Mario Andretti, pilote automobile.

Mario Andretti, né le 28 février 1940 à Montona dans la province d’Istrie en Italie est un pilote automobile italo-américain. Au cours d’une carrière s’étalant sur près de cinq décennies, il se distingue dans l’histoire du sport automobile en remportant le championnat du monde de Formule 1 en 1978, les 500 miles d’Indianapolis en 1969, les 500 miles de Daytona en 1967 et quatre championnats d’IndyCar (trois sous l’USAC en 1965, 1966 et 1969 et un sous le CART en 1984). Il a également remporté plusieurs courses de midget-cars, de sprint-cars et de dragster.

Mario Andretti est, avec son compatriote Dan Gurney, le seul pilote victorieux à la fois en Formule 1, en IndyCar, en Championnat du monde des voitures de sport et en NASCAR. Avec le Colombien Juan Pablo Montoya, il est également le seul pilote victorieux en NASCAR Grand National, en Formule 1 et aux 500 miles d’Indianapolis. Il fait enfin partie des trois pilotes à avoir remporté au cours d’une même saison la victoire dans une course sur route, dans une course sur circuit ovale et dans une course sur terre.

Son ultime victoire en IndyCar, au Valvoline 200 de Phoenix le 4 avril 1993, fait de lui le premier pilote à remporter une course dans quatre décennies différentes. Mario Andretti est le seul pilote nommé Pilote américain de l’année dans trois décennies différentes (1967, 1978 et 1984).

Sa victoire au Grand-Prix des Pays-Bas 1978 est la dernière d’un pilote américain en Formule 1. Andretti, qui a signé 109 victoires au cours de sa carrière, est considéré comme un des plus grands pilotes américains de l’histoire. Dans la culture populaire américaine, son nom est synonyme de vitesse, comme Barney Oldfield aux États-Unis dans la première moitié du XXe siècle ou comme Stirling Moss en Grande-Bretagne.


Mario Gabriele Andretti naît à Montona, un village médiéval perché sur une colline situé dans la province d’Istrie en Italie, (aujourd’hui Motovun en Croatie). Ses parents sont Luigi Andretti, administrateur dans une ferme et son épouse Rina. Mario a un frère jumeau, Aldo.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Traité de Paris de 1947 annexe l’Istrie, région à l’est de la Vénétie, à la Yougoslavie, ce qui amène la famille Andretti à quitter Montona en 1948 et à passer de nombreuses années dans un camp de réfugiés de Lucques en Italie. La famille Andretti obtient, en 1955, son permis d’immigration vers les États-Unis et part habiter à Nazareth, en Pennsylvanie, avec seulement 125 $ en poche.

Rina raconte qu’à deux ans, ses jumeaux prenaient des couvercles de casseroles et couraient dans la cuisine en faisant « Vroom, vroom », comme s’ils conduisaient des voitures, avant même qu’ils en aient vu une. En 1945, à cinq ans, Mario et Aldo construisent une voiture en bois avec laquelle ils arpentent les rues de leur ville. Plus âgés, les frères sont embauchés dans le garage de leur oncle et Mario a pour la première fois la possibilité de prendre le volant d’une voiture. « La première fois que j’ai mis en marche une voiture, j’ai senti des secousses dans le moteur et les roues devenir vivantes entre mes mains, je suis devenu accro ». Mario connaît sa première expérience de la course à Ancône, en Italie en Formule Junior alors qu’il n’a que treize ans.

Passionnés de sport automobile – en Italie, ils ont notamment assisté au Grand Prix d’Italie et aux Mille Miglia où ils voient courir le double champion du monde de Formule 1 Alberto Ascari –, ils mettent suffisamment d’argent de côté pour s’offrir à leur majorité leur première voiture, une Hudson Hornet Sportsman modifiée. En 1959, ils engagent leur Hudson sur un circuit ovale en terre et participent à des compétitions locales de stock-car sans en informer leurs parents. Mario et Aldo Andretti se forgent une réputation de terreurs des circuits, gagnant même le surnom : « Les Sauvages ». En quatre courses, ils remportent deux victoires chacun, mais à la fin de la saison, Aldo se blesse grièvement et met un terme prématuré à sa carrière naissante de pilote. Très mécontents, leurs parents découvrent ainsi qu’ils participaient à des courses de stock-car. Mario sait qu’il devra poursuivre son ascension en solitaire. Entre 1960 et 1961, Mario s’engage dans quarante-six courses de stock-car et en gagne vingt et une.

