L’alpaga.

L’alpaga est un animal indissociable du Pérou. Omniprésent avant la colonisation des espagnols (à partir du 16ème siècle), il a alors été repoussé vers les hauteurs arides des Andes, ce qui a diminué drastiquement sa population.  Il est redevenu depuis le siècle dernier l’un des animaux symboliques et protégés du Pérou, grâce à sa laine d’exception.
L’alpaga, indispensable chez les Incas, puis exilé par la colonisation.

L’alpaga est un animal historique au Pérou. Avec son cousin le lama, l’alpaga était le principal animal élevé par les populations andines durant les époques préhispaniques. Ces deux animaux étaient notamment appréciés pour leur viande, leur laine, ou pour être l’objet de sacrifices religieux. Le lama se distinguait aussi pour sa capacité à transporter des charges lourdes. L’alpaga était quant à lui déjà identifié pour la qualité de sa fibre. La “laine des dieux” était tissée selon les techniques ancestrales.

Alpaga, carte maximum, Paris, 2010.

Suite à la colonisation espagnole (16ème siècle), l’alpaga est « abandonné » au profit d’autres animaux d’élevages importés (vaches, chevaux… ). Il est alors repoussé vers les terres les plus hautes des Andes non cultivables et plus arides. Sa population diminue radicalement mais il survit grâce notamment à sa capacité à supporter des températures extrêmes, chaudes ou froides. Il survit aussi grâce à l’attachement traditionnel que lui voue la population andine.

Ce n’est qu’au milieu du 19ème siècle que l’alpaga suscite un nouvel intérêt. En effet, sa laine d’exception commence à être connue au-delà des frontières péruviennes. Elle se construit une fameuse réputation grâce à sa finesse, sa douceur et ses propriétés thermorégulatrices. A la fois naturelle et rare, l’alpaga devient une matière prisée par les personnes aisées. Pour l’anecdote, sachez que le verbe “alpaguer” est un dérivé du terme “alpague”, qui au milieu du 19ème siècle désignait des vêtements masculins de haute qualité confectionnés avec de la laine d’alpaga…

Depuis cette époque, l’alpaga n’est donc plus seulement élevé par les populations andines pour leurs besoins de subsistance. Celles-ci s’organisent alors pour répondre à la demande croissante d’un marché international reconnaissant la valeur exceptionnelle de la fibre d’alpaga. Au début du 20ème siècle (à partir des années 30), débute alors la mécanisation du filage, puis celle de la confection.

L’alpaga est aujourd’hui encore principalement présent dans les Andes péruviennes. Au moins 80% de la population des alpagas (4 millions) y sont élevés. On en retrouve également un nombre important dans les Andes boliviennes, puis un nombre plus restreint dans les Andes chiliennes et argentines. D’autres pays tentent depuis quelques années de développer l’élevage des alpagas, notamment les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. On trouve aussi quelques petits élevages en Europe, notamment en France.

Aujourd’hui, l’alpaga au Pérou, ce sont plus de 4000 tonnes de fibres récoltées chaque année. Plus de la moitié de la production est exportée, ce qui correspond ces dernières années en moyenne à plus de 200 millions de dollars d’exportation. Elle est notamment importée par les plus grandes marques de luxe vers leurs ateliers où sont confectionnés leurs vêtements, principalement en Italie ou en Asie. La laine d’alpaga est ainsi dignement représentée dans les compositions de manteaux, de pulls ou de pantalons haut de gamme.

Au Pérou plusieurs ateliers de confection, de toute taille, ont également vu le jour. Les vêtements et accessoires en alpaga sont aujourd’hui omniprésents dans les boutiques dédiées aux touristes qu’on retrouve dans les aéroports, les centres ville ou autres lieux touristiques…

Si la laine d’alpaga est donc reconnue pour sa finesse et son authenticité depuis de nombreuses années, elle est également actuellement sur le devant de la scène pour une autre raison. En effet, la laine d’alpaga est considérée comme une matière naturelle éco-responsable. L’animal n’occupe pas de terres cultivables. Il émet peu de gaz à effet de serre. Il se nourrit de la végétation existante sans détruire les racines. Il est efficient en procurant une quantité importante de laine renouvelée chaque année. Il procure plus de 22 couleurs naturelles…

Grâce à cette attractivité en hausse, l’élevage des alpagas au Pérou est donc plus que jamais d’actualité. Cette activité agricole et traditionnelle est aujourd’hui justement dans une période charnière. Elle doit notamment répondre à l’exigence de la demande et s’adapter au changement climatique.

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Sources : Alpagalemonde, YouTube.

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