La chute du “mur de Berlin”, le 9/11/1989.

La chute du mur de Berlin a lieu dans la nuit du 9 novembre 1989 lorsque des Berlinois de l’Est, avertis par les médias ouest-allemands de la décision des autorités est-allemandes de ne plus soumettre le passage en Allemagne de l’Ouest (RFA) à une autorisation préalable donnée au compte-gouttes, forcent sans violence l’ouverture des points de passage aménagés entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Les premières destructions physiques du Mur commencent cette nuit même. Les Berlinois de l’Est se répandent par milliers dans Berlin-Ouest dont l’accès leur a été interdit pendant près de trente ans, depuis l’édification du Mur dans la nuit du 12 au 13 août 1961, sauf à disposer d’autorisations très rares.

Cette chute est le résultat des manifestations contre le régime et de la reprise d’une émigration massive affectant la RDA les mois précédents, des décisions prises ce jour là par les dirigeants est-allemands et de la mobilisation spontanée des habitants de Berlin-Est. L’ouverture du Mur est le symbole par excellence de la chute des régimes communistes en Europe de l’Est en 1989 et de la fin de la guerre froide entre les blocs de l’Est et de l’Ouest.

Cet évènement est une étape symbolique et capitale de cette période de l’histoire récente de l’Allemagne, le plus souvent appelée die Wende (« le tournant ») ou die friedliche Revolution (la révolution pacifique), rendue possible par la nouvelle politique de l’URSS vis-à-vis des pays de l’Est instaurée par Mikhaïl Gorbatchev depuis 1985 et qui aboutit à la réunification de l’Allemagne le 3 octobre 1990.


La chute du Mur est rendue possible par une succession d’évènements dans les Républiques populaires de Pologne et de Hongrie, par la montée de la contestation en RDA même, et surtout par la politique menée en Union soviétique par Mikhaïl Gorbatchev qui renonce à la doctrine Brejnev et donc à l’usage de la force pour maintenir les États communistes satellites d’Europe de l’Est dans le giron soviétique.

Comme ses prédécesseurs, Gorbatchev recherche à la fois la stabilité et la viabilité des pays du bloc de l’Europe de l’Est. Il ne croît pas que ce double objectif puisse être atteint sans de profonds changements, comparables à la Perestroïka qu’il met en œuvre en Union soviétique. Certains dirigeants vétérans de l’Europe de l’Est craignent que les réformes prônées ne provoquent des pressions potentiellement incontrôlables en faveur du changement en Europe de l’Est. Depuis le début des années Khrouchtchev, aucun changement de politique en Union soviétique n’a eu un impact aussi profond sur l’Europe de l’Est que celui impulsé par Gorbatchev. La nouvelle ligne à Moscou ainsi que de graves problèmes économiques internes ouvrent une ère d’incertitude considérable pour les dirigeants d’Europe de l’Est.

En plusieurs occasions, Gorbatchev affiche très clairement son rejet de la doctrine Brejnev. Quelques mois après son arrivée au pouvoir, Gorbatchev dit aux dirigeants du pacte de Varsovie réunis le 21 novembre 1985 : « Ne comptez plus sur nos chars pour préserver vos régimes et vous maintenir en poste. ». Autre exemple, la déclaration commune publiée à l’issue d’un sommet bilatéral avec la Yougoslavie en mars 1988 affirme que les deux États veulent observer strictement les principes de la Charte des Nations unies et de l’Acte final d’Helsinki qui interdisent « toute forme de menace ou d’emploi de la force et d’ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays, sous quelque prétexte que ce soit ».

Lors du discours qu’il prononce le 7 décembre 1988 à l’Assemblée générale de l’ONU, M. Gorbatchev annonce des réductions importantes des troupes soviétiques en Europe et affirme que « l’usage de la force ne peut plus constituer un instrument de la politique étrangère, (…) et que le principe du libre choix est (…) un principe universel qui ne devrait souffrir aucune exception ». Cette déclaration enterre définitivement la doctrine Brejnev. Cette ligne politique est réaffirmée avec force par Gorbatchev le 6 juillet 1989 à l’occasion de son discours devant le Conseil de l’Europe et le 7 juillet lors du sommet des dirigeants du pacte de Varsovie.

Chute du mur de Berlin, carte maximum, Allemagne, 1990.