Mario Andretti acquiert la nationalité américaine en 1964 et s’engage occasionnellement dans des courses de stock-car de l’United States Auto Club. Il termine douzième du championnat USAC 1965 et remporte sa première course dans la discipline en 1967, où il finit septième de la saison. Il remporte trois courses de stock car sur circuit routier en 1974 et quatre autres en 1975.

Dans sa carrière, Andretti participe à quatorze courses de NASCAR en Grand National puis en Winston Cup Series (Sprint Cup Series). Il s’engage essentiellement sur des voitures de Holman Moody, une des écuries de NASCAR les plus victorieuses de tous les temps qui a remporté les championnats 1968 et 1969 avec David Pearson, qui lui permet de courir ses dix dernières courses dans la discipline. Andretti remporte les 500 miles de Daytona en 1967.

Andretti participe à l’International Race of Champions series (IROC) à six reprises au cours de sa carrière. Il obtient ses trois meilleurs résultats lors de ses trois premières participations. Il finit second de l’IROC III (1975–1976), second de l’IROC V (1977–1978) et remporte l’IROC VI (1978–1979) en terminant premier, second, ou troisième des épreuves. Andretti a remporté trois des vingt courses de l’IROC auxquelles il a participé.

Le but de Mario Andretti était de piloter des monoplaces. Il déclare : « Aldo et moi gagnions dans les courses de voitures modifiées, mais mon objectif était de courir en monoplace ».

Andretti pilote des midgets entre 1961 et 1963 et débute en catégorie ¾ de l’American Three Quarter Midget Racing Association durant l’hiver avant d’être repéré par des propriétaires de midget de première catégorie. En 1963, il participe à plus de cent courses et remporte trois épreuves sur deux circuits différents le jour du Labour day. Il remporte aussi une course à Flemington dans le New Jersey et deux épreuves à Hatfield, en Pennsylvanie.

La prochaine étape dans les courses automobiles sur la Côte Est des États-Unis consiste en les courses de vitesses de l’United Racing Club (URC). Andretti ne parvient pas à signer de bon temps. Il parcourt les Amériques du Canada jusqu’à Mechanicsburg en Pennsylvanie dans l’espoir de trouver une course où participer puis tire un trait sur ce championnat lorsqu’il se voit offrir la possibilité de courir à plein temps dans le championnat de l’United States Auto Club (USAC) à partir de 1964.

En 1964, Andretti remporte le Joe James-Pat O’Connor Memorial, course du championnat USAC sprint courue sur le Salem Speedway à Salem dans l’Indiana. Malgré son départ pour le Champ Car, Andretti continue de courir en USAC sprint cars. En 1965, il remporte une seule course à Ascot Park et finit dixième de la saison. En 1966, il remporte cinq victoires (Cumberland dans le Maryland, Oswego dans l’État de New York, Rossburg dans l’Ohio, Phoenix dans l’Arizona et une seconde victoire au Joe James-Pat O’Connor Memorial à Salem dans l’Indiana) et termine second du championnat derrière Roger McCluskey. En 1967, il remporte trois des cinq épreuves dans lesquelles il s’engage.

Entre 1956 et 1979, le championnat de monoplaces de référence aux États-Unis est l’USAC et est souvent appelé IndyCar en référence aux 500 miles d’Indianapolis, la course majeure du championnat. Les courses de l’USAC se courent sur des circuits ovales de terre ou de bitume et, plus tard, sur des circuits routiers.

Mario Andretti débute en IndyCar le 19 avril 1964 au Trenton 100 à Trenton dans le New Jersey où il s’élance de la seizième position avant de terminer onzième. Rufus Gray, le propriétaire de sa monoplace, introduit Andretti dans le milieu en le présentant à Clint Brawner. Alors que Donnie Davis vient de mourir et que l’actuel pilote de Brawner, Chuck Hulse, vient de se blesser grièvement, Chris Economaki recommande Andretti à Brawner qui n’a pas été aussi impressionné par un pilote depuis Stan Bowman. Pour s’en convaincre, Brawner assiste à une course d’Andretti à Terre Haute dans l’Indiana et le pilote est aussitôt engagé. Leur association dure six ans. Mario Andretti termine onzième du championnat avec 530 points.

Mario Andretti remporte sa première course dans la discipline, le Hoosier Grand Prix couru à l’Indianapolis Raceway Park, le 25 juillet 1965. Sa troisième place aux 500 miles d’Indianapolis 1965 sur une Brawner Hawk avec le titre de Rookie of the year (meilleur débutant de l’année) lui permet de remporter le championnat et de devenir le plus jeune champion de la discipline, à 25 ans. Il devient, au même titre qu’Anthony Joseph Foyt Jr., la référence des courses américaines.

