Le panda géant.

Le panda géant (Ailuropoda melanoleuca) est une espèce de mammifères, habituellement classée dans la famille des ursidés (Ursidae), endémique de la Chine centrale. Il fait partie de l’ordre des Carnivores, même si son régime alimentaire est constitué à 99 % de végétaux, principalement du bambou.

Il ne vit que dans le centre de la Chine, dans des régions montagneuses recouvertes de forêts d’altitude, des provinces du Sichuan et du Gansu (dans les régions traditionnelles de l’Amdo et du Kham du Tibet oriental), ainsi qu’au Shaanxi, entre 1 000 et 4 000 mètres.

Jusqu’en 1901, le panda géant était connu par les anglophones sous le nom de « parti-coloured bear ». Par la suite, il fut lié au panda roux (Ailurus fulgens), dont il possède des caractéristiques communes comme le « sixième doigt » ou « faux pouce », qu’il partage également avec Simocyon batalleri, l’ancêtre européen d’il y a 9 millions d’années du panda roux, ayant la taille d’un puma, retrouvé à Batallones, près de Madrid. Ailurus fulgens appartient en réalité à une autre famille, les Ailuridae, dans la superfamille des Musteloidea, qui comprend également les belettes, les moufettes et les procyonidés.


Le panda géant est volumineux et massif : il pèse de 80 à 125 kg, avec une moyenne de 105,5 kg ; il mesure de 1,50 à 1,80 mètre de longueur, avec une moyenne de 1,65 mètre. Comme chez la majorité des grands mammifères, les femelles sont généralement plus petites et moins massives.

Le panda est noir et blanc. Il est majoritairement constitué de blanc, avec les oreilles, les pattes et le contour des yeux noirs. Son pelage épais le protège du froid des régions de haute altitude où il vit.

Panda géant, carte maximum, Chine.

Le panda possède six doigts dont un « faux pouce » opposable à ses cinq doigts. Phénomène de convergence évolutive, il provient de la transformation d’un os du poignet modifié (l’os sésamoïde). Stephen Jay Gould a utilisé cette particularité anatomique comme un exemple de « bricolage évolutif » dans son essai Le Pouce du panda. Ce pouce est une adaptation liée à l’alimentation (il sert notamment à attraper les tiges de bambou dont il se nourrit en grande quantité) ou au déplacement.

Herbivore, il a de puissantes dents, pour broyer les bambous. Il possède 42 dents.

Son ouïe et son odorat sont très fins : il utilise surtout ces deux sens pour s’orienter et se repérer. Sa vue, en revanche, est plutôt médiocre : moins bonne que celle du chat ou de l’homme.

Le Panda de Qinling est une sous-espèce de panda résidant uniquement dans les montagnes de Qinling en Chine a une altitude de 100 à 3 000 m. Il se distingue notamment par sa fourrure ventrale brune.

La classification taxonomique précise du panda a longtemps été discutée. Ainsi, « dans le passé, le panda roux a été classé dans une famille séparée, les Ailuridae avec le panda géant », mais cette classification est aujourd’hui abandonnée au bénéfice d’un classement du Panda géant chez les ursidés, classification basée sur sa dentition, l’étude de son squelette et la génétique.

Autre classification devenue obsolète, « tant le panda géant […] que petit panda roux (Ailurus fulgens) ont été regroupés dans le passé comme procyonidés », la famille des ratons laveurs. Même si cette classification est également abandonnée, elle rappelle que les ursidés et les procyonidés sont deux sous-groupes assez proches parmi les carnivora.

Sa description tardive en Occident s’explique par son habitat situé dans des régions difficiles d’accès aux Européens avant le milieu du XIXe siècle.

Le nom chinois actuel de l’animal est « grand chat-ours » 大熊猫, dà xióngmāo. Cette composition est pour le moins bizarre, puisqu’en chinois contemporain écrit de gauche à droite, la tête (ou noyau) d’un syntagme nominal étant en fin (à droite), il s’agirait d’un chat ayant des qualités d’ours et non l’inverse.

