Josemaría Escrivá de Balaguer, fondateur de l’Opus Dei.

Josemaría Escrivá (de son nom complet José María Julián Mariano Escrivá Albás), né le 9 janvier 1902 à Barbastro (province de Huesca en Espagne) et mort le 26 juin 1975 à Rome, est le fondateur de l’Opus Dei (Œuvre de Dieu en latin), une prélature personnelle de l’Église catholique. Il est canonisé par Jean-Paul II le 6 octobre 2002. En prêchant l’appel universel à la sainteté et à l’apostolat, Josémaría est un précurseur du Concile Vatican II. Le cardinal Jean-Marie Lustiger voit en lui « une de ces figures qui traversent les siècles et révèlent, d’une certaine façon, à l’observateur qui sait voir, ce que l’Esprit est en train de faire dans son Église. L’œuvre précise à laquelle la Providence a appelé le bienheureux Josémaría porte sur un de ces messages : mettre en œuvre l’appel à la sainteté de tout le peuple chrétien ». L’Église catholique célèbre saint Josemaría Escrivá le 26 juin.


Il est le second d’une fratrie de 6 frères et sœurs : Carmen (1899-1957), trois sœurs plus jeunes que lui, Maria Asuncion, (1905) Maria Dolores (1907) et Maria Rosario, 1909 et son jeune frère cadet, Santiago (1919). Entre 1910 et la fin de 1913, ses trois jeunes sœurs benjamines décèdent2. La famille est profondément chrétienne. Son père José Escrivá tient un commerce textile avec deux associés. Sa mère, María Dolores Albás Blanc, avant-dernière de 13 enfants, a des ancêtres français, en Narbonnaise.

Escriva, carte maximum, Vatican.

La vie à Barbastro est heureuse, au milieu de ces deuils. Les Escrivá vivent leur foi avec sérénité. Les deux enfants qui restent, en attendant le jeune Santiago, reçoivent une excellente éducation dans des écoles catholiques de Barbastro. Son père est estimé dans cette petite vile, où il est généreux avec les pauvres et les indigents. Il participe à des rencontres où on échange sur la doctrine sociale de l’Église catholique. Il travaille dans une entreprise commerciale de tissus qu’il opère avec deux associés. En 1915, son commerce fait faillite, et la famille doit s’installer à Logroño. Le père travaille alors comme simple employé dans un magasin.

Vers l’âge de 15 ou 16 ans, il décide de devenir prêtre. Il raconta plus tard : « Quelle fut l’origine de ma vocation sacerdotale ? — Quelque chose d’apparemment futile : la trace des pieds nus d’un carme sur la neige. » Il expliqua qu’en songeant au sacrifice de ce religieux par amour de Dieu, il se demanda ce qu’il faisait lui-même pour le Seigneur, et commença à pressentir un appel.

Après avoir obtenu la bénédiction et l’encouragement de son père, il entre au séminaire et étudie d’abord à Logrono, puis à Saragosse où il peut faire les trois années de la licence en théologie qu’il termine avec de bonnes notes. Après avoir reçu la tonsure, première étape vers l’ordination, il est nommé supérieur du séminaire11. Son rôle est de guider les autres séminaristes dans une conduite propre de la vie cléricale. Tout ce temps, Josémaria est conscient que Dieu le veut prêtre sans en savoir tout à fait la raison. Il prie quotidiennement la Vierge du Pilier (de la cathédrale de Saragosse), de lui faire voir ce que Dieu attend de lui. Son père meurt en novembre 1924. Il est ordonné diacre à Saragosse le samedi 20 décembre 1924, et prêtre le 28 mars 1925.

En plus de ses études au séminaire de Saragosse, il termine ses études de théologie avec de bonnes qualifications. En même temps, Josémaria étudie des cours de droit civils, avec l’approbation des directeurs du séminaire. Le climat politique s’envenime et rend l’exercice de la vie chrétienne plus difficile. Ainsi, le Cardinal Soldevilla (Saragosse) est assassiné en pleine rue, criblé de balles.