Il remporte le championnat 1966 avec huit victoires en quinze courses. Andretti signe la pole position à Indianapolis. Il termine second des championnats d’IndyCar 1967 et 1968, ne cédant le titre à Anthony Joseph Foyt Jr. puis Bobby Unser (sur les plus petites marges en points de l’histoire) qu’au cours des derniers tours de la dernière épreuve de la saison, le Rex Mays 300, courue au Riverside Raceway Park en Californie. Ses résultats sont encore meilleurs en 1969, puisqu’il remporte neuf courses et le championnat. Il gagne notamment les 500 miles d’Indianapolis et la course de côte de Pikes Peak. Il est nommé athlète de l’année par l’émission Wide World of Sports diffusée sur ABC. Entre 1966 et 1969, Andretti remporte vingt-neuf des quatre-vingt-cinq courses du championnat USAC.

En 1973, le championnat national USAC se scinde en deux championnats distincts, l’un pour les courses sur terre, l’autre pour les courses sur circuits bitumés. Sur bitume, Andretti remporte une victoire et termine cinquième de la saison avec 2 400 points ; il se classe second du championnat sur circuits de terre. L’année suivante, il concourt dans les deux divisions du championnat USAC et remporte le titre sur terre. Andretti participe également aux courses de Formule 5000 américaine en 1973 et 1974, finissant second du championnat au cours des deux saisons.

La Formule 1 est la discipline la plus importante parmi les courses de monoplaces de la Fédération internationale de l’automobile (FIA). Même si elle est originaire d’Europe de l’Ouest, elle intègre dans les années 1960 des courses du monde entier. Lors de sa première participation aux 500 miles d’Indianapolis, en 1965, Mario Andretti rencontre Colin Chapman, propriétaire du Team Lotus en Formule 1, venu accompagner Jim Clark, le vainqueur de l’épreuve. Quand Andretti fait part à Chapman de son ambition de disputer des courses en Formule 1, ce dernier lui répond : « Quand tu seras prêt, appelle-moi ».

En 1968, Andretti contacte Chapman et, en septembre, s’engage au Grand Prix d’Italie à Monza. Bobby Unser, son grand rival de l’USAC, doit également débuter en Formule 1 le même jour sur une BRM. Après des premiers essais convaincants, le vendredi, les deux hommes prennent l’avion pour les États-Unis afin de disputer le Hoosier 100, une prestigieuse épreuve de sprint-car. De retour in-extremis en Italie pour leur premier Grand Prix en Formule 1 le dimanche matin, ils se voient refuser le départ par les organisateurs qui doutent de leur condition physique après un tel périple et s’appuient sur un point du règlement interdisant de prendre part à une course moins de 24 heures avant un Grand Prix. Les deux Américains reportent leurs débuts au Grand Prix des États-Unis, à Watkins Glen, où Andretti fait sensation en signant la pole position sur une Lotus 49B.

Au cours des quatre années suivantes, Andretti court sporadiquement en Formule 1 sous les couleurs de Lotus, March Engineering et Ferrari, à chaque fois en tant que troisième pilote, tout en poursuivant sa carrière dans les championnats nord-américains. Engagé par Ferrari en 1971, il remporte sa première victoire au Grand Prix d’Afrique du Sudweb 12 et remporte trois semaines plus tard le Grand Prix Questor, course hors-championnat courue sur l’Ontario Motor Speedway aux États-Unis, qui apporte à l’écurie italienne une seconde victoire.

Andretti se reconcentre sur les courses américaines entre 1973 et 1975, disputant les championnats de Formule 5000 1974 et 1975 au sein de l’écurie de l’ancien pilote Parnelli Jones, en terminant deux fois deuxième de ce championnat SCCA/USAC (7 victoires). Jones rêve de Formule 1 et parvient à convaincre son pilote de le suivre dans l’aventure. En 1975, Andretti dispute enfin une saison quasi complète avec l’écurie Vel’s Parnelli Jones Racing (il continue à courir en IndyCar et ne peut participer aux Grand Prix de Belgique et des Pays-Bas au milieu de la saison). Cette écurie n’a aucune expérience de la Formule 1 mais a engagé Andretti avec succès à de nombreuses reprises en fin de saison 1974 dans les championnats américains de Formule 5000 et d’IndyCar avec des résultats prometteurs à la clé. Au Grand Prix d’Espagne, Andretti part en quatrième position et domine l’épreuve neuf tours durant, avant que sa suspension ne le trahisse. Les cinq points inscrits au cours de la saison lui permettent de se classer quatorzième du championnat. Cependant, l’épopée Parnelli tourne  rapidement au désastre, les résultats ne viennent pas et les caisses de l’écurie se vident.

