Auguste Rodin, sculpteur, dessinateur, graveur et photographe

Thèmes : dessin, gravure,photo, sculpture.


Auguste Rodin (René François Auguste Rodin), né à Paris le et mort à Meudon le , est l’un des plus importants sculpteurs français de la seconde moitié du XIXe siècle, considéré comme un des pères de la sculpture moderne.

Héritier des siècles de l’humanisme, l’art réaliste de Rodin est un aboutissement, croisement de romantisme et d’impressionnisme dont la sculpture est modelée par la lutte entre la forme et la lumière.

La virilité de l’artiste, surnommé en son temps le « Bouc sacré », provoqua des drames semi-publics ou privés et est au centre d’une expression plastique de la sensualité, de l’érotisme, mais aussi de la douleur. Il fut le compagnon, une partie de sa vie, de la sculptrice Camille Claudel.

Par sa capacité de travail et d’organisation, Rodin laisse une œuvre hors norme, dont seul le musée Rodin de Paris détient le droit moral et inaliénable du sculpteur.

Auguste Rodin naît dans une famille sans problèmes financiers sans être bourgeoise, le au no 3, rue de l’Arbalète, dans le 5e arrondissement de Paris. Son père, Jean-Baptiste, né à Yvetot en 1803, s’est installé à Paris en 1830 comme garçon de bureau à la préfecture de police. Sa mère, Marie Cheffer (1807-1871) est la fille d’un tisserand lorrain en activité à Landroff, qui s’installe en 1832 à Paris, où Marie épouse Jean-Baptiste en 1836. Auguste a une sœur aînée, Maria Louise (1837-1862) et une sœur benjamine, Anna Olympe (1844-1848). Du premier mariage de son père en 1829 avec Gabrielle Cateneau (1809-1836), il a une demi-sœur, Clothilde (née en 1832), dont on ne sait rien après le second mariage de Jean-Baptiste en 1836.

Ses parents forment un ménage uni où apparaissent les solides vertus d’une éducation provinciale et religieuse qu’ils transmettent à leurs enfants, surtout de la part de la mère, femme au foyer. Après l’école primaire des frères de la doctrine chrétienne entre 1848 et 1849, il est envoyé à Beauvais de 1851 à 1853 dans la pension que tient son oncle Jean-Hyppolite Rodin (1802-1855) où il s’ennuie, mais où il découvre la cathédrale et l’art gothique.

En partie à cause de sa forte myopie non détectée, il mène des études médiocres, et il gardera longtemps le handicap d’une faible maîtrise du français. Étant donné qu’il préfère griffonner des dessins sur ses cahiers, ses parents l’inscrivent gratuitement en 1854, à 14 ans, à l’École spéciale de dessin et de mathématiques à Paris, dite la Petite École (devenue École nationale supérieure des arts décoratifs), où il suit les cours du talentueux Horace Lecoq de Boisbaudran, dont la méthode consiste à préserver la sensibilité de chaque élève en lui enseignant à utiliser sa vue et sa mémoire visuelle, et du peintre Belloc. C’est là qu’il fait la connaissance d’Alphonse Legros.

Sa vocation se révèle lorsqu’il pousse la porte d’une salle de cours où les élèves sont en train de pétrir la glaise. En 1855, il découvre la sculpture avec Antoine-Louis Barye, puis Albert-Ernest Carrier-Belleuse. Il se rend alors régulièrement au musée du Louvre pour dessiner d’après l’antique, au cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale, et au cours de dessin de la Manufacture des Gobelins, où il travaille le nu. En 1857, il quitte la Petite École et, fort d’un talent reconnu par ses professeurs, suivant l’avis du sculpteur Hippolyte Maindron, il tente le concours d’entrée à l’École des beaux-arts, dont il réussira l’épreuve de dessin, mais il échouera trois fois de suite à celle de la sculpture, son manque de culture humaniste lui faisant préjudice et son style n’étant pas conforme aux traditions néo-classiques qui y régnaient. Il est alors contraint de travailler pour se nourrir et s’engage comme artisan-praticien dans des ateliers de divers sculpteurs, staffeurs ornemanistes et décorateurs, tels que Garnier, Blanche ou Michel-Victor Cruchet. C’est chez l’un d’eux que débute son amitié avec Jules Dalou.

L’activité de cette époque est particulièrement stimulée par les travaux d’urbanisme du préfet de Paris, le baron Haussmann, comme par le développement du goût de l’époque pour l’ornementation. Le , fortement touché par le décès de sa sœur Maria, Rodin traverse une crise mystique et entre au noviciat de la Congrégation du Très-Saint Sacrement. Se rendant compte que le frère Augustin est peu doué pour la vie monastique, le Père Eymard — dont il a eu le temps de faire le buste — le convainc de poursuivre dans la voie artistique. Rodin quitte ainsi la congrégation en .

