Fausto Coppi, coureur cycliste.

Angelo-Fausto Coppi, dit Fausto Coppi, né le 15 septembre 1919 à Castellania dans le Piémont et mort le 2 janvier 1960 à Tortone, est un cycliste italien. Professionnel de 1940 à 1959, il est considéré comme l’un des plus grands coureurs de l’histoire du cyclisme, ce qui lui vaut le surnom de « campionissimo ». Premier coureur à réaliser le doublé Tour d’Italie-Tour de France en 1949 (exploit réédité en 1952), il remporte notamment cinq Tours d’Italie, deux Tours de France, cinq Tours de Lombardie, trois Milan-San Remo, un Paris-Roubaix, une Flèche wallonne, quatre Championnats d’Italie sur route et trois championnats du monde : un sur route et deux en poursuite. Il détient également le record de l’heure de 1942 à 1956. Sa carrière a été marquée par sa rivalité avec Gino Bartali. Coureur complet, son palmarès compte des victoires majeures dans différents types de compétition, sur route et sur piste. Il a acquis nombre de victoires au bout de longues échappées solitaires.

Il est également reconnu pour avoir changé l’approche de la compétition cycliste par son intérêt pour la diététique, les évolutions techniques de la bicyclette, les méthodes d’entraînement, la médecine sportive. Il meurt en 1960 après avoir contracté la malaria en Haute-Volta.


Fausto Coppi est né le 15 septembre 1919 à Castellania, petit village de quelques dizaines d’habitants de la province d’Alexandrie. Fils de Domenico Coppi et d’Angiolina Boveri, il est le quatrième d’une famille de cinq enfants. Ses parents sont d’humbles paysans, et Fausto les aide dans les difficiles travaux des champs entre douze et treize ans. Sa première bicyclette est un vieux vélo, au cadre « beaucoup trop grand pour lui, à l’émail éclaté ou fortement craquelé de partout », et il admire le champion italien de sa région Costante Girardengo. À 14 ans, il devient commis-charcutier à Novi Ligure, à 20 km de chez lui. Il s’y rend à bicyclette, et effectue donc deux fois cette distance chaque jour, en plus des livraisons. En 1935, son oncle Fausto, officier dans la marine marchande, voyant son intérêt pour le cyclisme, lui donne 400 lires afin qu’il s’achète un vélo de course. Avec celui-ci, le jeune Fausto s’entraîne, tout en conservant son emploi à Novi Ligure. En 1937, il dispute ses premières courses pour non-licenciés et gagne pour la première fois lors de la dernière course de l’année. Entrevoyant une carrière cycliste, il décide en 1938 de revenir à Castellania, où il peut s’entraîner davantage tout en aidant son père aux champs, et prend une licence amateur. Il gagne sa première course en tant que licencié en fin d’année, à Castelletto d’Orba.

Fausto Coppi, carte maximum, Saint-Marin, 29/06/1996.

C’est à partir cette année qu’il est appelé par Biagio Cavanna à faire partie des coureurs dont il s’occupe. Cavanna est un masseur réputé de grands sportifs, dont Costante Girardengo. Il est devenu aveugle quelque temps plus tôt. Étant client de la boucherie qui employait Fausto Coppi, celui-ci le connaissait depuis plusieurs années. Cavanna l’incite à prendre en 1939 une licence d’« indépendant », statut intermédiaire entre amateurs et professionnels, permettant de disputer quelques courses avec ces derniers. En mai, Coppi remporte une épreuve du championnat d’Italie des indépendants, avec sept minutes d’avance sur les suivants. Il gagne de la même manière la Coupe de la ville de Pavie. Cavanna estime qu’il est temps pour lui de se frotter aux professionnels et l’inscrit au Tour du Piémont, auquel participe Gino Bartali, vainqueur du dernier Tour de France. Cavanna a auparavant parlé de Coppi à Eberardo Pavesi, directeur de l’équipe Legnano de Bartali : ce Tour du Piémont est donc un test pour un éventuel passage chez les professionnels. En raison de cet engagement, Fausto Coppi doit repousser une proposition de Girardengo, qui souhaite le recruter dans l’équipe Maino.