Ordonné prêtre le 28 mars 1925, puis nommé dans une paroisse rurale proche de Saragosse, il s’installe en 1927 à Madrid. C’est en 1927 que Josémaría Escrivá se rend à Madrid pour son doctorat en droit civil, doctorat qu’on ne pouvait préparer alors qu’à l’Université centrale. Il pensait qu’en se trouvant dans la capitale de l’Espagne, il pourrait également mieux accomplir ce que Dieu voulait de lui. Il s’installe rue Larra, dans une résidence pour prêtres, dirigée par les Dames apostoliques du Sacré Cœur de Jésus

De 1927 à 1931, Escrivá est premier aumônier de cette Fondation. L’Église Catholique enseigne que grâce à leurs souffrances, les malades et les pauvres aident Dieu dans la co-rédemption du monde. C’est pourquoi saint Josémaría dira que l’Opus Dei est le fruit des prières et des souffrances des malades pour qui il consacra beaucoup de ses efforts en cette période.

À partir des comptes rendus d’activité sacerdotale que le prêtre devait fournir à ses supérieurs, on peut établir qu’à la Fondation des malades en 1928, plus de 3168 personnes se confessèrent, l’extrême-onction fut administrée à 483 moribonds ; 1 251 mariages sont célébrés, ainsi que 147 baptêmes21. L’auteur précise : « Les statistiques parlent d’elles-mêmes, d’autant que préparer au mariage religieux des personnes vivant depuis longtemps en situation irrégulière, ou obtenir que des gens éloignés de l’Église se décident à se confesser, demandait plus d’une visite de persuasion et d’opiniâtreté chrétienne, que les chiffres ne peuvent refléter ». « Ses années d’aumônerie à la Fondation des malades furent des années de travail éprouvantes, aux limites de sa résistance physique, ainsi que de son estomac, car très souvent la seule chose qu’il pouvait donner aux mendiants qui lui demandaient l’aumône dans la rue était le sandwich de son déjeuner » — propos Recueilli des lèvres du fondateur par Echevarria, prélat de l’Opus Dei depuis 1994 —.

C’est donc à Madrid qu’il fonde l’Opus Dei (« Œuvre de Dieu ») le 2 octobre 1928 au cours d’une retraite au couvent des missionnaires de saint Vincent de Paul. Josémaria commence dès lors à réunir autour de lui un certain nombre de jeunes gens et de prêtres, mais le blé tarde à lever. Pendant les premières années, l’Œuvre progresse lentement, le jeune prêtre tendant surtout à se remettre en contact avec ses anciens compagnons de cours et certains des prêtres qu’il connait.

Il s’agit donc de promouvoir ce qui sera appelé, lors du Concile Vatican II, « l’appel universel à la sainteté ». Les membres de l’Opus Dei devront mettre leur vie au service de la diffusion de cet appel, en s’efforçant de faire d’abord de leur propre vie courante « une prière continuelle », comme le dit Escrivá dans la même lettre de 1930.

Tout en assumant les charges pastorales qui lui sont confiées par son évêque, Josémaría Escrivá travaille en solitaire au développement de sa fondation. Il contacte des personnes de sa connaissance, ou recommandées par des amis, et accueille les premières vocations à l’Opus Dei au début des années 1930. Le nom « Opus Dei » lui est suggéré en juillet 1930, par son directeur spirituel, le Père Sanchez, s.j. Dans l’esprit du fondateur, ce nom signifie que l’initiative de cette fondation ne vient pas de lui, mais de Dieu. Il synthétise en même temps la théologie de la sanctification du travail promue par l’Opus Dei : faire de tout travail humain, de toute tâche, une « œuvre de Dieu » toujours selon Andrés Vázquez de Prada.

En 1939, on trouve des traces d’une petite organisation structurée. Le jeune prêtre présente la réalité de la sainteté dans le quotidien à toutes sortes de gens.

Le 25 juin 1944, les trois premiers prêtres de l’Opus Dei sont ordonnés par l’archevêque de Madrid. Il s’agit d’Alvaro del Portillo (qui lui succédera à la tête de l’Opus Dei en 1975), l’abbé José María Hernández Garnica, et de l’abbé Joseph Muzquiz.

Constantino Anchel30 (docteur de théologie de l’université de Navarre 1979 – Enquêteur du Centre de Documentation et d’Étude sur Josemaría Escrivá) qui a recensé le troisième volume de l’œuvre de Prada dans Scripta theologica32 écrit : « avec le travail de Prada se clôt une époque dans les biographies d’Escrivá et s’ouvre le temps des monographies spécialisées ».

Il convient ici de s’arrêter sur les études de St Josémaria. Jeune prêtre, l’abbé Escriva songe à des études supérieures qui lui seront utiles pour ce que Dieu veut de lui. Au début, il pense au droit canon, mais il fonde aussi l’Opus Dei en 1928, doit interrompre ses études pendant le conflit de la guerre civile espagnole pour reprendre ensuite au milieu d’une série d’événements qui lui demandent beaucoup d’attention.

