Louis Aragon, poète, romancier et journaliste.

Louis Aragon est un poète, romancier et journaliste français, né probablement le 3 octobre 1897 à Paris et mort le 24 décembre 1982 dans cette même ville.

Avec André Breton, Tristan Tzara, Paul Éluard, Philippe Soupault, il fut l’un des animateurs du dadaïsme parisien et du surréalisme. Après sa rupture avec le surréalisme en 1931, il s’engage pleinement dans le Parti communiste français, auquel il a adhéré en 1927, et dans la doctrine littéraire du réalisme socialiste. La défaite de 1940 marque un tournant dans sa poésie, et Aragon se tourne alors vers une réinterprétation de la tradition poétique et romanesque.

À partir de la fin des années 1950, nombre de ses poèmes sont mis en musique et chantés par Léo Ferré ou Jean Ferrat, contribuant à porter son œuvre poétique à la connaissance d’un large public.

Avec l’écrivaine Elsa Triolet, il a formé l’un des couples emblématiques de la littérature française du XXe siècle. Plusieurs recueils d’Aragon lui sont dédiés, et ses œuvres font souvent référence aux œuvres de sa femme.


En 1920, Aragon publie son recueil Feu de joie aux éditions Au sans pareil, fondées par René Hilsum, où publient également André Breton et Philippe Soupault. Il écrit régulièrement dans la revue Littérature fondée par Breton et éditée par Hilsum1. En 1921, la NRF publie Anicet ou le Panorama, roman commencé dans les tranchées.

Louis Aragon, carte maximum, Saint-Arnoult-en-Yvelines, 23/02/1991.

Dans le Paris dandy de l’après-guerre, il se lie avec Pierre Drieu la Rochelle qui lui ravit une dessinatrice américaine, Eyre de Lanux. Il se console auprès de Denise Lévy, qui choisira d’épouser un autre de ses amis, Pierre Naville, tout en commençant la rédaction du Paysan de Paris. L’Œuf dur publie quelques-uns de ses textes.

En 1922, il renonce à devenir médecin, fonde avec Breton et Soupault la revue Littérature et publie Les Aventures de Télémaque. Grâce à Breton, il trouve du travail chez le couturier Jacques Doucet, grand collectionneur de tableaux modernes, mais aussi de manuscrits, dans l’achat desquels il le conseille en tant que secrétaire.

Après avoir illustré le dadaïsme et connu les expériences d’écriture automatique auprès de Robert Desnos, auquel il consacrera des années plus tard l’émouvante Complainte de Robert le Diable chantée par Jean Ferrat, il rejoint, en 1924, André Breton, Paul Éluard et Philippe Soupault dans le mouvement surréaliste et cosigne, à l’occasion de l’enterrement d’Anatole France, le scandaleux Un cadavre qui invite à jeter à la Seine toute la littérature passée. Il dévore, comme pour oublier Denise Lévy, les œuvres d’Engels, Lénine, Proudhon, Schelling, Hegel et Freud.

Louis Aragon & Elsa Triolet, collector de 4 timbres.

En 1926, démuni, il signe avec Jacques Doucet un contrat par lequel le jeune romancier s’engage à livrer mensuellement sa production au collectionneur en échange d’une rente mensuelle de mille francs. Il écrit ainsi un cycle de mille cinq cents feuillets, La Défense de l’infini. Il devient simultanément l’amant de l’écrivaine anarchiste Nancy Cunard qui l’emmène à sa suite à travers toute l’Europe.

Avec Breton et après Éluard, il adhère en janvier 1927 au Parti communiste français. À l’été, il fait paraître une violente protestation contre l’exécution de Sacco et Vanzetti dans laquelle il milite pour une littérature engagée, Traité du style. En novembre, dans un hôtel de la Puerta del Sol à Madrid, Nancy sauve une poignée d’exemplaires de La Défense de l’infini que le poète, dans une crise de rage, a jetés au feu. Cette rupture, qui est aussi une rupture avec l’argent, marque le début d’une remise en cause personnelle profonde dont l’engagement politique sera l’issue.

Louis Aragon, épreuve de luxe.

En avril 1928, privé du soutien financier de Doucet, il fait paraître, mais anonymement, Le Con d’Irène qui a été sauvé des flammes. La nouvelle est interdite par la police et Aragon nie devant le juge d’instruction en être l’auteur. À Venise en septembre 1928, ruiné par l’échec de l’ouvrage, il découvre la liaison de Nancy avec Henry Crowder et tente de se suicider, épisode à l’origine d’un de ses plus célèbres poèmes chanté par Léo Ferré, Il n’aurait fallu.