Coppi est la révélation de ce Tour du Piémont. Se trouvant encore parmi les favoris après 200 km, il attaque à Castelnuovo et se retrouve seul en tête à 40 km de l’arrivée. Sa course est cependant stoppée par un saut de chaîne dans la côte de Moriondo. Replaçant sa chaîne sur un braquet trop grand, il peine dans l’ascension et est rattrapé par Bartali. Surpris de voir le jeune Coppi parvenir à le suivre, il lui demande de collaborer à l’échappée, avec trois autres coureurs. Bartali s’échappe ensuite seul dans la col de la Rezza et part gagner à Turin. Coppi prend la troisième place et est félicité par le vainqueur. Dès le soir de la course, Eberardo Pavesi signe un contrat avec Coppi, l’engageant dans l’équipe Legnano pour une durée d’un an renouvelable. Coppi termine l’année 1939 en indépendant. Il gagne d’autres courses, dont le difficile circuit de Varèse, dernière épreuve du championnat des indépendants. En fin d’année, il est deuxième de la Coppa Bernocchi, course professionnelle, puis troisième du Tour de la province de Milan, course dans laquelle il est associé à Severino Rigoni : il bat lors de la poursuite le champion d’Italie Olimpio Bizzi.

Durant ses premiers mois au sein de la Legnano, Coppi est une aide précieuse pour la victoire de Gino Bartali lors de la classique Milan-San Remo. Après avoir contesté la tactique proposée par Bartali et obtenu gain de cause auprès du directeur d’équipe Eberardo Pavesi, Fausto Coppi respecte son engagement en poursuivant toutes les échappées, jusqu’à épuisement. Il prend finalement la huitième place. Durant ce début d’année, il est 21e du Tour de Toscane et 12e du Tour du Piémont. Il connaît toutefois des périodes de découragement.

Le Tour d’Italie, qui part de Milan le 19 mai, est annoncé comme un duel entre Bartali et Giovanni Valetti, mais également entre leurs équipes respectives, Legnano et Bianchi. Lors de la deuxième étape, Bartali tombe dans la descente du col de la Scoffera en voulant éviter un chien : il arrive plus de cinq minutes après le vainqueur, Pierino Favalli. Bien qu’un médecin lui prescrive un repos de cinq jours après avoir constaté une hémorragie interne au genou, Bartali continue la course. Deux jours plus tard, Coppi est autorisé à se lancer seul à la poursuite des échappées. Il est deuxième à Grossetto, derrière Adolfo Leoni de la Bianchi, et malgré la rupture d’une manivelle dans les derniers hectomètres, qui occasionne une chute et un bris de selle, il accède à la deuxième place du classement général. Il recule à la quatrième place lors de la huitième étape, entre Fiuggi et Terni, à cause d’une chute qui lui fait perdre trois minutes. Alors que le Giro arrive à sa moitié, Pavesi ne fait plus de Coppi un équipier, mais le second de Bartali, qui a désormais un quart d’heure de retard au classement général. Lors de la onzième étape, Coppi attaque à l’Abetone. Il rattrape Ezio Cecchi, échappé plus tôt, et effectue le reste de la course seul, augmentant ainsi son avance dans les différents cols. Il gagne l’étape à Modène avec 3 min 45 s d’avance sur ses suivants, et prend le maillot rose avec une minute d’avance. Alors que Bartali, toujours souffrant et perdant du temps de jour en jour, songe à abandonner, il est convaincu par Pavesi de continuer en se mettant au service de Coppi. Lors de la 17e étape, les deux coureurs s’échappent en début de parcours et passent ensemble les cols du Falzarego, du Pordoi et de la Sella, non sans se mettre mutuellement à l’épreuve. Bartali gagne l’étape et Coppi garde le maillot rose. Bartali s’impose à nouveau lors de la 19e étape à Vérone. Lors de la dernière étape, Coppi est retardé par un saut de chaîne et pénètre dans l’Arena de Milan 32 secondes après ses adversaires. Ce retard est sans conséquence : il gagne son premier Giro dès sa première participation, avec 2 min 40 s d’avance sur Enrico Mollo et 11 min 45 s sur Giordano Cottur. Bartali termine à la neuvième place et gagne le Grand Prix de la montagne. Coppi est alors âgé de vingt ans, huit mois et vingt-cinq jours, record de précocité pour cette course. Il gagnera encore quatre fois le Giro entre 1947 et 1953, devenant avec cinq succès le recordman de l’épreuve avec Alfredo Binda et Eddy Merckx.

