Les rhinocéros.

Les rhinocéros sont les mammifères périssodactyles appartenant à la famille des rhinocérotidés (Rhinocerotidae). Toutes les espèces de rhinocéros sont actuellement en voie de disparition.

Les rhinocéros font localement l’objet d’une protection et de projets de réintroduction. Ils sont très utiles pour fertiliser le sol. Ils peuvent mesurer 4 m de longueur pour 1,50 à 2 m de hauteur au garrot, et une masse pouvant avoisiner les 3 tonnes. Ce sont les plus gros mammifères terrestres actuels après l’éléphant. Les rhinocéros sont du même ordre que les chevaux et les tapirs, et non celui des éléphants. Leurs cris sont un barrissement, un grognement, un halètement. Le mot rhinocéros vient du grec rhinos, nez, et keras, corne, car il porte une ou deux cornes sur le nez, et non sur le front comme les autres mammifères cornus. On décrit quatre genres et cinq espèces encore en vie.


Le rhinocéros possède un statut particulier dans l’imaginaire européen puisque sa connaissance et ses descriptions ont longtemps vécu en parallèle avec la composante mythique véhiculée par la licorne. L’animal indien décrit sous le nom de monoceros ou unicornis par Ctésias, Pline l’Ancien, Strabon et d’autres auteurs anciens, qui est probablement un mélange de l’onagre, l’antilope du Tibet et du rhinocéros indien, entretient cette confusion. Pourtant, ils connaissent le rhinocéros puisque ces animaux exotiques sont importés pour être utilisés dans les combats d’animaux dans les arènes.

Rhinocéros, carte maximum, Afrique du sud, 27/08/1960.

Cependant, certains auteurs antiques distinguent déjà le rhinocéros de la licorne. Diodore de Sicile mentionne l’animal sous son nom de « rhinocéros » dans sa description de l’Éthiopie. Selon lui, l’animal aiguise sa corne contre des rochers et est « ennemi de l’éléphant », dont il ne manque pas une occasion d’essayer de percer le ventre avec sa corne. Cette croyance en une hostilité naturelle farouche entre rhinocéros et éléphants apparaît aussi chez Claude Élien. Au IIIe siècle, Oppien de Syrie, dans ses Cynégétiques, affirme que l’animal peut même percer une roche avec sa corne ; il affirme aussi que les rhinocéros sont tous mâles et que, de ce fait, la façon dont ils se reproduisent reste mystérieuse.

Le Devisement du monde écrit en 1298 par Marco Polo mentionne les éléphants et licornes (c’est-à-dire des rhinocéros indiens). L’animal n’est distingué de la licorne qu’au xvie siècle lorsqu’il est redécouvert en Europe avec le rhinocéros de Dürer. Mais Dürer n’a pas vu le mammifère et dessine un rhinocéros chimérique, et c’est cette gravure qui reste l’image du rhinocéros pendant plus de deux siècles : ni la présence d’un nouveau rhinocéros indien pendant huit années à Madrid de 1579 à 1587, représenté par une gravure de Philippe Galle en 1586 à Anvers et qui a pourtant inspiré certains artistes au XVIIe siècle, ni l’exposition d’un rhinocéros vivant à Londres en 1684-1686 et d’un deuxième en 1739 n’ont empêché le rhinocéros de Dürer de rester pour la plupart des gens l’image vraie d’un rhinocéros. Ce n’est qu’à partir du XVIIIe siècle, avec l’arrivée de rhinocéros célèbres en Europe que l’image réaliste de ce dernier animal se substitue à celle de Dürer dans l’iconographie européenne. Le rhinocéros de Versailles et surtout la tournée européenne de Clara déclenchent une véritable rhinomania, cette dernière faisant vendre estampes, gravures, brochures et inventer rubans, harnais, bonnets, perruques et même coiffures « à la rhino ».

La principale caractéristique visible des rhinocéros est la corne sur leur nez. Selon l’espèce il y en a une ou deux. Chez les rhinocéros fossiles, on trouve aussi des espèces dépourvues de corne. La corne avant pousse sur l’os nasal, la corne arrière (quand elle existe) sur l’avant du crâne. Malgré leur dureté, les cornes ne se composent pas d’une substance osseuse. Techniquement ce n’est pas une corne, c’est une protubérance de la peau composée de kératine agglutinée, une protéine fibrillaire comme nos cheveux et nos ongles. Les vraies cornes (vaches, buffles) poussent à partir du crâne. La corne du rhinocéros pousse environ de 7 cm par an. Elle repousse comme l’ongle. La plus grande corne connue mesurait 1,58 m.

Le rhinocéros laineux, carte, Toulouse 8/11/1977.

Le nom de cet animal en langue indienne est relié à la mythologie de la Licorne (uni corne). Dressée vers le ciel, la corne est une grande protection et un symbole de puissance.