Deux mois plus tard, le 6 novembre, la belle-sœur de Vladimir Maïakovski, Elsa Triolet, le séduit à la brasserie La Coupole. Elsa « entre dans le poème » et deviendra sa muse pour la vie, formant avec le poète un nouveau couple mythique dont la célébration, en particulier dans Les Yeux d’Elsa, mêlera à partir des années quarante et engagement pour une cause (la Résistance, le communisme, la décolonisation, le féminisme, la littérature, etc).

En 1929, l’expulsion d’URSS de Trotski fige, au sein du groupe des surréalistes, les querelles de personnes en fractures idéologiques. Aragon s’oppose en particulier à un Breton dictatorial qui récuse la forme romanesque et qui juge la poésie seule apte à exprimer l’inconscient.

En 1930, six mois après le suicide de Maïakovski, Aragon est envoyé avec Georges Sadoul au Congrès des écrivains révolutionnaires de Kharkov représenter un mouvement surréaliste accusé d’anarchisme par la ligne dure du PCF. Aragon se range à cette ligne orthodoxe et publie à son retour Front rouge, un poème sous forme d’ode à l’URSS et au marxisme-léninisme, appelant à diverses actions violentes : l’amas splendide et chaotique qu’on produit aisément avec une église et de la dynamite – Essayez pour voir, dénonçant également l’esthétique surréaliste et les réformistes au cri de Feu sur Léon Blum, ce qui lui vaut d’être inculpé pour appel au meurtre. La rupture avec Breton, qui, beau joueur, prend tout de même sa défense au cours du procès, est consommée. Avec Elsa, il part vivre un an en URSS. Il montre sans conteste dans plusieurs textes une approbation de la terreur organisée par le régime stalinien. Les recueils Persécuté persécuteur (1931) et Hourra l’Oural (1934) traduisent pleinement cet engagement. Le premier contient Front rouge et le second Vive le Guépéou. Selon Lional Ray, ces deux recueils sont ses moins bons.

Il épouse Elsa le 28 février 1939. Sa poésie est largement inspirée, depuis les années 1940, par l’amour qu’il lui voue (cf Les Yeux d’Elsa)

Il est aussi, avec Robert Desnos, Paul Éluard, Pierre Seghers, Jean Prévost, Jean-Pierre Rosnay et quelques autres, parmi les poètes qui prirent résolument parti, durant la Seconde Guerre mondiale, pour la résistance contre le nazisme, c’est là le sujet d’une autre blessure profonde : la rupture avec son ami Drieu la Rochelle qui, après avoir hésité entre communisme et fascisme (voir : Une femme à sa fenêtre), s’est tourné vers le nazisme, sorte de suicide, qui le poussera à se donner vraiment la mort après la Libération. Il existe aussi des « œuvres croisées » entre ces deux amis : Gilles et Aurélien.

Il se lance dans un roman épique, Les Communistes, qui doit évoquer l’héroïsme des militants dans l’avant-guerre et la Résistance, en défendant et justifiant leur attitude pendant la période du pacte de non-agression entre l’Allemagne et l’Union soviétique. Il n’écrira finalement que la période allant jusqu’à la bataille de France en 1940.

De 1953 à 1970, le couple Louis Aragon et Elsa Triolet vit dans la propriété Le Moulin de Villeneuve qu’Aragon a offerte à sa femme.

Après le décès d’Elsa Triolet, en 1970, Aragon affiche son attirance sexuelle pour les hommes, que Pierre Drieu la Rochelle avait évoquée dès les années 1930, dans Gilles notamment. La découverte ou l’affirmation ostentatoire quoique tardive de l’attirance d’Aragon pour les hommes demeure « sans qu’il soit clairement établi qu’il s’agissait de bisexualité ou d’homosexualité ».

Il meurt le 24 décembre 1982 à son domicile de la rue de Varenne, dans le 7e arrondissement, veillé par son ami Jean Ristat, exécuteur testamentaire d’Elsa et de Louis. Il est inhumé dans le parc du Moulin de Villeneuve, dans sa propriété de Saint-Arnoult-en-Yvelines, aux côtés d’Elsa.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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