À la suite des élections municipales du 12 avril 1931, les socialistes et républicains décrètent la fin de la monarchie (Alphonse XIII s’exile le 13 avril) et la proclamation de la République (le 14 avril). La pauvreté est grande et l’anticléricalisme se développe. C’est dans ce climat qu’Escrivá entreprend, en 1933, l’ouverture de l’Académie DYA, où sont dispensés des cours de droit et d’architecture, ainsi que de formation chrétienne. En 1934, il publie Considérations spirituelles, livre composé de brèves sentences spirituelles pour aider les étudiants de son Académie à prier. C’est de ce livre remanié que naîtra « Chemin » en 1939. Le succès est au rendez-vous : Chemin a été tiré à cinq millions d’exemplaires et en 42 langues. La version française a été rééditée 11 fois.

La guerre civile espagnole éclate en 1936. Après la victoire du Front populaire aux élections, l’Espagne se divise et sombre dans la guerre civile. S’ensuivent des combats. D’après François Gondrant (le porte-parole de l’Œuvre en France et ancien directeur de la communication du CNPF) Josémaría aurait échappé de peu à la mort : les miliciens l’auraient poursuivi et auraient pendu devant chez sa mère un homme qui lui ressemblait, pensant que c’était lui.

Le petit nombre de membres de l’Opus Dei s’éparpille alors. Pendant la répression anti-chrétienne à Madrid, Josemaría Escrivá s’enfuit et avec huit autres jeunes qu’il connaissait bien, il rejoint une caravane de réfugiés et traverse les Pyrénées au cours de l’hiver 1937, afin de rejoindre la partie de l’Espagne contrôlée par les nationalistes. Il est passé par Lourdes.

Escrivá rentre à Madrid le 28 mars 1939, dans un camion militaire, en même temps que les troupes de Franco. Il reprend ses activités sacerdotales, tout en rassemblant peu à peu les membres de l’Opus Dei dispersés par la guerre.

Dans les premiers mois de 1939, il achève la rédaction du livre qui sera publié en septembre 1939 sous le titre Camino (Chemin en français). Un autre livre, de dimensions plus réduites, Saint Rosaire, était paru en 1934.

Escrivá consacre beaucoup de temps à la prédication de retraites, ou exercices spirituels, souvent à la demande d’évêques, de supérieurs de séminaires ou de couvent, ou de responsables de l’Action catholique.

Peu à peu, cependant, il renonce à satisfaire ces demandes pour se consacrer entièrement au développement de l’Opus Dei. Il s’appuie de plus en plus sur deux des premiers membres, Isidoro Zorzano (qui meurt en 1943) et surtout Álvaro del Portillo, nommé « secrétaire général ». Une résidence d’étudiants est ouverte à Madrid, rue Jenner. Des voyages dans les provinces d’Espagne commencent, avec des implantations à Valence, Valladolid, puis Barcelone. La deuxième Guerre mondiale interdit en revanche toute expansion hors des frontières.

Escrivá s’efforce aussi de développer la branche féminine de l’Opus Dei. Il est aidé notamment par sa sœur Carmen (qui n’appartient pas à l’Opus Dei), par Encarnación Ortega et María Dolorés Fisac.

Dans le climat politique et religieux très particulier de ces débuts de l’Espagne franquiste, l’Opus Dei ne passe pas inaperçu et bientôt certaines réticences apparaissent, puis des critiques frontales. Certains religieux estiment douteuse la spiritualité prêchée par Escrivá. Ils estiment également que l’Opus Dei s’apparente à une association secrète, dans les objectifs ne peuvent être que suspects. C’est pourquoi l’évêque de Madrid, Leopoldo Eijo y Garay, ami du père Escrivá, essaie de mettre fin à ces critiques en donnant à l’Opus Dei une approbation officielle. Le 19 mars 1941, l’Opus Dei reçoit le statut de « pieuse union », prévu par le Code de droit canonique alors en vigueur. Une première approbation du Saint-Siège sera obtenue en 1943.

À mesure que l’Opus Dei se développe, il devient de plus en plus évident pour le fondateur qu’il doit pouvoir s’appuyer sur d’autres prêtres. En 1943, il fonde la Société sacerdotale de la Sainte Croix, qui doit rassembler les prêtres se consacrant au travail pastoral de l’Opus Dei. Trois membres laïcs de l’Opus Dei, après avoir effectué les études philosophiques et théologiques prévues, sont ordonnés prêtres en 1944. Álvaro del Portillo, qui succédera au fondateur à la tête de l’Opus Dei, en fait partie.