Dans certaines cultures de l’Asie orientale, les rhinocéros sont tués uniquement pour leurs cornes car elles sont utilisées pour faire des sculptures, des coupes libatoires notamment. Les supposés effets thérapeutiques et aphrodisiaques attribués à la corne broyée et la mode des poignards en corne de rhinocéros dans les classes supérieures du Yémen, comme marque de standing et symbole de virilité, ont favorisé leur trafic sur le marché noir et le braconnage d’espèces pourtant en voie de disparition. Des tests faits en laboratoire n’ont trouvé aucune des propriétés prétendues : « Médicalement c’est comme se ronger les ongles » RAJ AMIN (Société Zoologique de Londres).

On distingue la corne de rhinocéros des autres cornes grâce à l’existence de poils sur la corne, d’un intérieur qui est plein contrairement à l’ivoire qui est creux. Les cornes de rhinocéros possèdent une couleur généralement sombre qui peut virer au marron clair selon les cornes. À sa base cette crête est rugueuse au toucher.

Les rhinocéros ont un corps massif et des jambes grosses et courtes. Leurs pattes ressemblent à celles du tapir mais chaque pied a trois doigts se terminant chacun par un gros ongle comme 3 sabots miniatures, d’où l’empreinte caractéristique en feuille de trèfle. La peau est épaisse et de couleur grise ou brune. La peau du rhinocéros est douce près de sa bouche.

Chez les espèces asiatiques, la peau au début du cou et des jambes est si plissée qu’elle donne l’impression d’un blindage.

Les rhinocéros ont une faible capacité visuelle mais un odorat développé et une très bonne audition.

Malgré leur apparence, les rhinocéros sont dotés d’une musculature impressionnante qui leur permet de courir très vite si nécessaire mais sur une courte distance, jusqu’à 50 km/h pour les plus rapides. Très agiles, ils peuvent aussi faire volte-face en pleine course.

Les mâles ne possèdent pas de scrotum : les testicules se trouvent à l’intérieur du corps.

Les rhinocéros vivent normalement en solitaires mais, dans la savane, on peut parfois voir de petits troupeaux. Leur communication est essentiellement olfactive.

La boue est la plus grande protection des rhinocéros, et non leur carapace visuelle. La boue est essentielle pour les rafraichir, les protéger des insectes, adoucir et protéger leur peau du soleil. Dans la journée les rhinocéros dorment, ils sont surtout actifs au crépuscule et la nuit. Exclusivement herbivores, ils sont essentiellement phyllophages. Les rhinocéros adaptent leur régime alimentaire en fonction du milieu : le rhinocéros noir, dont la lèvre supérieure est préhensile, se nourrit de feuilles d’acacias ou autres broussailles épineuses ; le rhinocéros blanc, à la bouche large et aux lèvres carrées, broute l’herbe ; les rhinocéros asiatiques sont plus éclectiques et consomment toute végétation à leur portée (branchages, bourgeons, graminées). Ces méga-herbivores digèrent les végétaux par une fermentation qui a lieu dans le colon. Contrairement aux ruminants, ils sont monogastriques ; aussi les rhinocéros adultes qui pèsent plus d’une tonne doivent consommer 50 kg de végétaux par jour, jusqu’à 100 kg parfois.

La peau épaisse sert de carapace lors des combats qui s’établissent pour la dominance. La peau des rhinocéros indiens formée de plaques a de grands plis richement vascularisés qui augmentent la surface d’échange et favorisent la régulation thermique transférant la chaleur aux plaques de peau les plus larges qui agissent comme des refroidisseurs.

Ces animaux évitent les hommes et chargent lorsqu’ils se sentent menacés, essentiellement pour protéger les jeunes rhinocéros. Très rares, ces attaques peuvent parfois occasionner de graves blessures en raison de la puissance de l’animal et du danger que représente leur corne.

Des rhinocéros sont souvent accompagnés par des oiseaux pique-bœufs ou mainates qui se perchent sur leur peau et les nettoient des parasites ou hérons garde-bœufs qui chassent les insectes dérangés au sol par le passage de l’animal. Dans des cas assez rares, les jeunes rhinocéros peuvent être une proie d’opportunité pour de grands félins comme le lion. En revanche, les rhinocéros adultes n’ont aucun ennemi si ce n’est l’homme.

La plupart du temps le rhinocéros menace son adversaire mais ne le combat pas réellement.

Ils sont à la fois polygynes et polyandres : mâles et femelles ont plusieurs partenaires.

Si une femelle est en chaleur, les mâles peuvent en venir à se battre. Le vainqueur fait sa cour à la femelle de façon curieuse : il marque son territoire avec son urine et ses déjections, faisant tourner sa queue à la manière d’un ventilateur pour épandre sur une plus grande surface ; en outre, les deux partenaires se pourchassent et se battent l’un contre l’autre avant l’accouplement.

Après une gestation de 15 à 18 mois naît un petit qui peut rester deux ans et demi avec la mère. Il suit sa mère comme son ombre. Celle-ci est alors spécialement agressive pour défendre son bébé même contre les membres de son espèce. L’allaitement dure un an minimum. Huit ans est l’âge adulte d’un jeune rhinocéros. La mère repousse son enfant à la naissance du suivant. La femelle peut avoir 10 bébés au cours de ses 45 ans de vie minimum.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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