Georg-Freidrich Händel, compositeur.

Georg-Freidrich Händel est le fils de Georg Händel (1622-1697), barbier-chirurgien, et de Dorothea Taust (1651-1730), la fille d’un pasteur. Son père, le pousse à étudier le droit, et finit par le laisser étudier avec Friedrich Wilhelm Zachow, l’organiste de la Liebfrauenkirche de Halle, auprès duquel il se forme à l’orgue, au clavecin, à la composition.


Le 10 février 1702, Händel s’inscrit à l’Université de Halle. Le 13 mars, il obtient l’orgue de la cathédrale calviniste. Il est logé et reçoit un salaire de 50 thalers. Il se lie d’amitié avec Telemann, et quitte rapidement Halle.

En 1703, il est à Hamburg, et part à Lübeck avec Mattheson en août de la même année. Ils sont intéressés l’un et l’autre par la succession de Buxtehude, le célèbre organiste, qui mettait comme condition à l’obtention du poste, le mariage avec sa fille. Ni l’un ni l’autre ne lui succède, pas plus que Jean-Sébastien Bach, qui se présentera aussi.

Händel, carte maximum, Belgique.

Grâce à Mettheson, Händel rencontre l’ambassadeur d’Angleterre, John Wyche, et donne des cours de musique à son fils, emploi qui lui fut repris par Mattheson.

Le 17 février, à l’Opéra du Gänsemarkt à Hamburg, où il est par ailleurs claveciniste, il donne son oratorio, La Passion selon saint Jean, sous la direction de Reinhard Keiser.

Au début de décembre 1704, il a un sérieux démêlé avec Mattheson, que ce dernier relate dans son ouvrage, Grundlage einer Ehren-Pforte, publié en 1740 :

Le 5 décembre… pendant la représentation de mon troisième opéra, « Cleopatra », avec Händel au clavecin, il y eut un malentendu… En tant que compositeur, je dirigeais et chantais en même temps le rôle d’Antonius, qui, à environ une demi-heure de la fin se suicide. Jusqu’à ce jour, j’avais l’habitude, après ce suicide, de rejoindre l’orchestre et d’accompagner la fin moi-même, ce qu’incontestablement le compositeur peut faire mieux que quiconque. Mais cette fois, Händel refusa de me laisser la place. Poussés par des spectateurs, nous nous battîmes en duel à la sortie de l’Opéra, sur la place du marché, devant une foule de badauds.»

Ils se réconcilent rapidement.

Händel crée son premier opéra, Almira, sur un livret de Friedrich Christian Feustking (1678-1739), d’après G. Pancieri, à Hamburg, le 8 janvier 1705, avec Mattheson dans le rôle-titre.  L’œuvre reçoit un bon accueil, reste à l’affiche pendant vingt représentations. L’opéra suivant, Nero, ne tient que trois représentations. On met en cause le librettiste (Feustking).

Händel compose encore à Hamburg deux opéras sur des livrets de Hinrich Hinsch, Florindo et Daphne, mais, des raisons administratives, et le départ du compositeur, ne permettront pas de créer ces œuvres.

De 1706 à 1710, il est en Italie, à Rome et à Naples.

Il semble bénéficier d’un entregent sérieux parmi des personnalités influentes, comme Panfili, ou les cardinaux Benedetto Ruspoli, Pietro Ottobuoni, Carlo Colonna. Il est par périodes, au service du marquis Francesco Ruspoli. Il rencontre Archangelo Corelli, qui est au service de Pietre Ottoboni, concourt contre Domenico Scarlatti, dans un duel amical aux claviers, qui se conclut par une égalité au clavecin, et à l’avantage de Händel à l’orgue.

Vers mai 1707, il crée, en oratorio, car il est interdit de jouer des opéras en public à Rome,  Il trionfo del Tempo, sur un livret de Panfili, dans le palais de ce ce dernier.

À l’automne 1707, son opéra Rodrigo est créé à Florence, au théâtre municipal, via del Cocomero. Le bruit a court qu’il serait l’amant de Victoria Tarquini, de son côté, maîtresse de Ferdinand de Médicis.