En 1877, âgé de 37 ans, de retour à Paris, il réalise sa première grande œuvre, L’Âge d’airain, la statue en grandeur nature en plâtre d’un jeune homme, qu’il expose au Cercle artistique et littéraire de Bruxelles et au Salon des artistes français de Paris. Sa statue donne une telle impression de vie qu’on l’accuse d’avoir effectué un moulage sur le vif. Ce succès retentissant au parfum de scandale amorce sa fortune et ses quarante ans de carrière. Les commandes officielles abondent et Rodin devient un portraitiste de la haute société.

En 1878, Rodin crée son Saint Jean Baptiste, plus grand que nature pour prouver définitivement qu’il n’a pas recours au moulage sur nature. Rodin influence alors la sculpture par l’expressivité des formes, des sentiments, de la sensualité et du soin apporté à restituer l’émotion, par l’expression donnée à des parties du corps comme les mains, les pieds, etc. Il participe à l’invention d’un style en développant de nouvelles techniques de sculpture comme l’assemblage, la démultiplication ou la fragmentation, en totale rupture avec l’académisme d’alors. En 1879, il participe à un concours pour l’érection d’un monument commémoratif de la guerre de 1870 à Courbevoie, mais voit son projet pour La Défense de Paris rejeté ; ses amitiés avec des communards auront pu également influencer le jury. Il intègre la Manufacture nationale de Sèvres de porcelaine, jusqu’en décembre 1882. À cette époque, il noue une relation passionnelle et tumultueuse avec la sculptrice Camille Claudel, de vingt-quatre ans sa cadette.

En 1880, l’État achète sa sculpture L’Âge d’airain et lui octroie un atelier au Dépôt des marbres au no 182, rue de l’Université, dans le 7e arrondissement de Paris (un lieu de travail qu’il gardera toute sa vie). L’État lui commande La Porte de l’enfer, inspirée par la Divine Comédie de Dante Alighieri, et une transposition des Fleurs du mal de Charles Baudelaire, pour le futur musée des arts décoratifs du palais du Louvre, son œuvre la plus monumentale de 7 m de haut et 8 tonnes, qui ne sera ni livrée ni fondue en bronze de son vivant, et à laquelle il travaillera seul jusqu’à la fin de ses jours. L’œuvre sera fondue en bronze en 1926 (Paris, musée Rodin).

En 1881, l’État achète sa sculpture Saint Jean Baptiste. Il part en voyage en Angleterre où il apprend la gravure à Londres avec Alphonse Legros, un ancien condisciple de la Petite École. À son retour en France, il réalise notamment les figures sculptées d’Adam, d’Ève et Le Penseur en 1882. En 1883, il réalise le Buste de Victor Hugo. Son père meurt cette année-là.

En 1882, Rodin remplace Alfred Boucher comme professeur d’un groupe de jeunes sculptrices, dont Camille Claudel. Il remarque les dons de celle-ci, qui a alors dix-neuf ans. En 1884, elle entre comme praticienne et sert de modèle pour Torse de femme et Mon frère pour Rodin. En 1885, elle est le modèle de L’Aurore. Dans son atelier, elle participera activement à la création du groupe des Bourgeois de Calais, commandé en 1885 par la municipalité de Calais, à la mémoire d’Eustache de Saint Pierre, dont la légende veut qu’elle ait modelé les mains de Pierre de Wissant, alors que Jessie Lipscomb fut chargée de la robe. Rodin et Camille Claudel vont entretenir une relation artistique et amoureuse passionnée et tumultueuse, devenue légendaire, qui durera de dix à quinze ans, connue de tous à l’époque.

En 1884, il réalise la sculpture L’Éternel Printemps, probablement inspirée de cette passion pour Camille Claudel, tout comme L’Adieu en 1892, où Rodin assemble un portrait de Camille Claudel et les mains de Pierre de Wissant, dont il confie la pratique du marbre à Jean-Marie Mengue, et celle de La Convalescente à Émile Matruchot en 1902. En dépit d’une promesse faite par lettre, Rodin refusera les demandes de mariage de Camille Claudel – lui qui ne se mariera avec Rose que lorsqu’elle sera mourante – ; Claudel finira par s’éloigner pour développer son art seule.

Rodin aurait eu plusieurs enfants avec elle, sans doute deux, qu’il n’a pas reconnus.

En 1887, il est fait Chevalier de la Légion d’honneur et illustre de dessins l’édition des Fleurs du mal de Baudelaire, éditée par Paul Gallimard. L’État français lui commande Le Baiser, en marbre pour l’Exposition universelle de Paris de 1889. Rodin choisit Jean Turcan comme praticien. Le Baiser sera réalisé directement en marbre d’après sa maquette en terre cuite. En 1889, Auguste Rodin est un des membres fondateurs de la Société nationale des Beaux-arts et reçoit la commande du monument à Victor Hugo, pour le Panthéon de Paris (assis, puis debout). Il expose avec Claude Monet à la galerie Georges Petit.