Quand Parnelli se retire de la Formule 1 après seulement deux courses en 1976, Andretti retourne avec une certaine réticence piloter chez Team Lotus avec qui il a couru lors du premier Grand Prix de la saison au Brésil. Lotus, alors en difficulté, produit la Lotus 77, mais cette voiture destinée à remplacer la Lotus 72 (dont la conception remonte à 1970) n’est pas très compétitive. Les talents d’Andretti pour développer une voiture performante permettent à Lotus de revenir au premier plan. Au Mont Fuji, il signe la pole position et remporte sa deuxième victoire au cours d’un Grand Prix du Japon disputé sous le déluge. Depuis la mi-saison 1975, Lotus développe la technique de maîtrise de l’effet de sol pour réduire la déportance de la voiture sans nuire à la traînée aérodynamique. Andretti profite de son expérience acquise sur les circuits ovales du championnat américain et travaille sur de subtiles différences dans la taille des pneus et sur une suspension transversale de chaque côté de la voiture.

En 1977, Andretti devient le premier Américain à remporter un Grand Prix des États-Unis Ouest à Long Beach. La Lotus 78 « wing car » (monoplace conçue en forme d’aile d’avion inversée qui lui confère une tenue de route redoutable) est la voiture la plus compétitive de la saison. Avec quatre victoires (aucun autre pilote n’en a remportées autant durant la saison), Andretti apparaît comme l’homme fort du championnat et semble longtemps en mesure d’accrocher le titre mondial. Cependant, la faible fiabilité de son moteur Ford et de multiples accrochages ne lui permettent pas de résister à Niki Lauda sur la durée de la saison à l’issue de laquelle il finit troisième.

En 1978, la Lotus 79 exploite mieux encore l’effet de sol et permet à Andretti de remporter six coursesw et de s’emparer du titre de champion du monde lors du Grand Prix d’Italie. Cependant, Ronnie Peterson, coéquipier et ami d’Andretti (vice-champion du monde) vient de se blesser grièvement dans un accrochage au premier tour de la course et les célébrations du titre sont annulées. Peterson décède dans la nuit de complications à la suite de ses blessures. Andretti termine la saison sans remporter d’autre succès en Formule 1. Le titre mondial d’Andretti est accueilli avec un entrain modéré par les observateurs : beaucoup pensent qu’il doit essentiellement son succès à la large supériorité de sa machine et d’autres regrettent également que son coéquipier Ronnie Peterson, considéré comme l’un des meilleurs pilotes de sa génération et probablement plus rapide qu’Andretti, n’ait pas été en mesure de lui contester ce titre compte tenu qu’il était tenu par un statut assez strict de deuxième pilote au sein de l’équipe Lotus. Toutefois, à son crédit, Andretti est un pilote très réputé pour son sens technique. C’est lui qui en 1975 et 1976 a assuré le développement du concept de la wing car et participé grandement au redressement d’une équipe au plus bas à son arrivée.

La saison 1979 s’avère compliquée car la nouvelle Lotus 80 n’est pas compétitive et Andretti retourne piloter la vieillissante Lotus 79, rendue obsolète par la deuxième génération de voitures à effet de sol. En 1980, bien que le Team Lotus s’associe au Team Essex, l’équipe, où Andretti est associé à Elio De Angelis et au jeune Nigel Mansell est inefficace. Mario Andretti ne marque qu’un seul point, au Grand Prix des États-Unis Est.

Andretti s’engage sans succès avec le Team Alfa Romeo en 1981 et marque ses trois seuls points au Grand Prix de Las Vegas. Comme les autres pilotes de l’époque, il critique l’effet de sol qui a pris une place trop importante. « Les voitures étaient devenues absurdes, vraiment brutes, sans le moindre mouvement de suspension. La conduite basculait sans aucune délicatesse… cela rendait la Formule 1 un peu plus facile à quitter que ce qu’elle aurait dû être »,.

Sans volant régulier en 1982, Andretti est engagé par le Williams Racing Team pour remplacer Carlos Reutemann qui a subitement quitté l’écurie, pour le Grand Prix des États-Unis Ouest. Il est ensuite appelé par la Scuderia Ferrari pour les deux dernières courses de la saison pour remplacer Didier Pironi sévèrement blessé lors du Grand Prix d’Allemagne. À Monza, il signe la pole position et monte sur la troisième marche du podium mais à Las Vegas, il est trahi par la suspension arrière de sa monoplace et abandonne. Mario Andretti fait une dernière apparition dans un paddock de Formule 1 en 1984 en tant que troisième pilote de l’Équipe Renault Elf au Grand Prix de Detroit.

Source : Wikipédia.

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