Incorporé plus tôt dans le 38e régiment d’infanterie de Tortona, Fausto Coppi a bénéficié d’une permission pour disputer ce Giro. Il a également la possibilité de s’entraîner durant la journée et de rentrer le soir à la caserne. Peu après ce premier grand succès, il obtient un premier titre sur piste en battant au championnat d’Italie de poursuite le tenant du titre Olimpio Bizzi, au vélodrome Vigorelli de Milan. En octobre, le Tour de Lombardie n’a plus d’enjeu pour le championnat d’Italie : Bartali a obtenu suffisamment de points lors des précédentes épreuves pour emporter le titre, et est même autorisé à revêtir le maillot tricolore lors de cette dernière course. Malgré deux crevaisons, une chute et un saut de chaîne, Fausto Coppi est l’un des cinq coureurs en tête au col du Ghisallo. Il distance ses adversaires et se trouve seul en tête, puis est rattrapé par Bartali. Celui-ci le distance peu avant le sommet et s’en va gagner. Coppi est seizième de cette course et sixième du championnat d’Italie. En décembre, il est invité à affronter au vélodrome d’Oerlikon, près de Zurich, le jeune champion suisse Ferdi Kübler dans une épreuve de poursuite. Devant le public suisse persuadé de la victoire de son champion, Coppi inflige une large défaite à Kübler, le rattrapant avant la fin des cinq kilomètres de course.

En 1941, du fait de la Seconde Guerre mondiale, le Tour d’Italie n’est plus disputé. Fausto Coppi fait en revanche main basse sur les classiques italiennes. Il commence, au printemps, par battre Bartali chez lui au Tour de Toscane, pour sa première victoire sur ce type de course. Il gagne ensuite le Tour de Vénétie, le Tour d’Émilie et les Trois vallées varésines. En fin d’année, il s’incline au sprint lors de la Coupe Marin, à Pavie, battu par Bartali qui le considère désormais comme son principal adversaire. Coppi gagne aussi le Tour de la province de Milan, en duo avec Mario Ricci, et conserve le titre de champion national de poursuite. La fin d’année est marquée par la mort de son père. Très affecté, c’est poussé par son frère Livio que Fausto Coppi finit par reprendre l’entraînement.

Encore hors de forme lors de Milan-San Remo en début d’année 1942 (21e), Coppi obtient plusieurs places d’honneur durant le printemps. Le championnat d’Italie, disputé cette fois lors d’une épreuve unique en juin, est l’occasion d’un premier vrai affrontement avec Bartali cette saison. Coppi parvient seul à rattraper deux échappés qui comptaient plus de quatre minutes d’avance, Bizzi et Ricci, et à battre ce dernier au sprint à Rome. Il décroche son premier titre de champion d’Italie sur route. Quelques jours plus tard, il s’aligne au championnat de poursuite. Il se fracture cependant une clavicule en tombant à l’échauffement. Son adversaire en finale, Cino Cinelli, accepte de repousser la finale au mois d’octobre. Remis de sa blessure, Coppi bat Cinelli et obtient son troisième titre de champion.

Maurice Archambaud, précédent détenteur du record de l’heure, ici en 1932
Le 7 novembre, au vélodrome Vigorelli, il devient le nouveau détenteur du record de l’heure, le précédent ayant été établi par le Français Maurice Archambaud en 45,840 km. Quelques jours auparavant, Fiorenzo Magni tente aussi de battre ce record et échoue, parcourant 44,440 km. Coppi bat le record d’Archambaud de 31 mètres, soit 45,871 kilomètres parcourus. Cette performance est mise en doute, entre autres par Archambaud. L’absence des sacs de sables réglementaires au bord de la piste (absence visible sur photographies) et un tableau de marche présentant des anomalies (des tours de piste trop lents et d’autres accomplis « à la vitesse d’un sprinteur ») étayent ces remises en question. Le record n’est homologué qu’en février 1947 « après d’interminables discussions, le dossier n’ayant pas été déposé à l’Union cycliste internationale dans les délais réglementaires de six mois ». En 1948, une nouvelle réglementation ramène le record à 45,798 km et celui d’Archambaud à 45,767 km. Coppi ne tente pas d’améliorer son record, qui est battu en 1956 par Jacques Anquetil.