Lorsque Gorbatchev prend la tête de l’Union soviétique en 1985, le bloc de l’Est a subi près d’une décennie de déclin économique et de stagnation. La crise financière régionale du début des années 1980 marque la fin d’une ère de détente économique Est-Ouest : le commerce avec l’Ouest a fortement diminué, les nouveaux crédits se sont raréfiés et plusieurs régimes de l’Europe de l’Est ont été contraints d’entrer en négociations de refinancement approfondies avec les créanciers occidentaux. Ces renversements ont de lourdes conséquences sur le niveau de vie. Gorbatchev incite les démocraties populaires d’Europe de l’Est à conduire les réformes indispensables pour relancer des économies en crise.

L’immobilisme des dirigeants des pays d’Europe de l’Est contribue aux difficultés économiques et au mécontentement croissant de la population. En 1987, la moyenne d’âge des six principaux chefs de parti communiste dépasse largement 70 ans et leur mandat moyen dépasse les vingt ans. Le malaise politique a aussi été accru par une longue période d’affaiblissement du pouvoir soviétiquea. L’érosion de la force d’attraction du marxisme-léninisme se traduit par la résurgence de la conscience nationale sur laquelle certains dirigeants cherchent à s’appuyer : en RDA, Erich Honecker revendique l’héritage de Martin Luther ou de Frédéric le Grand en qui il voit des précurseurs de l’État est-allemand.

En octobre 1989, Honecker et le parti communiste au pouvoir en RDA, sous le nom de Parti socialiste unifié d’Allemagne (en allemand : Sozialistische Einheitspartei Deutschlands, SED)b, refusent toujours d’engager des réformes malgré les pressions soviétiques et l’effondrement du régime communiste en Pologne et en Hongrie.

Les relations entre Gorbatchev et Honecker sont mauvaises dès le début. Malgré l’insistance du Kremlin, Honecker refuse d’engager son pays sur la voie des réformes politiques et économiques. Il considère que la situation économique de la RDA est bien meilleure que celle de la Pologne et de la Hongrie. Le 2 décembre 1988, lors du congrès du Parti socialiste unifié d’Allemagne (SED), le nom du parti communiste en RDA, Honecker réaffirme son refus des réformes voulues par Gorbatchev. Par ailleurs, le Kremlin est secrètement en contact depuis 1987 avec Hans Modrow et d’autres dirigeants du SED qui veulent le départ d’Honecker.

La situation est également compliquée par la nécessité pour Gorbatchev de nouer des liens forts avec la RFA en vue d’obtenir l’aide économique dont l’URSS a tant besoin, et l’appui de Bonn à sa vision de l’avenir de l’Europe. Ainsi, lorsqu’il rencontre Kohl le 28 octobre 1988, pour lui plaire, Gorbatchev parle d’une Allemagne réunifiée, ce qui ne peut manquer d’alarmer Honecker. En juin 1989, la visite de Gorbatchev en RFA est un grand succès populaire, à tel point que les journalistes parlent de « gorbymania ». La déclaration conjointe publiée à l’issue du sommet fait prendre conscience en RDA que la RFA est désormais appelée à devenir le principal partenaire de l’URSS dans la construction de la nouvelle Europe.

Début 1989, la Pologne est plongée dans une grave crise économique. Au pouvoir depuis 1981, sous la pression des grèves et conscient que Moscou n’interviendra pas, le général Jaruzelski accepte finalement de négocier avec l’opposition. Ces discussions, dîtes de la « Table ronde », se tiennent du 6 février au 5 avril 1989. Elles aboutissent à légaliser de nouveau Solidarność et à organiser des élections semi-libres, qui réservent une part des sièges au Parti communiste.

Lors des élections des 4 et 18 juin, les candidats de Solidarność remportent 160 des 161 sièges au Sejm pour lesquels ils pouvaient se présenter et 92 des 100 sièges du Sénat polonais. En outre, de nombreux dirigeants du parti communiste, le POUP, ne réussissent pas à obtenir suffisamment de voix pour être élus au parlement qu’ils contrôlaient depuis quatre décennies. Pour éviter une répression semblable à celle de 1981, Lech Wałęsa persuade sa coalition de laisser à Jaruzelski la présidence de la République, instaurant ainsi un partage du pouvoir qui assure in fine la victoire de Solidarność. En août, Tadeusz Mazowiecki, membre de Solidarność, devient Premier ministre de Pologne. La Pologne tourne le dos à l’ère communiste et entame son intégration européenne.

