les présidents Hamid Karzai d’Afghanistan et Ghazi Machal Ajil al-Yawer d’Irak assistent à la cérémonie. Blair, Schröder, Berlusconi, Karzai et al-Yawer étaient juste avant les funérailles au Sommet du G8 de 2004 à Sea Island en Géorgie et décidèrent à l’annonce de la mort de Reagan de prolonger leur visite aux États-Unis pour assister aux funérailles. D’autres chefs d’État présents au sommet décident de ne pas assister aux funérailles et rendent hommage à Ronald Reagan lors du sommet. C’est notamment le cas du Premier ministre canadien Paul Martin, du président français Jacques Chirac, du président russe Vladimir Poutine, du Premier ministre irlandais Bertie Ahern et du Premier ministre japonais Junichiro Koizumi.

Après les funérailles, la famille Reagan retourne à la bibliothèque présidentielle en Californie où une dernière cérémonie est organisée pour l’inhumation.

Sa tombe porte l’inscription « Je sais dans mon cœur que tout homme est bon, que ce qui est juste triomphera toujours et qu’il y a un objectif et une valeur en toute vie » rappelant les paroles qu’il avait prononcées lors de l’inauguration de la bibliothèque.

Au moment de sa mort, Ronald Reagan est le président le plus âgé de l’histoire américaine avec 93 ans et 120 jours d’existence (soit 2 ans et 8 mois de plus que John Adams). Il est le quatrième président le plus âgé de l’histoire et le premier à être mort au XXIe siècle. En 2018, George H. W. Bush meurt à un âge plus avancé (94 ans), tandis que Jimmy Carter les dépasse la même année.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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