Le 8 avril 1708, il crée à Rome, chez Francesco Ruspoli, un oratorio, La Resurrezionne, sur un livret de Carlo Sigismondo Capece (1652-1728). Le marquis veut impressionner le pape, par une représentation fastueuse, mais ce dernier est mécontent, parce qu’une femme chante. Dès la seconde représentation, la soprano Margherita Durastanti est remplacée par un castrat nommé «Pippo » (Filippo ?).

Fin avril 1708, il est à Naples, où il crée la sérénade Aci, Galatea e Polifemo, chez le duc d’Alvito.

En mars 1709, il est de nouveau à Florence, à la cour de Ferdinand de Médicis. En mars il se met en route pour Innsbruck, où il est recommandé par Ferdinand de Médicis auprès du prince Carl von Neuberg, mais il séjourne tout d’abord à Venise.

Le 26 décembre, il crée Aggripina, sur un livret du cardinal Vincenzo Grimani, au Teatro di San Giovanni Crisostomo, avec de nouveau Margherita Durastanti dans le rôle principal. Il y a un public choisi, notamment le baron Kilmansegge, Grand Écuyer de l’Électeur de Hanovre, et Charles de Montagu, comte de Manchester et ambassadeur d’Angleterre.

Début mars 1710, Händel part enfin pour Innsbruck. Il passe par Hanovre, et il est nommé le 16 juin 1710, maître de chapelle de la cour, en remplacement de Steffani. Il visite sa famille, et son professeur à Halle, il est à Düsseldorf, où il se produit au clavecin devant le Prince-Électeur. Mais il ne retourne pas à Hanovre, et ne gagne pas Innsbruck. En novembre 1710, il débarque en Angleterre.

Le 24 février 1711, il crée le premier opéra « italien » donné à Londres, Rinaldo, sur un livret de Giacomo Rossi, au Haymarket Opera House1. L’œuvre est un succès, et tient quinze représentations, avec le célèbre castrat Nicolo Grimaldi (Nicolini.), dans le rôle-titre.

Il séjourne une année à Hanovre. Il est de nouveau à Londres à l’automne 1712, où il profite du mécénat du comte de Burlington, chez lequel il habite.

Il est en relation avec les poètes Alexander Pope (1688-1744), John Gay (1685-1732), le mathématicien, chirurgien et écrivain John Arbuthnot (1667-1735), l’inventeur de « John Bull »,  le musicien, comme lui originaire d’Allemagne, Johann Christoph Pepusch (1667-1752).

Au Queen’s theatre, Il crée en novembre 1712, Il pastor Fido, qui n’a pas grand succès, et en janvier 1713, Teseo, un opéra en 5 actes, qui est un succès.

En 1712, l’Angleterre de la reine Anne Stuart propose à la France de Louis XIV, d’ouvrir des négociations (Utrecht, janvier-mars 1712), pour mettre fin à la guerre de succession d’Espagne. À cette occasion, Händel compose un Te Deum et un Jubilate en anglais, et plus tard, une Ode for the Birthday of Queen Anne  (Ode pour l’anniversaire de la reine Anne). Il est récompensé par une rente annuelle à vie de 200 £.

En 1714, après le décès de la reine Anne Stuart, l’électeur de Hanovre accède au trône d’Angleterre sous le nom de George Ier. Il fixe la rente de Händel à 600 £.  Les petites-filles du roi, les princesses Anne, Caroline et Amelia, seront ses élèves.

En 1715, il crée Rinaldo, au Haymarket Opera, devenu le King’s Theatre. Puis, il est de retour en Allemagne, dans la suite de George Ier. Il se fixe définitivement à Londres en 1717.

Le King’s Theatre est fermé, suite à des déficits financiers, puis ouvre à nouveau avec un répertoire populaire, qui exclut l’opéra italien. Händel est alors au service du comte de Carnarvon2, dans sa résidence de Cannons à une quinzaine de kilomètres au nord de Londres. Il  y est compositeur. Le directeur de la musique est Johann Pepush. Il y compose l’oratorio Esther, la pastorale Acis and Galatea, et les Chandos Anthems, créés dans l’église paroissiale St. Lawrence, à Whitchurch, reconstruite par le comte. L’orgue, installé en 1717, et joué par Händel, existe toujours.