La Hongrie entame début 1989 la mutation de son régime politique à parti unique vers une démocratie multipartite. Le 11 janvier 1989, la Hongrie introduit les premières réformes politiques l’engageant vers le multipartisme : le Parlement hongrois vote en faveur de la liberté d’association et de réunion, une étape importante dans la formation d’organisations et de partis politiques indépendants. Réuni à huis clos les 10 et 11 février 1989, le Comité central du Parti socialiste ouvrier hongrois (MSzMP) accepte le principe d’une transition vers le multipartisme, assortie de conditions et sur un calendrier de plusieurs années ; en outre, le comité reconnaît l’insurrection de 1956 comme un soulèvement national, rompant avec la ligne officielle du Parti. Le 22 mars, les partis d’opposition, naissants et peu structurés, décident d’établir une « table ronde d’opposition » de manière à former un front uni face au parti communiste (MSzMP). Le gouvernement hongrois et les représentants de l’opposition concluent un accord le 19 septembre pour mettre en place un système multipartite et organiser des élections libres en 1990. Le 7 octobre 1989, le Parti socialiste ouvrier hongrois s’auto-dissout. La Troisième République de Hongrie est proclamée le 23 octobre, jour anniversaire de l’insurrection de Budapest en 1956. La Hongrie tourne le dos à l’ère communiste et entame son intégration européenne.

Dans les premiers mois de 1989, de nombreux signes traduisent la nervosité d’un régime qui commence à ne plus maîtriser les évolutions intérieures. Seule institution disposant d’une réelle autonomie au sein de la société est-allemande, les Églises évangéliques qui ont longtemps joué la carte du dialogue avec le régime communiste, jouent de plus en plus un rôle de sanctuaire pour les groupes alternatifs qui bénéficient ainsi d’une protection sans laquelle leurs activités auraient sans doute connu une fin rapide. Dans le courant de l’été, les Églises critiquent de plus en plus ouvertement les dirigeants de Berlin-Est, les accusant de pousser la population à la résignation et au désespoir par l’incapacité à proposer des réformes. Les manifestations, encore rares et fermement réprimées, laissent éclater parfois la rancœur des habitants.

Bien que la situation économique du pays soit moins dégradée qu’en Pologne ou d’autres pays « frères », les tensions sociales montent et surtout le manque de liberté et les préoccupations environnementales donnent naissance à de nombreuses organisations citoyennes.

Les médias occidentaux jouent aussi un rôle important. La RDA est un petit pays de 108 333 km2 où la plupart de ses habitants peuvent recevoir les émissions de radio et de télévision ouest-allemandes, malgré les moyens techniques mis en œuvre pour empêcher leur réception. C’est donc sous une perfusion médiatique massive et quotidienne que, durant plusieurs décennies, l’esprit des Allemands de l’Est est façonné depuis l’Ouest, montrant les disparités de niveau de vie, provoquant un rejet de plus en plus marqué du marxisme-léninisme et surtout du manque de liberté. À partir de septembre 1989, en voyant à la télévision ouest-allemande que des manifestations ont lieu dans d’autres villes ou régions, les manifestants d’une ville donnée comprennent qu’ils ne sont pas seuls et que les autres manifestent pour la même cause. C’est ainsi que, transportée de la sorte dans l’espace public, la « révolution pacifique » fait tomber le Mur.

Les Allemands de l’Est ont aussi la possibilité d’effectuer des « visites pour affaires familiales » en RFA qui leur permettent de voir par eux-mêmes comment vivent les Allemands de l’Ouest et renforcent le sentiment d’appartenance à la nation allemande. En 1987, plus de 5 millions de visites ont eu lieu en RFA et à Berlin-Ouest.

Pour autant, Honecker semble ignorer la cascade d’évènements qui bouleversent le monde communiste et déclare le 18 janvier 1989 que « le Mur existera encore dans 50 et même dans 100 ans ». Le pouvoir a encore la capacité à organiser des manifestations de masse : le traditionnel défilé du 1er mai rassemble 700 000 personnes à Berlin-Est. Le SED compte environ 2,3 millions de membres, chiffre élevé et stable dont les dirigeants s’auto-félicitent.

