Les mots croisés.

Les mots croisés sont un jeu de lettres connu dans le monde entier. Son but est de retrouver tous les mots d’une grille grâce aux définitions données en annexe. Des définitions sont données pour toutes les lignes (mots horizontaux) et toutes les colonnes (mots écrits verticalement) de la grille : ainsi les mots de ces deux directions s’entrecroisent, d’où le nom de « mots croisés ».


Les ancêtres des mots croisés sont les « mots carrés » : constitués de grilles comportant autant de lignes que de colonnes et dépourvues de cases noires, ils ne donnaient lieu qu’à une seule liste de définitions, car les mots placés dans l’ordre des lignes successives se retrouvaient aussi dans l’ordre des colonnes successives.

La première grille de mots-croisés, créée par Arthur Wynne, publiée dans le New York World du 21 décembre 1913.

C’est l’Anglais Arthur Wynne qui, par l’invention des cases noires, permit au jeu de se développer pleinement, en permettant la dissymétrie lignes/colonnes et en multipliant à l’infini les combinaisons (formes variées des grilles, croisements multiples, mots de longueurs différentes, présence possible de plusieurs mots par ligne ou par colonne, etc.). Sa première grille fut publiée le 21 décembre 1913 dans le supplément du New York World, le Fun.

Mots-croisés, carte maximum, Belgique.

Son idée fut reprise onze ans plus tard par l’Anglais Morley Adams qui sut voir, mieux que lui, le parti que l’on pouvait en tirer. Le 2 novembre 1924, la première grille de mots croisés britannique est publiée dans le Sunday Express4. Cette grille avait été en fait achetée à Arthur Wynne.

En France, la première grille a été publiée le 9 novembre 1924 par  l’hebdomadaire Dimanche-Illustré, sous le nom de « Mosaïque mystérieuse ». Dès 1925, Le Gaulois puis l’Excelsior publièrent de nouvelles grilles.

Notons pour l’anecdote le rôle, toujours sujet à débat, joué par les mots croisés lors… du Débarquement. Pendant la guerre, à Londres, un membre des forces armées habilité à connaître les secrets du jour J a constaté avec effroi que certains noms de codes improbables, par exemple Utah, Omaha, Neptune, Mulberry et Overlord, étaient apparus à plusieurs reprises et à peu de jours d’intervalle, peu avant le 6 juin 1944, dans les solutions des mots croisés de The Daily Telegraph qu’il avait l’habitude de résoudre chaque matin en allant travailler. L’auteur des mots croisés du DT (de 1925 à 1962), Leonard Dawes, un a priori paisible professeur, fut promptement arrêté et longuement interrogé, mais rien de probant ne put être établi contre lui et l’on conclut officiellement à une extraordinaire coïncidence. Néanmoins, les dernières recherches historiques tendraient à revenir sur ces  conclusions.

Le jeu se déroule sur une grille dont la forme est très généralement (mais pas systématiquement) rectangulaire. La grille est composée de cases blanches et de cases noires. Les cases noires servent de séparateurs, c’est-à-dire que toute série de cases blanches contiguës comprises entre deux cases noires et situées, soit sur une même ligne, soit sur une même colonne, correspond à un mot qu’il faut trouver. Cependant, il existe une exception : une case blanche coincée entre deux cases noires n’a pas à correspondre à un mot ; par conséquent, l’auteur d’une grille de mots croisés ne fournit jamais de définition pour ces mots d’une seule lettre.

Un amateur de mots croisés s’appelle un « cruciverbiste » (ou un « œdipe »), tandis que l’auteur d’une grille de mots croisés s’appelle un « verbicruciste » ou un « mots-croisiste » (ou un « sphinx »).

Les mots croisés en langue française sont généralement plus petits que ceux en langue anglaise et sont de forme carrée ou rectangulaire. Ils comportent en général 8 à 10 lignes et colonnes et totalisent de 81 à 130 cases. Les mots de deux lettres sont tolérés, ce qui n’est pas le cas pour les mots croisés anglophones.

Les accents et la plupart des signes diacritiques sont ignorés. Par exemple, en français, le Ê, initiale du mot ÊTRE, peut doubler l’une quelconque des lettres É, È et E du mot THÉORÈME, les deux mots étant  écrits ETRE et THEOREME.

Dans les mots-croisés américains, les grilles sont carrées et symétriques selon une rotation de 180°. Ainsi, si la grille est retournée tête en bas, le dessin formé par les cases noires est identique à celui de la position initiale. Chaque mot contient au moins trois lettres. Le nombre de cases noires est généralement limité au sixième du nombre total de cases.

Le design des grilles est similaire à celui des États-Unis, c’est-à-dire qu’en général les grilles sont symétriques. Par contre, le nombre de cases noires est beaucoup plus important, pouvant aller jusqu’à la moitié du nombre de cases. Généralement il n’y a pas de pavés de cases blanches.