Alors qu’il bénéficiait jusque-là de la bienveillance d’un colonel passionné de cyclisme, Coppi se retrouve sous les ordres d’un nouveau colonel qui suspend ses permissions. En mars 1943, il est envoyé avec son régiment en Tunisie. Les troupes italiennes y font face aux unités du général Montgomery. Coppi est fait prisonnier par les Anglais au cap Bon le 13 avril 1943. Il est détenu au camp de Medjez el-Bab, puis à celui de Blida en Algérie. Il y devient chauffeur de poids lourds, ce qui lui permet en février 1945 d’être affecté à un camp de la Royal Air Force à Caserte, et donc de rentrer en Italie. Faisant connaître son désir de reprendre le cyclisme, il est engagé temporairement par une entreprise napolitaine nommée Nulli, et bénéficie d’une permission pour aller disputer une première compétition au vélodrome Appio de Rome, puis d’autres dans le sud du pays. Il en remporte d’ailleurs deux, en solitaire. À la fin du conflit en mai 1945, Coppi est libéré et rentre à Castellania. Il ne tarde pas à reprendre sa domination sur les pistes et les routes d’Italie, gagnant le Circuit des As au Vigorelli, le circuit de Lugano, le circuit d’Ospedaletti. Lors de Milan-Varzi, il se classe deuxième. Son frère Serse, qui a pris une licence amateur en 1941 et qui court alors en indépendant, gagne la course19. En cette fin d’année 1945, Fausto Coppi épouse Bruna et s’installe avec elle à Sestri. Il connaît un premier accès de malaria, pour lequel il subit un traitement à base de quinine.

Pour la troisième et dernière fois de sa carrière, Fausto Coppi remporte la classique Milan-San Remo en début de saison 1949. Il s’impose seul, avec plus de 4 minutes d’avance sur le deuxième. En avril, il gagne au vélodrome Vigorelli un match de poursuite contre Gerrit Schulte, qu’il a battu auparavant lors d’une des deux seules poursuites auxquelles il a participé durant l’hiver. Trois jours plus tard, il est troisième de la Flèche wallonne, remportée par Rik Van Steenbergen. Il dispute son premier Paris-Roubaix. Il en prend la douzième place tandis que son frère Serse, vainqueur du sprint du peloton, est déclaré vainqueur ex æquo neuf mois après la course : à l’arrivée, les coureurs de tête sont mal aiguillés, n’arrivent pas au vélodrome de Roubaix par l’entrée prévue et les frères Coppi posent une réclamation qui ne trouve une réponse définitive qu’au congrès de l’UCI en fin d’année.

De retour en Italie, Fausto Coppi écrase le Tour de Romagne en étant échappé en solitaire pendant plus de 60 kilomètres.

Au Tour d’Italie, il s’impose une première fois lors de la quatrième étape, battant au sprint Adolfo Leoni et Gino Bartali. Accusant près de dix minutes de retard sur Leoni, porteur du maillot rose, Coppi passe à l’attaque dans les Dolomites, lors de la onzième étape. Il s’impose avec près de sept minutes d’avance sur Bartali, Leoni, qui garde la première place. Lors de la 17e étape, « une des plus dures que connut le Giro durant son histoire », Coppi accomplit l’un de ses plus grands exploits. S’échappant dans le col de la Madeleine, il parcourt seul les 190 derniers kilomètres. Il arrive avec 12 minutes d’avance sur Bartali, deuxième. Après cette démonstration, Coppi gagne le Giro, Bartali finissant deuxième à 23 min 47, et apparaît comme le favori du Tour de France. Ses exploits lors de ce Tour ont été narrés par Dino Buzzati, qui suivait la course en tant que journaliste au Corriere della Sera, et qui sous-titre l’ensemble de ses chroniques « Le duel Coppi – Bartali ».