L’origine de cette incohérence, viendrait selon le professeur Hu Jinchu 胡锦矗, d’une erreur de sens de lecture des caractères. Rappelons qu’ils peuvent se lire traditionnellement aussi bien verticalement de haut en bas, ou horizontalement de droite à gauche ou de gauche à droite (ordre qui s’est imposé sur le continent dans les années 1950, bien avant qu’à Taiwan). Lorsque le 11 août 1939, un grand panda a été transféré de l’Université de Chengdu au parc Beibei de Chongqing pour une exposition, on créa de toute pièce un nom chinois. Ce nom écrit horizontalement sur un panneau était en chinois (et en anglais) « 猫熊 », soit en lecture gauche-droite maoxiong18, « ours-chat », ours ayant des caractéristiques du chat (peut -être une allusion au genre Ailuropoda « à pied de chat »). Mais les visiteurs qui avaient l’habitude de lire les livres de droite à gauche et qui ne connaissaient pas l’animal, ont lu xiongmao « chat-ours ». Cet usage oral s’est par la suite imposé en Chine.

Toutefois, l’ordre inverse a été recommandé à Taiwan. En mai 2008, après l’élection à la présidence de Taiwan de Ma Ying-jeou, un président favorable à l’unification avec la Chine continentale, celle-ci offrit deux pandas géants Tuan Tuan et Yuan Yuan à Taiwan. On fit alors valoir que le nom devait être rectifié : l’animal était un ours et pas un chat et devait être appelé 猫熊 maoxiong.

Jusqu’au début du XXe siècle, le panda géant qui vit dans les forêts de bambous de montagne, à hautes altitudes, loin des hommes était peu connu des Chinois, à part des chasseurs locaux du Kham oriental qui l’appelaient baixiong 白熊 « ours blanc » d’après le père David ou huaxiong 花熊 « ours fleuri » pour les paysans du Sud Shaanxi.

Suite à l’adoption d’un logo le représentant par le WWF, le panda devint rapidement une célébrité mondiale, à la fin du xxe siècle. Les autorités politiques chinoises surent en tirer bénéfice en pratiquant une diplomatie du panda. Il fut même élu « Trésor national de la Chine ».

Pour être digne du titre, il ne restait plus qu’à l’insérer dans le cours de la longue histoire culturelle de la Chine. Toutefois si le panda avait un nom en chinois classique, il avait été oublié. Des érudits chinois comme le professeur Hu Jinchu tentèrent alors de le rapporter à la multitude d’animaux mythiques et de monstres étranges du « Classique des montagnes et des mers » (Shanhaijing) et du « Classique des vers » (Shijing) ; pour lui, le panda géant possède plus de 30 dénominations dans la riche littérature chinoise.

À partir des années 1970, certains le reconnurent plus particulièrement dans le plus ancien dictionnaire Er ya sous les traits de « 貘 mo, le léopard blanc ». Le Shuowen Jiezi, un dictionnaire de caractères du iie siècle, définit ainsi ce même 貘 mo: « comme un ours, de couleur jaune et noir, venant du Shu » (l’actuel Sichuan). Guo Pu 郭璞 (276-324) dans ses commentaires de Er ya, note comme le Shuowen que le 貘 mo est « comme un ours, avec une petite tête, des pattes courtes, un mélange de noir et blanc ». Guo Pu précise que ses os sont solides, qu’il peut manger du fer et du cuivre et qu’il vit dans les monts Qionglai (situés dans le Sichuan). Au xvie siècle, le médecin Li Shizhen reprend à propos de 貘 mo, les informations de la tradition et cite Su Song (1020-1101) « il est présent à Qian, à Shu et sur le mont Emei. Le Mo a une trompe d’éléphant, des yeux de rhinocéros, une queue de vache, et des pattes de tigre. Il mange les chaudrons des indigènes » (Bencao gangmu).

« Le panda géant est confiné à la Chine du centre-sud. Actuellement, il se trouve dans certaines parties de six chaînes de montagnes isolées (Minshan, Qinling, Qionglai, Liangshan, Daxiangling et Xiaoxiangling), dans les provinces du Gansu, du Shaanxi et du Sichuan (environ 75 % de la population habite la province du Sichuan). L’habitat du panda englobe environ 30 000 kilomètres carrés entre 102 et 108,3° de longitude est, et 28,2 à 34,1° de latitude nord ».

Il habite des forêts de bambous, un habitat qui n’a cessé de régresser au bénéfice de l’agriculture, ne lui laissant aujourd’hui que des îlots dispersés et isolés les uns des autres.