En 1719, avec le soutien du roi et de la noblesse, la Royal Academy of Music, est fondée. Son rôle est de fournir des opéras italiens au King’s Théâtre. Händel part à l’étranger, pour recruter des chanteurs. Il est le principal compositeur (et le chef d’orchestre), mais on y présente aussi des opéras de  G. Bononcini et A. Ariosti. Cette expérience dure neuf saisons, au cours desquelles 14 opéras de Händel sont créés, dont Rada-Misto, en 1720, Giulio Cesare, en 1724, Tamerlano, en 1724, Rodelinda, en 1725, Scipione, en 1726, Admeto, en 1727.

En 1727, il reçoit la commande de quatre anthems, pour le couronnement de George II, et il est naturalisé anglais. Il rend hommage au roi avec la composition d’un opéra patriotique, Riccardo Primo.

Les querelles à coloration politiques, les rivalités entre les chanteurs, et l’immense succès du Beggar’s Opéra3, en janvier 1728, créé au Lincoln’Inn Fields Theatre, provoquent la fin de l’Académie en juin 1728.

Une deuxième Académie est créée par l’ancien directeur, John James Heidegger, avec l’aide financière de Lord Bingley. Entre 1729 et 1733, cette seconde Académie crée 6 opéras de Händel, dont Poro, en 1731, Ezio, en 1732, et  Orlando, en 1733.

Le 23 février 1732, pour son anniversaire, il donne une représentation privée d’Esther, à la Crown and Anchor Tavern in the Strand, sous la direction de Bernard Gates, avec les enfants de la chapelle royale, et ses collègue du chœur de Westminster. Ils « chantent à la manière des anciens, entre scène et orchestre », C’est le premier oratorio de Händel.

C’est vers cette époque qu’il intercale des concertos d’orgue entre les actes des oratorios.

La reprise de ses œuvres, sans sa participation, notamment Acis et Galatée, par la troupe anglaise de Thomas Arne, l’amène à réagir, en remaniant l’œuvre avec des réutilisations, ou se mélangent l’anglais et l’italien. L’œuvre est donnée en décor, mais sans mise en scène. C’est un succès pour plusieurs années.

En 1733, les chanteurs italiens abandonnent l’Académie, après une querelle, et rejoignirent une compagnie rivale, qui passe pour être celle de la noblesse (dite aujourd’hui « The Opera of the Nobility »), installée à Lincoln Inn Fields, avec le compositeur Porpora et le célèbre castrat Farinelli.

En juillet 1733, il est invité à Oxford, pour les cérémonies de remise des diplômes, où, parmi plusieurs concerts, il crée, en oratorio, Athalia.

En 1734, son contrat avec le King’s Theatre expire, Heidegger ne le renouvelle pas et loue le théâtre au « Nobility ». Händel traite alors avec John Rich, qui vient de construire le Théâtre Royal de Covent Garden.

Pour tenter de résister à la concurrence du « Nobility », Händel engage la danseuse française Marie Salle, dite « la Vestale » (v. 1707-1756), pour plusieurs opéras, ce qui ne manque pas de susciter quelques départs de scandale, d’autant quelle dansait « sans paniers, sans corps de jupe, les cheveux épars et sans ornement : elle était vêtue d’une simple robe de mousseline drapée à la manière des statues grecques ».

En janvier 1735, il crée Ariodante, sur un poème d’Ariosti, un opéra assez léger, voire joyeux. Le 16 avril 1735, il produit Alcina, l’un de ses chefs-d’œuvre et dernier de ses succès d’opéra. Le 19 février 1736, il crée à Covent Garden,  Alexander’s Feast, l’« Ode à sainte Cécile » de Dryden, adaptée par Newburgh Hamilton (1691-1761). Cette création est servie par les sopranos Anna Maria Strada del Po (….-1741) et Cecilia Young (1712-1789), future madame Arne, le ténor John Beard (1717-1791), la basse Erard. C’est un succès populaire, et une réussite financière pour Händel.

Alcina. Avec Hedwig Fassbender et Anette Markwander. Mise en scène, décors et costumes de Herbert Wernicke. Théâtre de Bâle, direction musicale de Michael Hofstetter, 1996.

