Le porc.

Sus domesticus est une espèce de mammifères domestiques omnivores de la famille des Porcins, ou Suidés. Appelé porc (du latin porcus) ou cochon ou encore cochon domestique, il est resté proche du sanglier avec lequel il peut se croiser.

Le statut taxonomique a changé au cours du temps : après avoir longtemps considéré le porc comme une sous-espèce du Sanglier (Sus scrofa), sous le nom de Sus scrofa domesticus, le code international de nomenclature zoologique a décidé de classer cette forme domestique (et de nombreuses autres) comme espèce séparée, afin d’éviter les confusions entre les populations sauvages et domestiques.

La femelle adulte est la truie (coche), la jeune femelle élevée pour la reproduction est une cochette, le mâle est le verrat et le jeune cochon (avant le sevrage) s’appelle porcelet, cochonnet, goret (ou cochon de lait dans l’assiette), le jeune porc sevré se nomme nourrain (ou nourrin).

Porc, carte maximum, Suisse.

Le terme désigne aussi la viande fournie par cet animal qui est la viande la plus consommée dans le monde alors même que le porc fait l’objet d’un interdit alimentaire dans certaines religions (dans le judaïsme, l’islam et trois églises chrétiennes : l’Adventisme, l’Église orthodoxe éthiopienne et l’Église kimbanguiste). La production se concentre dans trois zones : l’Europe (y compris la Russie), l’Asie (notamment la Chine) et l’Amérique du Nord (le Canada – l’un des plus grands producteurs, avec notamment le Québec – et les États-Unis). La Chine avec 46 millions de tonnes (2003) produit presque la moitié du total mondial.


La domestication de porcs a été faite dans 2 foyers indépendants vers – 8000 au nord de la Mésopotamie et en Chine. Selon Larson les plus anciennes traces connues de porcs domestiques se trouvent dans l’est de la Turquie et à Chypre, soit dans la région qui a vu la naissance de l’agriculture, et datent du IXe millénaire av. J.-C..

Dans le nord de la Mésopotamie, la domestication des porcs a suivi une voie mixte « commensale et proie » transformée en un élevage extensif qui a persisté comme forme dominante de gestion des porcs pendant plusieurs millénaires. Les données zoo-archéologiques sont encore insuffisantes pour spéculer sur les premiers stades de la domestication des porcs en Chine, mais le développement de l’élevage aurait été plus intensif (enclos et fourrage), tandis qu’il ne s’est pas développé au Japon.

La génétique montre une claire origine au sein de l’espèce Sus scrofa (le sanglier). Les races domestiques européennes ont certaines des spécificités génétiques des sangliers européens ; les cochons asiatiques sont plus proches des lignées de Sus scrofa asiatiques.

Le cochon domestique possède 38 chromosomes (compté pour la première fois en 1931, ce nombre a fait l’objet de discussions au cours des trente années suivantes, étant parfois donné comme égal à 39 ou 40). Le sanglier n’en possède que 36, à la suite d’une fusion ancestrale. Leur descendance commune est fertile. L’hybride est appelé cochonglier ou sanglochon. Les hybrides de première génération possèdent 37 chromosomes. Ensuite ils peuvent avoir 36, 37 ou 38 chromosomes. L’hybridation est fréquente dans les régions d’élevage de cochons en plein air ou bien lorsque la population sauvage a été reconstituée par des femelles de cochons domestiques saillies par un sanglier mâle, ainsi le sanglier corse est génétiquement très proche du cochon domestique. Cette pratique est habituelle en période de guerre.

L’animal au poids le plus important connu est chinois : il pèse une tonne.

En fonction des critères testés, les cochons peuvent être considérés comme plus intelligents que les chiens ou encore ayant des capacités équivalentes aux chimpanzés.

Les cochons ont une bonne mémoire spatiale et mémorisent les meilleures sources de nourriture.

Ils peuvent apprendre à faire leurs besoins dans un endroit précis en trois jours.

Ils sont joueurs (balle, bâton, sautillements, poursuite…) et peuvent également interagir avec des jeux vidéo.

Ils réussissent une variante du test du miroir où un bol de nourriture peut être trouvé uniquement en déduisant sa position du reflet du miroir.

Ils savent différencier leurs congénères ainsi que distinguer un humain familier d’un autre.

Un cochon qui sait où se trouve un point de nourriture est capable de développer une stratégie pour ne pas vendre la mèche à un autre cochon qui a l’habitude de lui voler sa nourriture.

Interdite dans les religions juive et musulmane, la viande de porc est parmi les viandes les plus consommées au monde. Elle présente un certain nombre de dangers sanitaires (vers, toxines) si elle n’est pas préparée convenablement (la viande de porc doit pour cette raison être soit cuite, soit tranchée très fine).

Presque toutes les parties du porc sont utilisables en cuisine, ce qui se traduit par le dicton populaire « Dans le cochon, tout est bon », expression attribuée à Brillat-Savarin. Dans Scènes de la vie future, Georges Duhamel visitant les abattoirs de Chicago fait remarquer que « seul le cri du porc » n’est pas récupéré chez cet animal.

Les soies de porc servent à la fabrication de pinceaux et de brosses. Sa peau fournit un cuir utilisé pour la fabrication de vêtements, de doublure de chaussures et d’articles de maroquinerie variés.

