Le paradisier.

La famille des paradisiers (Paradisaeidae ou paradiséidés) rassemble  environ quarante espèces, classées en seize genres. La plus célèbre est le paradisier grand-émeraude, la plus anciennement – mais pas la mieux – connue. La dernière découverte, en 1939, est le paradisier à rubans. Le mâle arbore deux plumes caudales blanches d’un mètre de long. Les oiseaux de paradis seraient apparentés aux corbeaux.

Ils se rencontrent exclusivement en Nouvelle-Guinée, dans les îles avoisinantes (Moluques, Aru) et pour quatre d’entre eux à l’est de l’Australie. Certains occupent une aire géographique très limitée. Ils vivent en forêt. 70 % sont considérés comme montagnards et 30 % sont des hôtes de haute montagne (entre 1500 et 3 500 mètres d’altitude). Ils sont frugivores, surtout, ou/et insectivores.

Chez la plupart des espèces, le dimorphisme sexuel est très marqué et les mâles sont polygames. Ce sont ces mâles colorés qui ont été chassés pour la beauté de leur plumage. Malgré tout la population s’est maintenue, les  paradisiers affectionnant des zones parfois difficilement accessibles et ces mâles à la parure voyante ne jouant aucun rôle dans l’élevage des petits. En outre, ils atteignent leur maturité sexuelle avant de revêtir, vers cinq-six ans, leur livrée d’adulte. Faute de mâles à plumage décoratif, les femelles peuvent donc s’accoupler avec des individus plus jeunes.

Si l’on s’est longtemps focalisé sur ce plumage, la parade nuptiale attire davantage l’attention à présent. Beaucoup de mâles l’effectuent dans les arbres, parfois tout en haut de la canopée. Ceux qui paradent au sol, comme le sifilet, veillent à entretenir leur « arène ». Les mâles paradent seuls ou en groupe. C’est cette dernière pratique qui est adoptée chez les mâles du  genre Paradisaea, comme les paradisiers émeraudes ou le paradisier de Raggi, dont un spécimen figure actuellement dans le hall de la bibliothèque. Les paradisiers de Raggi ressemblent beaucoup aux paradisiers grand-émeraude souvent représentés dans les livres anciens, si ce n’est que les longues plumes des flancs sont rouge-orangé et non jaunes. Ils peuvent être vingt à parader simultanément sur le même arbre. Les femelles, plus ternes, élèvent seules les petits. Cette espèce se nourrit principalement de fruits, mais ne dédaigne éventuellement pas les insectes, les araignées, voire les grenouilles ou les lézards. Le paradisier de Raggi, présent sur une vaste superficie, dans les forêts de la moitié est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, orne le drapeau de ce pays.

Un paradisier royal et un paradisier fastueux sont également exposés à l’occasion de ces Petites Vitrines. Le premier est l’un des plus petits paradisiers et aussi le plus répandu. Il vit dans les forêts de basse altitude, sur la presque totalité du territoire guinéen et les îles alentour. Les mâles ont la tête et la partie supérieure du corps d’un rouge cramoisi. Ils possèdent deux longs filets caudaux terminés par de petits « disques » verts. Ils sont polygames et chacun choisit sa propre aire de parade, en hauteur. Les femelles, brunes comme très souvent chez les paradisiers, sont en revanche les seules à nicher dans un tronc d’arbre. Cette espèce était déjà connue des Européens au XVIe siècle.

Le paradisier fastueux réside lui dans les forêts de montagne à l’ouest et au centre de la Nouvelle-Guinée. Le mâle, presque entièrement noir, arbore une très longue queue, absente chez le spécimen du CVCU et extrêmement prisée des tribus indigènes pour leurs coiffes traditionnelles. Cette espèce, aussi chassée pour sa chair et confrontée à la destruction de son biotope à des fins de mise en culture, est classée comme vulnérable. Lors de la parade nuptiale, le mâle, perché en haut d’un arbre, déploie et agite les trois « éventails » de plumes situés sur ses flancs, prenant une forme ovoïde noire sur laquelle se détache un fin liseré bleu métallique.

Source : Université de Poitiers.

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