Le blaireau.

Le Blaireau européen (en réalité plutôt eurasien) porte le nom scientifique Meles meles. C’est la plus grosse espèce de Mustélidés d’Europe. Trapu et court sur pattes, il peut atteindre 70 cm de long (90 cm avec la queue, qui mesure 20 cm environ), pour 25 à 30 cm au garrot et jusqu’à une vingtaine de kilogrammes (12 kg en moyenne).

Meles meles possède 34 dents. Il présente parfois une très petite prémolaire derrière les canines.

Il est très reconnaissable aux bandes longitudinales noires qu’il porte sur son museau blanc. Ce blaireau vit potentiellement dans presque toute l’Europe et une grande partie du nord de l’Asie centrale et du nord, au sud du cercle polaire (jusqu’à 2 000 m d’altitude en France).

Selon les données paléontologiques disponibles, cette espèce était très présente (hors summums glaciaires) durant l’Ère quaternaire dans une grande partie de l’Eurasie, y compris dans la période historique où ses ossements sont fréquemment trouvés par les archéologues. Elle est cependant apparue récemment (il y a environ 800 000 ans).
Ses fossiles les plus anciens datent en France du Pléistocène (il y a environ 100 000 ans).

Blaireau, carte maximum, Belgique, 7/12/1974.

Il était autrefois largement présent en Eurasie, et il vit encore jusqu’à deux mille mètres d’altitude en France (où il manque cependant en Corse).

Il semble aujourd’hui confiné à certaines forêts et bordures de haies prairiales et plus rarement en milieu ouvert, mais alors près d’un bosquet, d’une haie épaisse. Cette répartition pourrait aussi résulter des pressions de chasse faites sur l’espèce depuis plusieurs millénaires.

Il est immédiatement reconnaissable aux bandes longitudinales noires qu’il porte sur le museau et qui couvrent ses yeux noirs jusqu’aux oreilles. Le reste du pelage est gris, devenant noir sous le ventre et les pattes. La mue se déroule à l’automne.

Massif et court sur pattes, avec un corps allongé et une croupe plus large que les épaules, il peut faire penser à un petit ours doté d’une queue touffue.

La femelle est généralement un peu plus petite que le mâle.

Il a une mauvaise vue, mais une ouïe fine et surtout un très bon odorat. Deux glandes anales produisent des sécrétions odorantes utilisées pour marquer le territoire et les congénères.

Le dessus du crâne porte une forte protubérance caractéristique des crânes de nombreux carnivores, la crête sagittale, qui résulte de la soudure de l’os pariétal.

Ses pattes robustes et pourvues de solides griffes ainsi que sa tête petite et d’allure conique évoquent une adaptation à une vie fouisseuse. Ses pattes puissantes lui permettent par ailleurs de courir à des pointes de 25 à 30 km/h.

Elle est de quinze ans, et peut aller jusqu’à vingt ans en captivité, mais elle est bien moindre dans la nature, où 30 % des adultes meurent par an, davantage chez les mâles, d’où la prépondérance des femelles. Généralement, ils vivent quatre ou cinq ans, quelques-uns atteignant (rarement) dix à douze ans. 30 à 60 % des jeunes meurent dans leur première année, de maladie, de famine, de parasitose, ou chassé par l’homme, le lynx, le loup, le chien, le renard, le grand-duc, l’aigle…, voire parfois d’« infanticide animal ». Le blaireau est sensible à la rage et à la tuberculose bovine, très répandue en Grande-Bretagne et en Irlande.

Cet animal territorial a longtemps été présenté comme solitaire (sa vie est des plus tristes et des plus monotones écrivait Victor Rendu) ; Emmanuel Do Linh San, Docteur en éco-éthologie de l’université de Neuchâtel (Suisse) et le Muséum national d’histoire naturelle de Paris le présentent maintenant comme un solitaire qui vit en groupe, longtemps méconnu, même des scientifiques en raison de ses mœurs essentiellement nocturnes. Contrairement aux autres mustélidés, il ne grimpe pas aux arbres, mais peut escalader un tronc penché ou traverser une rivière sur un arbre (au besoin ou pour échapper à un prédateur ou une inondation, il peut aussi nager1). Chaque clan est fidèle au terrier principal, mais certains individus peuvent quitter leur clan pour un clan voisin.

Sa vie sociale (quand il ne vit pas solitairement) est marquée par :

  • le toilettage ; il se fait généralement en commun et durant plusieurs minutes au sortir du terrier ;
  • les marquages sociaux odorants ; ils se font à partir de sécrétions de la région anale déposées par frottement d’un individu sur les flancs et la croupe d’un congénère, ces deux régions étant régulièrement reniflées quand deux blaireaux se rencontrent ;
  • les jeux ; ils concernent surtout les jeunes mais aussi parfois les adultes. Constitués de roulades, bousculades, courses poursuites, empoignades à la nuque, emboîtements de mâchoires, tentatives de grimper aux arbres, etc., avec souvent des vocalises de type staccatos (évoquant parfois un petit rire), couinements, grognements, soufflements ou ronronnement, et des attitudes spécifiques (aplatissement sur le sol ou au contraire dos arqué et poils hérissés), ponctuées de marquages mutuels.

Il existe une certaine hiérarchie dans les groupes, mais qui semble moins marquée que chez de nombreux autres mammifères.

On sait par les études écoéthologiques poussées faites au Royaume-Uni que dans les régions où ses populations sont denses il forme des clans de quelques individus (et jusqu’à une trentaine exceptionnellement) qui, autour d’un terrier commun principal, défendent le territoire du clan par un marquage odorant (sécrétions de glandes périanales, sous-caudales et digitales et crottes accumulées dans des « latrines » périphériques (trous cylindriques creusés dans le sol) surtout utilisées au printemps et en automne), et des patrouilles régulières aux limites du territoire qui sont marquées par des coulées bien nettes. Les blaireaux intrus sont agressés et chassés.
Inversement, là où il est rare (en zone périurbaine ou d’agriculture intensive par exemple), son comportement social est différent : il est moins territorial (on observe même des chevauchements de territoires et de domaines vitaux de groupes différents et parfois il vit solitairement sans marquage ni défense du territoire.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

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