La mésange charbonnière.

La Mésange charbonnière (Parus major) est une espèce de passereaux de la famille des paridés.

Cette mésange, la plus commune et la plus grande des mésanges eurasiatiques, est facilement identifiable grâce à sa calotte et à sa cravate noires et à son plumage où le jaune domine. Le dimorphisme sexuel est peu marqué.

Présente dans la quasi-totalité de l’Europe, une grande partie de l’Asie et le nord-ouest de l’Afrique, elle occupe de nombreux types d’habitats, qu’il s’agisse de forêts, de taïgas, de parcs ou de jardins, pourvu qu’il y ait des arbres. Elle établit son nid dans une cavité d’arbre ou de muraille, mais occupe également les nichoirs. Si l’espèce est généralement sédentaire et fidèle à son territoire d’année en année, des migrations partielles ont lieu certaines années, probablement en raison de la surpopulation. Grégaire, elle vit en petits groupes en dehors de la période de reproduction.

Mésange charbonnière, carte maximum, Belgique, 2017.

Elle a un régime alimentaire varié. Si elle est majoritairement insectivore pendant la période de reproduction, elle est plutôt granivore le reste de l’année. Elle fréquente également assidûment les mangeoires. La Mésange charbonnière, et notamment ses petits, fait à son tour partie du régime alimentaire de certains oiseaux (Épervier d’Europe et Pic épeiche notamment) et mammifères (Belette d’Europe et Chat domestique notamment).


La Mésange charbonnière est la plus grande et la plus lourde des mésanges (12.5 à 15 cm de long pour une envergure de 23 à 26 cm et une masse de 12 à 22 g). Elle est un peu plus svelte que le Moineau domestique.

Elle se caractérise par sa calotte et sa gorge noires, ses joues blanches, son dos vert olive et une bande médiane noire (ou « cravate ») tout le long de la poitrine et du ventre jaune. Cette bande est moins large et le jaune moins vif chez la femelle que chez le mâle1. Elle a par ailleurs un bec noir, des pattes bleues grises et des yeux bruns.

Au niveau de la queue, les rectrices sont brunes bordées de bleu gris. Les rectrices externes sont blanches et les deuxièmes en partant de l’extérieur sont bordées de blanc. S’agissant des ailes, les rémiges sont noires, mais les rémiges primaires internes présentent une bordure jaune et les externes une bordure bleue. Les couvertures alaires sont verts olives avec une extrémité blanche et une bordure bleue.

Les jeunes ressemblent aux adultes, mais sont globalement plus pâles, ont les joues jaunes et non blanches et les bordures inférieures noires des joues ne sont pas complètes.

La Mésange charbonnière effectue une mue partielle de son plumage entre fin juin et fin août.

Depuis les années 1970, la longueur moyenne du bec des Mésanges charbonnière au Royaume-Uni augmente : cette longueur pourrait avoir évolué en réponse à la nourriture supplémentaire donnée par les Britanniques qui dépensent deux fois plus d’argent pour acheter des graines d’oiseaux et des mangeoires que les autres Européens, les individus au bec plus long y ayant accès plus facilement.

Mésange charbonnière, entier postal, Russie.

En période de reproduction (printemps et été), le régime alimentaire de la Mésange charbonnière est essentiellement insectivore, ce qui explique la spécialisation de son bec court adapté à ce régime. Elle se nourrit particulièrement de petits invertébrés (blattes, sauterelles, criquets, demoiselles, petites libellules, chrysopes, perce-oreilles, punaises, fourmis, mille-pattes, mites, papillons de nuit, mouches, abeilles, guêpes, coléoptères, araignées, opilions, escargots, cloportes), de larves, de petits fruits et de graines (notamment du hêtre et du noisetier).

En dehors de cette période, le régime alimentaire est majoritairement granivore (graines, complétées de baies, de bourgeons, de nectar des fritillaires et des groseilliers, de pollen, voire de sève des noyers et des vignes au printemps ou de noix et de suif l’hiver) et un peu insectivore (œufs d’insectes, araignées). Par ailleurs, la Mésange charbonnière visite les mangeoires, où elle consomme notamment des graines de tournesol, des cacahuètes, du pain et du fromage. Si elle ne constitue pas elle-même de réserves de nourriture, il lui arrive de voler de la nourriture dans les caches des Mésanges nonnettes et des Mésanges noires.

Les oisillons sont nourris essentiellement de larves de papillons dans les forêts à feuille caduque et d’araignées, ainsi que de larves de mouches à scies et de blattes dans les forêts de conifères.

La Mésange charbonnière cherche de la nourriture à tous les niveaux des arbres, même si elle évite généralement la canopée, et même parfois au sol. Elle sait faire preuve d’astuce en se nourrissant de la graisse qui peut subsister sous la peau des carcasses abandonnées par les prédateurs. Elle peut également utiliser une aiguille de pin pour déloger des larves, ce qui en fait l’une des rares espèces d’oiseaux à utiliser des outils, ou tapoter de son bec les ruches en hivernage pour inciter des abeilles à en sortir pour s’en nourrir. Selon des observations effectuées dans les années 1920 au sud de Londres, des Mésanges bleues et charbonnières ont développé différentes techniques pour ouvrir les capsules de carton ou d’aluminium des bouteilles de lait déposées le matin sur le perron des maisons anglaises. Cette technique s’est rapidement répandue dans toute l’Angleterre, au point que les ornithologues ont pu parler d’apprentissage culturel. L’éthologiste Louis Lefebvre met en évidence que cette transmission culturelle est plus rapide sans imitation, l’oiseau déduisant la technique à adopter juste en observant une bouteille déjà décapsulée.