Josémaría Escrivá est, durant toutes ces années, soumis à de fortes fièvres et à des rhumatismes. Un diabète sévère sera diagnostiqué en 1944, dont il souffrira jusqu’en 1954.

À la fin de la guerre mondiale, le père Escrivá estime qu’il est temps de pourvoir à l’expansion internationale de l’Opus Dei et d’obtenir pour lui un statut à l’échelle de l’Église universelle. Il décide de quitter l’Espagne pour installer sa résidence à Rome. Il ne fera plus désormais que de brefs séjours en Espagne. D’après le témoignage du cardinal José Maria Bueno Monreal, ami intime de Josémaria Escrivá, une raison supplémentaire de ce départ à Rome était « de s’éloigner discrètement de l’ambiance espagnole, qui continuait pleine d’intrigues et d’incompréhensions envers sa personne et, en conséquence, son apostolat ».

Il s’installe à Rome en 1946, avec Álvaro del Portillo, Salvador Canals et José Orlandis. Une bonne partie de son temps, durant ces premiers mois romains, est consacré aux démarches visant à obtenir pour l’Opus Dei le statut juridique adapté. L’immédiat après-guerre est une époque de grande vitalité dans l’Église catholique, et de nombreuses œuvres d’apostolat ont vu le jour, qui doivent trouver leur place dans l’organisation de l’Église. Le défi pour le père Escrivá consiste à frayer un chemin adapté à la spécificité de l’institution qu’il a fondée, et notamment son caractère séculier. S’il rencontre alors de chaleureux soutiens dans la Curie romaine, notamment en la personne de Montini, futur pape Paul VI, il dira aussi que ce fut le moment où il perdit son « innocence », en découvrant la complexité et parfois les intrigues du monde romain. L’Opus Dei est définitivement approuvé par le Saint-Siège en 1950.

Les conditions de vie de Josémaria Escrivá sont alors particulièrement précaires. En plus du diabète et de diverses maladies, il connaît des phases de paralysie faciale, dues au froid dans les pièces non chauffées qu’il occupe. C’est là pourtant qu’il fonde le Collège romain de la Sainte Croix, destiné à la formation des membres de l’Opus Dei, qui commencent à affluer. En 1953, il crée également le Collège romain de Sainte Marie, pour la formation des femmes.

À partir de Rome, Josémaria Escrivá effectue d’assez nombreux voyages en Europe, pour poser dans divers pays les bases de l’Opus Dei : France, Allemagne, Suisse, Grande-Bretagne, etc. Il consacre également beaucoup de temps à soutenir ces débuts en écrivant des lettres et divers documents et instructions qui dessinent peu à peu les traits spirituels de l’institution, et servent de référence à son développement international.

Escrivá se montra néanmoins rapidement préoccupé par l’atmosphère entourant les travaux conciliaires. Une lettre pastorale de 1963 parle de son inquiétude face à « la confusion doctrinale – théorique et pratique – qui se répand partout de plus en plus ». Dans une lettre adressée au pape Paul VI en 1964, il confie « les douloureux sentiments d’angoisse qui [l’]assaillent quand [il] observe comment l’actuel Concile œcuménique, dont l’Esprit Saint tirera des fruits abondants pour sa Sainte Église, a servi d’occasion jusqu’à présent pour provoquer un grave malaise […] dans l’esprit des pasteurs et de leurs ouailles ». C’est sans doute pourquoi, dans les années d’après le Concile, le père Escrivá s’efforcera de consolider la foi des membres de l’Opus Dei, dans ce qu’il appelait la « bataille de la formation ».

Il ne cessera de mettre en garde les membres de l’Opus Dei contre la décadence morale de cette période, entre autres dans ses dernières lettres (les trois Campanadas) : « toute une civilisation vacille, impuissante et sans recours moral ».

En 1970, il se rend au Mexique en pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe, dans le but explicite de prier pour la situation de l’Église. Les années suivantes, il entreprend de grands voyages pastoraux en Espagne (1972) puis en Amérique Latine (1974-1975). Il décrivait ces voyages comme des « catéchèses », tout en découvrant à cette occasion, pour la première fois, l’extension mondiale de l’Opus Dei. L’épuisement et divers maux – dont une cataracte qui le rendait presque aveugle – l’obligèrent à écourter la tournée pastorale de 1974. Il meurt à Rome d’un arrêt cardiaque le 26 juin 1975.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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