Coppi conditionne sa première participation au Tour avec l’équipe d’Italie à l’absence de Bartali, souhaitant avoir une équipe soudée autour de lui. Plusieurs réunions sont nécessaires au directeur de l’équipe italienne, Alfredo Binda, pour accorder les deux champions, dont la dernière à Chiavari aboutit à la signature d’un document transcrivant leurs « droits et devoirs ». Après que les Italiens ont perdu du temps lors des premières étapes, Coppi décide d’attaquer lors de Rouen-Saint-Malo (5e étape). Alors qu’il est dans le groupe de tête, il chute avec le maillot jaune Jacques Marinelli. Il doit attendre sept minutes pour voir arriver son vélo de remplacement. Bien qu’attendu dans un premier temps par ses équipiers, dont Bartali, Coppi perd encore du temps, « pédale presque à une cadence de facteur » et arrive avec 18 min 40 de retard. Reprochant au directeur d’équipe Binda de ne pas avoir été derrière lui pendant l’échappée, il décide alors d’abandonner avant de se raviser. Trois jours plus tard, il gagne le contre-la-montre entre Les Sables-d’Olonne et La Rochelle. Dans les Pyrénées, les Italiens prévoient que Coppi et Bartali s’échappent ensemble. Ils ne parviennent pas à mettre leur plan à exécution, mais Coppi est troisième d’étape et remonte à la huitième place du classement général. Lors de la première étape alpestre, entre Cannes et Briançon, Coppi et Bartali parviennent cette fois à s’échapper ensemble. Ils collaborent en bonne entente et Coppi laisse à Bartali la victoire d’étape, le jour de ses 35 ans. Celui-ci est désormais maillot jaune, devant Coppi. Le lendemain, dans l’ascension du col du Petit-Saint-Bernard, ils procèdent de la même manière. Bartali subit cependant une crevaison. Coppi reçoit l’autorisation de ne pas l’attendre. Il gagne à Aoste avec près de 5 minutes d’avance sur Bartali, 10 sur Jean Robic, et prend le maillot jaune. Lors du contre-la-montre entre Colmar et Nancy, il écrase la concurrence. Il rejoint Jean Robic et Stan Ockers, partis respectivement 8 et 12 minutes avant lui, et met hors-délai 20 coureurs, repêchés par la direction de course. Il gagne avec 7 minutes d’avance sur Bartali, deuxième. Il devient le premier coureur à gagner la même année Tour d’Italie et Tour de France. Depuis six coureurs ont remporté le Tour de France et le Tour d’Italie la même année : Jacques Anquetil en 1964, Eddy Merckx en 1970, 1972 et 1974, Bernard Hinault en 1982 et 1985, Stephen Roche en 1987, Miguel Indurain en 1992 et 1993, et Marco Pantani en 1998.

Après ces deux succès majeurs, Coppi échoue dans sa quête d’un titre de champion du monde sur route, sur un parcours plat, à Copenhague. Échappé en fin de course avec Rik Van Steenbergen et Ferdi Kübler, il tente plusieurs attaques et est battu au sprint par ces deux coureurs. Il décroche en revanche un nouveau titre en poursuite. En gagnant en solitaire le Tour de Vénétie, il s’adjuge également le championnat d’Italie sur routeNote 2. Il termine cette saison, « la plus brillante de sa carrière », en gagnant le Tour de Lombardie dont il bat le record de vitesse. Il est lauréat de la deuxième édition du challenge Desgrange-Colombo, en ayant remporté quatre des dix courses qui le composent.

Lors du Milan-San Remo 1950, Fausto Coppi connaît une déception : bien qu’il ait démontré sa supériorité en rejoignant le groupe de tête après une crevaison, il voit Gino Bartali gagner au sprint. Rassuré sur sa forme après une victoire au Tour de la province de Reggio de Calabre, il se concentre sur Paris-Roubaix. Il y obtient une de ses plus grandes victoires. Il réalise une nouvelle démonstration, parcourant seul les 40 derniers kilomètres et arrive avec 3 minutes d’avance sur Maurice Diot, deuxième, qui l’accompagnait avant sa dernière attaque. Celui-ci, considérant Coppi « hors-concours », déclare : « J’ai gagné Paris-Roubaix ! » Quelque temps plus tard, Coppi écrase la Flèche wallonne, arrivant avec 5 minutes d’avance sur le deuxième, après une échappée solitaire d’une centaine de kilomètres.

Après avoir pris la deuxième place de Rome-Naples-Rome, Coppi prend le départ du Tour d’Italie. Lors de la neuvième étape, il est victime d’une chute qui lui cause une triple fracture du bassin. Immobilisé un mois, il reprend la compétition en septembre. Il est deuxième du nouveau Grand Prix de Lugano contre-la-montre, cinquième du Tour du Piémont, troisième du Tour de Lombardie, et termine la saison avec une deuxième place au Trophée Baracchi, associé à Serse.

Coppi voit son début d’année 1956 gâché par le typhus. Il est de ce fait incapable de courir pendant plusieurs mois et son contrat avec Bianchi suspendu. Il crée alors sa propre équipe, avec pour sponsor le fabricant d’apéritif Carpano. Il reprend la compétition en mai, au Tour du Piémont, qu’il ne termine pas. Au Tour d’Italie, il doit abandonner après qu’une chute lui a causé une entorse à la cheville et un déplacement de vertèbre. De retour en course, il gagne le Grand Prix de Lugano contre-la-montre. En fin de saison, il est deuxième du Tour de Lombardie. Il y est battu au sprint par le Français André Darrigade, qu’il avait fait recruter par Bianchi pour les courses italiennes. Au Trophée Baracchi, Coppi et Filippi sont battus par Darrigade et Rolf Graf.

