Flora Tristan, femme de lettres, militante socialiste et féministe.

Flora Tristan, née le 7 avril 1803 à Paris et décédée le 14 novembre 1844 à Bordeaux, est une femme de lettres, militante socialiste et féministe française, qui fut l’une des figures majeures du débat social dans les années 1840 et participa aux premiers pas de l’internationalisme.

D’origine franco-péruvienne, Flora Tristan prétend descendre de l’empereur Moctezuma II. Elle est en réalité la fille de Mariano de Tristán y Moscoso, un noble péruvien, et d’Anne-Pierre Laisnay, une petite bourgeoise parisienne, émigrée en Espagne pendant la Révolution française. Mariano et Anne-Pierre sont mariés en Espagne par un prêtre réfractaire, mais Mariano, de retour en France, ne prend jamais le temps de régulariser son mariage. Il meurt peu après leur retour à Paris en 1808 ; et ce coup du sort affecte l’existence de Flora. Elle note, dans Pérégrinations d’une paria, Mon enfance heureuse s’acheva, à quatre ans et demi, à la mort de mon Père.

Une légende tenace voulait que Flora Tristan soit le fruit d’une aventure qu’aurait eue sa mère avec Simón Bolívar. C’est en réalité Flora Tristan elle-même qui en est à l’origine. Elle n’hésite ainsi pas à fabriquer et publier de fausses lettres de l’homme politique pour accréditer sa version. Il semble que Bolivar, qui n’eut par ailleurs jamais d’enfant, quitte Bilbao, lieu de son aventure supposée avec Anne-Pierre, plus de neuf mois avant la naissance de Flora, ce qui rend impossible qu’il soit son père.

Flora Tristan, carte maximum, Paris, 8/03/1984.

Flora Tristan et sa mère se débattent alors avec d’insurmontables difficultés financières, qui vont précipiter, à 17 ans, le mariage de la jeune fille avec un graveur en taille-douce, André Chazal (le frère d’Antoine Chazal), chez qui elle est ouvrière coloriste. Cet homme est surtout jaloux, médiocre et très violent. Elle-même est emportée, romanesque et impulsive. Elle parvient néanmoins à s’évader d’une vie quotidienne où la femme est considérée comme une mineure incapable, par la lecture de Rousseau, Lamartine et surtout de Madame de Staël. Elle hait de plus en plus son mari. L’échec du mariage est total : femme battue, humiliée, séquestrée, elle réussit pourtant à le fuir en 1825, bien qu’enceinte de la dernière de ses trois enfants (Alexandre qui meurt à l’âge de huit ans, Ernest puis Aline qui devint plus tard la mère du peintre Paul Gauguin). Malgré les menaces et les voies de fait de plus en plus graves, elle ne reprend plus jamais la vie commune.

Ayant retrouvé sa trace de Flora Tristan, Alain Chazal enlève une première fois leur fille Aline. Le couple va se déchirer pendant des années pour la garde des enfants. Alain Chazal obtient la garde de leur fils, décision qui n’est pas mise à exécution, celui-ci restant habiter chez sa grand-mère, tandis qu’Aline est mise en pension, avec droit de visite aux deux parents. En 1936 Chazal enlève de nouveau sa fille, qui réussit à s’enfuir et retourne chez sa mère. Le conflit se poursuit dans un fort climat de violences, et Flora porte plainte pour inceste du père, d’après les dires de l’enfant1. Après quelques mois de prison, celui-ci bénéficie d’un non-lieu. Le 14 mars 1838, elle obtient la séparation de corps d’avec son mari devant le tribunal correctionnel de Paris. Le divorce est interdit depuis 1816. Ce drame pousse Flora Tristan à se battre, pour le restant de sa vie, pour le droit des femmes à divorcer. À l’issue du jugement où il l’a accusée de se prostituer, André Chazal, ruiné, aigri, la menace de mort, et jure de se venger. Le 10 septembre 1838, il lui perfore le poumon gauche d’un coup de pistolet. Défendu par un jeune avocat, Jules Favre, il est condamné à vingt ans travaux forcés, commués en peine de prison.

Flora Tristan, épreuve d’artiste signée.

Flora Tristan voyage au Pérou en 1833, espérant se faire reconnaître par sa famille paternelle, mais à Arequipa, son oncle Pío de Tristán y Moscoso, noble péruvien, lui dénie l’héritage de son père vue sa condition de « bâtarde », mais accepte de lui verser une pension pendant quelques années. La « paria » décide alors de rentrer en France après un court séjour à Lima, la capitale du pays. C’est un nouvel échec, mais ce voyage initiatique lui permet d’écrire son premier livre : Pérégrinations d’une paria. Le livre est mal reçu à Lima et son oncle Pío supprime la pension qu’il lui versait.

Elle essaie alors de mettre à l’œuvre ses talents d’enquêtrice sociale, avec la publication des Promenades dans Londres, en 1840, où elle fait l’éloge de Mary Wollstonecraft. Elle s’investit également dans la mission d’organiser les classes laborieuses.

Ouvrière dans les filatures, les imprimeries mais aussi femme de lettres, militante socialiste et féministe, Flora Tristan est l’une des figures majeures du débat social dans les années 1840. Elle est une figure forte du socialisme utopique. Son socialisme humanitaire est marqué par un sentiment religieux et mystique étranger à la lutte des classes.

Pour répandre ses idées, elle s’embarque, en 1843, dans « un tour de France », le circuit traditionnel des apprentis-compagnons. Son journal, publié posthumément, trace ses rencontres avec les femmes et les hommes ouvriers à travers la France. Elle n’achève néanmoins jamais son voyage. Elle meurt prématurément de la fièvre typhoïde le 14 novembre 1844 à Bordeaux, au domicile d’Élisa et Charles Lemonnier. Aristocrate déchue, Femme socialiste et Ouvrière féministe, comme elle aimait à se désigner, son dernier ouvrage sera publié après sa mort par son ami Éliphas Lévi, sous le titre L’Émancipation de la femme ou le Testament de la paria.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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