La Mésange charbonnière est également capable de s’attaquer à des vertébrés vivants parfois aussi gros qu’elle. Son bec puissant par rapport à sa taille, peut à l’occasion lui servir à tuer et briser le crâne d’autres passereaux ou de chauves-souris. Concernant les passereaux, des attaques de Mésanges charbonnières ont ainsi été observées sur plusieurs espèces d’oiseaux notamment sur le Sizerin flammé, le Roitelet huppé et le Gobemouche noir. Les attaques peuvent certes avoir un objectif alimentaire, mais peuvent également permettre de s’approprier un nid. Dans le cas des chauves-souris, des chercheurs ont observé des Mésanges charbonnières s’introduire dans des cavités pour y dénicher des chauves-souris alors hibernantes et leur ouvrir le crâne pour manger leur cerveau. Ce comportement d’alimentation sur des cerveaux, observé chez d’autres espèces notamment des pics, est peut-être un moyen efficace d’absorption de nutriments riches pour passer l’hiver.

La Mésange charbonnière effectue le plus souvent deux couvées de 5 à 12 œufs par an, généralement entre janvier et septembre, la période exacte dépendant des régions. L’inspection des endroits propices ayant souvent commencé dès l’automne précédent et la formation des couples s’achevant, en Europe centrale, en février au plus tard. C’est le mâle qui attire la femelle vers le site de reproduction potentiel en y volant de manière répétée, en tapotant les bords de la cavité et en lui offrant de la nourriture. Le nid est construit par la femelle dans le trou d’un arbre, d’un mur ou dans un nichoir, à une hauteur généralement inférieure à six mètres. La construction du nid, composé de brindilles, de mousse, de brins d’herbes, de flocons de laine, de touffes de poils et de crins, dure entre cinq et douze jours.

La ponte commence alors que le nid n’est pas encore achevé et la femelle pond chaque œuf à un jour d’intervalle du précédent. Les œufs sont couvés par la femelle entre 12 et 15 jours et l’éclosion se déroule sur une période de deux à quatre jours. Le mâle lui fournit une partie de son alimentation pendant la couvaison et jusqu’à l’envol des jeunes. Les petits restent au nid entre 16 et 22 jours après l’éclosion. Pendant une à deux semaines, la famille reste regroupée dans un rayon de quelques centaines de mètres autour du nid, même si les jeunes n’y retournent plus après leur envol. Lorsqu’il y a une deuxième couvée, les jeunes de la première couvée restent moins longtemps près des parents. La seconde couvée a rarement lieu dans le même nid que la première, mais les deux nids sont généralement proches l’un de l’autre.

La Mésange charbonnière est fidèle à son secteur de nidification et y reste année après année. Si les territoires sont peu défendus pendant l’été, cela reprend en septembre et les jeunes, qui ont passé l’été en groupes, doivent alors chercher leur propre territoire ailleurs. Les jeunes trouvent généralement un territoire avant l’hiver, situé e entre 200 et 4500 mètres de leur lieu de naissance.

Cette mésange est monogame mais une bigamie simultanée paraît régulière au moins dans les habitats optimaux, comme le montre une étude sur la polygynie des mésanges qui conclut que ce mode de reproduction est à l’avantage des mâles, les copulations extraconjugales augmentant leur succès reproducteur sans qu’ils ne doivent intervenir dans l’élevage des jeunes.

La Mésange charbonnière est un oiseau grégaire : en dehors des périodes de nidification, elle vit en groupe avec d’autres congénères, bien qu’il lui arrive parfois d’intimider ses congénères en écartant les ailes pour s’approprier une source de nourriture. Elle participe en revanche moins aux rondes de passereaux que d’autres espèces. Elle dort seule, dans une petite cavité ou un nichoir, qui n’est pas toujours le même mais qui est toujours situé dans le même secteur. En été, elle dort régulièrement dans le feuillage des arbres et buissons. C’est une visiteuse habituelle des mangeoires en hiver.

La Mésange charbonnière est majoritairement sédentaire, mais des migrations partielles ont lieu en automne certaines années, notamment en Europe centrale. Ce sont essentiellement des jeunes qui migrent et ils se joignent alors souvent à des Mésanges bleues et des Mésanges noires. Le retour a lieu entre février et avril, mais le mouvement est moins important dans ce sens, une partie des migrantes ne revenant plus dans leur région natale et une partie mourant en route. Ce sont essentiellement les Mésanges charbonnières d’Europe centrale – de la mer Baltique à l’arc alpin – qui migrent, celles établies dans les îles Britanniques et en Méditerranée étant très sédentaires et les Scandinaves ne semblant pas migrer hors de la péninsule. Ces migrations dites “irruptives” sont probablement du à des phases de surpopulation, par exemple en raison d’un hiver doux.

La Mésange charbonnière zinzinule et dispose d’un répertoire très varié1, davantage que celui des autres mésanges. « Très audibles, ses phrases, basées sur 2, 3 ou 4 notes aiguës et au rythme bien marqué, sont répétées de nombreuses fois. (…) Elles présentent de multiples variantes : chaque individu en possède normalement plusieurs (de 2 à 6), de tempo différent ». C’est entre février et juin que les chants de la Mésange charbonnière se font le plus entendre, tandis qu’ils sont presque absents en juillet, août et novembre.

Une Mésange charbonnière peut atteindre une quinzaine d’années, mais l’espérance de vie en milieu naturel n’excède souvent pas quelques années (2 à 3 ans). 87% meurent en effet avant la fin de leur première année, tandis que 49% des adultes meurent chaque année.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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