Lors des élections municipales du 7 mai 1989 à Berlin-Est, des groupes de citoyens indépendants mettent en évidence que le SED a falsifié les résultats, jetant ainsi le discrédit sur le SED. Des manifestations contre la fraude électorale se répètent le 7 de chaque mois à Berlin-Est et dans plusieurs villes du pays26. Le 4 septembre 1989 a lieu la première des « manifestations du lundi » à Leipzig en RDA : après la prière hebdomadaire du lundi pour la paix dans la Nikolaikirche, quelque 1 200 personnes manifestent en scandant « Nous voulons sortir! », la police disperse les manifestants.

Quelques activistes fondent le 9 septembre 1989 « Neues Forum », le « Nouveau forum », qui devient rapidement le mouvement civique d’opposition le plus important28. Son manifeste « Aufbruch 89 » appelle à des réformes démocratiques.

Les autorités de RDA sont désemparées ou démissionnaires. L’ultime organe encore en possibilité de prendre des décisions est le Comité central et le Bureau politique (Politburo), organe de décision restreint du Parti socialiste unifié (SED) qui entrent en réunion le 8 novembre pour une session de trois jours sous la direction d’E. Krenz. La réunion commence par un renouvellement majeur de la composition du Politburo du SED : douze membres en partent, quatre y font leur entrée dont Hans Modrow, chef du district SED de Dresde sur lequel le parti fonde tous ses espoirs, désigné pour succéder à Willi Stoph.

Le discours prononcé par E. Krenz devant le comité central du SED souligne que : « le tournant (die Wende) [doit] créer des conditions telles pour le renouvellement du socialisme que le retour aux temps passés ne soit plus possible » et que « sans sous-estimer l’influence de l’adversaire, nous devons reconnaitre que les véritables causes de cette émigration douloureuse pour notre société sont à chercher chez nous ». Il poursuit en annonçant qu’une nouvelle loi électorale devra être adoptée « garantissant un vote libre, général, démocratique et secret, soumis au contrôle public à tous les niveaux » et que le mouvement civique « Neues Forum » et d’autres sont finalement autorisés.

La RDA subit une très forte pression de la part de la Tchécoslovaquie qui refuse que l’exode massif de citoyens est-allemands se poursuive via son territoire, et qui lui demande donc d’autoriser ses ressortissants à se rendre directement en RFA sans passer par un pays tiers26. Aussi E. Krenz met-il à l’ordre du jour de la réunion un projet de décret relatif à de nouvelles règles de sortie du territoire est-allemand.

Ce projet ainsi que le communiqué de presse sont examinés le 9 novembre après-midi. Ils sont approuvés, avec une modification importante qui consiste à retirer du titre de ces documents la mention « validité temporaire » et à préciser que leurs dispositions seront valides jusqu’au vote par le Parlement (Volkskammer) d’une loi définitive.

Dans la foulée, une conférence de presse est tenue par Günter Schabowski, secrétaire du Comité central chargé des médias en RDA, membre du bureau politique du SED, retransmise en direct par la télévision du centre de presse de Berlin-Est, à une heure de grande écoute. À 18 h 57, vers la fin de la conférence, Schabowski lit de manière plutôt détachée une décision du conseil des ministres sur une nouvelle réglementation des voyages, dont il s’avère plus tard qu’elle n’était pas encore définitivement approuvée, ou, selon d’autres sources, ne devait être communiquée à la presse qu’à partir de 4 h le lendemain matin, le temps d’informer les organismes concernés. Présents sur le podium à côté de Schabowski : les membres du comité central du SED : Helga Labs, Gerhard Beil et Manfred Banaschak.

Les évènements s’enchaînent alors très rapidement, sans qu’à aucun moment les autorités politiques ou militaires de la RDA n’interviennent publiquement ou ne donnent d’instruction aux unités sur le terrain.

Des milliers de Berlinois franchissent le Mur, à pied ou en voiture, une grande fête spontanée éclot sur le Kurfürstendamm. De nombreux habitants de Berlin-Ouest escaladent le Mur et se massent autour de la porte de Brandebourg.

Dans la soirée, l’annonce par la RDA de l’ouverture de la frontière inter-allemande a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements au Bundestag qui interrompt son débat pour se consacrer à l’examen de la décision est-allemande.