Le panda géant est habituellement représenté mangeant paisiblement du bambou plutôt que chassant, ce qui ajoute à son image de l’innocence. En effet, bien que classé parmi les Carnivores (classe des Carnivora), cet animal se nourrit principalement de végétaux. Même s’il a été rapporté qu’il mange à l’occasion des œufs et des insectes, son régime alimentaire est constitué à 99 % de végétaux, quasi uniquement de bambous (jusqu’à 20 kg par jour), bien que cette plante soit peu digeste, mais peut inclure ponctuellement d’autres végétaux, et même un peu de viande (petits rongeurs, poissons…30). Son origine de Carnivore explique d’ailleurs qu’il dispose d’un système digestif capable de digérer de la viande. Son microbiote serait plus proche de celui de ses homologues carnassiers ou omnivores, que de celui des herbivores stricts. Il possède peu des bactéries que l’on retrouve chez les herbivores, tels que les ruminants, qui décomposent la cellulose, composant principal du bambou. Les scientifiques pensent que les pandas ont commencé à manger du bambou à une époque lointaine où les autres sources de nourriture sont devenues rares, et auraient vécu sur cette niche alimentaire depuis quatre millions d’années.

Son faux pouce lui permet de cueillir et de tenir les tiges de bambou. Il passe près de 14 heures par jour à les mastiquer en raison de sa faible capacité à assimiler la cellulose (privé de cæcum, comme n’importe quel ursidé, il ne peut en digérer que 17 %). Les pousses sont avalées tout entières, mais il ne garde que le cœur et rejette l’écorce. Le transit intestinal dure environ huit heures. Beaucoup de forêts de bambous chinoises sont aujourd’hui exploitées par l’homme ou ont été défrichées pour devenir des terres cultivables. C’est une des raisons de la forte régression de l’espèce, qui ne dispose plus de son aliment de base.

Le génome du panda a été séquencé par une équipe chinoise en 201031 : ses 21 000 gènes contiennent notamment tous ceux codant les enzymes caractéristiques d’un régime carnivore (typique des ursidés) mais celui qui code le récepteur de la saveur de l’umami est muté, ce qui pourrait rendre inactif ce récepteur sensible à la saveur des viandes, et ainsi expliquer en partie pourquoi le panda a un régime alimentaire essentiellement végétarien, alors qu’il est, du point de vue phylogénétique, un carnivore.

Les pandas atteignent une maturité sexuelle entre 5 ans et demi et 6 ans. Ils ne peuvent se reproduire que quelques jours par an, ce qui rend leur reproduction difficile. La durée de la gestation est d’environ 112 à 163 jours (137,5 jours en moyenne). La mère peut donner naissance à un ou deux petits, rarement trois, avec une moyenne de 1,7 petit par portée. Cependant celle-ci ne s’occupe que d’un seul petit et les autres meurent rapidement, peut-être parce que l’énergie nécessaire pour en élever plus est trop élevée, mais le débat n’est pas clos sur cette question. En ce qui concerne les animaux en captivité, afin d’éviter cette perte, des chercheurs américains font actuellement des études sur le fait d’alterner les petits, ainsi la mère s’occupe des deux petits sans s’en rendre compte. À sa naissance, le petit pèse à peine entre 85 et 140 grammes (110 grammes en moyenne)8 et est élevé uniquement par sa mère. Après environ 46 semaines, le petit est totalement sevré, et il peut se débrouiller seul à environ 18 mois.

Ayant une fécondité naturellement faible, ils ont aussi beaucoup de difficultés à se reproduire en captivité. Le mâle, avec sa nourriture à portée de main, prend l’habitude de ne pas faire d’efforts, même pour se reproduire. Des problèmes psychologiques renforcent ce phénomène. Au Centre de recherche sur la reproduction des pandas géants à Chengdu (Chine), seulement 10 % d’entre eux s’accouplent, et seulement 30 % des femelles accouplées font des petits. Afin de sauvegarder cette espèce menacée, les zoos et les centres d’élevage ont souvent recours à l’insémination artificielle. Les premiers succès de cette technique ont été obtenus au zoo de Pékin dès 1978.

L’espérance de vie en captivité est de 20-25 ans, le record de longévité étant détenu par Jia Jia, une femelle hébergée à l’Ocean Park Hong Kong, qui est morte à 38 ans le 16 octobre 2016 (l’équivalent de 100 années humaines). Dans la nature, la longévité de l’animal est mal connue, mais serait d’une quinzaine d’années.

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