Le zoo d’Anvers (Belgique).

Vers 1840, Jean-François Loos, échevin et, plus tard, bourgmestre et député de la ville d’Anvers, conçut le plan d’ériger un jardin zoologique public. Après une période de grande activité préparatoire au sein d’une commission provisoire, qui se réunit une première fois le 19 juillet 1841, la Société royale de Zoologie fut fondée le 21 juillet 1843. Le but de la société, exposé dans les statuts, est « de propager d’une manière agréable, le goût et les  connaissances de l’histoire naturelle, d’en faciliter l’étude aux membres » de la Société, ainsi qu’aux artistes et élèves de l’Académie royale des Beaux-Arts et aux élèves de l’École de Médecine et de l’Athénée d’Anvers ».

Le naturaliste anversois Jacques Kets en accepte la direction à la condition de pouvoir y héberger sa propre collection scientifique. Dès l’année suivante, Léopold I concède à l’établissement le titre de ‘royal’. L’institution est créée dans un climat économie florissant pour la Belgique, profitant de l’appui de nombreux mécènes liés au monde portuaire anversois. La devise de l’institution sera « Pro Natura et Scientia».

Un terrain d’environ un hectare et demi fut acquis, à l’est de l’ancien noyau de la ville, hors des remparts. L’année 1844 vit l’inauguration du premier bâtiment de la nouvelle société : un Musée de Zoologie où furent logées les collections de Kets. Le projet était de A. Demarbaix et comporta également quelques logements pour carnassiers et cages d’oiseaux au rez-de- chaussée.

En 1847, le capital social fut porté à F. 145.000 et d’autres terrains furent achetés. A ce moment, la collection d’animaux vivants se composa de quarante-huit espèces de mammifères,quatre-vingt-quatre espèces d’oiseaux et quelques reptiles. A la suite de nouveaux agrandissements en 1850 et 1855, la superficie du jardin avait atteint environ neuf hectares. Les collections vivantes, qui s’étaient entretemps considérablement accrues, étaient abritées dans diverses constructions, telles que : la fosse aux ours, la singerie, les volières pour oiseaux de proie, faisans, flamants, une douzaine de petits bâtiments rustiques, le monumental « Temple égyptien » (bâtiment des éléphants, conçu par Ch. Servais et L. Delgeur, 1855-1856). Pendant le premier semestre de l’année

1861, trente-cinq mammifères (quinze espèces), et des centaines d’oiseaux furent élevés au Jardin. Kets s’intéressa également à la culture des plantes exotiques et des arbres d’ornement. Grâce à lui le Jardin zoologique devint également un jardin botanique. Le plan général des jardins et des étangs, projeté par Emmanuel Van Cuyck, a pu être maintenu dans les grandes lignes jusqu’à nos jours. Sous la direction de Kets, la Société royale de Zoologie d’Anvers devint un organisme culturel viable et indépendant. Le nombre des sociétaires passa de cinq cent cinq en 1844, à deux mille six cents en 1861-1862. Le capital social avait été augmenté jusqu’à F. 400.000 (la population anversoise était en 1844 de 79.177 habitants).

La superficie du jardin zoologique passe d’à peine 1,59 à 10, 5 hectares et des édifices remarquables y sont édifiés, tels que le temple égyptien (en 1856) ou le bâtiment des antilopes (1861) en style oriental. Au XIXe siècle, une visite du zoo est encore très élitiste et le public emprunte les sentiers sur fond musical ; il se démocratise après la Première guerre pour devenir ‘le plus grand acteur touristique du pays avec ses 1,1 million de visiteurs en 2006.

Le Zoo connaîtra plusieurs vagues de (re)construction, dont nous citerons que quelques unes

– la période de 1847 à 1861 avec l’architecte K. Servais: il perdure encore de cette époque le temple égyptien ainsi que la cage aux rapaces.

– ensuite la période suivante avec E. Thielens (dès 1892) où on agrandit beaucoup.

– la période d’entre les deux guerres (1910-1945) ne connaîtra pas beaucoup de réalisations, car on manque de moyens. Mais on innove en agrandissant l’espace de vie des animaux.

– et après la Seconde guerre mondiale on réalisera trois ensemble remarquables c.a.d. le bâtiment des singes primates (1957), la cage aux fauves avec le dolphinarium (1967) et plus récemment les cages aux singes (1976).

Après la Seconde guerre mondiale, le zoo est complètement réorganisé pour répondre à des normes de sécurité. Les cages auront ainsi davantage d’espace et de lumière : citons celles des primates (1958), des rapaces ou des dauphins, construits pour les 125 ans du zoo, ainsi que le nocturama en 1968. En 1973, la section des reptiles est à son tour renouvelée et ces réhabilitations continuent aujourd’hui. Dans la seconde partie du siècle, le Zoo d’Anvers s’attèle également à un nouveau défi : s’insérer dans un processus de protection de la nature et d’espèces menacées, par l’élevage en captivité : citons entre autre l’okapi, le paon du Congo, le bonobo, la cigogne ou le cheval de Przewalski.

Un service éducatif est créé en 1969 .

En 1956, la Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen achète 40 hectares à Muizen pour créer un zoo similaire, celui de Planckendael. Il ne s’agit plus ici d’un simple centre de reproduction pour espèces en danger d’extinction ni d’un zoo pour animaux malades, mais d’un espace semi-naturel à part entière. Les sites de Planckendael et d’Anvers se rejoignent: le premier pour la présentation des animaux dans leur milieu naturel, le second pour ses caractéristiques culturelles et muséales. En 2007, l’institution a reçu le prix du ‘zoo le plus romantique et le mieux préservé du XIXe siècle’.

Les membres fondateurs furent : R. J. A. Cénie, consul général des Pays-Bas, à Anvers ; P. J. De Caters, propriétaire et banquier; J. F. Loos et G. A. Piéron, échevins de la ville d’Anvers ; C. J. De Cuyper, greffier provincial à Anvers ; J. J. Rigouts-Verbert, pharmacien et professeur de botanique à l’hôpital civil, et J. Kets, naturaliste, qui fut nommé directeur à vie.

Une grande personnalité de l’histoire du Zoo d’Anvers est J. Vekemans (le directeur entre 1865 et 1888), qui augmente le nombre d’animaux présentés et construit la plupart des pavillons anciens, et celle d’après 1950 avec les agrandissements de Planckendael (près de Malines en 1956, 40 Hectares) et du « De Zegge »( à Geel en 1952 sur une superficie de 96 Hectares)(voir dès la période du directeur W. Van den Bergh).

Synthèse entre zoologie et architecture, le Zoo déploie des enclos où les fonctions influencent l’esthétique. Une rénovation est en cours, qui va durer dix ans. Les travaux visent à augmenter le bien-être des animaux et à mettre l’institution en conformité avec les normes régissant leur détention. Le zoo veut également préserver ses caractéristiques d’« oasis dans la ville ».

Le(s) jardin(s) et plusieurs pavillons du XIXe siècle sont classés.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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