En mars 1957, Fausto Coppi est victime d’une chute lors du Circuit de Sassari, qui lui cause une fracture du fémur. Il reprend la course en août. En novembre, il obtient sa dernière victoire sur route, au Trophée Baracchi, où il fait équipe avec le jeune Ercole Baldini.

Parti à l’étranger pour pouvoir épouser Giulia, Coppi gagne les Six Jours de Buenos Aires en mars 1958. De retour en Europe, il participe à Paris-Nice, qu’il quitte au lendemain d’une nouvelle chute. La Bianchi l’accueille afin qu’il dispute avec elle son dernier Giro. Il n’en est plus « qu’un pâle figurant » et finit à la 32e place. Grâce à une septième place aux Trois vallées varésines, il obtient sa sélection en équipe d’Italie pour le championnat du monde à Reims. Il y est une aide précieuse dans la conquête du maillot arc-en-ciel par Ercole Baldini.

Coppi est à nouveau privé de courir en début d’année 1959, à cause d’une chute lors du Tour du Levant puis une autre à l’entraînement. Il prend la 44e place d’un dernier Paris-Roubaix en avril. Au Tour d’Espagne, il termine avec ses coéquipiers au troisième et cinquième rang des deux étapes disputées en contre-la-montre par équipes. Il ne termine pas cette course, la dernière par étapes qu’il dispute. Il est quatrième du Grand Prix de Lugano en octobre et cinquième du Baracchi en novembre, avec Louison Bobet. Il annonce s’associer avec Bartali, avec lequel il est réconcilié, pour devenir capitaine de route de l’équipe que celui-ci lance, baptisée San Pellegrino.

Début décembre 1959, Fausto Coppi est appelé par Raphaël Géminiani pour l’accompagner en voyage en Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Faso) à l’occasion de la commémoration du premier anniversaire du statut de colonie autonome. Coppi ne devait pas être du voyage mais la défection de dernière minute de Louison Bobet lui vaut un appel de Géminiani pour lui proposer la place vacante. Selon ce dernier, Coppi est décrit comme heureux à l’idée de revoir l’Afrique, lui qui avait été fait prisonnier en 1943, en Tunisie. Jacques Anquetil, Roger Rivière, Henri Anglade et Roger Hassenforder sont également présents. Ils participent à un critérium à Ouagadougou et à un safari. Coppi est classé deuxième du critérium, gagné par Anquetil.

De retour en Europe le 18 décembre, Fausto Coppi téléphone à Raphaël Géminiani quelques jours avant Noël. Il l’informe de la constitution d’une équipe cycliste prévue pour l’année 1961, et pour laquelle il souhaite que Géminiani fournisse quelques coureurs français. Tous constatent qu’ils ne se sentent pas bien.

Le 25 décembre 1959, suivis d’une très forte fièvre le lendemain. D’abord soigné pour une crise hépatique, puis la jaunisse et la typhoïde, sa température grimpe à 41,6 °C. Le docteur Mora qui s’occupe de Géminiani ne comprend pas ce qui se passe, mais le hasard veut qu’il tombe sur le docteur Bruggière, médecin colonial, de passage à Clermont-Ferrand. Ce dernier demande si Géminiani n’a pas été en Afrique récemment, c’est ce qui le sauve. Une prise de sang permet de diagnostiquer une infection parasitaire par Plasmodium falciparum, autrement dit une malaria mortelle. Ce parasite transmis par la piqûre d’un moustique femelle (anophèle) s’attaque aux globules rouges et faute de traitement, conduit à une mort certaine en huit à dix jours. Les doses massives de quinine qui lui sont administrées sauvent Raphaël Géminiani.

Dès que le mal qui ronge Géminiani est identifié, sa femme et son frère s’empressent de téléphoner chez Fausto Coppi. Malgré les efforts déployés pour expliquer que Coppi a vraisemblablement la même maladie que Géminiani, les médecins italiens avec un mauvais diagnostic continuent de traiter Coppi par des injections de cortisone pour autre chose que la malaria. Fausto Coppi meurt le 2 janvier 1960, à 40 ans, à l’hôpital de Tortona. Il est enterré dans l’église de sa ville natale. Les circonstances de cette mort suscitent l’incompréhension du public et une polémique durant les jours et semaines qui suivent.

En 2002, la presse italienne relaie des rumeurs selon lesquelles Coppi aurait été empoisonné par un Ivoirien voulant venger la mort de son fils, cycliste. À l’issue d’une enquête, le tribunal de Tortona confirme la mort de Coppi par malaria.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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