Les grilles italiennes sont généralement rectangulaires et plus grandes que les grilles francophones, les 13 x 21 étant la taille habituelle. Elles ne sont pas symétriques, les mots de deux lettres sont également autorisés et le nombre de cases noires est minimisé. Les noms communs et propres sont autorisés, ainsi que les infinitifs et participes passés des verbes. Il en est de même pour les abréviations. Dans les grilles de grandes dimensions, il est usuel de mettre au centre de la grille des phrases composées de deux à quatre mots.

Comme pour les grilles en français, les accents et la plupart des signes diacritiques sont ignorés.

La forme des mots croisés allemands s’apparente à celle des mots croisés anglais, sans aucun pavé de cases blanches.

En ce qui concerne l’orthographe, les umlauts ä, ö, et ü sont remplacés par ae, oe et ue. De même, l’eszett ß est remplacé par ss.

La forme des mots croisés espagnols s’apparente aussi à celle des mots croisés anglais.

En ce qui concerne l’orthographe, les digrammes Ch et LL étaient considérés chacun comme une seule lettre en espagnol jusqu’en 1994, mais ont toujours occupé deux cases.

Outre la symétrie à l’américaine, le design des grilles japonaises suit souvent deux règles complémentaires : les cases noires sur les côtés sont réduites au minimum (en général une seule) et les cases de chaque coin sont toujours blanches.

Mots-croisés, entier postal, Allemagne.

Les règles d’orthographe sont particulières, du fait de la spécificité de la langue japonaise. Dans chaque case blanche est placé un katakana (l’un des deux syllabaires japonais) et non un caractère comme dans la plupart des autres langues.

Des mots croisés à remplir avec des kanjis sont également produits, mais en très petit nombre car ils sont très difficiles à construire. Bien qu’il y ait trois types d’écritures japonaises — le hiragana, le katakana et le kanji — les trois ne sont que rarement mélangées au sein d’une même grille.

L’hébreu s’écrit et se lit de droite à gauche et possède un alphabet consonantique (abjad) de vingt-deux lettres. Les voyelles ne sont donc pas transcrites en tant que caractères. Elles sont soit comprises par le contexte, soit entrées en tant que signes diacritiques. Ceci peut conduire à certaines ambiguïtés sur certains mots. Les concepteurs précisent souvent ainsi que les solutions doivent être entrées avec ou sans voyelles.

Par ailleurs, l’hébreu se lisant de droite à gauche, mais les chiffres romains étant écrits de gauche à droite, des ambiguïtés peuvent aussi apparaître dans la description des longueurs de mots, particulièrement lorsque la solution comprend une phrase avec plusieurs mots. Différents concepteurs et publications précisent les conventions en usage pour résoudre leurs grilles.

Une variante des mots croisés s’appelle les mots fléchés (arroword en anglais) que certains puristes préfèrent nommer « mots flèches », ou mots croisés suédois (la Suède les ayant inventés) : fondamentalement, la seule différence est que les définitions, au lieu d’être placées à côté de la grille, sont logées à l’intérieur des cases noires qui jouxtent la première lettre des mots à trouver. En pratique, les mots fléchés sont plutôt d’un niveau de difficulté moins élevé que les mots croisés, car généralement la place est insuffisante, dans les cases noires, pour loger des définitions subtiles (d’autant plus qu’une proportion assez grande de ces cases noires doit contenir non pas une mais deux définitions). Importés en France  d’Allemagne par Jacques Capelovici, ils sont considérés comme un moyen d’initiation aux mots croisés.

Il existe une autre variété de mots croisés : les « grilles muettes », dans lesquelles l’emplacement des cases noires n’est pas connu à l’avance. Dans une version un peu moins difficile, il est prévu d’indiquer, soit le nombre de cases noires présentes dans chaque ligne et chaque colonne, soit seulement le nombre total de cases noires. En pratique, on peut constater que les définitions présentes dans les grilles muettes sont rarement d’un très grand niveau de difficulté.

Début 2009, Jérémy Arki crée les Mots fléchés bilingues : ils consistent à faire deviner un mot en français avec une définition en anglais, et vice-versa, dans une grille où mots français et anglais se mêlent. Les cases rouges appellent un mot en anglais et les cases bleues appellent un mot en français. Ses grilles paraissent depuis le 17 juillet 2009, tous les week-ends, dans Le Monde puis dans Le Monde Magazine. Elles sont de format 9×9 et contiennent des définitions courtes, étant donné la taille des cases. Les mots contenus dans les grilles de niveau facile sont pour la plupart des mots du vocabulaire quotidien mais pas transparents, les définitions étant les simples traductions. Les grilles de niveau intermédiaire s’apparentent à des grilles de mots fléchés classiques françaises de niveau 2-3. Enfin, le niveau difficile laisse à l’auteur plus de liberté dans l’utilisation des cultures française et anglo-saxonne ainsi que dans le choix des mots contenus dans les grilles ; certaines de ces grilles difficiles sont à thème.

Source : Wikipédia.

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