Anne Bonny, pirate.

Anne Bonny, née Anne Cormac à Cork à une date comprise, selon les  sources, entre 1697 et 1705 et disparue en 1721, était une pirate, issue d’une famille irlandaise. Elle a navigué avec Jack « Calico » Rackham et Mary Read. Alors que Mary Read mourut de fièvre en prison en avril 1721, le destin d’Anne Bonny reste inconnu.

Tout ce que l’on sait à propos d’Anne Bonny provient de légendes et de rares documents officiels : la plupart des informations disponibles aujourd’hui au sujet des pirates les plus connus proviennent de différentes publications du XVIIIe siècle, dont les auteurs sont souvent des pirates eux-mêmes.


Née en Irlande, Anne Cormac est la fille illégitime du procureur William Cormac et de sa domestique Mary. Lorsque cette affaire est exposée au public, William Cormac quitte l’Irlande avec sa fille, qu’il élève comme un garçon, et s’installe à Charleston (Caroline du Sud). Il y fait fortune et achète une immense plantation.

Dans L’Histoire générale des plus fameux pirates, écrite par Daniel Defoe, l’auteur de Robinson Crusoé, sous le pseudonyme de Capitaine Charles Johnson, et publiée en 1724, la future Anne Bonny apparaît pour la première fois sur les terres du Nouveau Monde à Charleston (Caroline du Sud) en 1710 sous les traits d’un garçon de l’âge de treize ans. Bien que fille d’un riche procureur et propriétaire, elle a l’air plutôt pauvre : ses cheveux roux coupés court, le visage crasseux et les vêtements en bataille. Elle a la réputation d’être une jolie fille, intelligente mais soupe-au-lait. On raconte qu’à cet âge de treize ans elle poignarda une domestique avec un couteau, mais il s’agit peut-être d’une légende mensongère. Environ cinq années plus tard, Anne Bonny fréquente les tavernes. On la voit dans les bras de différents boucaniers. Certains racontent même qu’elle aurait publiquement  déshabillé son maître d’armes avec son épée, bouton après bouton.

En 1718, Anne Cormac épouse un pirate de petite envergure nommé James Bonny, qu’elle a rencontré dans une taverne. Ce Bonny avait l’espoir de récupérer l’héritage d’Anne, mais celle-ci est déshéritée par son père car il s’opposait au mariage d’Anne à James. Anne se serait vengée en incendiant la plantation de son père. James et Anne se rendent alors à New Providence, aux Bahamas3. Dès son arrivée, elle s’impose en privant d’un coup de feu un marin saoul de la seule oreille qui lui restait alors qu’il l’empêchait de passer. James devient très vite informateur du gouverneur Woodes Rogers et commence à dénoncer des marins soupçonnés d’exercer des activités de contrebande ou de piraterie. Quand elle l’apprend, Anne, déçue, décide de ne plus vivre avec son époux et va s’installer avec un pirate, qui se fait appeler Capitaine Jennings, et avec sa maîtresse Meg. On lui conseille de trouver la protection d’un homme puissant et Anne devient la maîtresse de Chidley Bayard, l’homme le plus riche de l’île.

Anne Bonny fait ensuite la connaissance de Pierre Bousquet (parfois nommé Pierre Delvin ou Peter Bosket), un pirate qui exploite à New Providence un restaurant, et une échoppe de coiffeur et de tailleur de velours et de soie. Apprenant qu’un navire marchand français, chargé de marchandises précieuses, s’approche de l’île, Anne Bonny et Pierre Bousquet organisent leur première expédition de pirates. Avec l’aide d’amis de Pierre, ils volent un navire, le Revenge, parmi les épaves du port, le remettent en état pour qu’il puisse à peine naviguer, et préparent leur stratégie. Ils se couvrent de sang de tortue, ainsi que les voiles et le pont. Ils font de même avec un des mannequins, habillé en femme pour l’occasion, que Pierre utilise pour son activité de tailleur, et le placent sur l’étrave (sous la proue). Anne vient se tenir debout une hache ensanglantée à la main, au-dessus du mannequin. Anne, Pierre et quelques autres partent ainsi à l’abordage du navire  marchand.

New Providence est également le théâtre d’une piraterie plus classique, et le gouverneur Rogers tente de l’anéantir en offrant des pardons royaux à tous les pirates qui prometteraient de stopper leurs activités. Anne refuse, car elle sait qu’elle sera condamnée pour l’incendie de la plantation de son père. Elle se joint alors à Pierre et à Jack « Calico » Rackham, qui ont également refusé de se soumettre. Tous les trois s’évadent à bord d’un sloop – le Seahorse – en forçant avec ruse le blocus que le gouverneur Rogers a installé dans le port. On raconte qu’Anne était torse nu, comme une Amazone, habillée seulement d’un pantalon de velours noir cousu par Pierre. Une main posée sur le pommeau de son épée, l’autre agitant une écharpe de soie à l’intention du gouverneur.