Au XIIe siècle, les porcs, clochette au cou, divaguent dans les rues de Paris et en nettoient les immondices. L’un d’eux cause, le 13 octobre 1131, la chute et la mort de Philippe, fils aîné et héritier du roi Louis VI le Gros. À la suite de cet accident, un édit royal interdit la divagation des cochons. Les seuls cochons qui échappent à l’interdit sont ceux des confréries de moines Antonins. Saint Antoine l’ermite est donc souvent identifié par sa proximité avec un cochon.

Les restes d’aliments, les détritus de cuisine, les résidus de la fabrication de bière familiale ont fait partie, des siècles durant, de l’alimentation donnée aux porcs.

La plupart des cochons utilisés comme animaux de compagnie sont des cochons de races dites naines. En tant que nouvel animal de compagnie (NAC), le cochon ne bénéficie pas de la législation européenne sur les animaux de compagnie, qui est propre aux carnivores domestiques (chiens, chats et furets) ce qui complique fortement son passage aux frontières. Il ne bénéficie pas non plus de la législation européenne propre aux équidés domestiques.

Cela suscite des débats pour que le cochon devienne officiellement un animal de compagnie, en tout cas au moins pour les cochons nains.

De nombreux foyers abandonnent leur animal soit parce qu’ils pensaient avoir acheté un cochon nain et qu’il se retrouvent avec un cochon de race bouchère, soit parce qu’ils n’ont pas su l’éduquer ou subvenir à ses besoins comportementaux spécifiques.

Sa constitution anatomique et biologique proche des humains et sa facilité d’élevage ont fait que le cochon est utilisé en recherche médicale et dans des applications thérapeutiques : chirurgie cardiaque, production d’insuline, héparine (anticoagulant). La taille de ses organes internes est la même que celle des humains, ce qui en fait un bon candidat aux xénogreffes.

La peau du cochon est très proche de celle des humains et peut, comme celle de l’homme, recevoir des coups de soleil (contrairement à une idée  répandue, ce ne sont pas les seuls animaux pour qui c’est le cas). Elle est utilisée pour le traitement des grands brûlés.

Au Proche-Orient, la domestication du porc remonte au IXe millénaire av. J.‑C. selon des études génétiques. Le porc a été domestiqué bien après les ovins et les bovins, car peut-être moins capable de transhumer, et donc de suivre des groupes humains nomades. Sa domestication correspondrait donc à la sédentarisation de groupes humains et à l’apparition de l’agriculture. Elle débute probablement en Asie Mineure, et est attestée à l’âge du bronze chez les Égyptiens et les Mésopotamiens.

En Chine, le porc constitue le premier bétail domestiqué41 aux alentours de – 9000 à Jiahu, vers – 8000 à Cishan. D’autres domestications dans le Sud de l’Asie sont probables.

Des cochons sauvages corses, anciens cochons domestiques retournés à l’état sauvage, et seuls cochons d’origine européenne ancienne à avoir des origines moyen-orientales.

La génétique montre que les porcs européens sont issus de lignages de sangliers européens. « Curieusement, l’haplotype Y2 a été identifié dans le cochon sauvage corse moderne, ce qui en fait le seul spécimen européen moderne à posséder un haplotype du Proche-Orient et suggère que la lignée de ce cochon descend des premiers porcs domestiques arrivé en Corse avec les premiers colons néolithiques de l’île ». Par contre, les analyses sur des porcs fossiles européens montrent pour des périodes anciennes (5500 à 3900 ans avant notre ère) la présence de porcs portant des marqueurs moyen-orientaux sur une route de pénétration des cultures néolithiques moyen-orientales qui va du nord de la mer Noire à la France. Ces animaux sont présents au côté de souches strictement européennes, qui finiront par les supplanter au IVe millénaire avant notre ère.

La facilité d’élevage et de reproduction du porc, l’abondance de sa viande vont faciliter son expansion rapide en Asie et en Europe. Mais certains peuples dont les Juifs ont considéré cet animal comme impur (tabou alimentaire). Les Juifs, conformément à leurs textes religieux, ne mangeaient que des animaux ruminants aux sabots divisés, comme les bovins et les agneaux. L’animal fait l’objet du même interdit dans l’islam.

En Angleterre, du temps de Guillaume le Conquérant, les forêts étaient encore si nombreuses et étendues qu’elles n’étaient pas valorisées par la quantité de bois, ou ce qui pourrait être abattu chaque année, mais par le nombre de porcs que les glands pouvaient entretenir. L’explorateur espagnol Hernando de Soto, introduisit des porcs en Floride en 1539, comme source de nourriture pour les colons, et comme les autres animaux qui furent introduits dans les bois entre 1565-1732, ils se féralisèrent et finirent par perturber dramatiquement certains écosystèmes, notamment celui du pin des marais. Falmouth, en Virginie, a été surnommé « Hogtown » pendant la période coloniale à cause de tous les porcs qui couraient librement dans la région, et ce nom s’est longtemps maintenu au XXe siècle. Aujourd’hui en Virginie beaucoup de porcs continuent à s’échapper des enclos de ferme, et constituent un fléau dont l’État tente de se débarrasser. New-York est connue pour ses porcs éboueurs qui nettoyèrent ses rues des ordures ménagères jusqu’au XIXe siècle.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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