José Maria Sert, peintre.

José María Sert y Badía, né le 21 décembre 1874 à Barcelone et mort le 27 novembre 1945 dans cette même ville, est un peintre et photographe catalan.


Fils d’un célèbre artiste tapissier catalan, José María Sert fréquente une école jésuite avant de suivre un enseignement à domicile.

À Barcelone, il fréquente le Cercle Artistic de Sant Lluc, association dynamique d’artistes catholiques avec une esthétique conservatrice. Il se rend aussi régulièrement à la brasserie Els Quatre Gats, lieu de rencontre des artistes et des intellectuels plus progressistes. Ces deux groupes d’artistes différents voire contraires font osciller l’artiste entre traditionnalisme et modernisme rénové.

En 1899, il s’installe à Paris dans un atelier luxueux ayant appartenu à Horace Vernet. Son réseau d’amis connus à Barcelone (Vincent d’Indy et Isaac Albéniz) lui permet de rencontrer des personnalités artistiques liées au courant symbolique. Siegfried Bing lui commande la décoration de la salle à manger du Pavillon de l’Art nouveau pour l’Exposition universelle de 1900. Son œuvre intitulée Hommage à Pomone ou Le Cortège de l’abondance n’est remarquée par aucune critique.

En 1900, il demande à l’évêque Torras i Bages de décorer une église de son diocèse. Ce dernier choisit la cathédrale de Vic. Pour enrichir ses sources d’inspiration, l’artiste décide de parcourir l’Italie avec une préférence pour Venise.

En 1907, l’artiste présente quelques esquisses de Vic au Salon d’automne qui suscite la reconnaissance critique (planéité revendiquée, thème allégorique et couleurs lumineuses). Sa rencontre avec Misia, célèbre égérie des artistes, lui permet d’enrichir son réseau parisien et de voir ses commandes augmenter de manière significative. Ses clients sont essentiellement des aristocrates : le marquis d’Allela à Barcelone pour sa salle de bal en 1910, la princesse de Polignac pour son salon de musique en 1911, la comtesse de Béhague pour un plafond de son hôtel en 1912, Sir Saxton Nobel à Londres pour son grand salon en 1913.

Le projet de Vic est progressivement abandonné car l’artiste doit mener de front la réalisation de plusieurs œuvres simultanément. De plus, ses assistants français en raison de la guerre doivent quitter le chantier de la cathédrale. La pénurie de matériaux puis le décès de l’évêque en 1916 provoquent la suspension des travaux.

Il a mené une vie mondaine très intense toute sa vie. Il s’est marié une première fois en 1920 avec Misia, qui était sa maîtresse depuis 1908. Il participe au célèbre convoi d’ambulances organisé par Misia qu’il a peint dans Allégories de la première guerre mondiale en 1916. En 1916, il réalise les décors et les costumes des Ménines de Diaghilev.En 1922, l’avocat et homme politique catalan Frances Cambo finance la reprise du projet de la décoration de la cathédrale de Vic.

Sa réputation artistique devient largement internationale avec l’exposition d’esquisses, maquettes et panneaux à New York chez Wildenstein en 1924. Sa clientèle huppée s’agrandit et s’internationalise aussi. En 1926 il expose les toiles du nouveau projet de Vic au Jeu de Paume et les installe en 1927.

Il se remarie en 1927 avec la « princesse » géorgienne Isabelle Roussadana, dite Roussy, fille de Zakharias Mdivani. Mais après la mort de Roussy en 1938, Sert se rapproche de Misia, tout en conservant leurs appartements respectifs.

Ses peintures très populaires lui permettent de voir ses commandes privées et publiques augmenter en Europe et aux États-Unis (Hôtel de Ville à Barcelone en 1929, salle à manger de l’hôtel Waldorf-Astoria de New York en 1931, ancienne église de San Telmo à Saint-Sébastien en 1932, palais de justice de Barcelone et de Saint-Sébastien, résidences de personnalités espagnoles et étrangères1. Plusieurs de ces décors privés ont été réalisés dans des villas des Baléares ou des demeures en Argentine.

En janvier 1930, il devient un membre honoraire de l’Académie royale des Beaux-Arts San Fernando de Madrid.

La cathédrale de Vic est incendiée quelques semaines après le début de la guerre civile espagnole. La chapelle du palais de Liria à Madrid décorée aussi par Sert et propriété du duc d’Alba est aussi victime d’un incendie.

En 1935-1936 par l’intermédiaire de Salvador de Madariaga, Sert fut chargé de l’ornementation de la grande salle du Conseil du Palais de la Société des Nations à Genève, développant une série d’allégories de guerre et de paix, du progrès de l’Humanité, de la justice et du droit international.

En 1937, pour l’Exposition universelle de Paris, celle où est présenté Guernica de Picasso au pavillon de l’Espagne, commande du gouvernement républicain espagnol pour cette occasion, Sert présente l’Intercession de sainte Thérèse de Jésus dans la guerre civile espagnole pour le pavillon du Vatican, qui est alors le représentant officieux de Franco, en en plein guerre civile espagnole5. En décembre cette même année il signe le Manifeste aux intellectuels espagnols, un manifeste de soutien implicite à Franco, avec de nombreux intellectuels de la droite nationaliste française.

En dépit de son âge, il reprend pour la troisième fois la décoration de la cathédrale de Vic. Impulsé par Franco, ce nouveau chantier est inauguré en octobre 1945 et Sert décède seulement quelques semaines plus tard le 27 novembre 1945, à 70 ans à Barcelone à la suite d’une intervention chirurgicale.

Il est enterré dans la cathédrale de Vic.

Contrairement à de nombreux artistes qui accèdent à la célébrité après leur mort, Sert réalise le parcours inverse : connu de son vivant et tombé dans l’oubli après sa mort. Une rétrospective a été organisée en 1987 en Espagne. Avant une exposition rétrospective au Petit Palais à Paris en 2012, sa dernière exposition significative en France avait eu lieu en 1926 alors que l’artiste a réalisé la majorité de son parcours artistique dans ce pays. Plusieurs raisons expliquent cet oubli. Les analystes littéraires et artistiques après la seconde guerre ne se sont intéressés qu’aux mouvements de rupture. Or, Sert s’affiche comme un héritier de la grande tradition picturale en recherchant théâtralité et sensualité et ne peut être catalogué d’avant-gardiste.

Par ailleurs, les œuvres de Sert sont difficilement présentables. Sa peinture décorative ne peut être présentée en la dissociant de son environnement, contrairement à la peinture de chevalet qui peut être observée en toute autonomie. De plus, ses œuvres monumentales bien qu’amovibles sont lourdes impliquant un déménagement difficile et coûteux et des salles d’exposition adéquates. En outre, sa peinture sur commande est en majorité pour le domaine privé et est donc non connue dans l’espace public.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.