Ceci n’est probablement qu’une légende, dans la mesure où sa nudité aurait immédiatement dévoilé son véritable sexe aux hommes de l’équipage, alors qu’Anne elle-même tente par tous les moyens de le dissimuler. Elle se déguise en homme et se fait d’ailleurs désormais appeler Adam Bonny. Lorsque son véritable sexe est découvert par un pirate, elle le tue  froidement. Enfin, elle aurait jeté Rackham hors de ses quartiers afin d’y résider seule, alors que Rackham était son supérieur.

Une autre version existe : Anne Bonny et Rackham seraient devenus amants : ils auraient eu ensemble un enfant qu’ils auraient par la suite abandonné, ou donné à un couple d’ami, à Cuba. Rackham propose ensuite d’acheter Anne à son mari, James Bonny. Mais James avertit le gouverneur de l’affaire. Celui-ci condamne Anne Bonny au fouet et lui ordonne de rester avec son époux. Anne et Rackham s’enfuient alors ensemble sur le Revenge.

Dans un cas comme dans l’autre, on pense que Rackham et son équipage ont fait escale à de nombreuses reprises à New Providence et que c’est au cours d’une de ces escales qu’Anne rencontre Mary Read (qui se déguisait elle aussi en homme et se faisait appeler Willy Read). Les deux femmes sympathisent rapidement. On leur prête même une liaison amoureuse qui aurait rendu jaloux Rackham (qui pensait alors qu’Anne était une femme et Mary Read un homme) et créé bon nombre de tensions à bord du Revenge. Rackham aurait été jusqu’à menacer de trancher la gorge de Mary Read.

On ne sait pas exactement comment Rackham a découvert le véritable sexe de Mary Read. Certains racontent qu’il l’aurait surprise dans des ébats amoureux un soir dans la chambre d’Anne. D’autres disent que ce récit ne serait fondé que sur des fantasmes. Dans tous les cas, Mary Read arrête bientôt de se faire appeler Willy, mais les deux femmes restent inséparables et vivent comme un couple, s’habillant indifféremment en homme ou en femme.

Peu de temps après, plusieurs bâtiments de guerre britanniques sont envoyés à leur poursuite (un décret du 5 septembre 1720 du gouverneur des îles Bahamas déclare que Jack Rackham et son équipage, dont Anne Bonny et Mary Read, doivent être capturés et jugés). Mais il en faut plus pour impressionner Rackham, Anne Bonny et Mary Read. Plus téméraires et féroces que jamais, ils attaquent et capturent sans relâche les navires qui passent à portée de canon. L’un de ces navires est le Royal Queen,  appartenant à Chidley Bayard, ancien amant d’Anne Bonny, et commandé par le capitaine Hudson. Anne Bonny parvient à séduire Hudson et à le convaincre de la prendre avec lui à bord de son navire. Une fois à bord, elle réussit à éviter de passer la nuit avec lui en le droguant. Elle asperge alors avec de l’eau toutes les mèches destinées aux canons et retourne avec les pirates. Le jour suivant, le Revenge engage le combat avec le Royal Queen, alors incapable de riposter. La bataille fait une seule victime : par jalousie, Mary Read tue le Capitaine Hudson.

Le 21 octobre 1720, les troupes du capitaine Charles Barnet, qui travaille pour le Gouverneur de la Jamaïque, capturent Rackham et son équipage (dont Mary Read et Anne Bonny). Read et Anne Bonny sont alors écœurées de voir les pirates n’opposer que très peu de résistance (certains récits rapportent que la plupart d’entre eux étaient saouls). Elles en tuent deux et en blessent plusieurs, dont Rackham. Il faut plus d’une heure de combat avant que les deux femmes rendent les armes, seules face aux troupes de Barnet.

Le procès de Jack Rackham, Anne Bonny et Mary Read a lieu le 16 novembre 1720. Les deux femmes réussissent à éviter la pendaison en plaidant la grossesse, ce qui leur est accordé en vertu du droit anglais. Il est fort probable qu’en réalité aucune des deux femmes n’était enceinte. Anne Bonny aurait rendu visite à Rackham et lui aurait dit : « Je regrette de vous voir dans un tel état, mais si vous vous étiez battu comme un homme, vous n’auriez pas à mourir comme un chien ».

Mary Read devait finir ses jours en prison mais meurt quelques semaines plus tard, probablement de la fièvre jaune. En revanche, on ne sait pas avec certitude ce qu’il advint d’Anne Bonny. La veille de Noël, le gouverneur la gracie, donc sa peine de prison est annulée. Elle quitte la prison et disparait complètement des documents officiels après cet épisode.

Source : Wikipédia.

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