En début de matinée, les autorités est-allemandes espèrent encore reprendre le contrôle de la situation, du moins Egon Krenz l’affirme-t-il dans un télégramme qu’il adresse à Gorbatchev. Les réunions du Comité central et du Bureau politique du SED reprennent. L’idée de fermer les frontières et de faire intervenir l’armée est vite rejetée, cependant certaines unités de l’armée sont mises en alerte. E. Krenz déclare que « la panique et le chaos se répandent », puis met fin vers 13 h aux débats houleux qui n’ont pas permis de prendre de décision, afin de permettre aux dirigeants de se rendre mieux compte sur place de la situation.

La foule est trop nombreuse pour que les gardes-frontières puissent rétablir des formalités de passage, comme l’avait annoncé la radio d’État de la RDA. Les citoyens de la RDA sont accueillis à bras ouverts par la population de Berlin-Ouest. Des milliers de Berlinois se pressent porte de Brandebourg, lieu symbolique de la ville par excellence.

Le chancelier ouest-allemand Helmut Kohl interrompt son déplacement en Pologne et se rend à Berlin-Ouest. Dans l’après-midi, vers 17 h, il prononce un discours à la mairie de Schönebergf devant 20 000 à 40 000 personnes dans lequel il met l’accent sur l’unité de la nation allemande mais appelle aussi au calme. À Berlin-Est, E. Krenz de son côté participe vers 18 h à un meeting organisé par le SED au cours duquel il promeut le plan d’actions du Parti.

Vers 19 h, un briefing a lieu à l’ambassade soviétique à Berlin-Est. Conformément aux instructions de Moscou, le général Snetkov, commandant en chef du Groupement des forces armées soviétiques en Allemagne de l’Est, ordonne à ses forces, environ 350 000 hommes, de rester dans leurs casernes.

Dans la nuit, l’atmosphère bon enfant cède la place en plusieurs aux premières actions de saccage et de percement du mur à l’aide de masses, porte de Brandebourg et près de la place de Potsdam. La nervosité des gardes-frontières augmente. Des unités de l’armée (NVA) restent en alerte et les fonctionnaires de la Stasi doivent rester dans leurs bureaux.

En début de matinée, porte de Brandebourg, un premier segment de mur bordant le mur antichar situé au sud est en voie de destruction, ouvrant une première brèche dans le Mur. De nouveaux points de passage sont ouverts par la population. Plus d’un million d’Allemands de l’Est les franchissent pour se rendre à Berlin-Ouest. Des queues se forment devant les guichets de banque qui remettent 100 Deutsche Mark, qualifiés « d’argent de bienvenue ». Les images du violoncelliste Mstislav Rostropovitch jouant Bach devant le Mur font le tour du monde.

Des réunions des comités du SED aux ministères de la Stasi et de la Défense se tiennent dans la matinée. Soupesant la possibilité d’une intervention des forces armées porte de Brandebourg, le ministre de la Défense interroge ses subordonnés qui l’en dissuadent.

Helmut Kohl appelle E. Krenz en milieu de matinée57. Kohl dit accueillir positivement les évènements récents, mais demeure prudent sur leurs développements futurs. E. Krenz confirme sa volonté de rendre plus facile les déplacements des Allemands de l’Est, puis ajoute : « Mais rendre la frontière plus perméable ne veut pas dire la briser. Je vous serais donc très reconnaissant si vous pouviez jouer un rôle apaisant à cet égard ». Plus explicitement encore, E. Krenz poursuit en affirmant que « la réunification de l’Allemagne n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour », ce à quoi Kohl lui répond que la constitution de la RFA prévoit le droit à l’autodétermination du peuple allemand, mais ajoute que pour le moment il s’agit d’établir des « relations raisonnables ».

En début d’après-midi, la situation revient à la normale porte de Brandebourg, où les gardes-frontières de la RDA reprennent possession du Mur avec l’aide de la police de Berlin-Ouest. Un peu plus tard, les autorités de la RDA mettent fin à l’état d’alerte d’unités de l’armée et de la Stasi.

Alors que les yeux du monde sont tournés sur le Mauerfall (chute du Mur) à Berlin, un processus simultané, la Grenzöffnung (ouverture de la frontière) a lieu sur l’ensemble de la frontière interallemande. Durant les premiers jours, 4,3 millions d’Allemands de l’Est, soit un quart de la population, se rendent en Allemagne de l’Ouest.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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