En 1891, la Société des gens de lettres lui passe commande d’un monument pour Honoré de Balzac. Il est promu officier de la Légion d’honneur, en 1892, et succède à Jules Dalou au poste de président de la section sculpture et vice-président de la Société nationale des beaux-arts.

n 1893, il s’installe avec Rose à Meudon, no 8, chemin Scribe, dans la Maison des Chiens-Loups. Henri Lebossé présente à Rodin un système mécanique d’agrandissement ou de réduction des sculptures qui lui permet de produire en série ses sculptures à différentes échelles. Antoine-Emile Bourdelle, jeune sculpteur, devient son praticien. Claude Monet l’invite chez lui, en 1894, à Giverny en Normandie, où il rencontre Paul Cézanne et Clemenceau.

En 1895, il achète la villa des Brillants, à Meudon, qui devient son atelier avec ses assistants, ouvriers et praticiens, et où il commence à constituer sa collection d’antiques et de peintures. Le monument aux Bourgeois de Calais en bronze est inauguré à Calais. En 1896, le musée Rath en Suisse présente pour la première fois ses photographies accompagnant ses sculptures, et des œuvres de Pierre Puvis de Chavannes et d’Eugène Carrière. En 1897, par la publication de l’Album Goupil (du nom de l’éditeur-imprimeur) contenant 142 dessins, il divulgue ses techniques de travail novatrices. Il présente son Monument à Victor Hugo au Salon de la Société nationale des beaux-arts. En 1898, la Société des gens de lettres refuse sa statue de Balzac présentée au Salon de la Société nationale des beaux-arts. De 1898 à 1905, il entretient une liaison avec Sophie Postolska (1868-1942), une de ses élèves, jeune aristocrate polonaise33. En 1899, il obtient la commande du Monument à Puvis de Chavannes. La grande Ève est présentée au Salon de la Société nationale des beaux-arts. Il tient ses premières expositions personnelles à Bruxelles, Amsterdam, Rotterdam, La Haye.

Le baiser de Rodin (1882)

Rodin s’installe en 1908 à l’hôtel Biron que Rilke lui a fait découvrir, où il rencontre Vaslav Nijinsky et Henri Matisse, entre autres. Rodin voyage en Espagne avec Rilke et le peintre basque Ignacio Zuloaga, son ami. Ses dessins sont exposés par la galerie du photographe pictorialiste Alfred Stieglitz. Il est nommé grand officier de la Légion d’honneur en 1910 En 1911, l’État lui commande un buste de Pierre Puvis de Chavannes pour le Panthéon de Paris et l’Angleterre acquiert Les Bourgeois de Calais, pour les jardins du palais de Westminster de Londres (Parlement du Royaume-Uni). L’homme qui marche est installé au palais Farnèse (ambassade de France à Rome). La salle Rodin du Metropolitan Museum de New York est inaugurée en 1912. Cette même année a lieu une exposition Rodin à Tokyo.

En 1914, il voyage à nouveau en Angleterre avec Rose Beuret. En 1915, il commence le buste du pape Benoît XV, lors d’un voyage à Rome, au cours duquel il croise Albert Besnard (qui doit également honorer la commande d’un portrait du pape), mais en désaccord avec le souverain pontife sur les temps de pose, Rodin part sans achever l’œuvre. Il publie Les Cathédrales de France, ouvrage reproduisant 100 dessins en fac-similé. Sa santé se dégrade. La sculptrice Jeanne Bardey devient une intime.

Il est victime d’une nouvelle attaque fin mars 1916, suivie d’une congestion cérébrale en juillet. Il fait en septembre trois donations successives de son hôtel particulier, de son atelier et de ses collections d’art à l’État, dans la perspective de la création d’un musée Rodin. La Chambre des députés et le Sénat votent l’établissement du musée Rodin à l’hôtel Biron, aboutissement de la démarche de Judith Cladel, future biographe du sculpteur. Il reçoit une commande pour un monument à la mémoire des combattants de Verdun.

« Et c’est la fin dérisoire et solitaire des deux vieillards dans la maison mal chauffée » (en pleine guerre de 1914-1918, il n’y a plus de charbon) que représente la photographie d’A. de Combettes, publiée dans L’Illustration, montrant à cette époque un Rodin, debout et massif, dans le parc de la villa, tenant la main de sa vieille compagne au regard perdu.

e , âgé de 77 ans, alors que les facultés mentales du sculpteur sont altérées, et « poussé par Loïe Fuller », il épouse Rose Beuret à Meudon, après cinquante-trois ans de vie commune. Elle est très affaiblie et meurt d’une pneumonie le , à 73 ans, suivie le par Rodin, qui est inhumé à ses côtés à Meudon, le . Leur sépulture est surplombée par Le Penseur.

Le musée Rodin, au no 79 rue de Varenne, dans le 7e arrondissement de Paris, est inauguré le . La villa des Brillants à Meudon, au no 19, avenue Auguste-Rodin, deviendra également un musée en son honneur.

Sources : Wikipédia, Musée Rodin

 

 

 

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