En 1736, il compose Atalanta, une pastorale, pour la mariage du prince de Galles (soutien du « Nobility ») avec Augusta de Saxe-Gotha. La vedette y est assurée par Anna Maria Strada del Po et le castrat Giocchino Conti (1714-1761), venu expressément d’Italie. Le final est avec feu d’artifice. Nouveau succès, à l’avantage d’Händel dans sa concurrence avec le « Notability », particulièrement avec la faveur du prince de Galles qui lui commande une reprise d’Atalanta. Mais il peine à redonner du lustre à sa compagnie, l’engouement londonien pour l’opéra italien commence à fléchir, et on cherche à retenir le public, comme l’introduction d’interludes comiques entre les actes, au « Nobility ».

Le 13 avril 1737, Händel a une attaque, et se rend pendant six semaines en cure à Aix-la-Chapelle, pour récupérer d’une paralysie.

À son retour à Londres, Heidegger l’engage comme directeur musical au Haymarket, et lui passe commande pour 2 opéras et un pastiche. Mais le 20 novembre 1737, les théâtres cessent leurs activités, pour le deuil de la reine Caroline. Il compose un grand anthem pour l’occasion, The Ways of Zion do Mourn, « Funeral Anthem for Queen Caroline », et avance la composition des opéras commandés, Faramondo et Serse.  Le premier est créé le 3 janvier 1738 au Haymarket, avec la soprano Elisabeth Duparc, dite « La Francesina », mais ne tient que huit représentations, alors que le Covent Garden fait le plein depuis des mois avec l’œuvre burlesque de John Lampe, The Dragon of Wantley.

Le 28 mars 1738, il donne, au King’s Theatre un concert mélangé, avec des extraits d’Athalia, d’Esther, des airs italiens, Zadok the Priest, un concerto d’orgue. Le résultat financier est excellent, le bénéfice bien supérieur à ce que lui offre Heidegger pour ses opéras et pastiches. Quinze jours plus tard, son opéra Serse est un échec. Heidegger annonce que la prochaine saison est annulée.

Le premier semestre de 1739, Händel loue le King’s college pour douze soirées, au cours desquelles, il donne une série d’oratorios, dont Saul, Israël in Egypt, et des des concertos pour orgue, alors que l’intégrale de ses œuvres instrumentales est édité par Walsh. La même année, il publie ses 12 grands concerti pour cordes.

La saison suivante, il loue le théâtre Lincoln in et Fields, dirigé par John Rich, et il inaugure ses concerts, le 22 novembre 1739.

Pendant l’été 1740, il est en voyage à l’étranger, et se produit notamment, à l’orgue, aux Pays-Bas, à Haarlem. De retour à Londres, il achève son opéra Imeneo, mis sur le métier deux ans plus tôt.

Il loue de nouveau le Lincoln inn Fields pour la saison 1741, et compose son dernier opéra, Deidamia, genre où il ne rencontre plus le succès.

Il se remet à l’oratorio, et fin août 1741, commence la composition du Messie, puis, commence, fin septembre, celle de Sanson.

Le 18 novembre 1741, il arrive à Dublin, sur l’invitation du maire de la ville, William Cavendish. Il donne des concerts qui ont du succès, et crée Le Messie le 13 avril 1742, au New Music Hall Fishamble à Dublin.

Il est de retour à Londres en août 1742. Il refuse l’offre qui lui est faite de composer deux nouveaux opéras. Il refuse  également  de composer une suite au Messie comme le lui demande L’évêque Edward Synge, et annonce une saison d’oratorios à Covent Garden, sur le modèle de ce qu’il avait fait à Dublin.

Il est réitéra ce type de programmation  plusieurs saisons de suite pour lesquelles il composa des œuvres qui comptent  pour ses plus réussies, et de la musique instrumentale pour l’église et pour la cour.

En 1751 alors qu’il composait Jephta,  sa vue se détériore. Il est opéré de la cataracte en novembre 1752, et peu après devient pratiquement aveugle. Il se fait assister par un de ses élèves, J. C. Smith, et continue à diriger ses oratorios, et à jouer le clavier, pratiquement jusqu’à la fin de sa vie.

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Sources : Musicologie, YouTube.

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